La disponibilité des chasseurs-bombardiers F-35A de l’US Air Force a chuté entre 2021 et 2022

Selon un rapport publié l’an passé par le Government Accountability Office [GAO, l’équivalent américain de la Cour des comptes], 30 à 40 chasseurs-bombardiers F-35, en moyenne, furent cloués au sol entre juillet 2021 et février 2022, faute de disposer d’un moteur F-135 opérationnel. Au moins deux raisons furent alors avancées pour expliquer cette situation : la persistance de problèmes techniques [avec notamment le manque de fiabilité de certaines pièces de rechange] et des insuffisances au niveau de la chaîne logistique.
Or, et afin d’être en mesure de satisfaire ses besoins opérationnels, le Pentagone s’est donné pour objectif de ne pas avoir plus de 6% d’avions cloués au sol en raison de l’état de leur moteur. Aussi, et s’agissant du F-35, dont 532 exemplaires étaient en service en septembre 2022, cette limite a-t-elle été régulièrement dépassée depuis avril 2021.
Évidemment, cela ne peut que jouer sur la disponibilité des F-35A de l’US Air Force… ainsi que sur celle des F-35B de l’US Marine Corps [USMC]. C’est en effet le constat établi par le Bureau du budget du Congrès américain [Congressional Budget Office – CBO] dans un rapport qu’il a remis le 13 février.
Ainsi, entre 2021 et 2022, le taux de disponibilité du F-35A a chuté de 11 points, passant de 65 à 54% tandis que celui du F-35B, à décollage court et à atterrissage vertical, est tombé à 54% [-7 points]. Seule disponibilité du F-35C [version embarquée] a progressé de 5 points, passant de 53 à 58%.
Outre les problèmes de motorisation, le CBO souligne que la furtivité d’un avion de combat, qui repose sur des composants et des revêtements spéciaux, est de nature à allonger les périodes de maintenance… et donc à affecter son taux de disponibilité.
Aussi, au jeu des comparaisons, le CBO a constaté que, durant les premières années de service, les taux de disponibilité des F-35A sont « considérablement inférieurs » à ceux des F-15E… mais « similaires » à ceux des F-22A Raptor, également furtifs… avant de décrocher au bout de cinq ans.
Quant aux F-35B, s’il est « à peu près comparable à celui des AV-8B Harrier qu’il remplacent au sein de l’USMC, leur taux de disponibilité semble « baisser plus rapidement » dans le temps… malgré une utilisation moins intense.
Enfin, s’agissant de la disponibilité des F-35C de l’US Navy, celle-ci est, en moyenne, « similaire » à celle des E/A-18G Growler… mais inférieure à celle des F/A-18E/F Super Hornet.
Cependant, note le CBO, le « Growler étant un avion de guerre électronique » doté d’équipements spécifiques, sa maintenance est plus compliquée que celle des Super Hornet… lesquels vieillissent par ailleurs beaucoup moins bien que le F/A-18 Hornet, selon une autre étude publié par le même organisme.
Ainsi, le taux de disponibilité moyen d’un F/A-18E/F Super Hornet totalisant dix ans de service serait inférieur de 18% à celui d’un F/A-18C/D pris au même âge.
« Les Super Hornet connaissent une baisse de disponibilité plus rapide que leurs prédécesseurs. La disponibilité du Super Hornet à 10 ans est comparable à la disponibilité du F/A-18C/D à 20 ans », avance le CBO/
Pour des responsables de l’US Navy, cela tiendrait à que plusieurs raisons… comme des « niveaux plus élevés de corrosion galvanique, due à un recours accru aux métaux composites » pour les Super Hornet. Ce qui, pour des avions embarqués, ne manquerait pas de sel.




