La Corée du Sud parle à nouveau de se doter de l’arme nucléaire

En 2017, alors que les tensions dans la péninusule coréenne étaient reparties de plus belle et que la Corée du Nord s’apprêtait à effectuer son plus puissant essai nucléaire après avoir lancé deux missiles balistiques intercontinentaux, une campagne appelant Séoul à se doter de l’arme nuclaire fut relancée par une partie de la presse sud-coréenne.
« Nous devons disposer de nos propres options militaires pour défaire le Nord » et « instaurer un équilibre de la terreur », fit ainsi valoir le journal Korea Economic Daily. « Toutes les options, même celles qui étaient impensables, doivent être mises sur la table » parce que « la catastrophe plane », avait enchéri le quotidien Chosun. « Le temps est venu d’évaluer les armes nucléaires » étant donné que la « confiance dans le parapluie nucléaire américain peut être ébranlée », soutint le Korea Herald. En outre, ces titres s’appuyaient sur des sondages favorables à une telle orientation…
Cela étant, cette campagne n’ébranla pas le président sud-coréen, qui était alors Moon Jae-In. « Les efforts de la Corée du Nord pour devenir un État nucléaire ne peuvent être acceptés ou tolérés » mais « nous n’allons pas développer ou posséder [des armes] nucléaires », avait-il lancé devant le Parlement, le 1er novembre de cette année-là. Puis, la détente dans les relations entre Pyongyang et Washington [et, par extension, Séoul] mit un terme au débat.
Quoi qu’il en soit, l’ambition de doter la Corée du Sud de l’arme nucléaire n’est pas nouvelle : elle fut celle du président Park Chung-hee [1962-79], qui y renonça sous la pression de Washington. Mais elle revient régulièrement dans le débat, surtout quand les tensions avec Pyongyang s’exacerbent, comme c’est le cas actuellement. D’autant plus que les États-Unis ont retiré leurs armes nucléaires tactiques du territoire sud-coréen en 1991, à la fin de la Guerre Froide.
Justement, à ce propos, il y a eu de la friture sur la ligne entre Séoul et Washington en ce début d’année, le président sud-coréen, Yoon Suk-yeol, ayant évoqué des discussions sur la planification de « manoeuvres conjointes incluant les actifs nucléaires américains »… Et de préciser que » si les armes nucléaires appartiennent aux États-Unis, la préparation, le partage d’informations, les exercices et les entraînements devraient être menés conjointement ». Sauf que, quelques heures plus tard, la Maison Blanche a démenti l’existence de tels pourparlers.
Les États-Unis et la Corée du Sud préparent « une réponse coordonnée et concrète à une série de scénarios, y compris une utilisation de l’arme nucléaire par la Corée du Nord » mais ces préparatifs n’incluent « pas d’exercices nucléaires conjoints », a en effet affirmé un porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la présidence américaine. Et d’insister : « Les États-Unis sont totalement dévoués à notre alliance avec la Corée du Sud et lui fournissent une capacité de dissuasion étendue, reposant sur toute la gamme de l’arsenal de défense américain ».
Le président Yoon a-t-il cherché à forcer la main des États-Unis, alors que le chef du régime nord-coréen venait d’annoncer son intention d’augmenter d’une façon exponentielle son arsenal nucléaire? Quoi qu’il en soit, il est revenu à la charge, le 12 janvier. Mais avec une approche différente, tranchant avec celle de son prédécesseur.
« La menace nucléaire nord-coréenne n’est plus seulement une menace pour la Corée du Sud, ou un problème pour les États-Unis qui ne font que protéger la Corée du Sud. […] Maintenant que le problème est devenu plus sérieux, nous pouvons déployer des armes nucléaires tactiques ici en Corée [du Sud], ou posséder nos propres armes nucléaires », a en effet lancé M. Yoon, lors d’une réunion avec ses ministres des Affaires étrangères et de la Défense. Dans le deuxième cas, a-t-il ajouté, « cela ne prendra pas beaucoup de temps d’en avoir une, au regard de nos capacités scientifiques et technologiques ».
Cela étant, M. Yoon a précisé qu’il est « toujours important de choisir un moyen réaliste » d’agir… En clair, la solution la plus raisonnable serait que les États-Unis déploient à nouveau des armes nucléaires en Corée du Sud… Quitte à fâcher, dans le même temps, la Chine?
En attendant, c’est la première fois qu’un président sud-coréen parle ouvertement de doter son pays de l’arme nucléaire depuis 1991… Mais cela supposerait que Séoul revoie ses engagements internationaux, à commencer par son adhésion au Traité de non-polifération nucléaire [TNP]. Et il lui faudrait lancer sans tarder des travaux allant dans ce sens, avec de lourds investissements, afin d’acquérir des savoir-faire clés, comme en matière de détonique, par exemple.





Quoiqu’il en soit, si la CdS se pose la question, alors le Japon pourra lui aussi légitimement se poser cette même question. Bonjour l’ambiance dans cette partie du monde, déjà que c’est un véritable panier de crabes…
@ La théière de combat
Depuis le coup de pied AUKUS, c’est sur la table.
https://www.defnat.com/e-RDN/vue-article.php?carticle=22940
Et si la France y renoncait pour donner le bon exemple ?
Oui, faisons le en même temps que Vlad. Ce grand démocrate qui jamais n’a l’intention d’utiliser l’arme nucléaire… surtout parce qu’il y a les US en face. Autrement il y a longtemps qu’il aurait balancer deux trois bombinettes au alentour de Kiev et Odessa.
Si la France y renonçait ce serait gravissime.
♫ Pourtant crois moi bien j’suis pas dupe. ♫
♫ Si je marchande avec vous ♫
♫ c’est que j’désire le moyen d’être un homme ♫
♫ Un point c’est tout. ♫
♫ Dis moi le secret pour être un homme, ♫
♫ Est-ce vraiment si mystérieux ? ♫
♫ Pour moi faire éclore la grande fleur rouge ce serait merveilleux. ♫
https://www.youtube.com/watch?v=4vaaNyGYj28
« L’ancien monde brûlera dans les flammes de l’industrie. Les forêts tomberont. Un nouvel ordre naîtra. »
https://www.youtube.com/watch?v=2mgMM5VZ3wA
Taiwan devrait y penser aussi ….Et rapidement …
Taiwan possède déjà ( théoriquement) l’arme nucléaireque puisque Taiwan fait partie intégrante de la Chine,ainsi que les États-Unis l’ont répété plusieurs fois.
onla Chine est une puissance nucléaire et Taiwan, qui sera récupéré et réintégré incessamment sous peu, possédera automatiquement le bénéfice du parapluie atomique de Pékin.
raison supplémentaire pour que Taiwan réintègre le reste de la Chine au plus vite.
@RIPotin » puisque Taiwan fait partie intégrante de la Chine » et un peu plus bas, « Taiwan, qui sera récupéré et réintégré incessamment sous peu » + « raison supplémentaire pour que Taiwan réintègre le reste de la Chine au plus vite. »
Il n’y aurait pas comme une contradiction entre faire partie et réintégrer?
Le dictaphone électronique qui déconne une fois de plus Guitou?
Mais c’est vrai que vous êtes un comique, vous !
D’autres l’avaient pourtant déjà signalé auparavant, mais cela ne m’était pas apparu jusqu’à présent.
Et puis soudain, une évidence, une révélation, un éclat de rire !
Merci monsieur RIP.
Hipparque : je m’attendais à un élément d’information, une précision, un fait : décepti
on .
Personne ici ne s’intéresse aux états d’âme de tel ou tel inconnu qui se sent obligé de pondre cinq lignes pour ne rien dire
J’avoue que c’est drôle si c’est ironique…
Néanmoins, c’est la seule possibilité de sanctuariser leur sol contre une attaque massive, d’autant plus qu’ils n’ont pas de profondeur stratégique.
Une nuée de missile balistique entamera fortement la chose, même si les Taïwanais ont des bases enterrées..
Après cela ne sera efficace que contre une attaque massive dépassant une ligne rouge. Mais la Chine aurait tord de l faire. Il y laisserait beaucoup de plumes pour un résultat incertain.
Aussi il y a bien des manières sous le radar de faire les choses, notamment en influençant les élections vers le Kwomintang qui est pour un rapprochement… et si le loup entre dans la bergerie, alors…
La prolifération nucléaire est une très inquiétante tendance, mais dans la mesure où nul n’a été en mesure d’empêcher la Corée du Nord d’accéder à l’arme nucléaire, qui pourrait reprocher à la Corée du Sud de vouloir s’en équiper elle aussi ?
@gamberge. On peut multiplier les exemples, si on veut doter tous les voisins des pays possédant l’arme nucléaire, la Syrie et l’Egypte pour Israël etc etc.
Bref on se prépare un monde merveilleux, qui est déjà dans un point de non retour avec la démographie impossible à maitriser !!!!!
Nul n’a VOULU d’empêcher la Corée du Nord de l’être.
@Gamberge
Je pense comme vous. A partir du moment où la Corée du Nord se dote massivement de l’arme atomique, la Corée du Sud n’a plus le choix : le seul moyen de rétablir l’équilibre, c’est de se doter en retour de l’arme atomique.
La seule question, c’est de savoir si les USA accepteront de fournir la B61-12, assortie du régime de la double clé, sur le modèle allemand. Dans le cas contraire, il y a fort à parier que la CDS se lancera dans les travaux de conception de sa propre arme atomique, ne serait-ce que pour faire pression sur les USA…
On notera que la problématique se pose quasiment à l’identique pour le Japon, lui aussi très exposé face au développement massif des vecteurs balistiques et de l’arsenal nucléaire nord coréen. le Japon a déjà très largement entamé une « révolution culturelle » en matière militaire. Malgré le traumatisme de 1945 et l’image du nucléaire dans ce pays, il ne serait pas étonnant que la question de l’arme nucléaire soit mise sur la table avant la fin de la décennie…
Comme suggéré par la photo de l’article, … en cas de situation tendue à l’extrême, pour éviter que la Corée du Sud ne lance son propre programme, et pour éviter également que le TNP ne soit à nouveau maltraité …
peut-être que les USA proposeront à nouveau sa solution magique : la bombe B61 (seulement gravitaire, mais c’est pas grave, le tout c’est qu’elle puisse tomber à pic pour soutenir ses alliances).
C’est inimaginable que les US déploient des B61 en CdS, sans parler de la CdN, la Chine ne restera pas immobile.
Et pourquoi donc ? Il y en avait jusqu’en décembre 91, avec des obus atomiques (ceux-ci ont étaient démantelés depuis): http://www.nukestrat.com/korea/withdrawal.htm
« C’est inimaginable que les US déploient des B61 en CdS, sans parler de la CdN, » Vous avez un voisin très agressif détenant l’arme atomique qui vous menace de vous faire la peau tous les matins et vous trouvez inimaginable qu’un pays allié vous protège? De plus il n’y a pas actuellement d’armes nucléaires américaines en Corée du Sud (sauf erreur de ma part) bien qu’un certain Donald Trump avait envisagé cette possibilité!
« la Chine ne restera pas immobile. » Elle ferait mieux de se « mobiliser » pour calmer le dirigeant nord coréen! Ne pas oublier qu’il joue les « idiots utiles » pour Pékin et que son avenir s’assombrira quand il ne servira plus à rien aux yeux des dirigeants chinois!
@Hermes
« la Chine ne restera pas immobile » : il est en effet probable que la Chine protestera très vivement pour le principe de voir des armes nucléaires à ses portes, bien que cela ne changerait que peu de choses par rapport à la situation stratégique existante. Mais en même temps, vu l’extrême agressivité de la CDN, il sera difficile, même pour les chinois, de défendre Kim Jong Un et… cela peut d’ailleurs représenter une opportunité de dialogue intéressante et même inédite entre la Chine et les USA, concernant la CDN, sur le thème « si vous n’intervenez pas, nous doterons la CDS de la bombe atomique ». Cela pourrait potentiellement déboucher sur des pressions de la Chine sur son encombrant allié, et pourquoi pas sur un accord global sur la prolifération nucléaire dans la péninsule coréenne, avec des engagements réciproques CDN/CDS, parrainés respectivement par la Chine et les USA. Bien sûr, aucune naïveté quant au fait que ces accords seraient respectés (ou pas…). Mais dans le contexte actuel, ce serait déjà une victoire de réussir à éviter une guerre, maintenir le statu quo, et à faire dialoguer les deux Corées.
Accessoirement, de telles discussions seraient également un bon révélateur pour mesurer le niveau de contrôle de la Chine sur la CDN. On a parfois tendance à penser que la CDN n’est qu’une marionnette aux mains des chinois. On pourrait bien découvrir que la marionnette a totalement ou partiellement pris son indépendance, et que la Chine ne contrôle plus grand chose à Pyongyang, notamment en matière de nucléaire militaire…
@Fralipolipi
C’est précisément ce que la CDS demande… la menace de s’en doter en propre n’est la que pour équilibrer la balance américaine fasse à la chine, qui ne va pas manquer de faire un flan si énorme que les USA pourraient êtres tentés de refuser ce déploiement de B61-12.
L’Amérique et la chine ont le marché en mains… ce sera soit les B61-12 sous système de double clés, soit la CDS se dote d’armes nucléaires qu’aucuns des 2 grands ne maîtrisera! La CDS C’est pas la marionette culbuto du nord.
Face à la Chine.
Comment leur en faire la reproche, de même pour le Japon.
D’autant plus que nous continuons à développer notre armement nucléaire …
Donc si je reprends le raisonnement du général Curtiss Lemay dans les années 50, il est impératif que la Corée du nord détruise celle du sud avant que celle ci ne devienne une puissance nucléaire.
Mais alors les USA detruiront la Corée du Nord, avant d’être détruits en réaction par la Chine, qui sera elle même détruite en riposte.
C’est compliqué la capacité de l’humanité à s’anéantir, mais beaucoup moins que de collaborer au développement humain et cela crée des emplois.
« cela crée des emplois. » Pour fabriquer ces bombes! C’est très complexe une bombe thermonucléaire! Il ne faut pas toujours voir le mauvais coté des choses!
Tonton Sam ne sera jamais d’accord.
Donc la question est : Que veulent les coréens ?
Sauf que les présidents de l Amérique sont sous influence de certains lobbys qui n’ont pas la même approche démocratique de la paix dans le monde !!!!!
Si la Corée du sud a l’arme atomique, elle sort de l’esclavage.
Oui la Corée du Sud est traitée pareil par son parrain que la Biélorussie: force est de constater qu’elle à le même niveau de vie !
« Si la Corée du sud a l’arme atomique, elle sort de l’esclavage. » Je vais reprendre votre leitmotiv, : » Commentaire à coté de la plaque! »
Au vu de la non-réaction américaine à l’invasion de la Crimée en 2014 malgré les accords de Budapest signés en 1994 et confirmés en 2009 par Obama er Eltsine, on peut parfaitement comprendre la position sud-coréenne.
Et quid à terme de l’Ukraine qui possède les ingénieurs capables de construire des armes nucléaires ? Si les Ukrainiens n’avaient pas accepté les accords de Budapest et gardé les armes nucléaires soviétiques qui étaient sur leur sol, ils n’auraient très probablement pas été envahis le 24 février 2022.
Si la Chine n’avait pas aidé le caniche aboyeur,grand chef suprême Kim Jong,petite réincarnation de Staline et d’Adolf , nous non, serions pas là aujourd’hui. Surtout que, pour fabriquer une bombe atomique aujourd’hui, nul besoin d’etre un grand chef cuisinier, aucun besoin d’aller chez marmiton pour trouvera la recette ..
aujourd’hui beaucoup de pays la souhaitent et y travaillent …
Si nous avions mis fin , a la place de tergiverser sur le sexe des ayatollahs iraniens , nous non ne serions peut-être pas la aujourd’hui…………………
M.W : et c’est vous, vous, qui parlez de « petiti caniche aboyeur » ? ça ne manque pas de sel, ce selfie littéraire que vous nous lâchez-là !
Eltsine a quitté le pouvoir en 1999 et en 2009 il était mort…
Un prétexte pour « boule de suif » d’accentuer sa production et faire crever de faim ses infaillibles citoyens…. C’est pervers de provoquer l’escalade avec espoir de voir chez le voisin le système s’effondrer
@rainbowknight
« provoquer l’escalade ».
Ne serait-ce point la CDN qui a développé son arme nucléaire en premier ?
Tout à fait mais en voyant la CDS s’équiper d’une pareille bombe le Dictateur Fou va accentuer ses efforts dans une escalade mortifère pour son peuple. Poussé dans ses retranchements comment réagira t il ? S’il y a bien un dictateur imprévisible c’est Boule de Suif. Que fera la grande voisine… chinoise ?
Ben maintenant si les Coréens se rôtissent entre eux… alors là, nous v’la bien…!!! ;0)))
« à commencer par son adhésion au Traité de non-prolifération nucléaire [TNP]. »
je doute que « les autres » laissent faire, les précédents ça crée toujours beaucoup de suivants.
y a des petit ratés au démarrage à wakanda : https://www.lemonde.fr/afrique/article/2023/01/13/mali-14-soldats-tues-dans-des-combats-avec-al-qaida-qui-revendique-une-double-embuscade_6157703_3212.html
Mal formés apres toutes ces années ?
Bamako tombera d’ici 6 mois, et cette fois la France n’interviendra pas. Elle défendra peut être le BF voisin, mais avec les manifestations antifrançaises (et anti-occidentales en général) je doute qu’elles puisses faire le boulot. C’est une tragédie qui se prépare, les billets sont gratuits, mais on y est des figurants obligés.
je pense que ça nous épargnera les cogitations du quai d’orsay sur le thème de la « guerre communicationnelle » avec la russie et la turquerie
les afwicains ont régulièrement besoin d’un petit retour au réel. voir que quand ils nous chient dans les bottes ils ont à gérert les catastrophes sans filet va brutalement les faire baisser de deux trois tons
« suis-moi je te fuis, fuis-moi… » nesspâ .
« Ces dernières années, on entend de plus en plus dire que la France serait en train d’être chassée d’Afrique à la fois par les Africains eux-mêmes, mais aussi par les Russes. Ce recul de la présence française en Afrique vous paraît-il réel ? S’agit-il simplement d’un simple repli ? Est-ce que c’est une bonne chose ?
Les interventions postcoloniales sont toujours compliquées pour de multiples raisons. C’est l’objet de mon dernier ouvrage, Le Temps des guépards, qui porte sur l’histoire de nos interventions en Afrique après les indépendances. Elles sont complexes parce que nous sommes présents, et aussi parce que nous sommes militairement forts.
Nous sommes de fait plus forts que toutes les forces sur place, mais nous sommes soumis à une sorte de malédiction qui veut que si nous n’intervenons pas alors que nous sommes à côté, nous serons accusés d’une coupable passivité. L’ennui étant que, si nous intervenons rapidement, nous serons aussi accusés, mais cette fois d’entrisme, d’ingérence, voire de néocolonialisme. On peut même être parfois accusé des deux en même temps. C’est arrivé en Centrafrique. En 2016, la France décide de quitter le territoire centrafricain en mettant fin à l’opération Sangaris ; elle est alors accusée d’abandon alors que le jour d’avant, on lui reprochait d’être trop présente. »
https://legrandcontinent.eu/fr/2023/01/12/les-tirailleurs-etaient-nos-freres-darmes-et-nos-freres-dame-une-conversation-avec-michel-goya/
PS : « Ce genre de situations très complexes s’explique aussi parce que les sociétés elles-mêmes sont très polarisées…
Bien sûr. Nous sommes passés par une première phase où, jusqu’en 1978, la France intervient directement sur place, vient en aide à un État local en difficulté et qui l’appelle à l’aide parce qu’il n’est pas capable de résoudre le problème lui-même, souvent pour des raisons d’ordre structurel. Cette phase d’intervention directe se termine en 1978. La France est alors engagée au Tchad et décide de se mettre en retrait, dans une posture de deuxième échelon dans laquelle elle laisse faire les gens sur place en les soutenant. J’étais engagé dans ce cadre-là au Rwanda en 1992. Nous étions alors en appui de l’armée rwandaise. En réalité, cette méthode ne marche pas très bien ou, plus exactement, elle est bien moins efficace militairement. Cela dépend de la valeur de l’armée locale que l’on appuie, et cette valeur militaire elle-même dépend souvent de la solidité de son État. Quand on appuie des États corrompus et faibles, généralement, cela ne donne pas grand-chose. À tout le moins est-on un peu plus en retrait, donc moins visibles — mais aussi moins efficaces.
Il y a ensuite toute une phase d’interposition, comme l’opération Turquoise au Rwanda, où l’on va s’interposer entre les combattants. On s’aperçoit vite que c’est un piège, que la situation est très compliquée. Ensuite, en 2013, nous sommes revenus au Mali avec l’opération Serval. Le Mali nous appelle pour vaincre les djihadistes, une opération qui fonctionne militairement, bien qu’il ne faille jamais rester au cœur des problèmes trop longtemps, au risque de devenir associé au problème. Pour faire une comparaison médicale, la greffe finit toujours par rejeter le corps français. C’est l’erreur que nous avons faite au Sahel : nous n’aurions jamais dû rester après l’opération Serval. Il fallait se retirer et attendre qu’on nous appelle de nouveau au secours. »
Effectivement, politiquement il vaut mieux passer pour un sauveur.
Mais politico-économiquement que demander en retour ?
Dans le Sahel, à part quelques médiocres mines d’uranium au Niger, qu’avons nous conservé comme intérêts économiques ? Que dalle.
Au moins, à l’époque de l’Indochine, Michelin possédait des plantations d’hévéas.
« Mais politico-économiquement que demander en retour ? »
Je ne sais pas.
Les ressources du sol et du sous-sol sont toujours intéressantes (quand il y en a). Le maintien d’une certaine stabilité politico-sécuritaire nous aide aussi. L’aide à la francophonie peut toujours être un plus.
Mais honnêtement, je ne sais pas.
Je développais ailleurs l’idée qu’on n’aidait pas l’Ukraine parce-qu’ils sont gentils et nous aussi … en gros, que c’est pas une affaire de morale. Même si, intérieurement, je suis heureux qu’on puisse « jouer les Chevaliers Blancs » de temps en temps (en gros, j’trouve ça bien de taper de l’égorgeur [qu’il se dise de l’État Islamique, du Cartel de Sinaloa ou de l’armée de la Novorossya …]).
@ FG, d’accord avec vous. Mais encore une fois sur ces questions l’on est obligé de pointer l’incompétence de nos gouvernants.
L’on va finir par regretter que l’armée française (dont j’ai fait partie comme vous) soit autant réactive : dans toute la période que nous avons connue, le « yaka envoyer l’armée » était devenu, pour notre personnel politique, la solution à tous les problèmes : nettoyage des plages polluées par du pétrole (plan Polmar), ramassage des poubelles en cas de grève des éboueurs (plan Aspirateur), etc.
Encore aujourd’hui l’opération Sentinelle, qui aurait dû être une solution provisoire mais qui s’éternise, découle de la même incompétence politique.
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Et il en est naturellement de même pour régler les crises africaines qui devraient soit être méprisées, soit traitées par une politique interministérielle et pas seulement militaire, en définissant clairement quel est le résultat à obtenir qui impliquera la fin de mission.
Mais non : « yaka envoyer l’armée », c’est tellement plus simple avec les militaires qui ne savent pas dire non ni poser des conditions.
Pour rappeler les chiffres rapidement: l’Afrique sub-saharienne pèse pour seulement 2% dans le commerce extérieur français et la majeure parti de ces 2% ne vient pas des anciennes colonies françaises. Les pays francophones les plus importants économiquement sont la Cote d’Ivoire (mais d’autres puissances ont également intérêt à la maintenir stable), le Niger et peut-être un peu le Cameroun.
Les autres pays importants pour la France actuellement sont le Nigeria et le Mozambique, un peu l’Angola et l’Afrique du Sud, et anciennement les Soudan.
La France n’a que peu profité de la croissance économique sur le continent depuis 30 ans (fin de la guerre froide). Tout se fait au profit de la Chine, des USA et de nombreux autres acteurs.
Par contre on soutient bec et ongle le Tchad depuis 40 ans pour maintenir un ilot de stabilité qui par sa seule existence, empêchera la « convergence des catastrophe ». Notre coté super gentil !
L’uranium du Niger était devenu beaucoup moins utile suite à un double facteur:
– Fukushima 2011 qui a mis la consommation japonaise à l’arrêt et fait baisser les cours mondiaux du minerai (en prime de réduire les débouchés d’Areva qui était le fournisseur attitré du Japon, son premier client hors état français).
– les projets d’expansion minière low-cost d’Areva en Asie centrale (qui vont capoter parce qu’ils nécessitent la bienveillance de la Russie ou de la Chine, voir de la Turquie ou de l’Iran pour rapatrier la production).
Qu’à cela ne tiennent, si il devient nécessaire, à cause de la conjoncture internationale, de relancer la production au Niger, la marchandise pourra toujours être rapatrié par le Nigéria ou le Bénin. La France conserve de bonne relation avec ces 2 pays.
v_atekor……………………………………
Bamako tombera d’ici 6 mois…..
Non elle est soutenue, Par la C.A.F
@ v_atekor
Les opérateurs des forces spéciales françaises de Sabre vont se tailler du Burkina Faso: les musiciens de Poutine sont déjà là.
https://www.jeuneafrique.com/1406554/politique/des-mercenaires-de-wagner-ont-ils-debarque-au-burkina-faso/
Ouagadougou suit la même voie que Bamako.
https://www.jeuneafrique.com/1405310/politique/le-burkina-faso-demande-le-depart-de-lambassadeur-de-france/
« La junte a lancé fin 2021 une opération concentrée sur le centre du Mali. Elle affirme avoir acculé les djihadistes à la fuite et à la défensive à travers le pays. »
C’est très exactement ce qu’a dit le Général Westmoreland au Vietnam , avant l’Offensive du Têt par les communistes vietnamiens , suivie plus tard , de la chute de tout le Sud-Vietnam …
Si l’histoire begaie , Le Mali est down .
@ sastsuma
C’est surtout pour le Niger qu’il va falloir travailler, le Mali et le Burkina Faso sont foutus.
https://soundcloud.com/le-collimateur/mali-coups-et-surcoups-detat-sur-un-air-de-wagner
La chute de Kaboul en août 2021 a relancé le débat en Asie: si les américains se sont débandés contre les talebs, peut-on compter sur eux contre la Chine?
https://www.lemonde.fr/international/article/2021/09/06/la-debacle-americaine-en-afghanistan-relance-le-debat-sur-la-securite-en-coree-du-sud-et-au-japon_6093529_3210.html
100 milliards d’euros pour l’armée allemande, le Japon qui modifie sa constitution pacifiste, on tourne peu à peu la page des effets de la seconde guerre mondiale.
https://www.lemonde.fr/international/article/2023/01/09/le-japon-face-aux-dilemmes-de-sa-puissance-militaire_6157200_3210.html
A la décharge des américains, ce n’était pas eux qui allaient protéger et assumer la sécurité des pays du moyen et d’extrême orient ad vitam eternam. Comme les français au Mali, les américains cherchaient à se barrer d’astan à la première occasion et puis quand ils ont fini par comprendre que cette première occasion n’allait jamais arriver car les dirigeants afghans sont ce qu’ils sont : des chefs tout aussi incompétent et corrompus les uns que les autres… Ils ont dit stop et on file. Sauf qu’ils n’avaient pas prévu que les armées afghanes allaient disparaître en un claquement de doigts quand ils ont compris que les soldats n’ allaient plus recevoir de salaire de leurs autorités le mois suivant…
@ Jason Bourne
Vu les domaines-clés dont s’occupaient les cintractors, les américains savaient que l’ANA allait s’effondrer comme un château de cartes.
https://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2021/02/07/retrait-us-d-afghanistan-quel-avenir-pour-les-contractors-21864.html
La rapidité de cet effondrement n’a surpris que le citoyen occidental lambda, les services de renseignement américains, je ne pense pas.
Il faut taper Iran …
israël peut-être ?
bon sens.
Vu les connaissances technologiques de la Corée du Sud, je pense que cela fait bien longtemps qu’ils ont les plans, voir même des modèles d’essai.
Le faits de ne pas l’afficher permet la présence us dans cette partie du monde qui ne serait plus utilisé si la Corée du Sud affichée son hypothétique arsenal…
Même topo pour le Japon qui maitrise parfaitement l’atome.
Réponse dans les années qui viennent…
N’existe-t-il pas une alternative stratégique à la bombe pour contourner le problème ?
Par exemple, pour un budget équivalent, je pense que la CdS pouvait se payer des milliers de missiles ballistiques conventionnels pouvant raser une ville importante.
si la Corée DS peut avoir cette arme le sultan du biosphore la voudra aussi et on va aller à la guerre
Putler est devenu le meilleur argument pour une prolifération nucléaire dans le monde (en plus d’être devenu le meilleur vrp pour les armements occidentaux
Avec son agression de l’ukraine, les petits pays ont très bien compris qu’avoir une arme nucléaire était la meilleure méthode pour dissuader un voisin un peu agressif et expansionniste. Et les grands pays ont eux vus qu’avoir une arme nucléaire empêchait toute riposte internationale
La CDS (et le Japon) ont non seulement un voisin fou furieux, mais peuvent avoir des doutes sur le soutien US futur, surtout si un ahuri type trump revenait au pouvoir dans 2 ans.
Le club des futurs candidats à l’arme atomique augmente. CDS, Japon, Turquie, Arabie Séoudite, Australie, … sont probablement les prochains à vouloir frapper à la porte des candidats au club
« Putler est devenu le meilleur argument pour une prolifération nucléaire dans le monde »
c’est curieux que les tapins de l’empire américain – outre le goût pour des jeux de mots « qualité boumeur » tellement pourris que même ruquier n’en voudrait pas, deviennent sur le sujet brusquement modestes quant au rôle de leur suzerain sur la question : saddam, kaddhafi, bachar, l’Iran c’est plutôt ceux qui en sont dépourvus qui ont compris que ça restait la meilleure assurance-vie
paroles d’enfant de poutin. Qui se croit fondé à moquer ce qu’il appelle les tapins.
et même – et surtout – des cas psys.
D´accord avec Czar : l´interventionnisme américain est une puissante incitation pour que tous les « méchants » désignés par Washington s´équipent d´armes nucléaires.
La CdS n´est pas dans cette catégorie, l´intérêt de la démarche sud-coréenne, c’est surtout l´affirmation que la protection américaine ne vaut rien.
À ma connaissance, c’est la première fois qu’un vassal de l´Empire le dit aussi clairement (sans compter les gaullistes dans les années soixante, bien entendu)
L´Empire a eu tort de pousser la Russie à attaquer l´Ukraine, montrant ainsi que « le roi (Uncle SAm) est nu ».
L´inquiétant est moins la prolifération nucléaire que ce que vont faire les US pour reprendre la main.
J’aime bien les Coréens du sud. Des bosseurs, pas des rêveurs, réalistes et qui performent. S’ils continuent ainsi, ils pourraient sans le vouloir devenir les maîtres du monde d’ici quelque temps.
Il est assez évident qu’ils maîtriseront rapidement tous les échelons de la chaîne nucléaire s’ils s’y mettent.
PK: Ce sont des asiatiques, tout simplement, à l’image de tous les autres asiatiques. Ils ne sont pas seuls , loin de là, et bien loin de devenir les maîtres du monde car il y a de la concurrence à proximité
« car il y a de la concurrence à proximité » Vous sous entendez fortement la Corée du Nord! C’est beau les rêves!
Pascal ( l’autre) : pas une seule seconde , je pense à la Chine évidemment, quoique la Corée du Nord montre une résilience, une puissance de travail, une cohésion nationale , une déliquance zéro, et une volonté qui sont admirables, et que bien des français pourraient prendre en exemple .
« ils pourraient sans le vouloir devenir les maîtres du monde d’ici quelque temps.’ Il y a quand même la Chine! Sinon il y a aussi la Turquie……………………………..selon les écrits dithyrambiques et enflammés de @Kaya!
La grosse différence est que la Corée du Sud a une vraie industrie novatrice. Elle ne fait pas de l’assemblage sous licence en criant partout qu’elle est une génie incomprise. Elle ne dit rien et fait. Et elle le fait bien. En plus intelligemment et par étape. Son char et son avion sont des preuves qu’il est possible de partir de zéro et pourtant de rattraper le retard – à vérifier quand même quand ils auront sorti leur premier réacteur. Mais il y a déjà un vrai tour de force pour leur moteur de char.
Après, il n’y a pas de miracle : ils ne lâchent rien, ont un enseignement qui performent et des ingénieurs qui bossent, avec une volonté gouvernementale de fabriquer un truc cohérent et indépendant. Bref, une vraie vision d’avenir et de vivre ensemble.
Tout ce qui nous manque quoi…
eh ouais PK, mais c’est des Coréens du Sud. Un peuple libre donc, avec une vraie démocratie. Donc pas copains avec vos régimes préférés. C’est là qu’est l’os hélas, pour vous.
Eh bien oui malheureusement, les Coréens ont plutôt raison de mettre cela sur la table.
Etre certain de l’aide (conditionnée) de l’Oncle Sam, autant avoir une capacité de frappe complètement internalisé.
Les Taïwainais auraient tord de ne pas penser à la même chose, d’autant qu’ils y ont déjà pensé par le passer.