Les pilotes de la Royal Air Force sont prêts à se mesurer aux avions « agresseurs » L-159E de Draken Europe

Comme l’armée de l’Air & de l’Espace [AAE], avec les Alphajet de l’escadron d’entraînement 3/8 « Côte d’Or », basé à Cazaux, la Royal Air Force [RAF] disposait du No. 100 Squadron, dédié aux missions dites « Red Air », c’est à dire qu’il était chargé de tenir le rôle « d’agresseur » pour l’entraînement de pilotes de chasse. Le retrait de ses avions Hawk T1, en mars dernier, s’est traduit par sa dissolution, alors que le besoin d’une telle unité n’a sans doute jamais été aussi important…

Cela étant, la Royal Air Force entend récupérer cette capacité avec le programme « Next Generation Operational Training » [NGOTS]. Seulement, il n’est pas près de se concrétiser… Et nul ne sait vraiment quand il le sera. « Une capacité de remplacement sera fournie en temps voulu », a seulement indiqué le ministère britannique de la Défense [MoD].

Aussi, la mission jusqu’alors assurée par le N°100 Squadron a été reprise par la filiale européenne de l’Entreprise de Service de Sécurité et de Défense [ESSD] Draken International, dans le cadre du contrat IRAATS [pour Red Air Aggressor Training Service], entré en vigueur le 1er juillet pour une durée minimum de trois ans.

Pour autant, il aura fallu attendre près de six mois pour qu’une première opposition ait lieu entre les Aero Vodochody L-159E « Honey Badger » de Draken Europe et un Eurofighter Typhoon du 41 Test and Evaluation Squadron de la RAF, au-dessus de la mer du Nord.

« La possibilité de s’entraîner contre des aéronefs différents avec des pilotes expérimentés aux commandes et d’utiliser des tactiques inconnues est considérée comme une formation opérationnelle essentielle pour les escadrons de première ligne », a fait valoir la RAF, dans un communiqué publié la semaine passée. « Cette capacité mettra véritablement au défi nos pilotes, en les entraînant plus efficacement pour les opérations futures », a-t-elle ajouté, avant de souligner « l’excellent rapport qualité prix » des prestations qui seront fournies par Draken Europe.

Le contrat IRAATS va prendre sa vitesse de croisière dès janvier prochain, avec huit L-159E engagés dans les missions « Red Air » par Draken Europe depuis l’aéroport international de Teesside, où l’ESSD a localisé la flotte de DA20 Falcon dont elle a héritée après le rachat de Cohnama Aviation Services, en 2020.

Photo : Royal Air Force

Conformément à l'article 38 de la Loi 78-17 du 6 janvier 1978 modifiée, vous disposez d'un droit d'accès, de modification, de rectification et de suppression des données vous concernant. [Voir les règles de confidentialité]

33 contributions

  1. Raymond75 dit :

    Le L159 est un très bon avion d’entrainement, mais ses performances sont très inférieures à celles des Eurofighters, Rafales et autre F35, ce qui peut surprendre le néophyte que je suis. Mais de nos jours les combats canon comme au temps de la WWII ou même du Vietnam n’existent plus : ce sont des combats à distance par missiles interposés. Donc on peut comprendre l’utilisation de cet avion si c’est bien de cela qu’il s’agit.

  2. GUEPRATTE dit :

    Ce qui serait surtout fort intéressant ,serait de voir au combat en temps de guerre ,un Rafale contre un SU 57 , un Eurofighter contre un Mig 35, et un F22 contre un J 20…..et tout çà peut aussi bien sur se permuter …..et en dogfight bien évidemment, donc à la loyale et en zone montagneuse de surcroit ,histoire de dévoiler les capacités artistiques , la gnaque et les audaces de tout le monde ……Comme çà une fois fait ,çà évitera enfin les éternelles conversations de bistro….

    • Thaurac dit :

      « ….et tout çà peut aussi bien sur se permuter …..et en dogfight bien évidemment, donc à la loyale  »
      Allez en parler aux pilotes de la ww2 ,  » ç la loyale » c’était plutôt pendant ww1 car après ils se mettaient à plusieurs pour descendre un seul avion .
      quand ta vie est en jeu, la loyale, ça n’existe pas tu largues tes missiles demi tout et bye…

      • GUEPRATTE dit :

        @ thaurac ……et quand tu n’a plus tes poissons volants à lancer pour te défendre , tu fait comment ton demi tour si t’est dans la nasse en compagnie d’ un vilain poisson dedans ??

        • Czar2 dit :

          Je rejoins globalement Thaurac même les participants à l’époque de la première guerre le reconnaissaient , la loyale dans les air ce n’avais que de la valeur au début su conflit pour disparaissent avec le temps.
          La seconde guerre mondiale déjà l’altitude et la vitesse c’est la survie dès le début. Si on arrive au combat tournoyant c’est qu’il y a eu des erreurs des deux côtés.
          Pour l’après seconde mondiale manque de fiabilité des missiles (ce n’est plus le cas depuis les années 80).
          Bon je vous faire plaisir, un obus est assez insensible à la guerre électronique donc pourrais quand meme servir dans les air !
          Plus assez de poissons volants ? Bah comme le GV qui n’a plus de minution sans appui et isolé… y a eu un problème (volontaire ou non) dans le déroulé.
          Dans les airs à armes égales tu es bon ou mort. Je dis bien à armes et appui égal, sinon c’est le classique du chevalier hyper fort physiquement et maritalement qui se fait tuer à distance par une arme à poudre ou le

    • Marine dit :

      Il y a eu quantité de combats réels P-51 contre Bf-109 ou Spitfire contre Fw-190, et ça n’empêche pas les discussions de bistrots autour des qualités et défauts de chacun de ces chasseurs depuis 80 ans…

      • GUEPRATTE dit :

        à marine …………..oui mais cà c’est faisable ,mais seulement aprés un ou des retex…….Or là, on en n’a pas de retex en la matiére sur un ou des combats aériens réels en temps de guerre version 2023 ….

    • Doudous74 dit :

      Sauf que la guerre aérienne n’est plus depuis bien longtemps un duel entre deux avions et deux pilotes… Même les combats de la seconde guerre mondiale (au moins pour le front ouest européen) était déjà plus un combat de tacticien et de contrôleur que des duels aériens… Ça se finissait comme cela, mais les phases décisives du combat de déroulait en amont…
      A moins évidemment que vous message ne fut du second degré…

      • GUEPRATTE dit :

        @ doudous74 …Mon message est du second degré mais qui se produira en stade final final dans une situation de premier degré …..

    • Auguste dit :

      Question d’un non-sachant.
      Les Russes se gardent bien de survoler l’Ukraine.Avec les drones et une bonne défense anti-aérienne,est-ce qu’il est utile,dans une guerre entre puissances, d’avoir une importante aviation de combat ?.

      • dolgan dit :

        Ce n’est pas parce que les Russes on échoué que c’est impossible. L otan et les usa sont autrement mieux équipés. On peut aussi citer Israël qui fait pas mal de missions chez ses voisins.

        On voit bien que drones et misilles russe ne remplacent pas l effet militaire de l aviation en Ukraine.

        Et l aviation reste très active dans ce conflit malgré tout .

        L aviation russe c’est une des principales raisons qui oblige les Ukrainiens à rester très prudent dans leurs contre offensives. Sans bulle AA, ils sont morts.

        Et il y a des facettes de la guerre absentes de ce conflit. Par exemple la composante air mer.

      • Nauatg dit :

        Alors ils la survolent, font même du support rapproché et grâce aux chasseurs peuvent larguer quelques missiles spécifiques qui ne sauraient être mis en oeuvre depuis le sol.
        Mais il faut accepter une forte attrition. C est là qu il faut évaluer sa capacité à encaisser. Et physiquement et dans le champ des perceptions.
        Mais comme n importe quel armement mis en oeuvre sur un champ de bataille. Il y a bcp de casse.
        On n est plus habitué à un affrontement avec des armes puissantes des 2 cotés. Tout ce qui peut être détruit a une grosse probabilité de l être. Mais aucune armée pour tenir ne peut se passer d un seul de ces effecteurs…Chars blindés artillerie avions bateaux hélico bombardiers, soldats j en passe et des meilleurs. Nous l avons redécouvert au dépens des russes et Ukrainiens. Avec peu on peut faire bcp mais avec bcp on a le temps de se retourner…
        Un seul gagnant dans tout ça : le pognon!!!

    • Delalande dit :

      GUEPRATTE :

      « un Rafale contre un SU 57 , un Eurofighter contre un Mig 35, et un F22 contre un J 20…. »

      Voilà . En 1 contre 1 dans l’ octogone, on verrait qui est le meilleur . Rien de tel que les conditions réelles .

      Sinon moi je donnerais cher pour analyser le retex d’ une guerre nucléaire globale, afin de préparer la suivante au mieux .

      J’ ai compris que vous étiez ironique, et vous faites bien parce qu’ il y en a vraiment marre de ce que vous caricaturez-là . « Et mon chasseur si le plus for, il déboâte le tien 1 vs 1. Il est mieux . Sur quel type de mission ? Pourquoi, y en a plusieurs ? » aaaaïe aïe aïe qu’ il y en a marre de lire ça .

      Ça, et l’ expression « générations » de chasseurs employée par des gens qui ne se demandent même pas un instant ce que ça recouvre . Furtivité passive ? Supercroisière ? « Fusion de données », gestion de drones ailiers ? Aucune idée mais ils s’ en fichent . 5 > 4 donc c’ est plus fort. Les gamins de huit ans jouent à des jeux vidéos plus complexes et subtils que ça.

      Je ne dis pas que ce terme de « générations » ne correspond absolument à rien, et je ne m’ y connais pas assez pour en juger, mais je vois bien que moins on est compétent plus on aime ce concept .

  3. Jre91 dit :

    C’est mieux que rien, mais bon, je vois mal un Eurofighter ne pas prendre l’ascendant sur un coucou aussi léger.
    Ce qui serait intéressant ce serait d’opposer un Typhoon à un autre Typhoon par exemple, voire à un Tornado s’il en reste sous cocon.
    On ne parle même pas des F35, car trop cher, et sans doute que s’il perdait ses dogfight la publicité serait d’un trop mauvais gout pour les US et pour les payas acheteurs.

    • Pascal, (l'autre) dit :

      @ Jre91 « je vois mal un Eurofighter ne pas prendre l’ascendant sur un coucou aussi léger. » Attention à l’agilité des coucous « légers » Montré dans le premier « top Gun » et ce n’est pas du cinéma le gros matou (le F 14 Tomcat) se faisait régulièrement rétamer par le petit mais agile A4 Skyhawk
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Douglas_A-4_Skyhawk
      L’inverse est également vrai, des pilotes nord vietnamiens (et peut être russes) en firent l’amère expérience alors qu’à bord de leurs Mig 17,19 et 21 ils se retrouvèrent face aux F4 Phantom mais surtout l’imposant « Thud » (le F105 Thunderchief) Ils découvrirent que « la bûche » ‘surnom donné au F 105 par les pilotes U.S. était un adversaire redoutable en combat tournoyant (en reconnaissant que c’était après largage des charges!)
      https://www.afrc.af.mil/News/Photos/igphoto/2000433622/
      La photo ci dessous donne une idée de la » bête » en regardant le personnage sur l’échelle d’accès!
      http://www.grissomairmuseum.com/content/wp-content/uploads/2011/02/F-105-at-Tinker.png

  4. albert dit :

    Eurofighter vs L-159 !!!!! c’est pas un peu franchement déséquilibré … y a mieux pour apprendre à faire du Air Combat

    • Bench dit :

      @albert, Jre91, GUEPRATTE : conversations de bistrot, ça oui! Un « coucou aussi léger » que le L159E est tout à fait valable en tant qu’agresseur. Ce n’est pas la puissance de l’avion qui fait l’agresseur mais ses qualités et son pilote. Les F-5 et Skyhawk en sont de redoutables exemples. Voir ici pour ceux qui n’en seraient pas convaincus : https://www.thedrive.com/the-war-zone/40404/top-aces-aggressor-a-4s-are-now-the-worlds-most-advanced-skyhawks
      ps pour GUEPRATTE qui se croit dans Top Gun, et même si les ROE ne sont pas connues, cette vidéo de 2009 est édifiante : https://www.google.com/search?q=video+Rafale+F-22&oq=video+Rafale+F-22&aqs=chrome..69i57j0i22i30j0i8i13i30.12516j0j15&sourceid=chrome&ie=UTF-8#fpstate=ive&vld=cid:4a9c7082,vid:oGuWadoTgkE

      • GUEPRATTE dit :

        @ bench …..si une une guerre se gagne toujours au final AU SOL et de surcroit au corps à corps , meme en 2022 , et bien c’est pareil en aéro : une bataille aérienne se gagne en vol ,notemment lorsque le dernier missile high tech a été tiré et qu’il ne reste plus que le canon de 30 mm pour aller traiter le ou les plastron ennemis ….et quand il ne reste plus de muns pour le canon, si on a bien compris ce que c’est que le boulot d’un soldat pilote non pas en temps de paix ,mais en temps de guerre, je veux dire quand il faut protéger à la fois ses momes et ceux des autres ,il reste encore, comme dans la Marine : l’éperonnage ! un rentre dans le lard en plein vol si c’est dans l’interet supréme du pays ,ce qu’il sera inévitablement ….avec bien sur, l’option Martin Baker juste avant la seconde fatidique ,…heureusement quand meme on n’est pas des sauvages en Occident …. et çà ne n’est pas de la théorie ni du sentimentalisme Hollywoodien….c’est juste le devoir à accomplir en temps de guerre et ce pour recevoir la plus belle de toutes les décorations : celle de revoir à terre que le sourire de nos enfants est toujours intact …..

        • Bench dit :

          @GUEPRATTE : « une bataille aérienne se gagne en vol », ah, ah, ah! Et une bataille navale sur l’eau? Et le cheval blanc d’Henri IV était blanc aussi. Vous adorez enfoncer des portes ouvertes!
          Pour le reste de vos élucubrations, je préfère passer mon tour, parce que franchement vu le niveau……

          • GUEPRATTE dit :

            @ Bench…. les Japs ont bien gagné sur l’eau une bataille navale à Pearl Habor et uniquement depuis les airs et sans un seul bateau Japonais à engager ….avant de le découvrir aussi à leur tour en Mer de Corail …..étonnant non ? Sayonara !

  5. Momo dit :

    « l’excellent rapport qualité prix » des prestations qui seront fournies par Draken Europe.
    Super!

    On espère que les pilotes de l’EF2000, même si avion très moyen, auront le dessus sur les albatros des agresseurs.
    Accessoirement c’est après avoir fait passer pas mal de pilotes, et pas avant, que les opérationnels pas compteurs de haricots jugeront de la qualité de la prestation.
    A ce stade c’est quasiment comme LM et son F35, du ‘slideware’ et des récits vendeurs repris à son compte par le responsable des achats en question du ministère.
    Espérons que le Cote d’Or ne se verra pas dissous dés la lecture de cette news par Bercy (non, c’est une joke/blague).

  6. Gamberge dit :

    À chaque fois que je vois un article concernant le recours à des sociétés privées pour des prestations d’agresseur, je me pose toujours la même question, que je soumets ici à ceux qui voudront bien y répondre.

    Il n’est pas très difficile de comprendre l’intérêt pour des pays dont les forces aériennes sont de taille modeste de sous-traiter le « red air » afin de bénéficier de capacités externes qu’il serait financièrement déraisonnable de vouloir entretenir eux-mêmes.
    Bien que l’on puisse questionner la sagesse stratégique d’un fonctionnement qui consiste à confier à un opérateur non-étatique une partie essentielle de la formation des pilotes militaires, il est évident que ce procédé permet de bénéficier d’économies d’échelle importantes, puisque les coûts d’investissement et de fonctionnement de telles unités privées d’agresseurs sont ainsi partagés entre les différents états clients dont les besoins individuels sont modestes et ne permettraient pas de rentabiliser le maintien d’une unité d’agresseurs dans chacune de leurs forces aériennes nationales.

    Mais cette logique financière reste-t-elle valide au sujet d’armées de taille importante ?
    Dans des pays tels que le Royaume-Uni, la France ou, à plus forte raison les États-Unis, les besoins de formation de type « red air » ne sont-ils pas suffisamment importants pour justifier pleinement l’existence d’unités nationales dédiées à cette tâche ?
    À partir du moment où l’utilisation à temps complet d’une ou plusieurs unités d’agresseurs est rendue nécessaire par les besoins des forces nationales, quelle économie d’échelle peut-on réaliser en faisant appel à un sous-traitant privé, qui aura à faire face à des besoins d’investissement et de fonctionnement a priori identiques, tout en devant en outre réaliser un profit ?
    Où sont alors les économies ? Quel est l’intérêt de cette pratique ? Qu’est-ce qui m’échappe ?

    Par ailleurs, l’existence de ces prestataires privés ne pose-t-il pas un problème de maintien des effectifs dans les armées nationales, dont les pilotes les plus expérimentés peuvent être tentés de céder aux sirènes pécuniaires du privé, accroissant de ce fait le besoin d’acquisition d’expérience dans les forces qu’ils ont quittées et créant un cercle vicieux auto-entretenu qui rend le recours au privé de plus en plus nécessaire ?

    Enfin, si l’usage d’unités d’agresseurs externes aux forces aériennes nationales est nécessaire, pourquoi les confier au privé au lieu de créer des structures multinationales partagées entre nations alliés pour remplir cette mission ?
    Par exemple, ne pourrait-on imaginer la mise en place d’unités « red air » sous la responsabilité et le financement de l’OTAN, dont bénéficieraient l’ensemble des pays de l’alliance qui ne veulent ou ne peuvent entretenir cette compétence dans leurs propres forces aériennes ?
    Je dis une bêtise ?

    • Charognard dit :

      @ Gamberge
      Pas d’argent, pas de Suisses.
      https://air-cosmos.com/article/royaume-uni-lotan-la-rescousse-pour-protger-le-ciel-de-sa-majest-24762

      Mais il y a toujours des sous pour les entreprises des copains.

    • JC dit :

      Non. Malheureusement pas.

    • vrai_chasseur dit :

      @gamberge
      Autant de questions valides qui traduisent un point : l’externalisation de « l’AdAir » telle qu’on la voit aujourd’hui, est à la croisée des chemins.
      Draken par exemple travaille déjà pour l’OTAN. Sa valeur ajoutée est de mettre à niveau les nouveaux ‘petits’ membres (la Bulgarie par ex.) aux standards OTAN … et aussi de remettre à niveau certains membres un peu rouillés (on ne dira pudiquement pas les noms mais ça vole quand même sur Eurofighter). De ce point de vue, c’est l’entité « d’examen de passage » commune de l’OTAN et cette mutualisation a parfaitement du sens. Mais cela reste circonscrit aux ‘petits’ pays.
      Pour les grands pays, c’est plus complexe. Leur aviation est sophistiquée, leurs moyens sont en principe plus vastes. Cependant les motivations actuelles de faire appel à l’externalisation de « l’AdAir » ne sont pas économiques, même si on pense qu’elles pourraient l’être (la transformation de coûts fixes en coûts variables est toujours séduisante en théorie).
      En réalité la vraie raison prosaïque est qu’il n’y a pas assez de pilotes.
      Et cela touche la majorité des armées de l’air modernes.
      – Les USA par exemple. Dans une communication récente au Sénat américain ( http://www.armed-services.senate.gov/imo/media/doc/SASC-AL%20Written%20Testimony_FINAL%20CLEARED%20(1).pdf ) ,les planificateurs de l’US Air Force avaient même chiffré ce déficit en pilotes : -1650. Et à raison de 1500 nouveaux pilotes formés par an (un objectif qu’il faut déjà tenir), après bilan net annuel des entrants et des sortants, ce déficit ne pouvait pas être résorbé avant au moins 10 ans. Le recours à des sociétés externes obéit alors à des impératifs d’urgence immédiate : aujourd’hui, par manque de pilotes l’US Air Force ne peut pas à la fois remplir son contrat opérationnel et faire l’instruction interne. Elle a fait appel à 5 sociétés AdAir pour compléter l’instruction.
      – Le cas du Royaume-Uni est similaire. La fin du Hawk précipite la RAF dans un double déficit, à la fois un manque structurel de pilotes et un manque conjoncturel d’un avion d’entrainement. Le recours à Draken est une solution « intérimaire » (c’est le I de l’acronyme IRAATS, le nom du contrat) mais on ne voit vraiment pas comment la RAF évitera la prolongation de ce contrat sur plusieurs années.

      Ce recours à des moyens externes est victime de son urgence : à force de ne voir que le court terme, la logique long terme est mal définie.
      Or pour ces sociétés privées, faire un travail efficace dans ce domaine requiert d’investir dans des avions récents, des pilotes chevronnés ayant l’expérience de ces avions, autant d’investissements qui ne peuvent se concevoir que si ces sociétés bénéficient d’une visibilité d’emploi à moyen terme et d’un partenariat sérieux. Ce n’est pas le cas.

      La croisée des chemins est pour les armées de l’air : soit elles décident de faire rentrer dans le jeu ces sociétés AdAir dans une perspective moyen terme, comprenant l’OTAN comme espace de mutualisation, soit elles font le travail elles-mêmes.
      2 voies pour tenter de répondre à la même contrainte de départ : déficit de pilotes.
      Elles n’ont pour l’heure rien décidé, hormis de faire du bouche-trou à court terme qui n’est satisfaisant pour personne.
      La Chine, en panne de pilotes également, profite de ce flou mal défini pour braconner : plusieurs pilotes instructeurs occidentaux qu’elles a réussi à draguer sont des ex-Draken dont le contrat avec la base de Nellis de l’US Air Force n’a pas été renouvelé après 5 ans de travail commun.

    • Czar2 dit :

      Comme disent les intervenants, gros problèmes de ressources RH, comme dans trop de domaines de nos armées des personnels sont formés et disparaissent des tablettes … ça ne changera pas tant que les RH ne vont pas se remettre en question.
      La solution de prestataire extérieur est une solution bouche trou temporaire, le danger est si elle devient pérenne dans le temps.
      Le financement de l’otan méfiance ce n’est jamais du garanti, bien que ça peut etre jackpot, nous sommes bien placer pour le savoir avec notre dernière raclé de haute intensité en 1940, ces financements nous bien servi pour remettre les bases aériennes (laissées par les allemands ou les américains au choix par exemple) à niveau ou encore pour équiper nos armées à la sortie de la seconde mondiale et de relancer notre industrie de défense.

    • Nauatg dit :

      @ Gamberge
      Absolument vrai. ces red Air je les vois dans les exos. c est très bien mais c est du copinage et de l engraissage des potes…
      pas convaincu non plus.

    • Gamberge dit :

      @Charognard @JC @vrai_chasseur @Czar2 @Nauatg
      Merci à tous pour vos réponses, en particulier à vrai_chasseur pour sa contribution très éclairante.

  7. LEONARD dit :

    Ce soir, 2 infos H.S pour rire un peu:

    1- La candidature du président turc Erdogan a été soumise pour le prix Nobel de la paix:
    https://al24news.com/fr/la-candidature-du-president-turc-erdogan-soumise-pour-le-prix-nobel-de-la-paix/
    On attend que la Russie propose à son tour Prighozin….

    2- Le lieutenant-général Anatoly Elizarov, directeur du Département de la gestion opérationnelle du ministère des Situations d’urgence, a été blessé suite au fait que de la glace est tombée du toit d’une maison de la rue Initiative à Moscou.
    https://tass.ru/proisshestviya/16707065
    Il est donc passé de la théorie à la pratique….

    Bonne soirée à tous !!

    • Pascal, (l'autre) dit :

      « au fait que de la glace est tombée du toit d’une maison de la rue Initiative à Moscou. » La nouvelle arme les « iceblades » Assurément encore un coup des U.S. et de l’O.T.A.N. !