Première mondiale : La Brigade de Sapeurs-Pompiers de Paris déploie des drones autonomes en zone urbaine

Après le robot Colossus, fort utile lors de l’incendie de Notre-Dame, l’application mobile « Staying Alive », qui localise les défibrillateurs cardiaques, la tablette tactile e-FiBi [electronic fiche bilan] pour le secours à victime, la lance à eau DELTAE, permettant d’améliorer la protection du pompier, la Brigade de Sapeurs-Pompiers de Paris [BSPP] se veut à la pointe de l’innovation.

Et cette unité de l’armée de Terre, placée pour emploi sous l’autorité du préfet de police de Paris, vient d’en faire encore la démonstration en se dotant de drones autonomes Skeyetech auprès du constructeur Azur Drones, afin de réduire les délais d’intervention en cas de noyade.

« La BSPP devient ainsi la première unité d’incendie et de secours du monde à déployer une solution autonome en zone urbaine », a-t-elle d’ailleurs souligné, dans un communiqué diffusé ce 30 novembre. Ce qui n’allait pas forcément de soi, le survol des villes – a fortiori celui de Paris – étant très réglementé.

Quoi qu’il en soit, chaque année, les militaires de la BSPP interviennent environ à 300 reprises sur la Seine pour se porter au secours de personnes risquant de se noyer. D’où l’intérêt du drone Skeyetech, un appareil qui, grâce à des algorithmes d’intelligence artificielle, peut décoller, voler et atterrir avec précison de manière autonome.

Son utilisation « ne requiert aucune formation des équipes de sécurité au télépilotage », celles-ci pouvant « suivre ou commander les missions du drone, de façon très simple, directement depuis le VMS [Video Management System] », avait expliqué Azur Drones, alors que la Direction générale de l’aviation civile [DGAC] venait de l’autoriser à faire voler son appareil, en 2019.

Selon les explications de la BSPP, qui évoque une solution « disruptive », le Skeyetech se déploiera automatiquement au-dessus de la zone de noyade dès la réception d’un appel au secours. Grâce à ses capteurs [caméras, détection automatique de victimes], il fournira toutes les informations utiles aux sapeurs-pompiers, tout en larguant une bouée à gonflage automatique à la verticale de la personne en difficulté.

« Le système Skeyetech permet de gagner un temps considérable sur la durée moyenne de nos interventions grâce à ses automatismes et ses capteurs. Nul besoin de télépilote : les équipes sur le terrain se concentrent sur la part la plus importante de l’opération, à savoir les secours et l’assistance aux victimes », résume le commandant Mathieu Giroir, coordinateur de ce projet au sein du Bureau Etudes & Prospective de la BSPP.

Et d’ajouter : « Avant que les sauveteurs n’arrivent au contact de la victime, nos équipes disposent ainsi d’un état de la situation en temps réel : nombre et état des victimes, contexte et déroulement de la mission… ».

Déployable en moins de 30 secondes, extrêmement fiable [d’autant plus qu’il est doté d’un logiciel de maintenance prédictive], le Skeyetech est un octocoptère pouvant voler à la vitesse de 80 km/h, sous la pluie et avec des vents de 50 km/h. Son autonomie est de 25 minutes [du moins était-ce le cas il y a trois ans…]. Ses capteurs permettent d’identifier une personne à plusieurs centaines de mètres.

« Nous sommes particulièrement fiers que la BSPP accorde sa confiance à Azur Drones dans le cadre de cette première mondiale. […] Nous nous ouvrons ici, aux côtés de cette prestigieuse
unité militaire, et dans un contexte d’évolution urbain très particulier, à une nouvelle application pleine de sens : le secours à victimes », s’est félicité Jean-Marc Crépin, le Pdg du constructeur du Skeyetech.

D’autant plus que la BSPP n’entend pas en rester là : elle envisage d’utiliser ses drones autonomes pour livrer des défibrillateurs, ce qui, selon elle, permettrait de sauver jusqu’à 800 vies supplémentaires par an.

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35 contributions

  1. Prof de physique dit :

    Ça donne presque envie de plonger dans la Seine pour en avoir une démonstration.
    Presque.
    En tout cas pas avant le printemps.

    • Frank dit :

      @ Prof de physique C’est vrai que, présenté ainsi, le concept est louable, avec un sacré potentiel, une fois bien répandu et bien maitrisé, faut l’avouer.
      Un esprit médisant comme moi y verrait, du fait de l’autorité de la PP de Paris sur la BSPP, une préoccupation immédiate de la hantise de certains responsables, concernant la future cérémonie d’ouverture des prochains JO, quand des dizaines de milliers de quidams en liesse, massés sur les bords de Seine, seront sensés jeter des lauriers aux athlètes qui flotteront alors sur des nefs dérivantes…
      https://www.paris2024.org/fr/ceremonie/
      Restons positifs, Fluctuat nec mergitur, il y aura ensuite une flopée de situations dans lesquelles cette compétence sera salutaire.
      Après le RETEX.

  2. Lanister dit :

    Sur un tel dossier la DGAC n’est pas forcément la plus à craindre. Il faut redouter les guéguerres de positions de la préfecture de Police, qui pour mémoire, a la BSPP sous ses ordres.

  3. Kamelot dit :

    les Sapeurs Pompiers de Paris ont un temps d’avance sur leurs collègues des Armées…

  4. Félix GARCIA dit :

    Félicitations.
    J’imagine qu’on verra bientôt cela sur nos façades maritimes.
    L’idée des drones défibrillateurs semble aussi très prometteuse.

    Nos pompiers ont une belle capacité d’innovation. Je me souviens de la BSPM, de ses prélèvements de surfaces et environnementaux (filtres à air pour mesurer la présence de virions dans l’air), ainsi que des eaux usées : un véritable changement dans la cartographie et la prévention des épidémies. Et ce, pour une somme modique. Brillant.

    Peut-on imaginer des drones d’alertes, en milieu urbain (ou rural, avec un drone ayant une plus grande autonomie), qui iraient sur place pour donner une vision de la situation préalable à l’intervention (lors des incendies par exemple), et ce, afin de préparer la suite lors du trajet ?

    • Félix GARCIA dit :

      *drones porteurs de défibrillateurs

      • Félix GARCIA dit :

        ** par rapport à la BSPM : en gros, grosse contribution à la veille épidémiologique

    • Lanister dit :

      La BSPM, sans doute Brigade de Sapeurs-Pompiers de Marseille, n’a jamais existé. Vous n’y connaissez rien mais vous vous la jouez comme un kéké. La cité phocéenne est défendue par le BMPM, le Bataillon des Marins-Pompiers de Marseille.

      • Félix GARCIA dit :

        Merci pour la correction.
        « mais vous vous la jouez comme un kéké »
        -_-‘
        Tout ça pour une faute de frappe …

  5. Alfred dit :

    C’est bien, mais c’est à Paris. En province, il y a pas mal de zones, où il faut attendre « un certain temps » l’arrivée des secours, faute de moyens suffisants tant en matériel qu’en personnel, avec les consequences qui en découlent.

    • Daniel BESSON dit :

      Cit :[ C’est bien, mais c’est à Paris. En province, ]

      Déménagez à RIO ! ;0)
      Bon d’accord ce drone est autonome mais cette invention est Iranienne – Eh wi de 2013 … ;0)
      Ps : Copacabana c’est en  » zone urbaine  » , encore plus la Lagoa Rodrigo de Freitas ou de tels engins sont aussi déployés …

      https://www.youtube.com/watch?v=2ZC4gtFvOSg
      https://www.youtube.com/watch?v=q8o20lokzNI

      Le premier sauvetage date de 2018
      https://www.youtube.com/watch?v=q8o20lokzNI

      Il y en a aussi sur la plage d’Ipanema où après avoir dégusté un GI**™ sur la plage de Copacabana on peut regarder les filles qui marchent sur la plage …;0)
      https://www.youtube.com/watch?v=yQ2GeF7nuyY

    • Michel Sardonique dit :

      Venez donc a Paris le bouseux ! Les loyers ne coutent que 60% de votre salaire et l’air y est d’une qualité optimale pour un cancer des poumons a 60 ans. En plus, rats et pigeons sauront vous tenir compagnies sur vos trajets quotidien en trottinettes UBER.

    • PK dit :

      C’est parce que le système mis en place a Paris a été défaillant que la brigade des SPP a été créé il y a longtemps.

      Vous ne pouvez pas comparer ce qui n’est pas comparable : Paris est une agglo et je ne connais pas de grosse agglo qui n’ait pas une couverture similaire à Paris en temps d’intervention.

      En revanche, à la campagne, c’est autre chose. Le plan de prévention et de planification des interventions qui est à la base du déploiement des casernes de SP sur le territoire stipule qu’aucune partie de la France ne doit être à moins de 20 min d’un secours. Alors qu’en ville, il est rare que le temps de déplacement excède 5 min (ça dépend beaucoup si c’est Hidalgo ou une équipe de Verts qui gèrent la fluidité du trafic urbain).

      C’est une France à 2 vitesses, mais je vois mal comment faire mieux sans y consacrer des moyens délirants. En revanche, on pourrait mieux former la population qui pourrait faire des primo-intervenants corrects, au moins pour le secours à personne.

      Bon, pour la petite blague, on pourrait quand même améliorer deux ou trois casernes, car les points à plus de 20 min sont quand même nombreux (j’en ai plusieurs sur mon secteur) 🙂

      • Chat noir dit :

        former la population, en effet… fut un temps où il y avait des bouées de sauvetage près des berges des fleuves en ville, afin que les passants jetassent une bouée à une personne tombée à l’eau… mais aujourd’hui, les gens le filmeraient se noyer avec leur téléphone… et les bouées seraient dégradées par des racailles ou des hippies… d’où la nécessité d’un drone.

    • Frank dit :

      @ Alfred Faut voir.
      Un drone qui intervient vite fait en rentrant par la fenêtre, reste en vol stationnaire au dessus du patient pour une téléconsultation, puis contacte tous ses clones connectés pour le matériel de premiers soins et la paperasse, en attendant que des robots ne débarquent de leur vaisseau médicalisé pour emporter l’individu vers l’hôpital dans lequel il sera opéré par d’autres robots, c’est jouable.
      Si erreur « médicale », elle sera gérée par IA administrative.
      C’est déjà le cas, sauf pour le I de IA…
      Ne soyez pas réactionnaire.

  6. Czar dit :

    « tout en larguant une bouée à gonflage automatique à la verticale de la personne en difficulté.  »

    pas un spécialiste de la question, mais il me semble que les gens tombant ans la seine sont surtout des gens essayant de se suicider. Bon, après, le contact d’une eau saumâtre dans laquelle même hidalgo ne baignerait pas ses rats peut donner à certains désespérés l’horreur de finir avec ce bouillon de culture dans les bronches et les pousser à attraper la bouée

    • K19 dit :

      Pas que des suicides : beaucoup d’alcooliques, SDF et autres fêtards tombent également dans la Seine. Un certain nombre de nos conscitoyens tentent également de fuir les contrôles de police en sautant dans l’eau, avec généralement peu de succès

  7. farragut dit :

    Bravo ! Enfin une application utile, qui n’est pas destinée qu’à la « surveillance » et au « contrôle des foules » (sauf si c’est en prévision du défilé d’ouverture des JO 2024 qui est prévu sur la Seine).
    Par contre, il serait judicieux que la BSPP s’associe à tous les travaux de rénovation de bâtiments sensibles, en installant des drones munis de détecteurs infrarouge pour détecter les points chauds, y compris sous toiture ou charpente, avant les travaux impliquant des soudures, des courants électriques forts, et des ouvriers à cigarette…
    Une fois la démonstration faite à Paris de leur utilité, on pourrait envisager des surveillances automatiques par drones de départ d’incendie dans les Landes ou dans les portions de territoire soumis à la sécheresse et aux incendiaires !
    Cela évitera au Ministre de l’Intérieur de devoir payer les pilotes et mécanos de Canadair, puisque le système de paye informatisé de l’Intérieur (ou de Bercy ?) ne permet pas de leur verser leurs salaires et primes en temps et en heure (cf. les épisodes de cette année, avec l’appel à la grève des pilotes de Canadair en mars 2022 pour être payés).

    Voir aussi le reportage sur YouTube de ATE Chuet avec les liens vers les videos et communiqués de presse en avril 2022.
    https://reporterre.net/Feux-de-foret-les-pilotes-de-Canadair-meprises-par-l-Etat
    https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/risques-incendie-vers-une-greve-des-pilotes-de-bombardiers-d-eau-vendredi-1er-juillet-1656401902
    Et cela ne date pas d’hier, ni de l’ère Macron, pour une fois… (première grève en 2012)
    https://www.leparisien.fr/info-paris-ile-de-france-oise/les-pilotes-de-canadair-sont-en-greve-12-06-1998-2000111811.php
    https://www.lefigaro.fr/flash-actu/2012/04/17/97001-20120417FILWWW00456-menace-de-greve-des-pilotes-de-canadair.php
    https://www.leparisien.fr/societe/marignane-les-pilotes-de-canadair-en-greve-01-07-2012-2073000.php

  8. Phil dit :

    Très bien, bravo, cocorico…mais 300 interventions pour des personnes  » susceptibles  » de se noyer ? combien par suicide? 250? qui de toute façon n’en ont rien à faire de la bouée !

    • Pascal, (l'autre) dit :

      « mais 300 interventions pour des personnes » susceptibles » de se noyer ? combien par suicide? 250?  » Les 50 restants apprécieront peut être que l’on s’occupe d’eux et même s’il y avait 299 suicidaires cela ne vaudrait il pas un coup de main ?

  9. HMX dit :

    Bravo à la BSPP. Belle capacité d’innovation, qui plus est avec des budgets et des moyens limités. Il y a là un exemple à suivre, et des développements à envisager pour l’Armée de Terre à partir des solutions développées par la BSPP…

  10. C. dit :

    Si ce mode autonome d’intervention fonctionne de manière satisfaisante à Paris, il sera transposable n’importe où. Ce qui risquerait de ne pas être le cas en sens inverse. Il vaut mieux commencer ainsi que dans une sous-préfecture.

  11. Canadair dit :

    Pas de doute, il est bon ce drone de- Skeyetech -. C’est un bon choix qui nous est indispensable ! Il nous informe peut-être, c’est symbolique, que P.Kümmerling déménage son blog lobbyiste et copiste (Avia News), pour un ailleurs. En effet »l’impartial rédacteur à la mode du moment »quitte 24 Heures, le groupe de Presse Suisse. Ce dernier de son côté, n’a t’il plus besoin de P.Kümmerling ? Ou »a t-il compris le mauvais air saturé »qui régnait dans nombre de commentaires »téléphonés »lus sur du forum d’A.News……. Mais du fond du couloir, oui! On m’indique, sans rire ?, que Dassault aurait racheté le Groupe 24 heures !

  12. TINA dit :

    Et la dotation de 20 EURODRONES pour visualiser « LA Complicité  » qui lie notre président avec BIDEN après 23h00, dans la chambre du 1er. Franchement quelle dotation en drones pour La BSPP.
    Et pour notre ROYALE ? C’est quand nos ASW, UAV et « petits » UAV et cies?

  13. James dit :

    « larguant une bouée à gonflage automatique à la verticale de la personne en difficulté »
    Il ne manque plus que la bouée assomme la victime! 🙂

    • Frank dit :

      @James Eh, eh… Hypothèse séduisante.
      Si la précision est maitrisée, on remplace la bouée su Skeyetech par Das Kapital dans La Pléiade (lourd), et l’on cible certains hâbleurs dans certaines manifestations…
      Voir un antifa des beaux quartiers ayant survécu, et qui s’est pris les œuvres de Karl sur le crane, aurait alors de quoi réfléchir, qui sait?

  14. Alfred dit :

    @Michel Sardonique. Volontiers. Donnez moi donc votre adresse pour que je passe vous voir…

  15. Roland de Roncevaux dit :

    je suis toujours impressionné par la lenteur du développement des drones. Les premiers drones (V1 et Goliath) datent des années 1940 ! Ca fait 80 ans ! Quant à nos voitures et avions radio-guidés, ça ne date pas d’aujourd’hui. Alors, je suis assez surpris qu’on ait mis autant de temps à exploiter cela. Sans doute est-ce lié à l’évolution de l’électronique compacte grâce aux téléphones portables récents. Bon… c’est pratique et utile, et tant mieux… mais ça casse pas des briques conceptuellement. Je suis un peu surpris qu’on nous vende ça comme de la « disruption » avec force publicité. J’ai du mal à comparer ça en terme de disruption avec la conquête spatiale, l’énergie atomique, l’automobile, l’électricité ou l’avion à réaction, et autres découvertes d’un tout autre calibre.

  16. Alfred dit :

    @PK. N’ayez crainte, je ne parlais pas des délais de l’ordre du quart d’heure, mais plutôt de ceux de l’ordre de la demi heure et plus. Comme par exemple lorsque des moyens de secours viennent d’une vingtaine de km et doivent récupérer les plans du reseau EP auprès du centre de secours local, parce ce dernier n’a pas de conducteur titulaire du parmis PL pour conduire le FPT. Au final, ils ont déroulé une longueur respectable de tuyaux qui traversaient une route à circulation importante alors qu’il y avait un PI plus proche sur la commune voisine. Et pour finir, il a été impossible de refermer la vanne du PI après coup. Tant et si bien que l’eau a continué de couler pendant une demi journée, et que le PI a été neutralisé pendant plus de 2 mois avant que la vanne soit remplacée. Ce n’était pas au fin fond d’un pays en voie de développement, mais bel et bien en France

    • PK dit :

      Ce que vous décrivez est une succession de causes qui n’est pas que dépendant du service de secours.

      La France a fait le choix du volontariat pour les centres « à faible activité ». Qui dit volontariat dit pax qui bossent et qui n’ont donc pas une présence en 24/24. La couverture d’intervention prévoit donc ce cas en assurant une caserne par une autre caserne qui est assuré par une autre caserne, etc. Il y a en général 5 à 6 échelons comme cela. Le problème est que le délais d’intervention augmente avec le numéro de caserne. Par exemple, chez moi, le dernier centre urbain à pouvoir venir peut avoir une délai de déplacement de l’ordre de l’heure !

      Cela marchotte, mais a des conséquences. Quand vous armez un engin, vous devez l’équiper avec le personnel qualifié, c’est-à-dire formé. Comme il y a des règles à la con partout, il y en a dans les SDIS. Vous devez par exemple avoir 3 ans d’emploi comme sapeur avant de passer les examens de chef d’équipe (cabot), puis rebelote pour passer chef d’agrès VSAV (serre-patte) puis rebelotte pour tout-engin (adjudant). Ce genre de contrainte, avec une moyenne de sapeur qui ne finissent pas leur 5 premières années, font qu’il y a rarement le groupe entièrement qualifié de disponible aux heures creuses (= les heures ouvrées en général) (le SDIS s’estime heureux quand il est dispo la nuit : le système fonctionne à l’envers de la vie).

      Plutôt que faire partir un engin complet d’une caserne qui aurait tout le groupe, mais qui serait beaucoup plus loin, les SDIS font partir des engins partiellement équipés avec un véhicule de complètement d’une autre caserne, qui arrive en décalé. Encore une fois, cela marchotte, car par exemple, en d’absence d’un conducteur (PL, la denrée la plus rare depuis l’extinction du service national, sans compter les formations annexes (pompe, conduite hors-chemin, etc.), le véhicule du premier centre ne peut pas partir ! C’est votre cas.

      De fait, envoyer un véhicule hors de son secteur opérationnel de base dégrade la qualité d’intervention, car le personnel connaît moins bien le secteur. Je lis rarement un plan quand je pars sur mon secteur. En général, je connais même les personnes chez qui je vais intervenir !

      Pour le problème des plans, c’est bizarre, car chaque centre est censé être équipé des plans des communes sur lesquelles il intervient.

      Quand bien même il n’aurait pas celui des hydrants, c’est au chef d’agrès de s’assurer par sa reconnaissance (quitte à envoyer le binôme d’alimentation) du PI le plus proche ou le plus pratique. Il est parfois plus simple(=rapide) de dérouler un dévidoir sur 200 m que d’aller dérouler trois longueurs de tuyaux à la main dans une rue tordue.

      Pour la gestion du PI, cela relève en revanche… de la commune. Le PI prend sur l’eau potable (une hérésie écolo dont tout le monde se fout) et la vérification et le bon fonctionnement des poteaux relèvent donc des communes. Dans la mienne, j’ai eu une fuite dans la route pendant 5 ans, parce que cela coûtait moins cher de laisser couler l’eau que de creuser le bitume ! La fuite du poteau après casse (ce qui arrive souvent) est donc du ressort du maire, pas du SDIS.

      Enfin, pour les fourgons, et pour faire des économies, la norme est désormais à 6 SP (1 chef d’agrès, 1 conducteur et 2 binômes) au lieu de 8, pour faire des économies (nan, je blague : l’excuse est que cela fonctionne aussi bien ainsi. Des gars qui ne mettent pas les pieds sur le terrain trouve que sur les transparents, cela fonctionne bien). C’est tranquille pour un petit feu de cheminée, mais c’est trop juste pour un vrai sinistre.