Le projet européen de capacité de tir au-delà de la vue directe va pouvoir passer à la prochaine étape

En novembre 2018, le projet EU BLoS, pour Beyond Line of Sight [Tir au-delà de la vue directe – TAVD], avait été approuvé par les ministre de la Défense de l’Union européenne [UE], au titre de la Coopération structurée permanente [CSP ou PESCO], l’enjeu étant alors de développer une famille de missiles possèdant une telle capacité, dans le cadre de travaux coordonnés par MBDA pour le compte de la France, de la Belgique et de la République de Chypre.

« Ce projet contribuera à une approche européenne cohérente et autonome dans le domaine du combat terrestre tout en renforçant la contribution qualitative des nations européennes à l’atteinte du niveau d’ambition de l’Otan », avait alors souligné l’industriel, à l’époque.

Puis, un an plus tard, la Commission européenne confirma ce projet en finançant une première phase de développement, appelée « LynkEUs », via le Programme européen de développement industriel pour la Défense [PEDID], précurseur du Fonds européen de Défense [FEDef], alors en gestation.

Pour rappel, ce programme repose sur le missile Moyenne Portée Terrestre [MMP], récemment rebaptisé « Akeron MP » par MBDA.

Avec une dizaine d’entreprises impliquées, LynkEUs consiste à utiliser un drone pour repérer une cible et communiquer ses coordonnées à un poste de tir du missile Akeron MP, dont la portée est de 5 km. Ce qui a récemment fait l’objet d’évaluations tactiques [EVTA] menées par l’armée de Terre et la Direction générale de l’armement [DGA]. En outre, des démonstrations de plusieurs autres technologies [simulateurs, décollage/atterrissage automatique d’un drone aérien depuis une tourelle, etc] et tirs réels avec une désignation d’objectif autonome doivent avoir lieu à Chypre d’ici la fin de cette année.

Mais sans attendre leurs résultats, MBDA et les autres entreprises impliquées pourront passer à l’étape suivante, appelée « MARSEUS » [Modular Architecture Solutions for EU States].

« Dans le cadre de son nouveau programme FEDef et suite à l’avis des États Membres, la Commission européenne vient de retenir le projet MARSEUS, dont MBDA est le coordinateur, avec comme objectifs la consolidation, l’approfondissement et l’élargissement de la capacité de tir au-delà de la vue directe pour le combat terrestre », s’est en effet félicité le missilier, via un communiqué diffusé le 21 juillet.

« Conduit en partenariat étroit avec les forces armées françaises, belges, chypriotes et désormais également suédoises, MARSEUS, capitalisant sur les acquis de LynkEUs, vise à consolider un concept opérationnel européen autour de la capacité TAVD des missiles du combat de contact et du combat collaboratif consolidé au travers d’une vision de Gestions des Effets », a ensuite expliqué MBDA.

Et d’ajourer que MARSEUS permettra également « d’identifier et d’expérimenter de nouvelles solutions technologiques émergentes susceptibles de contribuer aux évolutions futures de ces architectures de systèmes d’armes ».

Comme pour LynkEUs, les travaux relatifs à cette nouvelle phase s’appuieront sur l’Akeron MP mais aussi sur l’Akeron LP, c’est à dire le « Missile haut de trame » [MHT] qui armera les hélicoptères d’attaque Tigre Mk3 de l’Aviation légère de l’armée de Terre [ALAT], voire les futurs drones tactiques Patroller.

Outre MBDA, le projet MARSEUS réunit l’École Royale Militaire, John Cockerill Defense, FN Herstal et Xenics pour la Belgique, Novadem, ATOS, ARQUUS et DELAIR pour la France, Additess et SignalGenerix pour la République de Chypre ainsi que SAAB, BAE Hägglunds et Exensor pour la Suède.

Maintenant que MARSEUS a été retenu, MBDA et ses partenaires vont désormais entrer dans une « phase de négociation de l’accord de subvention avec la Commission », a précisé l’industriel.

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28 contributions

  1. EchoDelta dit :

    Intéressant cette coopération. Comme quoi c’est possible de coopérer avec la France quand les intérêts de chacun sont bien pris en compte et surtout s’accordent.

  2. AlexS dit :

    Pfff… Rafael Spike est fabriqué en Allemagne…

    • Roland Desparte dit :

      Pfff… effectivement ! Le Spike (STN Atlas EuroSpike) n’est pas allemand mais israelien (Rafael Armament Development Authority – Haifa Israel). Notez que le Spike a été testé en tant que système d’arme sur le drone français Sperwer fabriqué par Sagem, devenue Sagem Défense Sécurité à partir de 2005 et renommée Safran Electronics & Defense en 2016.
      Succès commercial à venir, les allemands, selon leurs habitudes commerciales agressives, ont proposé à Rafael d’établir le siège européen à Röthenbach en Allemagne, en association avec Diehl Munitionssysteme (DMS) et Rheinmetall, oubliant d’un coup la Sagem… Cela ne vous rappelle rien ? Si le Spike est comparable au Missile Moyenne Portée français (MBDA), ses performances sont aujourd’hui inférieures à la nouvelle version du MMT: l’AKERON MP et l’AKERON LP (Longue Portée), avec désignation d’objectif par micro-drone (NX70 de Novadem).

      • AirTatto dit :

        @Roland Desparte vous allez un peu vite en conclusion, L’ AKERON MP et l’AKERON LP ne sont que des nouveaux nom pour le MMP et MLP en mode Air-Sol. Il faut d’ailleurs souligner que c’est la jungle des noms, un nom différent par usage… mais passons.
        De la à dire que ce sont des missiles supérieur aux Spikes…de mon point de vue l’AKERON LP (20 km) est loin de jouer dans court du Spike NLOS. Donc oui les 3 premières version du Spike était vraiment pas top, mais depuis le Spike ER ca avance bien. On constate la même dynamique chez MBDA mais le Spike NLOS reste loin devant pour le moment, tant en terme de portée (25 km) qu’en terme de fonctionnalités.
        On verra en 2025 avec l’AKERON LP… mais pour le moment je suis pas emballé par les déclarations de MBDA ni avec la proposition de ARQUUS et sa remorque lance missile.

        https://www.forcesoperations.com/eurosatory-2022-lakeron-lp-futur-missile-de-lalat-se-devoile-peu-a-peu/

    • Oliver dit :

      Le Spike version NLOS (6ème génération) a une portée de 32 km lorsqu’il est tiré d’un véhicule terrestre et de 50km d’un hélicoptère.
      L’Akeron (5ème génération) MP et LP a ecore du travail.

  3. penandreff dit :

    le char de combat va avoir de plus en plus de mal a exister, le futur de l’arme blindée sera t il uniquement réservé aux VBCI?
    le blindage protégeant l’infanterie et son canon à tir rapide l’appui feux nécessaire?
    les munition rodeuses et autre missiles couplées a d’autres drones ciblant les autres blindés??
    en claire la conception des blindés et leurs emploies ne doit il être remis en question???

    • Sempre en Davant dit :

      Avec un peu d’abrasivité mais sans volonté offensante :

      Expliquez nous en quoi le blindage d’un VCI protégerait l’infanterie d’armes capables de détruire un char lourd??? Après un certain temps de combustion ne change que le nombre de cercueils remplis de bonnes intentions. (rentrer dans une tulipe noire ; belle expression pour une manière de sac poubelle https://youtu.be/DHCzaiJEoEY)

      Encore qu’arme n’est pas nécessairement le terme convenable factuellement ou juridiquement. « Moyen » fait’il mieux comprendre qu’il peut s’agir de « munitions rôdeuses » pouvant après leur lancement être livrés à leur « IA’ pour l’itinéraire et le choix de la cible?

      La plus part des pertes ukrainiennes seraient dues aux cannons de 30mm des divers blindés soviétiques.
      Vous savez ceux qui font marrer car les paxs sont sur le toit et les sacs dans la caisse… le missile, le drone, l’obus flèche sont pas gnagnan il feront brûler l’engin quel qu’il soit. S’il se sont pas fait allumer avant.
      Qui pique prime pique dos cops (Qui frappe le premier à f.rappé deux fois)
      Soit par des moyens terrestres symétriques, soit par des mines ou IED soit par les moyens aériens genre Hélicos et avion d’appuis feu qui n’ont pas l’air very confortable en Ukr. Pas simple les terrain plats.

      Alors il reste l’appui qui s’en fout : le gros blast et la petite ferraille de l’artillerie. L’artilleur le lance, dieux le lance… soye pas dessous!
      Ah, j »ai été ravis de voir arriver le VBMR GRiffon avec une séparation de la caisse et les hommes pour éviter que le blast ne leur broie les os par transmission des vibrations via le contact avec la caisse…
      Et puis il m’est venu en lisant sur TB d’excellents articles sur Daguet, où les AMX 30 larguaient les VAB dans les cailloux tandis que les Voracyclettes Peugeot SX 80 qui auraient du éclairer les VAB ne suivaient plus. qu’il fallait distinguer les patrouilles des batailles.

      Les Marsouin (très dégoûtants toussa:) du 3 (et d’autres il est vrai mais les seuls du 3 qui parlent d’autre choses sont les bienheureux partis au RICM…) ont fait avec leurs VAB ce que les Griffons ne permettent peut être pas : Ils ont chargé jusqu’à coller le nez du VAB sur la porte des bunker. L’avant étant le plus dur. pourquoi débarquer pour courir 300m en colonne dans le sable face aux mitrailleuses réelles ou supposées en débarquant « a distance »?!? Le blindage est ce qu’il est. l’attaque peut manquer d’imagination mais doit être avec toute la vitesse et la force possible.

      Si le terrain était propice à la manœuvre on pourrait parler débarquement infiltration à pied, mise en place des appuis et assaut avec les appuis débarqués et le canon des amx10P… Mais c’est un autre sujet. Géographique.

      Si les images des blindés Russes coincés entre les champs trop mous et peut être minés depuis 2014 et les rails de sécurités vous ont également frappés, il a du vous venir comme à moi que chaque halte aurait du se faire au bruit des découpes thermiques ou des clés à douille ouvrant l’accès aux voix d’en face.
      Dans les blindés ou on les range? Et les disques? Et le carburant?

      En parlant de découpeuses, qui demandes du mélange « stable » (Aspen ou Motomix, merci l’éthanol etc) on entre dans le catalogue des moyens d’effraction et d’aménagement du terrain.
      Sans prétendre faire la liste : plus de pelles de pioches de haches sur les VAB etc… Plus de mortiers de 60 ni de 81 qui sont incommodes a transporter « sous blindage » surtout. Et les 120 dans l’Art. Et Kiki creuse?

      Alors permettez moi puis que votre post m’en donne l’occasion d’attendre les réactions après une nouvelle couche de provocation : a quoi sert le blindage sur roues de l’infanterie en dehors des opérations de police? A la priver des moyens d’agression nécessaire au combat débarqué?

      Bien sur c’est la faute des groupements de camps si les trous de combats judicieusement placés manquent en Opex.
      C’est pas une raison pour sortir la pelle à C…. l’hélicoptère lourd évite les ampoules aux mains. Mais quand même au camps c’est mieux…
      Mouhai… Faudrait que le groupement de camps passe avant le groupement de chasseurs z’àpieds pour éviter les entorses et maintenir la beauté de la manœuvre.

      Bref suis je le seul a m’interroger sur la « dé-FOB isation » de nos forces. Ne vaut’il pas mieux plus de mortiers et moins de blindés d’infanterie. Plus de chars avec des canons coaxiaux etc. Et des Béber pour les appuis et le ravito?

      Bref « à la vielle enseigne » des moyens pour aménager le terrain à chaque halte, s’ouvrir le mouvement (rail de sécu, murets d’autoroute etc) à chaque halte (et tous les x km), du tir direct et indirect etc…

      Une entreprise communiquait récemment sur ses toilettes « non genrés »… Malaise similaire!
      Et pour des toilettes propres’? Cap case (retour maison) à chaque fois?
      Moins on a d’énergie et plus il faut faire de km avec des engins lourds, rapides, gourmands. Il faut parfois attendre le printemps pour avoir des feuilles.

    • LaMeuse dit :

      Les vecteurs « macro »  de chaque milieu (blindés, aéronefs, et a fortiori bâtiments) sont tous menacés par les menaces disséminées, hyper véloces, dormantes et souvent peu chères, auxquelles ils vont faire face. La défense de Taiwan à 360° par des bancs de centaines de drones sous marins et la marine Chinoise c’est la Grande armada.

      Si dans les trois milieux, la notion d’équipage embarqué est peut être condamnée à disparaître pour ne pas exposer inutilement des vies , celle de troupe à déployer pour l’atteinte des objectifs de combat demeure, comme la protection des populations civiles, en particulier sur le territoire national.

    • Math dit :

      Les missiles sont super et font ce qui leur est demandé. Le coût du tir reste cependant dissuasif. Les Ukrainiens sont avec un appuie feu limité parce qu’ils ont tiré tous nos surplus de missiles. Le tir au delà de la ligne d’horizon, c’est bien, mais ça reste un peu gadget. Quand les stocks sont vides, on est bien content d’avoir des canons pour la puissance de feu. L’obus est pas chers et la guerre est longue et sale.

      Les praticiens qui fréquentent ce site préfèrent largement un canon de 105mm ou un canon de 140mm à un canon de 40mm ou un canon de 20mm. Ça fait plus mal et plus peur. Côté blindage, on sent une vrai réticence à dire qu’un VBCI est mieux qu’un char. Les fantassins semblent préférer avancer en ville au côté d’un char. Et vous, si vous deviez tirer sur un groupe de fantassin planqué dans un immeuble, que préfèreriez vous? Un 20 mm ou un obus explosif de 105 à 140mm. De mon côté, je préfère le gros calibre, même si je ne connais rien côté pratique.

      • tschok dit :

        Sans conteste le 20 mm.

        La plupart des immeubles sont transparents à la munition de 20 mm dans sa portée utile. Et puis les tourelles équipées en 20 mm ont un débattement vertical supérieur à celles en 105 ou 140 mm, ce dernier calibre étant pour l’instant expérimental, ce qui permet d’atteindre des cibles situées dans les étages depuis le bas des rues, ce dont un 105 est incapable.

        Mais à tout prendre, je préfèrerais un 30 mm, ou idéalement un 40 mm CTA, le 20 mm étant un peu poussif dès qu’il s’agit de taper dans quelque chose d’un peu dur, de loin.

        Le 105 mm ou le 120 mm serait mon dernier choix, faute de mieux, ou alors pour tirer sur des casemates blindées, près du niveau du sol, quoiqu’un missile antichar classique, voire une roquette type Gustav, puisse faire le taf.

        Je vous rappelle d’ailleurs que s’il s’agit de faire de l’anti-personnel retranché derrière des abris roche ou béton, tout ce qui est lance roquettes ou lance grenades est pertinent.

        Et encore plus avec de l’airburst programmable.

        https://www.forcesoperations.com/amp/lus-army-satisfaite-de-ses-carl-gustav-en-afghanistan/

    • Nexterience dit :

      Armé d’un capteur sur tourelle à l’image du KNDS e-MBT, les chars se protègeront du ciel.
      https://www.forcesoperations.com/eurosatory-2022-knds-expose-lembt-veritable-vitrine-technologique-pour-le-mgcs/
      Les drones et munitions rodeuses seront un jour neutralisés par des drones de chasse qui restent à inventer.

    • Jean Le Bon dit :

      Question pouvant effectivement être posée. En tous les cas, les concepts d’emploi devront être « ré-affinés » s’agissant des MBT.

    • souricière dit :

      Oui tout doit toujours être remis en question.
      Ce qui amène véritablement le changement c’est la profondeur du champ de bataille. On passe d’un « monde » qui est encore bien établi sur lequel on a nos habitudes à un monde ou l’on cherche de plus en plus à détecter et neutraliser au plus loin pour éviter le contact et les pertes.
      Entre les munitions tirées à longue distance à précision métrique depuis l’artillerie, l’aviation, le sol et la multiplicité des drones qui rebattent les cartes du renseignement et de l’identification classique, il faut s’adapter.

      Soit on va faire une vieille tactique à l’ancienne du rentre dedans en pensant qu’il faut opposer un char à un char et un soldat à un soldat à distance de vue directe, soit on accepte de prendre du recul pour traiter l’ennemi au plus loin, le réduire au maximum avant de l’engager. Les russes ont fait cela en Ukraine, cherchant à foncer dans le tas mais en découvrant la complexité de l’engagement de ce type ou la prolifération d’armes anti-chars dans l’infanterie, l’identification par drones (mais aussi aidé par le renseignement américain) a amené les ukrainiens à casser une dynamique offensive blindée russe, notamment avec l’artillerie (même classique). Quand le renseignement est bon, quand l’identification est bonne vous avez un gros avantage.
      Les russes au Donbass ont bien montré ensuite au Donbass qu’il est nécessaire de frapper l’ennemi de loin, de le réduire au maximum avant d’envoyer des troupes au sol. Mais la Russie manque de renseignements, manque de munitions de précision, manque parfois d’allonge et de réactivité qui lui font perdre en efficacité, qui l’amène presque juste au niveau de l’Ukraine même avec une masse supérieure (mais qui dans un contexte d’attaque/défense est proportionné).
      En occident tout est fait pour détruire l’ennemi de loin. Cela repose essentiellement sur l’aérien ou la présence de capacités de renseignements est là, les munitions de précision sont là. Nous réduisons les forces adverses depuis les airs, les troupes au sol ne prennent pas de risques excessifs, ils ne précèdent jamais une reconnaissance ou des raids (si nécessaire) de l’aviation. Si contact il y a, on se fixe et on désigne la cible pour l’aviation. L’artillerie est aussi de plus en plus précise même si dans la plupart des conflits la supériorité aérienne étant totale, on l’a laissé de côté.
      La supériorité aérienne est très recherché, on y met de très gros moyens, des avions complexes qui ont des contremesures, certains font de la guerre électronique, la furtivité est aussi un paramètre qui entre dans cette supériorité. Les munitions qui se tirent de loin également, c’est toujours le même principe de voir sans être vu, d’être hors de portée de ce qui représente la majorité des systèmes sol-air au monde et qui sont à très courte et moyenne portée. En occident on ne peut pas se permettre d’avoir une aviation comme celle de la Russie en Ukraine qui soit contesté par des manpads et incapables de trouver et neutraliser les gros systèmes sol-air au point qu’il y a des centaines d’avions qui ne servent à rien et que les russes en sont à être dépendant de l’artillerie. La frappe en profondeur ne doit pas être symbolique comme les russes lors de la première nuit qui n’a pas vu la destruction de l’aviation et de la défense anti-aérienne ukrainienne comme affirmé trop vite par les russes. L’identification des cibles (émissions radars), le brouillage, la saturation (missiles longue portée), la précision, tout cela est bien un système amenant à la supériorité aérienne initiale. Ensuite le front peut être traité avec le soutien aérien par des bombes de précision qui seront tirées loin des systèmes à très courte, courte et même moyenne portée, on n’a pas besoin de voler à 10m du sol pour tirer des roquettes non guidées au risque de se prendre un missile au cul comme on le voit en Ukraine.
      Il y a donc des étapes à la supériorité aérienne qui voit un gros travail de renseignements et d’identification des systèmes à longue portée devant être neutralisé par la frappe de saturation en profondeur. Sauf toujours à vouloir imaginer une guerre impossible contre la Russie, la plupart des pays au monde n’ont pas beaucoup de moyens sol-air longue porté en inventaire, les cibles sont les radars et non les lanceurs plus nombreux, c’est la neutralisation d’un système qui est recherchée. Si en occident on minimise la défense sol-air c’est parce que la supériorité aérienne est portée par l’aviation.

      La nouveauté (pas vraiment en fait) à prendre en compte, ce sont les drones qui amènent une reconnaissance multiples, qui amène des munitions de précision (même petits) permettant de mener un appui aérien (la reconnaissance seule c’est aussi un appui) permettant la neutralisation de l’adversaire sans aller forcément au contact. Alors bien entendu dans un conflit comme en Ukraine le drone sera avant tout un point d’appui important pour l’artillerie, mais pour une force ou l’aviation est dominante et moderne, le drone sera un point d’appui pour elle.
      On tend de plus en plus à avoir des drones qui vont prendre de gros risques en allant à proximité de l’ennemi car plus difficile à détecter et une aviation qui derrière va amener une munition à plusieurs km de la cible. L’artillerie s’orientera de la même façon, toujours plus loin, toujours plus précis car le renseignement est précis, car on ne cherche plus à savoir la zone ou il y a de l’ennemi, on cherche à explorer cette zone et à y trouver un véhicule, à y trouver un trou de combat pour aller taper cela au premier coup. Il y a encore des gens adeptes de la saturation de zone, ou plus il y a de canons, plus il y a d’obus tirés plus c’est efficace. Mais en fait non, une tranchée adverse à l’avenir ça ne se pilonnera pas à l’artillerie, ça verra des drones, des obus, des missiles frapper directement dans les tranchées et ça va remettre en question ces positions défensives.
      On ne doit donc pas faire l’impasse sur les drones, sur les munitions rôdeuses, sur les frappes à longue distance, sur les munitions de précision. Là aussi la guerre en Ukraine est un bon champ d’analyse, cela peut semble artisanal bien souvent, mais quand on voit les drones larguer des grenades ou d’autres petites munitions sur une cible bien précise, c’est révélateur d’un besoin de frapper au bon endroit sans avertir l’ennemi. Il ne faut pas envoyer 10 obus à côté qui vont alerter l’ennemi et le pousser à s’abriter. Avoir la précision c’est aussi avoir la surprise d’une frappe inattendue et donc meurtrière.

    • Thierry (le plus ancien) dit :

      j’ai souvenir d’une bataille de la libération 1944-45, dont je ne me rappelle plus le nom mais dont les alliés avaient perdu 800 chars en une seule journées avant d’arriver à portée de tir à cause des canons de 88 Allemands en embuscade dans une grande plaine, et qui ont été remplacé aussitôt grâce à la formidable logistique dont les alliés disposaient.

      Les russes ont perdus la grosse majorité de leurs chars de combat en Ukraine, au point d’y envoyer des T62, et quand il n’y a pas de char il n’y a pas d’avance, retour à la guerre de 1914-18 avec des batailles d’infanterie et d’artillerie et une progression nul ou lente.

      Si les russes avaient attaqués l’Ukraine sans les chars ils auraient été stoppé encore bien plus vite, les missiles n’ont pas épargnés des blindés plus léger, il se trouve que les Russes ont perdu 1700 chars lourd et 3900 blindés d’infanterie similaire au VBCI

      • Vevert250 dit :

        La bataille de Dompaire dans les Vosges avec la 2é DB est considérée comme la plus grande bataille de chars de la campagne de France lors de la 2sd guerre mondiale. Par contre les alliés n’y ont pas perdu autant de chars, ce n’est peut être pas votre référence. https://www.voiedela2edb.fr/bataille-de-dompaire/

      • STARBUCK dit :

        Aucune bataille sur le front ouest n’a coûté autant de char (et même pas la moitié). Vu que vous parlez de 88 et de plaine ça ne peux être que dans la pleine de camps et de souvenirs les British y ont perdu autour de 200 chars.

  4. Nexterience dit :

    Des essais de tirs indirects ont déjà été réussis par Novadem et l’Akeron. Le drone NX-90 fait même bien plus:
    https://www.forcesoperations.com/sofins-2021-mais-ou-sarretera-novadem/2/

    • Loufi dit :

      Oui je ne comprend pas le projet. Réinventer l’eau haude ? Donner plus de portée à la famille akeron semble plus intéressant

  5. Libre Pays dit :

    Beaucoup trop d’intervenants de pays différents pour que ce soit une réussite comme d’habitude… Plus une décision idéologique que technique. Pour la confidentialité, on repassera. Et qui aura la propriété intellectuelle? Donc les droits à l’exportation. Nous finirons, là aussi, mais cela est devenue la norme, par nous faire avoir…

    • Frédéric dit :

      Pardon ? France, Belgique, Chypre, Suède.
      Vous avez peur que les industriels de Nicosie ou Bruxelles viennent phagocyter le projet ?

      • tschok dit :

        Puisqu’on vous dit que la coopération internationale, c’est idéologique.

        C’est tout, c’est comme ça.

    • Huon dit :

      Ça fait 60 ans qu’on développe des missiles anti-char en coopération. Ça n’a pas empêché d’exporter le Milan dans 40 pays.

  6. Nexterience dit :

    Si les drones à voilure fixes sont les plus capacitaires, créeront nous un jour des minis porte-avions à catapultes sur roues, ou plutôt des porte-drones, qui avanceront avec le front pour se charger des opérations comme en mer? Le char n’est-il pas le cuirassé d’hier, trop blindé et pas assez électronique ?

    • tschok dit :

      @Nexterience,

      Figurez-vous que les cuirassés n’étaient pas si blindés que cela. Mais ils étaient souvent bourrés d’électroniques (pour l’époque…)

      Ainsi les premiers radars américains ont été installés sur des cuirassés.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Radar_CXAM

  7. Thaurac dit :

    La russie parlait de 100 drones iraniens ( ce qui est en soi une preuve d’impuissance pour une soit disante puissance mondiale) Mais,
    « L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) écrit qu’Israël a mené une frappe aérienne sur des cibles près de Damas, dans la région d’Al-Sayyid Zaynab, et a détruit une usine où la technologie iranienne était utilisée pour construire des drones.

    Un entrepôt de produits finis a également été détruit. C’est dans cette usine que le Russie prévoyait de se procurer des drones iraniens »

    Surement suite aux attaques contre les juifs en russie…

  8. Bomber X dit :

    Tant que les allemand ne s’en mêlent pas, ça a une chance d’aboutir. Sinon ils vont encore tenter de prendre le contrôle du projet, de siphonner le savoir faire des pays participant et d’en assurer la production.