Malgré le coronavirus Covid-19, l’Otan n’entend pas annuler ses exercices prévus en 2020… pour le moment

Alors que l’épidémie de coronavirus ne cesse de gagner en ampleur, il n’est pas question pour l’Otan de renoncer à ses exercices qui doivent se tenir en Europe durant les prochaines semaines. Du moins pour le moment. C’est en effet ce qu’a indiqué Jens Stoltenberg, son secrétaire général, le 5 mars.

« Nous surveillons bien sûr la situation de très près, car l’épidémie a des conséquences potentielles aussi pour l’Otan », en effet confié l’ancien Premier ministre norvégien lors d’un entretien donné à l’AFP. « Pas d’annulation d’exercices, mais c’est quelque chose que nous évaluerons au fur et à mesure de l’évolution de la situation. Nous sommes prêts à intensifier les efforts et à renforcer les mesures que nous mettons en oeuvre », a-t-il ajouté.

« L’accès des visiteurs au siège de l’Otan à Bruxelles a été restreint, et les commandants militaires ont reçu des conseils pour limiter la propagation du virus », a expliqué M. Stoltenberg. « Et bien sûr, nous avons mis en place des plans pour assurer la continuité des activités, si nous avons par exemple de nombreux cas dans la structure de commandement ou au siège de l’Otan », a-t-il assuré.

Reste que restreindre l’accès des visiteurs à un site peut s’avérer insuffisant. Ainsi, un fonctionnaire de l’Agence Européenne de Défense [AED] a été contrôlé positif au coronavirus alors qu’il revenait d’une mission en Italie, qui, avec 2.502 cas confirmés et 82 décès [au 4 mars, selon l’Organisation mondiale de la santé], est actuellement le pays européen le plus touché. Heureusement, selon la porte-parole de la Commission européenne, il n’a pas participé à des réunions au cours desquelles il aurait pu contaminer ses collègues.

En tout cas, la situation sanitaire en Italie n’a pas empêché le lancement, le 24 février, au sud de la mer Adriatique, de l’exercice Dynamic Manta, auquel prennent part dix alliés de l’Otan. Comme il se concentre sur la lutte anti-sous-marine, les risques de contamination sont sans doute limités. En outre, Ramstein Guard 3.20 un exercice de guerre électronique devant se dérouler sur le territoire italien entre les 8 et 12 mars, n’a pas été annulé à ce jour.

Cela étant, l’évolution de l’épidémie pourrait avoir des conséquences sur l’important exercice Defender Europe 2020, lequel prévoit l’arrivée sur le Vieux Continent de 20.000 militaires américains [avec leurs équipements et matériels].

S’il doit entrer dans le vif du sujet à partir de mai prochain, avec des opérations dans les pays baltes, en Géorgie, en Pologne et en Allemagne [qui ont tous signalé des cas de COVID-19, ndlr], Defender Europe 2020 a, dans les faits, déjà commencé puisque les premiers convois partis des États-Unis sont récemment arrivés dans plusieurs ports européens. L’organisation de cet exercice suppose en effet une lourde manoeuvre logistique.

Pour rappel, Defender Europe 2020, qui n’est dirigée officiellement contre aucun pays [mais la Russie se sent visée] doit mobiliser jusqu’à 37.000 militaires de l’Otan. Selon M. Stoltenberg, il doit permettre de « démontrer la capacité à déployer rapidement des forces américaines en Europe pour aider à la protection des alliés de l’Otan, en cas de nécessité. »

Ailleurs dans le monde, les forces américaines se veulent plus prudentes. Tel est le cas en Corée du Sud, où elles ont annoncé le report des exercices qu’elles devaient mener avec leurs homologues sud-coréennes. Avec 5.328 cas et 32 décès [au 4 mars, toujours selon l’OMS], le pays est le plus touché par l’épidémie de coronavirus après la Chine.

Enfin, le commandement militaire américain pour l’Europe [US EUCOM] a annoncé l’annulation de l’exercice Juniper Cobra, qui, organisé en Israël, devait mobiliser 2.500 militaires américains depuis l’Allemagne, qui le troisième pays européen le plus touché par l’épidémie de coronavirus.

« Cette décision est conforme aux récentes directives du ministère israélien de la Santé au sujet du Covid-19 et constitue une mesure de précaution pour garantir la santé et la sécurité de tous les participants », a fait valoir l’US EUCOM. Elle fait surtout suite à celle prise par Israël visant à interdire l’entrée sur son territoire aux ressortissants italiens, chinois, sud-coréens, japonais, français, allemands, espagnols, autrichiens et suisses.

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