Le général Mattis demande d’évaluer le F/A-18 Advanced Super Hornet comme alternative au F-35C

f35-20170128Confié en 2001 à Lockheed-Martin, le programme Joint Strike Fighter (JSF) promettait de moderniser l’ensemble des forces aériennes américaines à moindre coût, compte-tenu de l’effet d’échelle. Trois versions de cet appareil ont alors être développées : le F-35A pour l’US Air Force, le F-35B (STOVL) pour le Corps des Marines et le F-35C pour l’US Navy.

Seulement, comme rien ne se passe jamais comme prévu, ce programme, qui intéresse également des forces aériennes européennes et asiatiques, a connu des retards et des problèmes techniques qui ont eu pour conséquence de faire grimper les coûts, au point que, outre-Atlantique, le JSF est surnommé le « trillion program ». Et l’on ne compte plus les rapports critiques publiés chaque année par le Government Accountability Office (GAO, sorte de Cour des comptes) ou encore par le bureau des tests opérationnels et de l’évaluation (DOT&E) du Pentagone.

Il est vrai que, étant donné la complexité de cet appareil, les difficultés sont nombreuses et l’on peut avoir l’impression que quand un problème est réglé, un autre survient. C’est d’ailleurs ce qu’a souligné le dernier rapport du DOT&E. « Des problèmes continuent d’être découverts au rythme de 20 par mois, et beaucoup d’autres seront encore mis au jour avant et pendant IOT&E [ Initial Operational Test and Evaluation] », peut-on y lire.

Qui plus est, certains estiment qu’il faudrait arrêter les frais. Tel est, en tout cas, l’avis du Bureau du Budget du Congrès américain (CBO), qui a récemment proposé d’en rester au 285 F-35 commandés par le Pentagone (sur les 2.443 exemplaires attendus) et d’acquérir à la place des appareils déjà éprouvés mais modernisés.

Et le président Trump n’est pas loin d’être sur la même ligne. Avant de prendre ses fonctions à la Maison Blanche, il avait tancé Lockheed-Martin en dénonçant un programme « hors de contrôle » et demandé à Boeing de se préparer à proposer une alternative, basée sur le F/A-18 Advanced Hornet (du moins, c’est ce que l’on pouvait comprendre).

Alors que Lockheed-Martin attend la confirmation d’une commande de 90 F-35 pour près de 9 milliards de dollars après avoir revu le prix unitaire de l’appareil à moins de 100 millions de dollars, le nouveau chef du Pentagone, le général James Mattis, a indiqué, le 27 janvier, qu’il venait d’ordonner une revue du programme Joint Strike Fighter.

« Le programme F-35 est un programme d’acquisition crucial qui mérite un examen détaillé pour réduire les coûts qui lui sont associés », a en effet expliqué ce dernier.

Selon un mémo signé par James Mattis et diffusé par USNI News, cet examen prévoit surtout de comparer les capacités opérationnelles du F-35C avec celle du F/A-18 E/F Super Hornet et de voir si des améliorations portées à ce dernier seraient de nature à constituer « une alternative compétitive et rentable. »

En clair, il est question du F/A-18 Avanced Super Hornet, que Boeing développe depuis 2013. Par rapport à son aîné, cet appareil disposerait d’une signature radar réduite de 50%, d’une autonomie plus élevée de 130 nautiques, de moteurs améliorés et d’une avionique dernier cri.

Pour rappel, l’US Navy compte disposer 260 F-35C. Seulement, alors que l’US Marine Corps a envoyé ses premiers F-35B au Japon et que l’US Air Force a estimé que ses F-35A avaient atteint leur capacité opérationnelle initiale (avant de les clouer au sol un mois plus tard), la marine américaine est encore loin d’en faire autant.

Cela étant, ce n’est pas la première fois qu’une version du F-35 est menacée. Celle destinée justement aux Marines avait été mise en période probatoire par Robert Gates, alors secrétaire à la Défense de Barack Obama.

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