Vers un système FELIN plus léger et avec une autonomie plus élevée

Le système de combat individuel FELIN (Fantassin à équipements et liaisons intégrés), mis en service par l’armée de Terre à partir de 2010, a été développé par Sagem DS afin d’améliorer la protection et les performances des combattants débarqués « au contact ».

Il se compose de plusieurs équipements optroniques, électroniques et informatiques et s’inscrit dans le concept de Numérisation de l’espace de bataille (NEB), un chef de section étant équipé d’un terminal SIT COMDE (système d’information terminal du combattant débarquant) lui permettant de recevoir et de transmettre des informations tactiques.

Cependant, les retours d’expérience (RETEX) du FELIN ont mis en avant plusieurs points à améliorer. En Afghanistan, notamment, il a été constaté que ses batteries manquaient d’autonomie par temps de grand froid et qu’il pesait lourd. « On atteint certaines limites puisque des soldats portaient jusqu’à 50 kilos sur le dos, par 40 degrés à l’ombre. La préparation sportive et musculaire a d’ailleurs été adaptée en conséquence », avait expliqué le général Ract-Madoux, le chef d’état-major de l’armée de Terre (CEMAT), en juillet 2012, à l’occasion d’une audition à l’Assemblée nationale.

Une compagnie de parachutistes « félinisée » et équipée du nouveau parachute EPC (Ensemble de parachutage du combattant) pèse ainsi 8,4 tonnes, soit près de 3 tonnes de plus qu’une autre qui ne serait pas dotée de ces systèmes. Cela peut « conduire à limiter à 40 le nombre de parachutistes prenant place à bord d’un aéronef de type Transall C160 »

Ce point a fait l’objet d’une question écrite adressée au ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, par le député François Cornut-Gentile, toujours très au fait des affaires militaires, même s’il siège actuellement à la commission des Finances.

« Avec la mise en Å“uvre du système Felin sur plusieurs théâtres d’opération, la capacité des fantassins à supporter des charges de plus en plus lourdes est devenue une problématique majeure. Le poids des systèmes, notamment des batteries destinées à fournir l’énergie des systèmes, peut constituer une gêne dans les mouvements et engagements. Aussi, il lui demande de préciser les études en cours au sein du ministère de la défense autour de l’allègement du combattant débarqué », a-t-il ainsi écrit.

Dans sa réponse, le ministre fait valoir que le système FELIN « préserve le potentiel en énergie du combattant débarqué en optimisant sa consommation en batteries » et améliore de manière « significative les performances opérationnelles en termes de combat, d’observation et de communication, hissant le combattant français au plus haut niveau mondial », tout en admettant que les fantassins doivent porter 4 à 5 kg de plus.

Tout va bien alors? Pas tout à fait… Car dans le même temps, il est dit dans la réponse qu’il est question « d’améliorer la mobilité du combattant débarqué en recherchant un allègement de son équipement, ainsi qu’une meilleure modularité des sous-systèmes de FELIN ».

« Face à l’effet d’engoncement constaté, lié à l’exigence de protection, il est notamment apparu indispensable de favoriser la ventilation du soldat intervenant dans des pays à climat chaud et de rendre plus aisée la gestuelle du tir. En conséquence, il a été procédé à une diminution intrinsèque de la masse du système FELIN en fusionnant le gilet électronique et le gilet de protection balistique en une seule structure de portage. Le combattant pourra en outre utiliser le sous-système ‘agression-observation’ (armement, lunette) indépendamment du sous-système ‘communication’ (radio) », explique le ministre.

Quant aux batteries, il est précisé que des « études relatives à l’emploi d’une pile à combustible sont actuellement menées par la Direction générale de l’armement (DGA) en vue d’augmenter l’autonomie énergétique du combattant et de réduire la charge d’emport ». Heureusement que la consommation d’énergie était « optimisée »…

Le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) Liten, Sagem et le groupe BIC, pour « son expertise dans le domaine du stockage d’énergie miniaturisé grand public et de production de biens de consommation en grande série », y travaillent, dans le cadre d’un contrat d’études amont de la DGA. En 2012, ils ont présenté une pile à combustible basée sur la technologie PEM (Proton Exchange Membrane), alimentée par de l’hydorgène gazeux produit à partir de borohydrure de sodium et d’eau dans une cartouche de 120 Wh pour 300 g.

Quoi qu’il en soit, cette nouvelle version du FELIN, appelée « V1.3 » sera livrée à partir de 2015 aux 4 derniers régiments d’infanterie non encore équipés de ce système. Puis elle entrera en dotation progressivement dans les autres unités.

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