L’Allemagne a vendu 104 chars Leopard 2 à l’Indonésie

11 mai 2013 – 13:04

L’an passé, le Parlement des Pays-Bas s’était opposé à la vente à l’Indonésie de 80 chars Leopard 2A6 pour un montant de 200 millions d’euros, au motif que cette ancienne colonie néerlandaise ne respectait pas les droits de l’Homme. Il était redouté que Jakarta utilisât ces matériels pour réprimer des minorités éthniques et religieuses.

Du coup, les autorités indonésiennes se tournèrent vers l’Allemagne. Bien qu’ayant les mêmes préoccupations que La Haye en la matière, Berlin a accepté de répondre favorablement à la demande de Jakarta. Un accord a ainsi été annoncé par la partie indonésienne en novembre dernier mais son contenu n’avait été rendu public.

Et le 8 mai, le gouvernement allemand a confirmé avoir vendu à l’Indonésie 164 blindés, dont 104 chars Leopard 2, 50 véhicules de combat d’infanterie de type Marder 1A2 pour le combat d’infanterie ainsi que 10 engins utilisés par le génie.

“Il s’agit de livraisons à l’Indonésie datant de novembre 2012″, a précisé un porte-parole du ministère allemand de l’Economie. A priori, la plupart de ces matériels seraient de seconde main.

Quant au respect des droits de l’Homme par Jakarta, Steffen Seibert, le porte-parole de la chanclière allemande, Angela Merkel, a fait valoir que “l’Indonésie a entrepris depuis 1998 un profond tournant démocratique” et que les “du gouvernement indonésien se poursuivent.”

Et de rappeler les propos tenus par Mme Merkel en mars lors d’une visite à Berlin du président indonésien Susilo Bambang Yudhoyono : “L’Indonésie, en tant que pays comptant le plus de musulmans au monde, a un rôle d’exemple, justement en ce qui concerne la vie en commun de communautés de différentes religions.” Le chef de l’Etat indonésien aurait assuré, toujours selon Steffen Seibert, que “son gouvernement faisait tout pour que la cohabitation pacifique entre les minorités et la majorité soit garantie.”

Avec un budget de 7,5 milliards de dollars en 2012, l’armée indonésienne voit ses crédits augmenter d’année en année. La raison tient à la montée en puissance de l’appareil militaire chinois et, dans une moindre mesure, à la politique menée par l’Australie dans son environnement proche, en particulier au Timor oriental (l’Indonésie fait partie, selon Canberra, d’un “arc d’instabilité”).

Quoi qu’il en soit, les industriels de l’armement allemands ne sont pas les seuls à être présents sur le marché indonésien. Ainsi, Nexter y a récemment décroché une commande de 37 Camions équipés d’un système d’artillerie (Caesar) pour un montant de 115 millions d’euros.


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L’Iran dévoile un nouveau drone “furtif”

11 mai 2013 – 10:45

Quand l’on apprend que l’Iran vient de mettre au point un nouveau drone capable d’échapper aux radars adverses, appelé “Hemaseh” (Epopée), l’on s’attend à voir enfin la copie annoncé du RQ-170 Sentinel américain, qui s’était écrasé en territoire iranien en décembre 2011.

L’appareil, dévoilé à l’occasion du “Forum des martyrs”, le 9 mai, est, selon le général Ahmad Vahidi, le ministère iranien de la Défense, capable de mener simultanément trois missions, à savoir la surveillance, la reconnaissance et l’attaque par missile.

Faisant partie de la “dernière génération de drones de fabrication iranienne”, le Hemaseh serait en mesure de voler plus longtemps et plus haut que ses prédécesseurs. “C’est un avion furtif qui ne peut être repéré par les ennemis”, a insisté le général Vahidi, sans pour autant donner d’autres détails.

Seulement, l’aspect de ce nouveau drone, apparemment de taille modeste, n’a absolument rien à voir avec le RQ-170 Sentinel. Et l’on voit mal en quoi il pourrait être “furtif”, avec l’impression qu’il donne d’avoir été “bricolé” (voir notamment au niveau du train d’atterrissage…). Et les dernier engins dévoilés par Téhéran, le Sarir H110 et le Shaheed-129, présentaient une bien meilleure finition…


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Président Giscard d’Estaing : “L’Europe de la défense restera un rêve”

11 mai 2013 – 9:46

Le dernier Livre Blanc sur la Défense et la Sécurité nationale (LDBSN), publié le 29 avril dernier, nous explique, dans les grandes lignes, que le monde n’est pas moins dangereux qu’il y a 5 ans mais que les forces armées devront réduire une nouvelle fois leur format, avec la suppression de 24.000 postes supplémentaires.

La défense ne figurant pas dans les priorités gouvernementales, elle doit, comme d’autres missions de l’Etat dans son cas, contribuer à l’effort de redressement des finances publiques, et cela, dans un contexte marqué par la crise économique. Par le passé, et dans environnement certes différent, l’on a connu une situation presque analogue.

Dans les années 1970, la France doit en effet faire face au choc pétrolier, lequel met un terme à la période de forte croissance économique que l’on appelera les “Trente glorieuses”. A cette époque, les armées françaises sont à la croisée des chemins. Avec la décision du général de Gaulle de doter le pays d’une force de frappe nucléaire, leurs crédits d’équipements ont en quelque sorte “vampirisé” ceux alloués à leur fonctionnement.

Telle est la situation que trouve le président Valéry Giscard d’Estaing après son élection en 1974. Dans un entretien accordé à l’hebdomadaire Valeurs Actuelles, il raconte : “Quand j’arrive (…), la force de dissuasion est à peu près achevée. Mais les réductions de crédits de fonctionnement ont été telles que les avions ne volent plus, les bateaux ne sortent plus en mer et nos fantassins ne font plus de manoeuvres. Notre outil de défense est en crise.”

D’où sa décision de “remettre nos crédits (de la défense) dans un état compatible avec le bon fonctionnement de notre outil”. Et d’ajouter : “La situation s’est donc modifiée, l’armée de terre retrouvant des équipements, le moral s’est redressé et le commandement a été rénové. Nous avons pu remonter la pente jusqu’en 1981, date à partir de laquelle la courbe s’est inversée à nouveau.” Ce qui était nécessaire, à ses yeux, pour que la France puisse tenir son “rang dans le club des grands.”

Une autre raison avancée par le président Giscard d’Estaing est qu’il a dû faire face à “une situation insupportable”, avec le “désordre” qui “s’installait dans les armées”. Et l’ancien chef de l’Etat d’expliquer que “divers incidents, notamment à la gare de l’Est” lui révélèrent “un début de décomposition du métier militaire, qui pouvait être très dangereux”, étant donné qu’une “une révolte au sein de nos armées nous aurait mis en difficulté à l’égard de nos alliés et déconsidérés vis-à-vis du monde extérieur.” D’où la nomination du général Marcel Bigeard au poste de secrétaire d’État à la Défense.

Voilà pourquoi les crédits alloués à la Défense ont augmenté de 30% en monnaie constante sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing, alors que la France était en crise économique. Pour ce dernier, “l’armée est une structure fondamentale de notre société” et “la disposition d’un outil de défense est une part de notre conscience collective.” D’où selon lui la raison pour laquelle “les Français n’ont pas critiqué” cet effort car “ils savent qu’une grande nation telle que la nôtre, avec la longue histoire qui est la sienne, a besoin d’un outil de défense efficace et bien organisé.”

A la question de savoir ce qu’il aurait fait dans le contexte actuel, le président Giscard d’Estaing a répondu qu’il “est certain que nous ne pouvons pas ne pas remettre de l’ordre dans nos finances publiques afin de réduire un endettement devenu extravagant.” Mais, a-t-il ajouté, “j’aurais mis à part nos dépenses militaires pour conserver cet outil en état’, avant de rappeler que “les plus importantes inventions technologiques comme le GPS, Internet ou dans le domaine de l’espace ont été faites, aux États-Unis comme en France, grâce au budget de la Défense.”

Mais, alors que l’on parle de “mutualisation” des moyens militaires au niveau européen, que certains regrettent, comme l’a récemment fait le député (UMP) Christophe Guilloteau, que l’Union européenne n’ait pas disposé d’une “vraie force d’interposition” à l’occasion de l’affaire malienne, le président Giscard d’Estaing, dont l’engagement pro-européen ne fait aucun doute, a affirmé que “l’Europe de la défense restera un rêve.”

Et d’expliquer : “Il n’existe que trois nations disposant de moyens militaires en Europe. D’abord les Britanniques, ensuite nous-mêmes, enfin les Allemands – mais ceux-ci ont des contraintes telles que cela les empêche d’être libres de leurs mouvements, comme on l’a vu dans les opérations de Libye. Quant aux Britanniques, une forte partie d’entre eux est ‘eurosceptique’.”

Aussi, l’ex-chef de l’Etat estime que “c’est entre nos nations, à commencer par le Royaume-Uni, que l’on peut imaginer constituer un outil cohérent, à un moment où nous assistons au remodelage de la sécurité dans le monde.”

Ce n’est pas la première fois que le président Giscard d’Estaing critique, ou fait mine de le faire en rappelant ce qu’il a fait quand il était aux affaires, la politique en matière de défense. Ainsi, en mai 2008, en marge de la commémoration du trentième anniversaire de l’intervention française à Kolwezi (à ce sujet, il y revient longuement dans l’hebdomadaire), il avait mis en garde contre des coupes trop sévères pouvant affecter l’armée de Terre.

“Je ne donne de conseils à personne, ce n’est pas dans mon habitude. Mais je dis tout de même : faites attention à l’armée de Terre!”, avait-il affirmé.


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Washington dément vouloir garder 9 bases en Afghanistan après la fin de mission de l’ISAF

10 mai 2013 – 17:17

Le président afghan, Hamid Karzaï, ne perd pas une occasion pour mettre les bâtons dans les roues de la Force internationale d’assistance à la sécurité (ISAF), ayant même parfois des mots très durs à son égard. Et plus encore quand il s’agit des Etats-Unis.

Au cours de ces dernières semaines, il a ainsi accusé Washington d’être de mèche avec les taliban, contraint les forces spéciales américaines à quitter la province du Wardak ou a encore l’interdiction faite aux forces afghanes de solliciter l’appui aérien de la coalition internationale. Et pour faire bonne mesure, l’on pourrait également citer les propos tenus par son porte-parole, Aimal Faizi, lequel a déclaré, le 19 mars dernier que “la guerre menée par l’Otan depuis onze ans en Afghanistan est sans but et déraisonnable.”

Pourtant, cela n’a pas empêché le même Hamid Karzaï, dont les forces subissent des pertes importantes face aux insurgés (autant de tués en un an que la Coalition en 11 ans de présence en Afghanistan), d’évoquer le maintien de bases américaines dans son pays après la fin de la mission de l’ISAF, c’est à dire à la fin de l’année 2014.

“Les Américains veulent neuf bases à travers l’Afghanistan, à Kaboul, Bagram, Mazar-i-Sharif, Jalalabad, Gardez, Kandahar, Helmand et Hérat. Nous allons leur donner ces bases car (…) cela est dans l’intérêt de l’Afghanistan”, a-t-il affirmé lors d’un discours prononcé le 9 mai et retransmis à la télévision, en précisant que “des négociations très sérieuses et délicates étaient en cours avec” Washington “à ce sujet”.

“L’OTAN avait l’habitude de dire qu’elle allait partir, mais maintenant ils viennent les uns après les autres nous dire : ‘Non, nous n’allons pas partir, nous allons rester’”, a encore poursuivi le président Karzaï, pour qui chaque pays concerné aura à conclure un “accord bilatéral” avec Kaboul pour l’après 2014. Comme l’a d’ailleurs fait la France en janvier 2012.

Seulement, si les Etats-Unis ont fait savoir aux autorités afghanes qu’ils pourraient maintenir en Afghanistan un contingent après la fin de mission de l’ISAF, ils ne semblent cependant pas vouloir à tout prix y disposer de bases. En avril 2012, Hillary Clinton, alors secrétaire d’Etat, l’avait déjà affirmé lors d’une visite à l’Allied Command Transformation (ACT), basé à Norfolk.

Et cette position a une nouvelle fois répétée par Jay Carney le porte-parole du président Barack Obama, en réponse à Hamid Karzaï. “Les Etats-Unis ne cherchent pas (à conserver) des bases militaires permanentes en Afghanistan”, a-t-il déclaré, face à des journalistes ayant pris place à bord d’Air Force One pour suivre le locataire de la Maison Blanche au Texas.

“Nous prévoyons que l’accord de sécurité bilatéral traitera de l’accès et de l’usage d’installations afghanes par les forces américaines. Mais nous ne cherchons pas (à établir) des bases militaires permanentes en Afghanistan, nous l’avons dit très clairement”, a-t-il insisté. Et sous réserve qu’un accord sur l’immunité juridique des militaires américains soit trouvé avec Kaboul, ce qui est encore loin d’être le cas, alors il s’agira de maintenir un contingent “dans le but de former les soldats afghans et de s’en prendre aux derniers éléments d’al-Qaïda.”


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Des jihadistes égyptiens au Mali?

10 mai 2013 – 16:28

Le 4 mai dernier, un attentat-suicide commis à une quarantaine de kilomètres de Gao, a tué deux militaires maliens ainsi que 5 jihadistes. Etant donné que le Mujao avait déjà, par le passé, revendiqué de telles actions, l’on pouvait penser que ce groupe terroriste était une nouvelle fois à l’origine de cette attaque.

Mais, visiblement, il semblerait que ce soit plus compliqué que ça. Le site “The Long War Journal” rapporte en effet que les 4 jihadistes tués (le chiffre de 5 avaient été initialement annoncé) au cours de cette attaque, seraient de nationalité égyptienne.

Et Site Intelligence Group, un centre de recherches américain spécialisé dans la surveillance des activités de la mouvance d’al-Qaïda sur Internet, a repéré des messages diffusés sur le forum “Shumukh al Islam” annonçant la mort de “4 jihadistes égyptiens au Mali” dans une opération visant à “chercher le martyre”. Parmi eux figurerait un certain Abu Obeida Sharif Khattab.

D’après les explications données à l’Associated Press par le lieutenant-colonel Souleymane Maiga, porte-parole de l’armée malienne, des soldats en patrouille ont arrêté un suspect circulant sur une motocyclette à hauteur du village d’Hamakouladji, à 40 km au nord de Gao. Quand ils se sont approchés de lui pour le fouiller, une voiture a alors surgi et trois hommes à bord on tiré avec des armes automatiques. C’est à ce moment que le kamikaze s’est fait exploser sur son deux-roues.

Les informations concernant Abu Obeida Sharif Khattab sont parcellaires. Il aurait tenté de rejoindre le Sinaï, le Yémen et l’Irak pour y combattre. Apparemment sans succès. Selon un membre du forum “Shumukh al Islam”, il aurait rejoint la Libye après avoir été emprisonné pour un motif qui reste encore à déterminer.

“Après l’invasion française de la nouvelle maison de l’islam dans l’Azawad, notre frère a mené une lutte digne d’éloges, jusqu’à ce que lui a accordé le martyre”, a écrit, à son sujet, un autre intervenant du forum, toujours d’après les traductions fournies par Site Intelligence.

Ce qui est certain, en revanche, c’est qu’Abu Obeida Sharif Khattab a été filmé et photographié à plusieurs reprises avec Mohammed al-Zawahiri, le frère de l’actuel chef d’al-Qaïda “canal historique”, sans doute réfugié au Pakistan.

Il a également été vu en compagnie du cheikh Adel Shehato, un dirigeant du Jihad islamique égyptien, formation dont sont issus les frères Zawahiri, libéré en 2011 à la faveur de la chute du régime d’Hosni Moubarak.

En janvier dernier, Mohammed al-Zawahiri avait fait parler de lui en protestant devant l’ambassade de France au Caire contre l’intervention militaire française au Mali. Récemment, quelques médias (Le Point, le JDD), se sont intéressés à ce personnage. De quoi lui donner l’occasion de proférer les habituelles menaces de la mouvance jihadiste.

“En attaquant le Mali, la France a allumé la mèche et elle va en subir les conséquences. La réaction des combattants djihadistes risque d’être forte, que ce soit au Mali ou sur le territoire français”, avait-il expliqué, le mois dernier, au Point, estimant que “l’enlèvement de Français est une réaction normale et légitime”.

Des propos venant en écho à ceux de son frère, qui avait averti que la France connaîtrait au Mali “le même sort que l’Amérique en Irak et en Afghanistan.”


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Mali : Nouvelles attaques suicides dans le secteur de Gao

10 mai 2013 – 14:34

Deux nouveaux attentats suicides ont été commis, ce 10 mai, dans la région de Gao, au Nord-Mali. Le premier a visé un camp de l’armée nigérienne, à Ménaka, une ville située à 300 km à l’est de l’ancien bastion du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), l’un des trois groupes jihadistes présents dans le pays.

“Un kamikaze à bord d’une voiture a forcé l’entrée de notre camp militaire à Ménaka. Nous avons fait usage de nos armes, le kamikaze s’est fait exploser. Il est mort, mais nous n’avons pas de victimes dans nos rangs”, a expliqué une source militaire nigérienne à l’AFP.

Une version des faits qui a été confirmée par l’armée malienne. “Aujourd’hui (vendredi) tôt, un kamikaze à la peau claire a réussi à rentrer dans le campement des troupes nigériennes à Ménaka. Le kamikaze au volant d’un véhicule s’est fait exploser et l’armée nigérienne a riposté”, a déclaré une source militaire malienne.

La seconde attaque a eu lieu à Gossi. Trois kamikazes à la “peau noire”, apparemment venus dans un camion depuis la ville de Gao, à 185 km de là, se sont fait exploser à proximité d’un barrage tenu par des militaires maliens. Deux d’entre eux ont été blessés, selon un bilan qui n’était pas encore définitif à la mi-journée.

Ces attaques suicides sont généralement revendiquées par le Mujao. Apparemment, al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) et le groupe touareg Ansar Dine ne sont plus en mesure de planifier ce genre d’attaques au Mali, étant donné que, pour reprendre l’expression utilisée par l’amiral Guillaud, le chef d’état-major des armées (CEMA), les forces françaises engagées dans l’opération Serval leur ont “cassé les reins”, notamment dans l’Adrar des Ifoghas. Ce qui ne veut pas dire que tout risque est désormais écarté.

“La menace reste présente dans le Sahel mais elle a été très sérieusement contenue, voire désarticulée. Nous devons rester vigilants et cette vigilance s’impose au Sénégal”, pays voisin du Mali, a ainsi estimé, le 10 mai, Macky Sall, le président sénégalais.

Si l’Adrar des Ifoghas est désormais sous contrôle des forces françaises et tchadiennes, la situation est en revanche plus compliquée dans la région de Gao. “Nous y avons conduit plusieurs interventions successives et nous continuons à le faire. C’est peut-être moins visible, car c’est un terrain plus dense, avec une population autochtone plus marquée. Le Mujao n’a pas la même physionomie qu’Aqmi”, a expliqué, à Valeurs Actuelles,  le général Barrera, le chef de la brigade Serval, qui va par ailleurs en céder le commandement au général Laurent Kolodziej, patron la 6e BLB.


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Environ 3.000 soldats de la force de l’Union africaine en Somalie ont perdu la vie depuis 2007

10 mai 2013 – 13:48

La Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM) vise, depuis 2007, à soutenir le gouvernement fédéral de transition somalien, alors aux prises avec une insurrection islamiste conduite par les milices Shebabs, liées à al-Qaïda ainsi qu’à stabiliser le pays afin de créer un environnement sûr pour permettre l’acheminement de l’aide humanitaire, en particulier celle du Programme aliementaire mondial (PAM).

Deux pays africains ont principalement contribué à cette mission : l’Ouganda et le Burundi. Depuis, ils ont été rejoints, par le Kenya, qui avait envoyé des troupes en Somalie en 2011 pour contrer les milices Shebabs, Djibouti et la Sierra Leone. Depuis près de 6 ans, le mandat de l’AMISOM a constamment été renouvelé par les Nations unies. Et le plafond de ses effectifs a été régulièrement revu à la hausse. D’environ 6.000 hommes à ses début, cette force de l’Union africaine est désormais autorisée à déployer environ 17.000 soldats au maximum.

Dans un premier temps, l’AMISOM a eu énormément de difficultés pour s’imposer, les miliciens Shebabs allant jusqu’à contrôler la majeure partie du pays. Dans le même temps, l’Ouganda a été la cible d’attentats sur son propre territoire. Mais, à la faveur de l’intervention militaire kényane et éthiopienne en Somalie, la situation s’est améliorée, les jihadistes étant mis sur la défensive avant d’être contraint de céder leurs places fortes.

Pour autant, cela n’a pas mis fin à leurs activités. Désormais, les Shebabs ont recours aux attaques suicides, notamment à Mogadiscio. La dernière en date, commise le 5 mai dernier, soit 48 heures avant une conférence internationale sur la Somalie, a fait au moins 11 tués. Le mois dernier, un attentat d’envergure fit 34 victimes.

Quoi qu’il en soit, la Somalie est un théâtre d’opérations extrêmement difficile, qui présente par ailleurs quelques similitudes avec le Nord-Mali. Le secrétaire général adjoint des Nations unies, Jan Eliasson, en donné la mesure, lors d’une conférence de presse donnée le 9 mai.

“Je tiens à rendre hommage aux pays et à leurs soldats qui ont payé un énorme tribut”, a-t-il dit. “Vous serez choqués d’apprendre qu’il y a vraisemblablement 3.000 soldats de l’Amisom qui ont été tués ces dernières années”, a-t-il ajouté. “L’Ouganda et le Burundi ont payé un prix énorme”, a-t-il encore précisé.


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Défense européenne : “Les Français n’ont aucune envie qu’on les aide vraiment au Mali”

10 mai 2013 – 11:27

Lors du débat sur la prolongation de l’opération Serval, en avril dernier, à l’Assemblée nationale, le député (UMP) Pierre Lellouche, avait estimé que l’intervention française au Mali signait le “constat de décès de la belle idée de défense européenne”. Il aurait pu tout aussi l’être avant, c’est à dire lors de l’affaire libyenne.

Certains ont pourtant pensé que l’opération Serval, lancée le 11 janvier par la France au Mali, aurait été l’occasion rêvée pour engager un groupement tactique de l’Union européenne (Battlegroup) étant donné que la plupart des éléments étaient réunis pour cela (cadre juridique, demande légitime de Bamako, consensus européen, etc…). Et pourtant, il n’y a pas eu une mission de type “Eufor Mali”. Simplement une mission de formation de l’armée malienne (EUTM Mali), dont la France, nation cadre, fournit l’essentiel des effectifs pour le moment.

Les raisons pouvant expliquer cette inertie européenne ont été données par Jean-Louis Falconi, l’ambassadeur représentant de la France auprès du Comité politique et de sécurité de l’Union européenne.

“Pour déclencher une mission comme Serval dans un cadre européen, l’Union européenne rencontrerait plusieurs difficultés. D’abord, il y a une question de disponibilité des forces et la volonté de les engager. Le premier problème, dans l’Union européenne, c’est que les Européens ont de moins en moins de capacité de défense”, avait-il avancé en février dernier.

A la question de savoir si le Mali était un échec pour la défense européenne, M. Falconi avait relativé. “L’Union européenne n’est pas plus à blâmer que quiconque : même quand un gouvernement national a toutes les raisons de considérer qu’il y a un risque et qu’il faut prévenir un conflit, les décisions politiques d’agir, qui peuvent être coûteuses, se prennent en général au pied du mur. Pour l’Union européenne, c’est la même chose multipliée par vingt-sept. Ce qui est à blâmer, c’est le réflexe naturel et politique, devant des moyens limités, d’hésiter à faire des choses”, avait-il affirmé.

“S’agissant du Mali, si votre question est de savoir si l’opération Serval, déclenchée par la France en une demi-journée, consultation du Parlement comprise, aurait pu être lancée par l’Union européenne avec participation et déploiement sur le terrain des États membres, la réponse est non”, avait-il insisté lors d’une audition devant la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale.

Seulement, les histoires de procédures n’expliquent pas à elles seules la raison pour laquelle l’Union européenne n’a pu engager un groupement tactique au Mali. Il y a aussi et surtout les règles d’engagement ou des restrictions d’emploi (caveat) différentes entre chaque Etats membres. Ce n’est cependant pas propre à l’UE. Leur disparité a également été source de problèmes au sein de la Force internationale d’assistance à la sécurité (ISAF), déployée en Afghanistan sous l’autorité de l’Otan, comme elle est d’ailleurs au sein de toute coalition internationale.

Mais, dans le fond, la France doit-elle regretter d’avoir été quasiment seule en première ligne au Mali? La réponse est sans doute dans le dernier Bilan Géostratégie publié chaque année par le quotidien Le Monde, l’on peut lire cette confidence faite en janvier dernier par un responsable politique allemand.

“En fait, les Français n’ont aucune envie qu’on les aide vraiment au Mali. Si nous envoyions des soldats se battre là-bas, que se passerait-il? Au bout de quelques jours, le Bundestag enverrait un représentant vérifier que chaque soldat dispose bien d’une connexion Internet pour appeler sa famille. Puis rapidement se poserait la question de l’âge des soldats maliens qu’on encadrerait. Est-on sûr qu’aucun n’est mineur? Peut-on le prouver? Franchement, les Français ne se posent pas ce genre de questions quand ils envoient les ‘marsouins’ et c’est bien ainsi”, a-t-il expliqué. (*)

Le fait est, au vu de l’intensité des combats au Mali, l’on peut se dire qu’il valait effectivement avoir 2.000 soldats tchadiens à ses côtés que des militaires allemands bridés par leurs règles d’engagement.

Ces dernières sont “ne sont pas les mêmes” entre la France et l’Allemagne, reconnaissait un rapport parlementaire [.pdf] rédigé par le député Georges Mothron en novembre 2011. “Ces divergences, nombreuses, empêchent d’envisager un déploiement opérationnel immédiat plein et entier de la BFA (ndlr, Brigade Franco-Allemande)”, avait-il ajouté.

“Les deux pays partenaires n’ont pas toujours la même interprétation des traités internationaux auxquels ils sont liés. Par exemple les troupes allemandes ne peuvent pas utiliser de gaz lacrymogènes, y compris dans le cadre d’une opération de maintien de l’ordre. Les règles de tir ne sont pas les mêmes (…). Ainsi les règles d’ouverture du feu pour un soldat assurant la sécurité d’une garnison diffèrent : le droit allemand permet d’utiliser son arme en cas d’atteinte à un bien quand le droit français limite cette possibilité à la légitime défense”, avait-il expliqué.

“Ces différences expliquent qu’il n’a pas été possible de définir un cadre d’ordre commun. La BFA a toutefois pour mission de rapprocher les doctrines et de faciliter l’intégration croisée. La question des règles d’engagement et du caractère opérationnel des forces européennes mérite en fait une réflexion à l’échelle de l’Union”, avait encore expliqué le député.

“Ces caveats promulgués par les nations constituent donc un frein politique à la liberté d’action et à l’efficacité des moyens, ils battent en brèche le principe de multinationalité dans son acception de mutualisation et de solidarité. En effet, ils peuvent remettre en cause la cohésion interne, jusqu’à faire apparaître des divisions profondes au sein de la coalition”, écrivait [.pdf], en 2010, le capitaine de frégate Romuald Bomont, alors stagiaire à l’Ecole de Guerre.

Pour illustrer cet état de fait, le général David Richards, alors commandant de l’ISAF en 2006, avait utilisé la formule suivante : “On ne peut pas avoir d’un côté des soldats qui se battent et meurent, et de l’autre des troupes qui distribuent des sucettes à Kaboul.”

(*) Bilan Géostratégie 2013, Le Monde, page 86


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Le Premier ministre centrafricain insiste pour obtenir une aide militaire auprès de Paris

9 mai 2013 – 11:53

En avril dernier, après des troubles qui causèrent la mort d’une vingtaine de personnes à Bangui, le Premier ministre centrafricain, Nicolas Tiangaye, avait demandé l’aide de la FOMAC (Force multinationale d’Afrique centrale) et de France, présente militairement dans le pays dans le cadre de l’opération Boali, pour sécuriser le territoire, et en particulier la capitale, en proie à des violences depuis le renversement du président François Bozizé par la coalition rebelle de la Séléka.

“La France a dit qu’elle était évidemment disponible pour appuyer tout effort pour revenir vers la stabilité, mais il faut mettre en place des autorités légitimement reconnues, ce qui n’est pas le cas du président actuel”, avait alors répondu Laurent Fabius, le ministre français des Affaires étrangères, le 17 avril.

Le nouveau pouvoir en place depuis le 24 mars à Bangui peine à remettre le pays en marche. L’économie, déjà en mauvais état, tourne au ralenti et les salaires des fonctionnaires ne sont pas payés. Qui plus est, le président autoproclamé, Michel Djotodia, semble ne plus avoir la main sur toutes les composantes de la Séléka dont il est pourtant issu. A cela s’ajoute que de nombreux cadres de l’armée régulière ont quitté le pays après le coup d’Etat.

Conséquence : “les actes de pillages, d’assassinats, d’enlèvements et d’autres exactions deviennent récurrents”, selon le Réseau des journalistes pour les droits de l’homme en République centrafricaine (RCA).” Pour l’UNICEF, les enfants ne sont pas épargnés. “Ce qui me fait mal, c’est l’utilisation qu’on fait des enfants en période de guerre. On en fait des bêtes de guerre. Il y a 67 enfants de moins de cinq ans qui meurent chaque jour en République centrafricaine”, a indiqué Souleymane Diabaté, un représentant de cer organisme des Nations unies en Centrafrique.

“Ils s’attaquent régulièrement aux églises catholiques, aux médias, ils pillent, ils violent et les femmes violées vont accoucher où? Y’a pu d’hôpitaux, y’a pu d’écoles, y’a pu rien, ils ont même jeté les archives du pays au vent”, a confié l’écrivain centrafricain Pierre Makombo Bamboté, à Radio Canada, en parlant des membres de la Séléka devenus incontrôlables.

La situation est telle qu’elle a amené Nicolas Tiangaye à solliciter une nouvelle fois, le 8 mai, “une implication effective des forces françaises présentes sur le territoire à la pacification du pays” ainsi qu’au “désarmement des ex-combattants de la Séléka et de l’armée régulière.”

“La Fomac, dont l’effectif sera porté à 2 000 hommes d’ici à la fin du mois de mai (…) nous permettra de désarmer la population et de démilitariser la ville de Bangui ainsi que celles des autres régions”, a affirmé le Premier ministre centrafricain.

“Aucun élément (…) ne sera autorisé à porter l’arme dans la ville de Bangui. Tous les éléments des Forces armées centrafricaines (Faca), les milices et populations civiles détenteurs d’armes doivent dans un premier temps remettre volontairement les armes en leur possession. En cas de refus ou de résistance, il sera procédé au désarmement forcé”, a-t-il encore prévenu, avant de préciser que tous “les éléments armés étrangers, qui se trouvent sur le territoire centrafricain, seront désarmés et rapatriés de gré ou de force dans leurs pays respectifs.”

En avril dernier, les effectifs militaires français engagés en Centrafrique comprenaient des éléments du 1er Régiment d’Infanterie de Sarreboug, renforcés par une compagnie du 3e Régiment d’Infanterie de Marine (RIMa) et une autre du 8e Régiment de Parachutistes d’Infanterie de Marine (RPIMa) ainsi que par une compagnie PROTERRE du 501e Régiment de Chars de Combat (RCC).


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Pékin provoque Tokyo au sujet d’Okinawa

9 mai 2013 – 10:46

Il ne faut pas s’y tromper. Quand deux universitaires en vue, Zhang Haipeng et Li Guoqiang, chercheurs à l’Académie chinoise des sciences sociales (CASS), estiment que “le temps est venu de reconsidérer des problèmes non résolus concernant les îles Ryukyu” dans les colonnes du Quotidien du Peuple, organe officiel du Parti communiste chinois (PCC), c’est une pierre lancée par Pékin dans le jardin de Tokyo.

Bordé, à l’ouest, par la mer de Chine méridoniale et, à l’est par la mer des Philippines, cet archipel a Okinawa pour île principale. Situées entre Kyushu (sud du Japon) et Taïwan, les îles Ryukyu ont longtemps formé un royaume indépendant avant de subir les influences japonaises et chinoises.

En 1879, il fut annexé par Tokyo et devint la préfecture d’Okinawa. Après la Seconde Guerre Mondiale, l’archipel fut administré par les Etats-Unis, qui ne le rendirent au Japon qu’en 1972. Il accueille désormais l’essentiel des troupes américaines déployés sur le territoire nippon.

Les deux universitaires chinois basent leur argumentation sur la dénonciation du traité de Shimonoseki, qui, signé le 17 avril 1895, mettait un terme à la guerre sino-japonaise de 1894-95, alors perdue par la dynastie mandchoue des Qing. Ce texte, qu’ils considèrent “inégal”, attribuait au Japon des territoires qui étaient jusque là sous domination chinoise.

Priée de dire si Pékin considère ou non qu’Okinawa fait effectivement partie du Japon, la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Hua Chunying, a simplement répondu que les deux universitaires “ont longtemps étudié l’histoire des îles Ryukyu et d’Okinawa.”

Mais la contestation de la souveraineté japonaise sur cet archipel n’est pas nouvelle. En septembre dernier, l’Institut chinois d’études politiques a en effet estimé que “l’occupation des îles Ryukyu par le Japon ne repose sur aucune base juridique” et que, par conséquent, “elle est complétement illégale.” Et d’ajouter : “Tokyo doit respecter inconditionnellement les termes des déclarations du Caire, les accords de Potsdam et d’autres lois internationales, et mettre immédiatement fin à l’occupation armée et au gouvernement colonial aux Ryukyu.”

Quelques mois plus tôt, un texte de Luo Yuan, vice-président permanent de l’Association chinoise pour la Promotion de la Culture et des Stratégies, et publié par le Quotidien du Peuple, avait exactement la même teneur.

Quoi qu’il en soit, l’on goûte peu ce genre de provocation à Tokyo. Et le secrétaire général du gouvernement nippon a répondu que les arguments des deux chercheurs chinois n’étaient pas “pertinents” et que la souveraineté japonaise sur les îles Ryukyu était reconnue “à la fois historiquement et par la communauté internationale”.

Cette nouvelle remise en cause de l’intégrité territoriale japonaise intervient alors que les tensions entre Pékin et Tokyo restent vives au sujet de l’archipel Senkaku/ Diaoyu, qui fait l’objet d’un bras de fer entre les deux capitales depuis plusieurs mois.

Signe de ces tensions, l’activité des forces aériennes d’autodéfense japonaises. Au cours de l’année 2012, ses avions de combat ont décollé en urgence à 306 reprises pour intercepter des appareils chinois s’approchant d’un peu trop près de l’espace aérien nippon. Et le nombre de ses interventions ne cesse d’augmenter au fil des mois.


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