Les brèves du 19.06.2008

19 juin 2008 – 19:25

 


Série noire pour l’armée de l’Air

19 juin 2008 – 18:04

La série noire continue pour l’armée de l’Air. En décembre dernier, elle perdait tragiquement un de ses pilotes dans l’accident d’un Rafale du 1/7 Provence. En l’espace de quelques semaines, ce sont deux Mirage 2000 N qui se sont écrasés, avec une issue heureuse pour les équipages des deux appareils. Cette fois, c’est un Mirage F1 B de l’escadron de chasse 1/30 Alsace, basé à Colmar, dans le Haut-Rhin, qui est impliqué dans un incident.

De retour d’une mission d’entraînement, l’avion a fait une sortie de piste vers 16.00 aujourd’hui alors qu’il venait d’atterrir. L’appareil a même franchi l’enceinte de la base pour aller terminer sa course dans un champ, à une quinzaine de mètres plus loin.

Les deux pilotes constituant l’équipage du Mirage F1 B ont pu s’éjecter à temps. Après avoir été récupérés sains et saufs, ils ont été admis à l’infirmerie de la base afin d’y subir les traditionnels contrôles médicaux.

Comme il est d’usage dans ce genre d’incident, une enquête a été ouverte par le Bureau Enquêts Accidents Défense Air. Pour mémoire, un Rafale F2 de la Marine nationale avait connu la même mésaventure le 22 mai dernier sur la base aéronavale de Lann Bihoué.


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Boeing reprend espoir

19 juin 2008 – 17:09

Les avions ravitailleurs de l’US Air Force sont tout aussi âgés, sinon plus, que ceux actuellement en service dans l’armée de l’Air française. Les discussions portant sur leur remplacement ont été ouvertes en 2001.

Dans un premier temps, en 2003, Boeing, avec son B-767 modifié, avait remporté ce marché juteux qui représente plusieurs centaines d’appareils. Seulement, le contrat avait été annulé un an plus tard par un vote du Congrès, les résultats de l’enquête d’une commission parlementaire ayant mis en évidence des irrégularités au cours de la procédure de l’appel d’offres.

En septembre 2005, la compétition entre Boeing et EADS associé à un autre avionneur américain, Northrop Grumman, est de nouveau ouverte. Le concurrent du KC-767 sera l’Airbus A-330 MRTT (KC-45 pour les Etats-Unis). Le 29 février dernier, c’est finalement cet appareil qui finit par s’imposer, au grand dam de Boeing qui comptait sur ce contrat pour donner un second souffle à son B-767 avec une version militarisée et pour aussi mettre un terme au échecs successifs que la firme avait enregistré dans le domaine des avions militaires, Lookheed Martin ayant remporté la mise avec le F-35 “Joint Strike Fighter”.

Le contrat remporté par EADS et Northrop Grumman, d’un montant de 35 milliards de dollars pour 179 appareils a donc été immediatement contesté par Boeing. Bien que les vainqueurs de l’appel d’offres ont précisé que les avions seraient fabriqués aux Etats-Unis, leur concurrent malheureux s’est vu soutenir par le Parti démocrate, au nom de la défense de l’emploi américain.

Le moyen trouvé par Boeing pour remettre en cause la décision du Pentagone a été de saisir le Governement Account Office, c’est à dire l’équivalement américain de la Cour des comptes françaises. Cet organisme, qui n’a qu’un pouvoir de recommandation, a donc rendu mercredi soir ses conclusions concernant cette affaire et moins que l’on puisse dire est qu’elles ont de quoi redonner l’espoir aux dirigeants de Boeing.

En effet, la liste des points litigieux de l’appel d’offres recensés par le GAO explique sa recommandation faite à l’US Air Force “d’obtenir des propositions révisées, de réévaluer les propositions et de prendre une nouvelle décision sur la sélection de son fournisseur” du futur avion ravitailleur et son soutien au recours de Boeing. Selon le GAO, l’aviation américaine “a commis un nombre significatif qui ont pu affecter le résultat d’une compétition serrée entre Boeing et Northrop Grumman.”

Parmi les fautes relevées, le GAO estime que l’US Air Force a faussé l’appel d’offres en n’ayant pas évalué “les mérites comparés des deux propositions conformément aux critères d’évaluation identifiés” contenus dans la cahier des charges soumis aux deux constructeurs en compétition. Il est également reproché à l’aviation américaine d’avoir mené des “discussions trompeuses et inégales avec Boeing” et d’avoir mal comparé l’estimation des coûts de chacune des deux offres.

Pour l’instant, le porte-parole de l’US Air Force a indiqué que le rapport du GAO était en train d’être étudié. Mais, en ces temps de campagne présidentiel outre-Atlantique, la pression est forte pour qu’un nouvel appel d’offres soit de nouveau lancé. C’est notamment le souhait de Barack Obama, le candidat démocrate, mais aussi de son concurrent républicain, John McCain, dont les adversaires se plaisent à souligner le rôle qu’il a joué dans l’annulation du premier appel d’offres.

Cette affaire ayant pris une tournure politique, il est donc probable que le choix du futur avion ravitailleur – si jamais la compétition est à nouveau ouverte – ne soit reporté qu’après les élections de novembre prochain alors que l’US Air Force a tout intérêt à ce que dossier soit réglé au plus vite.


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Des officiers critiquent fermement la réforme annoncée des armées

19 juin 2008 – 13:23

Suite à la publication du Livre blanc et à l’annonce des nouvelles orientations et du changement de format de la défense française par le chef de l’Etat le 17 juin dernier, le chef d’état-major des armées, le général Jean-Louis Georgelin a diffusé un message aux militaires.

(c) Jean-Michel Charlier & Victor Hubinon“Investi de la confiance du Président de la République”, écrit-il, “je mettrai en oeuvre les réformes (…) sous l’autorité de notre ministre” avant d’ajouter qu’il le fera “sans aucun état d’âme, avec détermination, avec le souci constant de la valeur opérationnelle de nos unités, et, avant tout, de notre identité militaire qui la conditionne. Le général Georgelin attend des militaires, “en particulier de ceux qui sont investis de fonctions d’autorité, qu’ils agissent sous mes ordres dans le même sens.”

Or, cette attente du chef d’etat-major des armées a été contrariée par un groupe d’officiers de “haut rang”, issus des trois armées. Même si ce n’est pas la première fois que des militaires osent prendre la plume pour critiquer la politique gouvernementale – un certain “colonel Spartacus” s’y était risqué dans les années 1980 – c’est néanmoins un fait assez rare pour être souligné.

Ainsi, dans une tribune publiée anonymement par le Figaro daté du 19 juin, ce groupe d’officiers supérieurs et généraux, appelé “Surcouf”, a donc lancé une charge contre le Livre blanc sur la défense et les recommandations qu’il préconise. “Le modèle d’analyse présenté par le Livre blanc est à notre sens déficient et, davantage, marqué par un certain amateurisme”, ont-ils écrit.

Pour autant, ces officiers ne remettent pas en cause le constat qui a été fait sur l’état de l’armée française et se montrent même très critiques sur les raisons qui l’ont conduit à cette situation. Ils reconnaissent même quelques “points positifs”, comme le “principe du resserrement des implantations”, “l’insistance mise sur la protection interne de la nation elle-même” ou encore “la revalorisation des fonctions de renseignement.”

Pour le reste, le groupe “Surcouf”, qui releve au moins quatre incohérences dans le Livre blanc, ne ménage pas ses critiques. “Notre incapacité à sortir de la réduction homothétique, faute d’une véritable analyse que le Livre blanc ne fournit pas, conduit le modèle 2008 à n’être que la version dégradée du modèle 1996, lui même version amoindrie du modèle 1989″ estiment les signataires, qui s’en prennent à la “nouvelle orientation en faveur du satellitaire” et à la création d’un commandement interarmées dévolu à l’espace, en les qualifiant de “gadgets” au regard des “besoins réels et actuels des armées.”

Ces haut-gradés, qui regrettent la sous-représentation des militaires au sein de la commission Mallet, ne mâchent pas leurs mots et parlent même d’imposture. “Les avancées” présentées par le Livre blanc, comme par exemple l’investissement en faveur des satellites, sont prises par ces militaires pour des “lubies” car “elles ne sont pas sérieusement argumentées en terme d’arbitrage (alors qu’on voit les intérêts industriels qu’elles servent).” “Une réduction prévisible et sans imagination du format des armées, à peine compensée par d’hypothétiques innovations technologiques et organisationnelles : il y a comme une imposture à présenter ces résultats comme un progrès dans l’efficacité de l’instrument militaire”, accusent-ils encore.

“Savoir sans pouvoir n’est jamais d’une grande utilité. Il faut combattre l’illusion que la connaissance peut remplacer l’action”, affirmait récemment le général Georgelin. “Nous serons mieux renseignés, mais nous pourrons moins agir”, estime pour sa part le groupe Surcouf, rejoignant ainsi les propos du chef d’état-majors des armées, tenus avant la publication du Livre blanc et de l’annonce des décisions présidentielles.

Selon les signataires, l’orientation prise risque de conduire à “un déclassement militaire (…) dans un monde bien plus dangereux qu’hier”, la France risquant de jouer “dans la division de l’Italie”.


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Les brèves du 18.06.2008

18 juin 2008 – 23:17

 


La branche nord-africaine d’Al Qaïda veut intensifier son action

18 juin 2008 – 23:08

Le site “al-Ekhlass”, réputé proché de la mouvance d’Oussama Ben Laden, a publié samedi dernier un communiqué d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) revendiquant les attentats commis contre la caserne de la Garde républicaine à Bordj el-Kiffan (4 juin), l’armée algérienne à Dellys, à l’est d’Alger (5 juin) et un chantier de la société Razel à Lakhdaria où Pierre Nowacki, un ingénieur Français, a été tué (8 juin).

Le groupe terroriste a donné l’identité de deux kamikazes qui auraient participé aux attaques du 4 juin. L’un, Ibrahim El-Adham, âgé de 39 ans, était connu pour son engagement islamiste depuis le début des années 1990. Le deuxième terroriste, Youssef Abou Bassir Al-Assimi, âgé de 27 ans, était originaire d’Alger. Le communiqué précise également que les entreprises étrangères présentes en Algérie sont des objectifs “légitimes”.

Il est à noter que les bilans revendiqués de ces attentats ne correspondent pas à ceux donnés par les autorités algériennes. Par exemple, selon l’AQMI, l’attentat du 4 juin contre la Garde républicaine, qui a demandé “quatre mois de préparation”, aurait fait 22 morts, alors qu’Alger a fait état de deux militaires tués et de trois blessés.

L’organisation terroriste a cependant subi quelques revers la semaine dernière, avec notamment l’arrestation de 17 personnes suspectées d’avoir des liens avec elle dans la région de Beni Amrane. Ce coup de filet faisait suite à l’enquête menée par la gendarmerie algérienne concernant l’attentat ayant visé l’entreprise Razel. Pour autant, cela n’a pas empêché pas son chef, Abdelmalek Droukdal, d’en appeler à l’intensification des attaques terroristes dans le pays.

Selon le quotidien Echourouk, les militants de l’AQMI ne devraient plus avoir besoin d’obtenir l’aval de leur “émir” pour frapper une cible qu’ils auraient eux-même choisi. Ce changement de “procédure” de la part de Droukdal pourrait avoir au moins deux raisons. Soit il s’agit d’adopter une nouvelle stratégie de “terreur totale”, soit au contraire il traduit une fuite en avant qui serait la conséquence d’une pression de plus en plus forte exercée par les autorités algériennes sur le mouvement islamiste. Cependant, ce dernier a reçu récemment des gages de “bonne foi” de la part d’Alger, avec par exemple la poursuite de chrétiens algériens devant les tribunaux, la fermeture de débits de boissons alcoolisés et la déclaration du Premier ministre algérien qui a déclaré en mai dernier que “le Coran est la seule Constitution de la société algérienne.”


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Un autre 18 juin 1940

18 juin 2008 – 13:28

“Quoi qu’il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas.” C’est par ces mots que le général de Gaulle invitait les Français, le 18 juin 1940, à ne pas “cesser le combat” comme la voix chevrotante du maréchal Pétain le leur avait demandé la veille. Les images d’une armée française en déroute allaient par la suite conforter l’idée chez certains qu’elle ne s’était pas battue.

Or, ses pertes ont été au moins équivalentes à celles enregistrées lors des six premiers mois de la Première Guerre Mondiale. Les pilotes de l’armée de l’Air ont abattu près de 1.000 avions allemands, ce qui n’a pas été sans conséquence pour la Bataille d’Angleterre qui allait venir. Les chars de la 4e Division cuirassée de réserve, commandée par un certain colonel de Gaulle, s’est infiltrée pendant quelques jours dans le flanc de la progression allemande.

Mal équipée – hormis les chars Somua B1 et B1 Bis ainsi que les chasseurs Dewoitine 520 en petit nombre – mal commandée et surtout victime d’une doctrine stratégique inadaptée, l’armée française a fait ce qu’elle a pu en comptant sur le courage et le sens du sacrifice de ses hommes.

L’histoire militaire française est émaillée de résistances héroïques face à des ennemis supérieurs en nombre. C’est notamment le cas du siège par 20.000 Chinois de Tuyen-Quan, du 23 novembre 1884 au 28 février 1885, au Tonkin. Les 611 soldats français de la garnison, commandés par le commandant Marc-Edmond Dominé, qui deviendra par la suite colonel des troupes “coloniales” (aujourd’hui appelée Troupes de Marine), ont tenu bon jusqu’à l’arrivée d’une colonne de renforts.

Dans le même registre, il y a également la bataille de Camerone où une soixantaire de légionnaires résistèrent jusqu’à la mort à plus de 2.000 soldats mexicains. Leur exploit est commémoré tous les ans par la Légion étrangère car il symbolise les valeurs que cette Institution porte en elle depuis sa création en 1831 par le roi Louis-Philippe.

Et puis, il y a les combats de Xertigny, dans les Vosges. Ils se sont déroulés le 18 juin 1940 et dans la tempête politique d’alors dû à l’effondrement de la France, ils sont passés inaperçus, ou presque. Alors que Pétain a demandé l’armistice aux Allemands qui s’apprêtent à défiler à Paris, une centaine de soldats français, appartenant au 23e Groupe de reconnaissance, unité créée à partir d’éléments du 20e Régiment de Dragons, continuent de combattre.

Commandés par le chef d’escadrons Frédéric de Saint-Sernin, ces hommes vont se battre dès l’aube et pendant des heures contre des troupes allemandes dix fois supérieures en nombre et en armements. Les barricades dressées par les cavaliers du 23e GR tombent une à une, les canons allemands délivrent un déluge de feu sur le village dont les maisons s’effondrent. Aux environs de 19 heures, les soldats français encore en état de se battre se sont regroupés autour de leur chef au centre de Xertigny. Mais l’issue de ce combat ne laisse aucun espoir. Blessé et refusant néanmoins de se rendre, le commandant de Saint-Sernin trouve la mort les armes à la main alors que l’hôtel de ville où il s’était replié avec ses hommes est en flammes. Près de 44 Français ont été tué et 35 autres blessés au cours de ce combat.

L’attitude de ces cavaliers, et notamment celle de leur chef, aura fait une forte impression sur les officiers allemands. Ces derniers décident alors de lui rendre un hommage solennel et font jouer la Marseillaise sur la tombe du commandant Saint-Sernin, sur laquelle un colonel allemand dépose une couronne de feuilles de chêne avec l’inscription “Au brave commandant, défenseur de Xertigny.” Les soldats allemands vont même jusqu’à tirer une salve en l’honneur de ces militaires français morts pour leur pays.

Aucun d’entre eux n’aura pu entendre l’appel à la Résistance du général de Gaulle. Mais en ce 18 juin 1940, et malgré leur sacrifice oublié, ils auront été sans nul doute les premiers résistants d’une France qui ne voulait pas cesser d’exister.

En savoir plus :


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Des rebelles tchadiens font le coup de feu contre l’Eufor

17 juin 2008 – 16:24

Des rebelles tchadiens de “l’Alliance nationale” ont ouvert le feu, samedi 14 juin, sur des soldats irlandais de l’EUFOR qui patrouillaient devant le camp de réfugiés de Djabal, situé près de Goz Beïda et de la frontière avec le Darfour.

Les militaires européens, qui ont donc été contraints de riposter, n’ont compté aucune victime dans leurs rangs. Pour le lieutenant-colonel Axelos, le porte-parole de l’Eufor au Tchad, il s’agissait “d’un cas de légitime défense.”

La localité de Goz-Beïda étant située sur l’une des routes principales menant de la frontière soudanaise à N’Djamena, elle est un des points de passage obligé pour les rebelles dont l’objectif affiché est d’atteindre la capitale tchadienne pour tenter de renverser le président Idriss Déby.

La veille, pourtant, l’Alliance nationale avait déjà indiqué avoir “dépassé Goz Beida”, selon son porte-parole, Ali Gueddei. En tout état de cause, la rébellion ne s’y est pas attardée, préférant poursuivre sa route vers Am-Dam, à 110 km au nord ouest de Goz Beida. Dimanche, l’armée tchadienne, équipée de lance-roquettes et de mitrailleurses lourdes, a d’ailleurs repris le contrôle de la bourgade.

Le but des troupes rebelles est d’atteindre au plus tôt N’Djamena, ou du moins avant que les pluies rendent plus difficiles les déplacements. les véhicules de l’Alliance nationale évoluent en se dispersant dans le désert, dans le but d’échapper à la surveillance aérienne, et se regroupent ensuite à un point donné pour faire leur coup de main.

La question est de savoir si l’Alliance nationale sera en mesure de rééditer leur attaque de N’Djamena de février dernier, où le régime du président Déby avait failli tomber si la France ne l’avait pas aidé indirectement à se maintenir.

Si l’on en croit un officiel tchadien de “haut rang”, ce serait improbable. “Les rebelles évitent l’affrontement et font des sauts dans des localités dégarnies pour se faire une publicité médiatique”, a-t-il ainsi affirmé. Cependant, jeudi dernier, les rebelles ont réussi à mettre hors service l’un des six hélicoptères de l’armée tchadienne, pilotés par des Algériens et des Ukrainiens.

Quoi qu’il en soit, si la situation venait à se dégrader comme au début de l’année, le président tchadien pourrait ne pas compter à nouveau sur le soutien des militaires français. “La France n’est pas intervenue et n’interviendra plus”, a déclaré, dimanche, le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, à propos du conflit tchadien.


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Les brèves du 16.06.2008

16 juin 2008 – 20:15

 


Les principaux points du Livre blanc sur la Défense

16 juin 2008 – 17:20

Le 17 juin, le président Sarkozy détaillera les grandes orientations fixées par le Livre blanc sur la Défense et la sécurité nationale devant un parterre de 3.000 militaires.

Voici les principales recommandations :

- La défense et la sécurité nationale feront partie d’une même stratégie globale;

- La “connaissance” et “l’anticipation” viennent s’ajouter aux “fonctions stratégiques” traditionnelles (Dissuasion, prévention, protection, intervention);

- Le ministère de la Défense va perdre 54.000 postes, civils et militaires, (le chiffre de 42.000 était jusque là avancé par Hervé Morin, le ministre de la Défense) sur une période de “six ou sept ans”. Avec 24% de personnels en moins, l’armée de l’Air sera la plus touchée par cette baisse des effectifs, suivie par l’armée de Terre (17%) qui devrait avoir un format, à terme, de 131.000 hommes. Quant à la Marine nationale, elle devrait perdre 11% de ses postes. Les effectifs des trois armées devraient donc passer de 271.000 personnes à 224.000. Le reste des réductions de personnels concerneront la Direction générale pour l’armement et le Secrétariat général de l’administration. Cette diminution de format des armées aura bien évidemment des conséquences sur la carte des implantations militaires. Les évolutions concernant cette dernière seront normalement connues en juillet prochain;

- Le renseignement devient une priorité stratégique. Les crédits alloués au renseignement spatial militaire vont être doublés pour être portés à 700 millions d’euros au lieu des 380 millions actuels. Des satellites d’observation et d’écoute électromagnétique devraient être mis sur orbite (la France déjà lancé les programmes des satellites Helios et ELISA pour le renseignement d’origine électro-magnétique ou ROEM, avec Astrium pour mandataire et Thales en co-traitance). Un commandement interarmées pour l’espace sera créé;

- Toujours dans le domaine du renseignement, un “coordinateur national” dépendra du président de la République (le titulaire du poste est déjà connu : il s’agit du diplomate Bernard Bajolet). Sa mission, comme l’intitulé de sa fonction le précise, sera de coordonner l’activité des différents services de renseignement, qui compteront à terme de près de 12.000 personnels, en plus des 4.000 militaires spécialisés que comptent les trois armées;

- L’armée de Terre devrait être en mesure de projeter 30.000 hommes en six mois et pour un an à 7 ou 8.000 km de la métropole. Le précédent contrat opérationnel prévoyait une force de projection de 50.000 hommes; Ces capacités vont se concentrer sur un arc de crise d’étendant de l’Atlantique à l’océan Indien, en passant par la Mediterranée et le Golfe persique. La force opérationnelle de l’armée de Terre (88.000 hommes) sera organisée en huit brigades interarmes, équipées de 250 chars lourds, 650 VBCI et de 130 hélicoptères;

- La Marine nationale disposera de ses quatre SNLE (sous-marin lanceur d’engins), essentiels à la dissuasion nucléaire. Comme l’avait déjà précisé Nicolas Sarkozy sur les ondes de RTL le mois dernier, la décision de construire un second porte-avions est repoussée à 2011, voire à 2012. Les marins auront 18 frégates de “premier rang”, au lieu de la vingtaine espérée. En revanche, ils pourront compter sur six sous-marins d’attaque (SNA) de type Barracuda et quatre bâtiments de projection et de commandement (BPC) de type Mistral en 2020;

- L’armée de l’air devrait mettre en oeuvre une flotte de 300 avions de combat (Rafale et Mirage 2000 modernisés), dont les appareils de l’aéronautique navale. Ce parc devrait être suffisant pour assurer une permanence sur le territoire de cinq escadrons et de maintenir une capacité de projection de 70 avions. Une dizaine d’appareils feront partie d’un dispositif d’alerte opérationnelle. L’armée de l’Air pourra également compter sur 14 airbus ravitailleurs de type MRTT, de 4 appareils de détection avancée “AWACS” et de 70 avions de transport (A-400 M). Enfin, en complément des avions de combat, les aviateurs percevront des drones pour les missions de surveillance et de renseignement;

- Le Livre blanc ne récèle aucune surprise concernant la dissuasion nucléaire. Comme annoncé par le chef de l’Etat en mars dernier, la composante aéroportée sera réduite d’un tiers et reposera sur un escadron de Mirage 2000 et un autre équipé par des Rafale F3. La défense française devra par ailleurs renforcer ses capacités de détection et d’alerte avancée pour ce qui concerne les missiles balistiques pouvant atteindre le territoire. Pour cela, des capteurs infra-rouges montés sur des satellites et des radars très longue portée seront mis en oeuvre à l’horizon 2020;

- Au niveau instutitionnel, le Livre blanc préconise l’instauration d’un Conseil de la défense et de la sécurité nationale, qui sera présidé par le chef de l’Etat. Un conseil national du renseignement et un conseil consultatif sur la défense et la sécurité nationale viendront compléter ce dispositif, en plus d’un Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDN), d’une agence de la sécurité des systèmes d’information, d’un comité interministériel de coordination de la lutte contre la menace NRBC et d’une commission interministérielle d’appui aux grands contrats;

- L’idée d’une complémentarité entre l’Otan et la défense européenne est confortée par le Livre blanc;

- Enfin, au niveau des crédits, le budget de l’équipement des armées devrait être augmenté en moyenne de 2,5 milliards d’euros par ans sur la période 2009-2020 pour être porté à 18 milliards d’euros (la moyenne était de 15,5 milliards pour 2003-2008). Cependant, les dépenses liées à la Défense représenteront 2% du PIB en 2020, pensions et gendarmerie comprises, alors qu’elles s’élèvent à 2,3% actuellement et qu’elles étaient de l’ordre de 3,34% en 1994. Sur douze ans, il est prévu d’allouer aux armées un budget global de 377 milliards d’euros.


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