Louvois : Des députés dans le brouillard

13 juin 2013 – 18:32

Invité à s’exprimer devant la commission de la Défense de l’Assemblée nationale au sujet des dysfonctionnements causés dans le paiement des soldes par le raccordement aux systèmes de gestion de ressources humaines du Logiciel unique à vocation interarmées de la solde (Louvois), le chef du contrôle général des armées, Christian Piotre, a laissé dubitatif certains députés, tant les réponses qu’ils attendaient ne leur ont pas parues satisfaisantes.

L’audition de Christian Piotre était attendue car, secrétaire général pour l’administration (SGA) de 2005 à 2011, il a participé directement à la mise en place de Louvois. D’où l’attente des députés pour savoir comment il a géré ce dossier. Après être longuement revenu sur la genèse de cette affaire, il a donc eu à subir le feu des questions de députés  perplexes.

Comme Damien Meslot (UMP, Territoire de Belfort), qui n’a pas digéré les propos du CGA Christian Piotre, pour qui “il n’y a pas eu d’incurie, d’incompétence ou d’irresponsabilité” dans la mise en place de Louvois. “Les moyens humains et financiers ont été nettement insuffisants pour mettre en Å“uvre le logiciel : on a du mal à comprendre comment des personnes ayant les pieds sur terre ont pu prendre la décision de lancer celui-ci!”, a attaqué le député. “On a l’impression que tous les voyants s’allumaient au rouge les uns après les autres et qu’on a décidé d’aller quand même dans cette voie, en fonçant dans le mur en klaxonnant!”, a-t-il ajouté.

Même chose pour Gilbert Le Bris (PS, Finistère). “En disant qu’il n’y a pas eu d’incurie, d’incompétence ou d’irresponsabilité, vous dédouanez facilement le ministère de la Défense. Je pense qu’à côté de la responsabilité politique – sanctionnée par le suffrage universel –, doit exister une responsabilité administrative : lorsqu’un service opérationnel, logistique ou technique fait une erreur, il y a sanction, mais lorsque c’est le cas d’un service administratif, il n’y a rien ! Certes, cela ne coûte pas de vie humaine, mais la facture est tout de même de 400 millions d’euros… Or, sont encore au ministère ceux qui ont fait ces erreurs. Cela est d’autant plus inacceptable que l’on ne tire pas les conséquences de ces dernières”, a-t-il vertement réagi.

“Vous parlez d’absence d’incurie, d’incompétence ou d’irresponsabilité, puis de déficiences, de défaillances et de sous-estimations : cela ne nous aide pas à comprendre!” a lancé Jean-Yves Le Déaut (PS, Meurthe-et-Moselle), pour qui “il y a bien eu des moments où, dans la chaîne de décision, on n’a pas agi de manière optimale” alors que Christophe Guilloteau a semblé ne pas être convaincu par les explications données par le CGA Piotre. “Plus vous parlez, plus j’ai d’interrogations”, lui a-t-il dit.

Idem pour François André (PS, Ille-et-Vilaine). “Pour moi, le brouillard s’épaissit audition après audition, notamment sur la question des prestataires extérieurs”, a-t-il affirmé. “Peut-on avoir une idée précise du calendrier de passation des marchés  Quand s’arrêtait le marché d’exécution du prestataire maître d’œuvre? Lorsque des difficultés sont apparues sur le logiciel, des avenants ont-ils été passés avec celui-ci? Y a-t-il encore aujourd’hui des entreprises tirant profit financièrement des difficultés du système Louvois?”, a-t-il demandé. “Les responsables du ministère découvrent eux aussi parfois des choses qu’ils ignoraient et qui auraient pu modifier les décisions prises!”, lui a répondu le CGA Piotre.

Cependant, les députés ont pu avoir des détails sur le moment où a été décidé de raccorder Louvois au SIRH de l’armée de Terre. “Le ministre (ndlr, Gérard Longuet) a participé aux décisions. Celle qui a conduit à la ‘bascule’ (…) s’est prise dans son bureau en présence du chef d’état-major des armées (CEMA), du DRH du ministère et du directeur de cabinet. Le ministre disposait des mêmes informations que le CEMA ou moi-même, et probablement que le DRH de l’armée de terre”, a expliqué le CGA Piotre.

“Avant que cette décision ne soit prise, celui-ci ainsi que le chef d’état-major des armées ont signé une prise de position en faveur du raccordement à Louvois. Je ne peux penser qu’aucun de ceux qui avaient un rôle à jouer dans la conduite de ce projet – ministre en tête – ait pu prendre cette décision en ayant connaissance d’un risque à la hauteur de ce que nous sommes en train de vivre”, a-t-il poursuivi, en admettant qu’il y avait une “conscience de certains risques, qui faisaient l’objet tous les quinze jours d’une analyse par le comité de pilotage.”

“Des tests ont par ailleurs été préalablement réalisés et on avait comparé le degré d’erreurs provoquées par ceux-ci avec le seuil exigeant fixé par les armées – qui était de l’ordre de 93 % de réussite pour envisager la ‘bascule’. C’est fort de ces éléments que le ministre a pris ses décisions”, a-t-il poursuivi, avant de reconnaître une sous-estimation de “l’impact de nos choix en matière de gestion sociale des restructurations.

Le ministre peut-il être tenu pour responsable d’avoir pris la décison de la “bascule”? Pas pour le CGA Piotre. “Si des alertes sur la gravité de ce qui allait se passer étaient parvenues au ministre ou à ses grands subordonnés, dont notamment le CEMA et moi-même, jamais il ne lui aurait été conseillé d’opérer le raccordement. Le ministre était dans une relation de confiance avec ses principaux collaborateurs. Cela dit, je n’exclus pas qu’il y ait eu soit des ruptures dans la remontée de l’information du terrain, soit une mauvaise prise en compte de celle-ci du fait des bouleversements d’organisation que nous avons connus”, a-t-il fait valoir.

Quoi qu’il en soit, cette désastreuse affaire Louvois ne manque évidemment pas d’avoir des conséquences sur les personnels, en particulier ceux de l’armée de Terre. “Au-delà des erreurs formelles de calcul de la solde, il y a une perte de confiance grave dans le système et l’institution. C’est une plaie que l’on mettra beaucoup de temps à panser”, a affirmé le CGA Piotre.


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L’armée indienne veut se renforcer près de la frontière avec la Chine

13 juin 2013 – 17:04

Héritage de la guerre qui les a opposés en octobre 1962, la Chine et l’Inde sont séparés par une ligne de contrôle (Line of Actual Control, LAC), qui, de par son tracé incertain, donne lieu à des différends territoriaux entre les deux pays.

En avril dernier, des troupes chinoises avaient fait une incursion de 20 km dans un territoire qu’ils revendiquent tous les deux dans l’Himalaya, ce qui provoqua une mini-crise diplomatique. Depuis, les choses sont rentrées dans l’ordre et, le 20 mai dernier, Manmohan Singh, le Premier ministre indien, et Li Keqiang, son homologue chinois, ont pris l’engagement d’arriver à une solution pour mettre un terme à ces disputes territoriales qui empoisonnent les relations entre Pékin et New Delhi depuis maintenant plus de 50 ans.

“Nos représentants spéciaux se rencontreront prochainement pour poursuivre les discussions visant à un accord rapide» pour une décision territoriale «juste, raisonnable et mutuellement acceptable”, avait alors déclaré M. Singh, en soulignant la nécessité de préserver “la paix et la tranquillité” aux frontières indiennes. Ce à quoi Li Keqiang, alors en visite à New Delhi, avait répondu que les deux pays avaient “besoin d’améliorer (leurs) mécanismes frontaliers mis en place et de les rendre plus efficaces.” Et d’estimer que “la paix mondiale (…) ne pouvait être une réalité sans une confiance stratégique entre l’Inde et la Chine”

Seulement, après ces belles paroles, le gouvernement indien a décidé de déployer 40.000 soldats supplementaires pour renforcer ses troupes déployées dans la région frontalière avec le Chine. Soit l’équivalent d’un “corps de montagne.” Ce plan, préparé depuis 2 ans, vient d’être approuvé par le ministère des Finances mais il doit encore attendre le feu vert du Cabinet Committee on Security.

Cette nouvelle unité de montagne doit être opérationnelle dans les 10 ans qui viennent. Car son déploiement va demander des investissements importants, de l’ordre de 12 milliards de dollars, pour la doter d’équipements adaptés au milieu dans lequel elle va évoluer. Ce qui passe par l’achat de chars légers, de véhicules spécialisés, des équipements électroniques, des drones, des systèmes d’artillerie, etc… L’idée étant de pouvoir compter sur des troupes à la fois flexibles et agiles. En outre, les forces terrestres indiennes souhaiteraient disposer de leurs propres hélicoptères de manoeuvre.

Sur la composition des matériels requis, Rahul Bhonsle, un analyste spécialiste des questions de défense, a expliqué à Defense News qu’il s’agissait de disposer de tout un spectre de capacités allant de la reconnaissance à l’acquisition d’objectifs, en passant par la surveillance, la mobilité, y compris par hélicoptères, ainsi que par la puissance de feu et le soutien logistique.

La décision de créer ce corps “d’élite” de montagne a été motivée par l’attitude de la Chine. Dans son édition du 19 mai, le quotidien Times Of India notait que la Chine avait déjà renforcer ses troupes près de la LAC et qu’elle “cherchait à développer une présence importante près de la ligne de contrôle entre l’Inde et le Pakistan au Jammu-et-Cachemire”. Et la capacité chinoise à “déployer rapidement un grand nombre de troupes à la frontière a forcé le gouvernement à élaborer une stratégie” pour la contrer.


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L’armée libanaise promet de riposter en cas de nouvelle frappes syriennes sur son territoire

13 juin 2013 – 16:13

Un hélicoptère syrien a tiré deux roquettes, le 12 juin, sur le centre de la localité libanaise d’Aarsal, dont une partie de la population – sunnite – soutient les rebelles hostiles au régime de Bachar el-Assad. Au moins une personne a été blessée.

Ce n’est pas la première fois que Aarsal est ainsi visée. Cette localité sert en effet de point de passage entre le Liban et la Syrie pour les rebelles et les réfugiés syriens ainsi que les armes. Récemment, suite à la bataille de Quousseïr, à laquelle ont participé, aux côtés des forces de Bachar el-Assad, des combattants du Hezbollah, la milice chiite libanias, elle a accueilli des dizaines d’insurgés blessés.

Cela étant, l’état-major libanais a vivement réagi à ce nouveau raid de l’armée syrienne, ce qui risque de provoquer des tensions entre le gouvernement et le Hezbollah. “Les unités de l’armée déployées dans la région (touchée mercredi) ont pris les mesures défensives nécessaires pour riposter immédiatement à toute violation similaire”, a-t-il prévenu, dans un communiqué.

Il s’agit d’un avertissement très rare dans l’histoire des relations entre les deux pays, la Syrie auant été la puissance de tutelle politico-militaire du Liban dans le passé.

En outre, le président libanais, Michel Sleimane, a également dénoncé le raid syrien contre Aarsal, en évoquant une “violation de la souveraineté et de l’intégrité territoriale” de son pays et en prévenant que le Liban pourrait “prendre des mesures pour se défendre” et “saisir” les Nations unies ainsi que la Ligue arabe.

La semaine passée, l’armée libanaise avait mis en garde contre toute tentative de déstabilisation. Et ce risque est bel et bien réel étant donné que, quelques heures après l’attaque sur Aarsal, quatre roquettes tirées depuis le territoire syien sont tombées sur la plaine de la Bekaa,une région à majorité chiite et bastion du Hezbollah.


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Irak : Un millier de soldats kurdes font défection

13 juin 2013 – 16:10

Déjà que l’unité de l’Irak est mise à mal par la rivalité entre chiites et arabes sunnites, l’annonce de la défection de plus d’un millier de soldats kurdes n’arrangera certainement pas la situation.

Membres de la 16e Brigade de l’armée irakienne, ces soldats ont indiqué avoir pris cette décision suite à un différend avec leur hiérarchie. En avril, il avaient en effet refusé de prendre part à une opération ordonnée par le gouvernement contre une ville majoritairement peuplée de sunnites.

Désormais, les 1.070 soldats kurdes qui ont fait défection, parmi lesquels l’on compte le commandant de la 16e Brigade ainsi que deux chefs de bataillons – remplacés depuis par des officiers arabes -, pourraient être intégrés aux peshmerga, c’est à dire les Gardes régionaux qui, dotés d’un armement léger, sont à la disposition du gouvenement régional kurde, étant donné que le Kurdistan irakien bénéficie d’une large autonomie reconnue par la constitution irakienne et par la communauté internationale.

“Si nous ne trouvons pas d’accord avec Bagdad au sujet de ces soldats, nous sommes prêts à les intégrer aux peshmerga”, a expliqué Halkurd Mullah Ali, le porte-parole du ministère des Gardes régionaux kurdes. Pour le moment, ces anciens militaires de l’armée irakienne sont sans solde et perçoivent seulement des rations de la part des autorités kurdes pour leur subsistance.


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Le X3 d’Eurocopter a battu un record de vitesse

13 juin 2013 – 13:11

En mai 2011, soit quelques mois après la révélation de son existence au publice, l’hélicoptère hybride X3 d’Eurocopter avait dépassé les espérances de ses concepteurs en dépassant la vitesse de 430 km/h au cours d’un vol d’essai.

Même si cela fut une très belle performance, l’appareil n’avait cependant pas battu le record du X2 qui, développé par le constructeur américain Sikorsky, atteignit, en septembre 2010, la vitesse de 460 km/h (et même 480 km/h en descente).

Mais les records sont fait pour être battus. Et c’est ce que vient de faire le X3 (prononcer X cube), le 7 juin dernier. Ainsi, avec le pilote Hervé Jammayrac aux commandes, l’appareil a atteint la vitesse record de 472 km/h, à une altitude de 10.000 pieds (3.000 mètres) au cours d’un vol d’essai de 40 minutes dans la région d’Istres.

“Plusieurs jours avant cette performance, le X3 a atteint une vitesse de 487 km/h (263 noeuds) en descente. Fort de ces deux succès, le X3 a dépassé le record de vitesse non homologué pour un hélicoptère”, fait valoir le constructeur, par voie de communiqué.

“Il n’est pas exagéré de dire que le X3 se situe clairement dans son élément à grande vitesse. A 472 km/h, le comportement du X3 est resté identique à celui expérimenté dans son enveloppe de vol, démontrant une stabilité exceptionnelle, et un niveau de vibrations faible sans avoir recours à un système anti-vibrations”, a expliqué Hervé Jammayrac.

Développé en secret et sur fonds propres, le X3 est basé sur la cellule d’un hélicoptère Dauphin. Il est doté de deux moteurs RTM 322 qui, inspirés de celui qui équipe le NH-90, entraînent le rotor principal à 5 pales avec 2 hélices installées sur ses ailes fixes.

“L’association entre une vitesse de croisière élevée et d’excellentes performances de décollage et d’atterrissage verticaux convient également parfaitement aux missions militaires dans le cadre des opérations des forces spéciales, au transport de troupes, aux missions de recherche et de sauvetage au combat (RESCO) et aux évacuations médicales”, estime Eurocopter.

Au total, le X3 a effectué plus de 140 heures de vol depuis son premier décollage, il y a près de 3 ans. Son concept a été validé en 2012, lors d’une tournée effectuée aux Etats-Unis auprès des opérateurs civiles et des forces américaines. A cette occasion, l’appareil volé pendant 55 heures cumulées.


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Paris ralentit la cadence de son retrait militaire du Mali

13 juin 2013 – 11:23

Selon les plans annoncés par le président Hollande en mars dernier, il était prévu de maintenir un contingent de 2.000 militaires français au Mali en juillet prochain, mois à la fin duquel se tiendra le premier tour de l’élection présidentielle malienne. Normalement, les premiers casques bleus de la MINUSMA (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali) auront commencé à se déployer.

Le 9 juin dernier, à l’occasion d’une visite aux “bisons” du 126e Régiment d’Infanterie de Brive, de retour de Kidal, le chef de l’Etat a estimé que l’opération Serval ne sera “vraiment terminée qu’une fois les élections accomplies” et “quand le Mali pourra faire sa transition politique.”

Alors qu’un accord est laborieusement négocié entre les rebelles touaregs, qui refusent, jusqu’à présent, la présence de l’armée malienne à Kidal, et les autorités de Bamako, Paris a décidé de ralentir la cadence de son retrait militaire. Ainsi, il serait question de laisser un contingent de 3.000 à 3.500 hommes au Mali.

“Il s’agit d’un ordre de grandeur, il n’y a aucun objectif chiffré précis” a confié un porte-parole de l’armée française au Figaro. “On ne va pas trop baisser dans les semaines à venir, cela va dépendre des besoins. Si on utilise des avions, par exemple, il faut qu’on mobilise tous les hommes nécessaires pour les faire fonctionner”, a-t-il expliqué. Et d’ajouter, au sujet des échéances électorales à venir : “Ce sont les Nations unies qui sont en charge de la sécurisation de l’élection, mais on sait qu’ils vont se tourner vers nous.”

Au plus fort de l’opération Serval, 4.800 militaires avaient été déployés au Mali. Ils sont désormais 3.500, ce qui correspond, peu ou prou, aux effectifs engagés en Afghanistan l’an passé, à pareille époque. Si le rythme du retrait français va être ralenti, il est toujours question de laisser un contingent de 1.000 hommes à la fin de cette année, afin d’armer une force de réaction rapide appelée à appuyer les casques bleus de la MINUSMA en cas de nécessité.


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Le Pentagone commande 177 hélicoptères de transport CH-47F Chinook

12 juin 2013 – 17:31

Si Boeing connaît quelques problèmes actuellement avec son B-787 Dreamliner, tout va bien en revanche pour sa division “Défense”. Le groupe aéronautique américain a en effet annoncé une commande de 4 milliards de dollars portant sur la livraison à l’US Army de 177 hélicoptères de transport CH-47F Chinook, assortie d’une option pour 38 appareils supplémentaires.

Ce contrat de longue durée permettra à Boeing “d’apporter de la stabilité” à ses employés ainsi qu’à ses sous-traitants” et “d’investir dans les outils de production”, a commenté Chuck Dabundo, le responsable des hélicoptères chez l’industriel.

Le CH-47F est l’une des dernières versions de cet hélicoptère, entré en service au sein de l’US Army en 1962. Son poste de pilotage, conforme au CAAS (common aviation architecture system) est équipé d’un système de gestion numérique et de commandes de vol automatiques. Les livraisons des appareils commenceront à partir de 2015 et s’étaleront sur 5 ans, ce qui permet de réaliser quelques économies (évaluées à 800 millions de dollars)

Autre bonne nouvelle pour Boeing, si l’on en croit Reuters : l’US Navy aurait l’intention de commander, pour 6,5 milliards de dollars, 99 V-22 Osprey, un appareil hybride (c’est à dire qu’il se comporte comme un avion ou un hélicoptère en fonction des phases de vol)  conçu en collaboration avec Bell Helicopter. Les conditions du contrat seraient identiques à celles de la commande des Chinook, c’est à dire que les livraisons s’étaleraient également sur 5 ans, avec 22 exemplaires en option.

Dans le détail, 92 appareils seront livrés au corps des Marines, les 7 autres étant destinés à l’US Air Force. Cela étant, la marine américaine pourrait commander au moins 48 exemplaires pour elle-même (voire même une centaine), dans l’intention de remplacer ses C-2 Greyhound, un avion de transport capable d’apponter sur un porte-avions. Des essais avec un V-22 Osprey ont d’ailleurs été programmés à bord de l’USS Truman.

Par ailleurs, d’après Air&Cosmos, la division Phantom Works de Boeing a développé un prototype de véhicule tout-terrain appelé Phantom Badger (blaireau fantôme) spécialement conçu pour loger dans un V-22 Osprey, ce qu’aucun “véhicule militaire américain actuellement en service ne peut faire.”

Fabriqué avec des matériaux légers, le Phantom Badger correspond à un appel d’offres, qui, appelé ITV (Internally Transportable Vehicle), a été ouvert par le Pentagone au profit des forces spéciales. Faiblement blindé, armé d’une mitrailleuse de 12,7 mm, et doté d’un moteur diesel pouvant fonctionner avec du kérosène JP-8, sa conception est le fruit d’une coopération avec MotoSports Innovation (MSI), une entreprise spécialisée dans la préparation des voitures pour les compétitions de Nascar.

Photo : CH-47F Chinook (c) Boeing


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M. Le Drian se veut confiant sur le maintien du budget de la Défense

12 juin 2013 – 15:38

Jusqu’en 2016, le budget de la Défense devrait être maintenu à son niveau actuel, c’est à dire à 31,4 milliards d’euros, sachant que ce montant tient compte, déjà, de recettes exceptionnelles.

“Le compromis est que l’effort de la Défense au redressement des comptes publics sera égal à l’inflation”, a commenté Jean-Yves Le Drian, le locataire de l’Hôtel de Brienne, le 11 juin. Ce qui masque en réalité une baisse du “pouvoir d’achat” des forces armées de quelques centaines de millions, sachant que le taux d’inflation est, en moyenne, de 2%.

Mais pour arriver à maintenir ces 31,4 milliards d’euros de budget, il faudra compter sur des recettes exceptionnelles. “J’ai besoin de 1,3 milliard en 2013, je l’ai, et j’ai besoin de 1,8 milliard en 2014, je l’aurai”, a affirmé le ministre. Il reste toutefois 3 mois avant la présentation du prochain budget au Parlement… Ce qui fait court.

Le même niveau de recettes exceptionnelles sera demandé également pour les années 2015 et 2016. Et elles “seront au rendez-vous”, a insisté M. Le Drian, étant donné qu’il s’agit d’un “engagement du président de la République qui sera tenu.” De toute façon, le ministre n’a pas de plan de secours au cas où elles feraient défaut. Ce qui n’est pas impossible en raison de leur caractère aléatoire.

Ces recettes exceptionnelles viendront de la vente de biens immobiliers et de fréquences hertziennes, du moins pour 2013 et 2014. Pour après (3,6 milliards) c’est encore imprécis. “Qu’il y ait des cessions d’actifs potentielles dans les recettes exceptionnelles, cela me semble une hypothèse possible mais c’est complètement indépendant”, a indiqué Jean-Yves Le Drian, en faisant référence à la cession de participations de par l’Etat dans des groupes industriels.

Et de réfuter tout lien entre les recettes exceptionnelles et une possible consolidation du secteur de l’armement. “Pour l’instant, je n’ai pas beaucoup le temps de faire du mécano industriel”, a-t-il affirmé.

En outre, M. Le Drian a annoncé que la prochaine Loi de Programmation Militaire (LPM) 2014-2019, qui sera soumis au Parlement cet automne contiendra une clause de de sauvegarde qui permettra sa révision en 2016 en fonction de la situation économique qui prévaudra alors.

“Votée au début de la crise, la précédente LPM s’est vite avérée irréaliste”, a-t-il expliqué. Les forces armées pourront-elles alors compter sur une hausse de leur budget si les indicateurs se sont améliorent d’ici-là? Peut-être… Mais ce dispositif est à double tranchant. Il y a d’ailleurs un “risque”, a-t-il reconnu, si jamais l’état des finances se dégrade…

Et les dernières annonces du ministère du Budget ne sont guère encourageante. Malgré la hausse des prélèvements, les rentrées fiscales sont restées stables au cours du 1er trimestre par rapport à la même période de 2012 (on ne semble pas connaître la courbe de Laffer en France…) et le déficit s’est creusé de 6,9 milliards d’euros. Le tout sous l’oeil attentif de Bruxelles.

Par ailleurs, M. Le Drian a également indiqué que les crédits destinés aux grands équipements seront maintenus aux environs de 5,7/5,9 milliards par an tout au long de la LPM. “Il me reste à rendre des arbitrages lourds car aucun programme majeur n’a été supprimé, leur calendrier va bouger. Il y a nécessité d’étaler les livraisons, cela en laissant les industriels en capacité”, a-t-il expliqué.

Cependant, tous les équipements ne seront pas logés à la même enseigne car certains seront traités en urgence, comme les drones et les avions-ravitailleurs, cela afin de remédier au plus tôt à des déficits capacitaires identifiés depuis (trop) longtemps.

Enfin, le ministre a eu un mot pour Dassault Aviation, qui, selon lui, est “installé sur un concept de rente”, avec l’avion Rafale. “On va continuer le rythme de livraison dans l’immédiat et après il faut que l’exportation joue son rôle”, a-t-il affirmé. Avec la livraison de 11 appareils par an (le minimum pour maintenir les chaînes d’assemblage), l’armée de l’Air et à la Marine nationale continueront d’en recevoir  “jusqu’en 2016 ou 2017″, même si cela n’est pas “gravé dans le marbre”, a déclaré M. Le Drian.

A ce jour, 180 Rafale (132 pour l’armée de l’Air, donct 63 biplaces) et 48 pour la Marine nationale) ont été commandés. D’ici l’été, 120 exemplaires auront été livrés, ce qui laissait supposer un étalement des livraisons jusqu’au début 2019. Quant aux possibilités à l’exportation, Dassault négocie un contrat portant sur 126 avions avec l’Inde et reste encore en course au Brésil. Pour le marché des Emirats arabes unis, l’affaire s’annonce plus compliquée, notamment depuis l’annonce par Abu Dhabi de l’achat de F-16 supplémentaires.


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Les 12 drones Reaper destinés à l’armée de l’Air coûteront 670 millions d’euros

12 juin 2013 – 14:15

Lors d’un déjeuner avec la presse spécialisée, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a confirmé l’achat par la France de 12 drones MALE (Moyenne Altitude Longue Endurance) de type MQ-9 Reaper après du constructeur américain General Atomics.

“Nous sommes en train de passer un accord avec les Américains pour l’acquisition de deux Reaper d’observation pour les positionner sur l’espace sahélien”, a indiqué le ministre. Mais “cet accord reste cependant soumis à l’approbation du Congrès américain”, a-t-il ajouté, même si cette opération est approuvée par le Pentagone.

Conformément aux orientations du dernier Livre Blanc sur la Défense et la sécurité nationale (LBDSN), il faudra acquérir 10 autres exemplaires du MQ-9 Reaper. Et c’est là que les choses risquent de se corser. Etant donné que ce matériel est soumis à des règles strictes en matière d’exportation, il faudra là encore l’autorisation du Congrès pour que cette transaction puisse se faire.

Jusque-là, il n’y aurait, a priori, pas de souci à se faire. Seulement, Paris entend “franciser” les appareils, ce qui suppose d’avoir l’accès à leur code source et d’adapter leurs moyens de transmission. Et là, c’est une toute autre paire de manches, même si, Jean-Yves Le Drian veut croire que “si on s’y prend dans le bon sens, ça devrait se débloquer.”

Ce point s’avère crucial pour utiliser voler les Reaper en Europe. Reste donc à voir si Washington donnera satisfaction. Ce qui est loin d’être gagné quand l’on voit les difficultés dans lesquelles est englué le ministre allemand de la Défense, Thomas de Maizière, après l’annulation du programme de drones Euro Hawk, suite aux réticences de Northrop Grumman pour fournir les éléments nécessaires à la certification des appareils afin de pouvoir les faire voler dans les cieux européens.

D’ailleurs, l’achat des 10 Reaper dépend, a insisté le ministre, de l’autorisation d’accéder à leur code source des appareils. Si elle est refusée, alors il faudra se rabattre sur un engin israélien, comme le Heron TP, lequel avait déjà été choisi le prédécesseur de M. Le Drian, en juillet 2011. La solution retenue impliquait alors Dassault Aviation, à qui revenait la charge de “franciser” l’ appareil, alors rebaptisé Voltigeur. Ce choix avait fait l’objet d’une passe d’armes entre députés et sénateurs, les seconds l’ayant contesté à cause, notamment, de son coût.

Justement, en parlant d’argent, le ministère de la Défense évalue à 670 millions d’euros l’acquisition des 12 drones MALE, ce qui comprend leur prix d’achat ainsi que le coût de leur “francisation”. L’opération sera inscrite dans la prochaine Loi de programmation militaire (2014-2019).

Par ailleurs, M. Le Drian a estimé qu’il “fait préparer avec les Européens le drone MALE de troisième génération”. Et d’évaluer le marché entre 30 et 40 appareils en Europe. Là encore, ce n’est qu’un voeu pieux : avec aussi peu de débouché, un programme allant dans ce sens ne serait économiquement pas viable et l’on voit mal comment il pourrait même être financé alors que la France, pas plus que le Royaume-Uni, l’Italie ou encore l’Allemagne, ont de l’argent à y consacrer, du moins pour le moment. Qui plus est, General Atomics ou IAI, forts de leur avance prise dans ce domaine, vont certainement pas restés les bras croisés en attendant que leurs homologues européens les rattrapent…


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Le ministère de la Défense s’explique sur la sécurité de la base de l’Ile-Longue

12 juin 2013 – 12:54

Suite aux révélations du quotidien Le Télégramme, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian a demandé à l’Inspection générale des armées de mener une “enquête approfondie” sur la sécurité de la base navale de l’Ile-Longue, laquelle accueille les 4 sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) de la Force océanique stratégique (Fost).

Cependant, si les faits relatés par le journal breton ont été pris au sérieux par le ministère de la Défense, ce dernier les a toutefois relativisés. Ainsi, selon son porte-parole, Pierre Bayle, les “informations de presse ne traitent que d’une partie des mesures de protection statiques de l’ÃŽle-Longue” étant donné que le “dispositif de sécurité repose sur différentes couches supplémentaires” qui “fait intervenir tous les services de l’Etat qui participent également à une protection dynamique et en profondeur.” Pour des raisons évidentes liées à la sensibilité des lieux, ces mesures restent confidentielles.

En fait, la base navale est entourée de “cercles de sécurité concentriques”, avec différents niveaux d’alerte et de détection des menaces. Plus on s’approche du coeur du site, plus les mesures de protection sont élevées, avec des vérifications d’identité, des inspections, voire des fouilles.

La sécurité, dont la charge revient au commandant de la base, le COMILO, est régulièrement évaluée par le Direction de la protection et de la sécurité de la Défense (DPSD). Et le renseignement prend une part prépondérante dans l’anticipation d’éventuelles menaces.

“Le risque de voir des camions-bennes transportant des explosifs accéder au site est pris en compte bien en amont”, assure-t-on au ministère. Ce qui n’empêche pas pour autant d’installer devant l’entrée des chicanes, par exemple, le risque zéro n’étant qu’une vue de l’esprit. Quant à la protection aérienne de la base, elle n’est que ponctuelle et dépend du contexte international.

En outre, Pierre Bayle a expliqué que “de nombreux capteurs contribuent à la protection du site et les clôtures sont intègres.” La sécurité est assurée par “plusieurs centaines” de gendarmes maritimes et de fusiliers marins.

Cela étant, la prochaine Loi de Programmation Militaire devrait prévoir 21 millions d’euros pour moderniser la sécurité de la base de l’ÃŽle-Longue, notamment au niveau des clôtures et du poste de commandement de la protection. Ce dernier suit en temps réel l’activité et contrôle toute opération, en terme de sécurité, sur le site.


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