Le patron de Dassault Aviation se dit inquiet de l’achat de drones Reaper

21 mai 2013 – 12:29

Pour le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, faute de drone MALE (Moyenne Altitude Longue Endurance) conçu en France et en Europe, il n’y a pas d’autre solution que de chercher à s’en procurer auprès des Etats-Unis ou d’Israël, deux pays en pointe dans ce domaine, afin d’en disposer au plus vite pour répondre aux besoins opérationnels. D’où l’achat évoqué ces derniers jours de deux MQ-9 Reaper, du constructeur américain General Atomics.

“J’insiste sur le fait qu’il nous faut une solution pérenne, se préparer à construire au niveau européen des drones d’une nouvelle génération susceptible d’être les remplaçants des drones que nous allons acheter”, a toutefois fait valoir le ministre, lors de l’émission “Le grand rendez-vous”, d’Europe1, le 19 mai. “Il faut donc aujourd’hui que, sur notre demande, les industriels français et européens se mettent en relation pour élaborer ce que pourra être demain le drone de nouvelle génération qui sera pas uniquement français, puisqu’il y a la même demande du côté allemand et du côté britannique”, a-t-il ajouté.

Pour autant, la perspective d’un achat d’appareils outre-Atlantique ne réjouit guère Eric Trappier, le Pdg de Dassault Aviation. “Nous sommes inquiets. Voir acheter des drones américains sans avoir au même moment un réel lancement de programme européen ou franco-britannique ou franco-allemand, cela ne peut pas nous réjouir”, a-t-il affirmé, selon l’AFP, en marge du salon de l’aviation d’affaires EBACE, à Genève, le 20 mai.

“A l’heure où on nous dit qu’il va falloir faire des efforts, qu’il va y avoir des restrictions sur certains programmes (militaires), on nous dit, on ne peut pas aller chercher la technologie (des drones de surveillance) chez vous alors qu’elle existe”, a-t-il ajouté.

L’on ne peut pas donner tort à Eric Trappier. En novembre 2010, le projet de développer un drone MALE avait été confié à Dassault Aviation et BAE Systems, dans le cadre des accords de défense de Lancaster House, conclus entre la France et le Royaume-Uni. Les deux groupes mirent ensuite en place une architecture industrielle pour produire ce nouvel appareil, qui, conçu sur la base du démonstrateur Mantis, avait été appelé “Telemos”.

Le groupe EADS avait même été encouragé à rejoindre les deux autres industriels en qualité de sous-traitant. Ce que ce dernier refusa en faisant valoir que son propre programme de drone MALE, le Talarion, avait 5 ans d’avance sur ses concurrents. Pour rappel, les études préliminaires concernant cet appareil avaient été financées par la France, l’Allemagne et l’Espagne. Depuis, ce projet a été abandonné, faute de perspectives et, surtout, de contrat, son coût ayant été jugé trop élevé (45 exemplaires pour 2,9 milliards d’euros, dont 18 pour la France).

Quant au Telemos, il doit faire l’objet d’un contrat portant sur sa phase préparatoire, dont la signature était attendue en juillet 2012. Et les deux industriels attendent encore… De quoi faire prendre encore plus de retard dans ce domaine. Qui plus est, avec le revirement gouvernemental sur le drone israélien Heron TP, Dassault Aviation a connu une autre déconvenue. Le constructeur devait, comme cela avait été prévu en juillet 2011, “franciser” cet appareil, qui aurait porté le nom de “Voltigeur”. Il s’agissait-là d’une solution “intérimaire” qui aurait permis à son bureau d’étude de fonctionner.

“Cette offre avait été discutée à une certaine époque et est toujours valide”, a cependant indiqué Eric Trappier, lequel suppose “une certaine francisation” des drones qui seront acquis, “c’est-à-dire avec une capacité d’être opérés de France et en France pour les problèmes de fréquences.”

Quant à une demande qui serait commune à la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne, le Pdg de Dassault Aviation la cherche encore. “Je n’ai pas vu de besoins communs exprimés vers nous (industriels) qui couvrent les besoins allemands, français et britanniques. Cette demande n’existe pas”, a-t-il affirmé. Et d’ajouter : “Si elle existait, il n’y aurait pas de problème pour faire un drone entre les industriels. Bae Systems, EADS et Dassault pourraient trouver un terrain d’entente dès lors que les pays auraient émis un besoin commun.”


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Le budget de la Défense va bénéficier de la vente de fréquences de la TNT aux opérateurs télécoms

21 mai 2013 – 9:36

La prochaine Loi de Programmation Militaire (LPM) devrait être présentée d’ici l’été en Conseil des ministres, pour être ensuite débattue au Parlement dès l’automne. Il est ainsi prévu d’accorder aux forces armées une enveloppe de 179,2 milliards d’euros d’ici 2019 et, comme l’a rappelé le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, le 1er mai dernier, “il y a 5,9 milliards de ressources exceptionnelles” à trouver pour que la trajectoire financière soit respectée.

Or, l’exécution de l’actuelle LPM l’a montré : les ressources exceptionnelles sont aléatoires dans la mesure où l’on ne sait pas quand elles rentreront dans les caisses du ministère de la Défense. Pour abonder le budget des forces armées, le gouvernement a plusieurs options : céder les participations de l’Etat dans l’industrie de l’armement, se séparer de biens immobiliers ou bien encore vendre des fréquences hertziennes. “C’est du sûr, parce qu’il y a un engagement du président de la République”, veut croire M. Le Drian.

Mais a priori, les sommes les plus importantes sont à attendre du côté de la vente aux enchères de fréquences 700 MHz de la télévision hertzienne aux opérateurs télécoms, lesquels ont déjà déboursé la coquette somme de 3,5 milliards d’euros pour les licences 4G en janvier 2012. Selon Les Echos, Bercy espère engranger quelques 3 milliards supplémentaires, afin de les allouer au ministère de la Défense.

Le président Hollande a pris cette “décision de principe”, croit savoir le quotidien économique, sans mettre “le Conseil supérieur de l’audiovisuel ni le ministère de la Culture et de la Communication, ni même Matignon” dans “la boucle”. La vente aux enchères de ces fréquences 700 MHz, prévue pour 2016, va freiner le développement vers la haute-définition de la Télévision numérique terrestre (TNT), voire même empêcher son évolution vers la l’ultra-haute définition, sauf à réduire le nombre de chaînes disponibles.

Reste à voir si les opérateurs télécoms auront les moyens de mettre sur la table les 3 milliards d’euros escomptés. Si, par le passé, ce type d’opération ne posait pas de problème particulier, la situation du secteur des télécommunications a évolué avec l’apparition de Free Mobile et ses offres low cost. Depuis, Orange et SFR ont vu leur chiffre d’affaires se réduire de 17% sur le premier trimestre pendant que Bouyges Telecom affichait des pertes l’an passé.


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M. Le Drian : Les drones MALE français ne seront pas armés

20 mai 2013 – 12:23

Selon toute vraisemblance, l’armée de l’Air devrait être prochainement dotée de deux drones MALE (Moyenne Altitude Longue Endurance) de type MQ-9 Reaper, du constructeur américain General Atomics.

Selon les informations qui ont filtré ces derniers jours, deux appareils seraient prélevés sur ceux qui, en cours d’assemblage, sont destinés à l’armée américaine, afin de pouvoir les mettre en oeuvre au Mali d’ici la fin de cette année.

Cela étant, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, n’a pas confirmé ce scénario, qui reste tributaire d’un avis du Congrès américain, même si, a priori, le Pentagone y est favorable.

Invité de l’émission d’Europe 1 “Le grand rendez-vous”, le 19 mai, M. Le Drian est revenu sur ce dossier. “Il nous faut aujourd’hui ces moyens à court terme. Il y a aujourd’hui deux pays au monde qui construisent des drones, les États-Unis et Israël. Nous sommes entrés en discussion avec les uns et les autres pour pouvoir en acquérir immédiatement”, a-t-il déclaré au sujet des drones MALE, dont il constaté l’efficacité “en arrivant” à l’Hôtel de Brienne.

Et comme, d’après le ministre lui, les industriels français et européens ne présente pas d’offres dans ce domaine, la solution est donc d’acheter “sur étagères” ces matériels qui font aujourd’hui défaut. “La France a raté le rendez-vous des drones, pour des tas d’histoires, on pourrait en faire un livre, il faut remonter 20 ans en arrière”, a-t-il ainsi souligné.

Pour autant, il s’agit également pour M. Le Drian de préparer l’avenir. “Il faut sur ce sujet une solution pérenne. Il faut se préparer construire au niveau européen une nouvelle génération susceptible de remplacer les drones d’observation actuel”, a-t-il affirmé.

“Il faut que les industriels français et européens se mettent en relation”, notamment avec les “Allemands et les Britanniques” a-t-il encore ajouté, en espérant que la décision d’acquérir des appareils “sur étagère” soit de nature à “provoquer chez les industriels” une “prise de conscience” pour “être au rendez-vous de la future génération” de drones

Pourtant, des initiatives avaient été prises avant l’arrivée de M. Le Drian au ministère de la Défense. Que l’on songe, par exemple, au programme Talarion d’EADS ou encore au projet Telemos, lancé dans le cadre des accords franco-britannique de Lancaster House de novembre 2010 et confié à Dassaut Aviation ainsi qu’à BAE Systems, avec pour point de départ le drone Mantis. Un contrat pour aller plus en avant était attendu en juillet 2012 par les deux industriels. Il attend toujours d’être signé…

Quoi qu’il en soit, le ministre de la Défense a livré une précision intéressante au sujet des drones MALE qui équiperont à court terme l’armée de l’Air : ils ne seront pas armés. “Je précise pour éviter toute confusion parce qu’il peut y en avoir du fait d’un certain nombre de films sur la guerre des étoiles (sic) ou autres, il s’agit de drones d’observation. Il ne s’agit pas de drones armés”, a-t-il déclaré. En revanche, il n’a rien dit sur les motivations de cette décision. Est-ce pour éviter un refus du Congrès à l’heure où le programme d’élimination ciblée de l’administration Obama est contesté? Ou est-ce des raisons morales?

Le flottement sur cette question n’est pas nouveau. Ainsi, lors d’une audition devant la commission des Affaires étrangères et des Forces armées du Sénat, le chef d’état-major des armées (CEMA), l’amiral Guillaud, avait évoqué cette question. “Je dois reconnaître qu’au départ, j’étais contre les drones armés, pour des raisons morales”, avait-il affirmé. Avant d’ajouter : “J’ai été convaincu par l’utilisation de ces drones lors des offensives de Benghazi et de Misrata. J’ai changé d’avis.”

Si les appareils contrôlés à distance opérant sous les couleurs françaises ne doivent pas être armés pour des considérations éthiques, alors il faudra se poser des questions sur l’usage que l’on entend faire des futurs drones de combat que la France et le Royaume-Uni souhaitent développer…


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Un rapport parlementaire plaide pour la pérennisation de la DPSD

20 mai 2013 – 10:04

Service de renseignement dépendant de l’Hôtel de Brienne, la Direction de la Protection et de la Sécurité de la Défense (DPSD) est mal connue du grand public. Et pourtant, elle assume 5 missions importantes.

La première d’entre elles est la contre-ingérence dans le monde militaire, ce qui consiste à protéger les personnels, les installations et les matértiels sensibles d’actes hostiles pouvant porter atteinte aux capacités opérationnelles. La seconde est liée à la précédente puisqu’elle a pour objet d’alerter les autorités gouvernementales sur les menaces susceptibles de porter atteinte aux forces françaises.

Le contrôle des mesures relatives à la protection du secret défense est une autre de ses prérogatives, avec l’examen, chaque année, de 70.000 dossiers de recrutement et de 80.000 procédures d’habilitation. La DPSD exerce une activité de conseil dans le domaine du contre-espionnage industriel et travaille avec plus de 2.000 entreprises. Enfin, il revient aussi à ce service la mise en oeuvre de la réglementation relative au commerce des armements.

Pourtant, et en dépit de toutes ces activités, certains, au nom de la rationalisation des dépenses de l’Etat, suggèrent de supprimer la DPSD, ses missions pouvant être reprises par d’autres organismes. Ainsi, la protection des forces pourrait revenir à la seule gendarmerie, tout ce qui concerne le secret défense et la préservation des secrets industriels reviendrait à la DCRI (Direction centrale du renseignement intérieur), qui a déjà des compétences dans ces domaines. Enfin, la Direction générale de l’armement (DGA) reprendrait la mission relative à la réglementation du commerce des armements.

Qui plus est, ce scénario est conforté par la baisse des moyens humains de la DPSD, le nombre de ses personnels devant baisser de 13% au cours de la période 2008-2014. De même que celui de ses implantations, qui est passé de 59 à 49. Quant à son budget, régulièrement en régression ces dernières années, il s’est stabilisé à 11,8 millions d’euros (hors titre II) en 2013, dont 9,6 millions sont alloués aux dépenses de fonctionnement, le reste allant aux investissements. Et de nouvelles contraintes budgétaires seraient susceptibles de remettre en cause l’ensemble des missions assurées par ce service.

Mais les députés Jean-Jacques Urvoas et Patrice Verchère, qui ont remis, la semaine passée, un rapport sur le cadre juridique applicable aux services de renseignement [.pdf], supprimer la DPSD ne serait pas une bonne idée. Pour ces deux parlementaires, le “large éventail” de ses missions plaide “en faveur de la préservation” de ce service car il n’est pas acquis que l’on puisse faire mieux à un “coût égal ou inférieur pour une efficacité équivalente.”

Le maintien de la DPSD est “la solution pragmatique préconisée par la mission qui a pu constater que ce service avait acquis une véritable connaissance du milieu dans lequel il évoluait et est parvenu à instituer une relation de confiance avec ses différents partenaires”, ont fait valoir MM. Urvoas et Verchère.

Et d’expliquer : “Ayant étudié l’hypothèse d’un transfert de la ‘police interne’ des armées à la Gendarmerie, vos rapporteurs ont constaté le peu d’engouement de la proposition. De même, priver les entreprises de défense d’un interlocuteur militaire serait vraisemblablement vécu comme une régression en termes de niveau de compétences. En outre, les autres services de renseignement se félicitent de la qualité de la coopération nouée avec cette instance, notamment en matière de contre-terrorisme. L’affaire Merah aura démontré le rôle de courroie de transmission de l’information assuré par la DPSD lorsqu’elle a informé la DCRI du voyage en Afghanistan entrepris par le terroriste.”

Cependant, le point faible de la DPSD reste ses ressources humaines dans la mesure où elle n’est pas en mesure de les maîtriser, “faute d’en assurer la sélection” et “d’en contrôler l’importante rotation”. D’où des lacunes dans le domaine de l’analyse et de l’exploitation du renseignement.

Aussi, les rapporteurs préconisent de lui “octroyer des facilités de recrutement et de permettre à ses personnels d’effectuer un des temps d’affectation plus long”, tout en l’invitant “à poursuivre le renforcement de son ‘taux d’encadrement’ dédié à l’analyse.” Une solution serait de “favoriser la mobilité au sein de la communauté du renseignement afin de concourir à l’émergence d’un vivier de professionnels des métiers dédiés.”


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Manipulation sur le nombre de généraux en France

19 mai 2013 – 9:59

Depuis quelques semaines, il circule sur les réseaux sociaux une vidéo émanant d’un média russe affirme, en français dans le texte, qu’il y aurait en France plus de 5.500 généraux, en précisant toutefois qu’une partie a été placée en “section 2″ (sic), décrite comme étant une sorte de préretraite. Et de lancer une comparaison pour le moins spécieuse : l’armée française aurait ainsi plus de généraux que ses homologues russe et américaine réunies.

“Tout ça pourrait prêter à sourire, si cela ne nuisait pas gravement aux capacités opérationnelles des régiments qui eux, doivent diminuer leur effectifs, militaires du rang et sous-officiers”, est-il affirmé dans ce “reportage”, dont les affirmations ont été reprises pour argent comptant par beaucoup…

Des précisions sur la 2e section pour commencer. Elle compte dans ses rangs des officiers généraux qui, n’étant plus en activité, restent théoriquement à la disposition du ministère de la Défense pour des missions ponctuelles. Une centaine d’entre eux sont concernés chaque année.

Ces généraux perçoivent une solde de réserve, dont le montant est équivalent à celui d’une pension de retraite. Sauf que, sur le plan fiscal, cette dernière est considérée comme étant un revenu d’activité, ce qui donne droit à un abattement de 10% pour frais professionnels. En outre, ils gardent le bénéfice de réductions tarifaires pour leurs déplacements en train, ce qui, en 2008, a coûté 3,1 millions d’euros en indemnités SNCF. Ils sont en outre soumis à l’obligation de réserve comme les militaires en activité.

L’on peut discuter de la pertinence à conserver cette 2e section, créée en 1839 et qui correspond à une armée de conscription. Mais, de toute façon, il faudra bien payer les pensions de ces officiers généraux ayant quitté le service actif. Et sa suppression permettrait de revenir sur l’abattement fiscal des 10% et faire des économies très modestes (mais il n’y a pas de petites économies) sur les indemnités versées à la SNCF. En tout cas, ce n’est pas là que l’on trouvera les recettes exceptionnelles espérées par le ministre de la Défense pour boucler ses prochains budgets.

Cela étant, dire qu’il y plus de généraux dans l’armée française que dans les forces russes relève de la manipulation : pour comparer, encore eût-il fallu prendre en compte les généraux russes en retraite. Et au vu des réformes en cours en Russie, ils doivent être nombreux. En 2010, l’armée russe comptait 1,2 million d’hommes, dont 355.000 officiers… Il n’y a là pas de quoi donner des leçons.

Selon la Cour des comptes, il y avait, en 2012, 303 généraux en activité pour les trois armées (Terre, Air, Marine) pour 228.656 militaires, soit un ratio d’un général pour 754 personnels. A cela, il faut ajouter 235 officiers généraux d’autres services du ministère de la Défense (SSA, SEA, CGA, etc). Là encore, l’on peut estimer que ces chiffres sont trop élevés, ce que n’ont pas manqué de faire les magistrats de la rue Cambon. Mais on est loin des 5.500 généraux!


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Touch and go du drone de combat X-47B sur le pont de l’USS George HW Bush (Vidéo)

18 mai 2013 – 18:49

Le 17 mai, soit quelques jours après avoir réussi le premier catapultage d’un drone de combat depuis le porte-avions USS George HW Bush, le X-47B, un démonstrateur développé par Northrop Grumman, a encore franchi une étape en effectuant à un touch and go sur le pont du même navire.

La manoeuvre du touch and go (ou posé-décollé) consiste à se poser puis de remettre les gaz pour redecoller. En toute logique, la prochaine étape sera de faire apponter le X-47B sur un porte-avions.


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Pour le patron de Cassidian, l’Europe doit développer ses propres drones armés

18 mai 2013 – 12:28

Dans les années qui viennent, il n’y a peu de chances pour qu’un programme portant sur le développement d’un nouvel avion de combat soit lancé. Le F-35 de Lockheed-Martin devrait rester en service pendant plusieurs décennies, de même que le Rafale de Dassault Aviation ou encore l’Eurofighter, conçu par BAE Systems, Finmeccanica et Cassidian, la branche défense d’EADS.

Aussi, pour le patron de cette dernière, Bernhard Gerwert, il faudra bien occuper les bureaux d’étude pour maintenir et développer les compétence européennes en la matière. D’où son plaidoyer en faveur d’un drone armé de facture européenne, lors d’un forum sur l’avenir de l’aviation de combat organisé à Paris par l’Académie de l’Air et de l’Espace, le 16 mai dernier.

“L’Europe doit développer ses propres drones armés pour préserver son indépendance au lieu d’acheter des drones américains ou israéliens”, a-t-il affirmé. Sur ce point, Bernhard Gerwert n’est pas le seul à tenir ce discours. Le constructeur français Dassault Aviation est dans la même logique, lui qui devait justement “francisé” le drone Heron TP israélien pour les besoins de l’armée de l’Air française.

Ce contrat, qui lui avait été attribué en juillet 2011, avait fait l’objet de vifs débats entre sénateurs et députés, les premiers souhaitant l’acquisition d’appareils américains moins chers tandis que les seconds allaient dans le sens de Gérard Longuet, alors à l’époque ministre de la Défense. Depuis, le choix du Heron TP a été invalidé en faveur du MQ-9 Reaper américain.

Quoi qu’il en soit, le patron de Cassidian a donné des arguments en faveur d’un drone armé européen. Notamment en prenant l’exemple des déboires du drone HALE (Haute Altitude Longue Endurance) Euro Hawk, une déclinaison du Global Hawk de l’américain Northrop Grumman qui n’a pas pu obtenir la certification pour évoluer dans les cieux du Vieux Continent, forçant ainsi Berlin a abandonner son projet d’en équiper la Bundeswehr avec 5 exemplaires.

Comme les clients n’ont pas accès aux codes sources des drones américains, il leur est impossible de les modifier pour les rendre compatibles avec leur propre réglementation aérienne. “Il faut changer les boîtes noires pour obtenir la certification, le coût est énorme, c’est pour cela qu’ils mettent fin au programme”, a expliqué Bernhard Gerwert.

Toujours selon ce dernier, le coût de développement d’un drone armé européen serait de l’ordre d’un milliard d’euros. Et il pourrait être livré “aux alentours de 2020″. Et d’ajouter : “Si un tel programme était lancé nous trouverions un accord entre industriels” pour partager le travail

Par le passé, EADS a travaillé sur le projet de drone Talarion. Lequel est tombé dans les oubliettes, ses clients potentiels l’ayant estimé trop onéreux dans un contexte marqué par des budgets militaires en diminution. En novembre 2010, le développement d’un drone MALE avait été confié à BAE Systems et Dassault Aviation. Basé sur le Mantis, ce programme appelé “Telemos” est actuellement au point mort, le contrat devant le lancer n’ayant pas été signé en juillet 2012, comme il aurait dû l’être.

Aussi, les options dans le domaine des drones MALE sont limitées et c’est ce qui explique les choix britannique et français en faveur du Reaper, appareil acheté “sur étagère”, le dilemne étant de faire un choix entre le maintien du savoir faire des industriels européens et la nécessité que les forces puissent remplir leurs missions sur les théâtres où elles sont engagées.

Cela étant, Bernhard Gerwert semble avoir oublié que d’autres projets sont en cours, bien plus ambitieux que de mettre au point des drones MALE puisqu’il s’agit de développer des engins de combat pilotés à distance, voire autonomes (UCAV). C’est là tout l’enjeu du démonstrateur nEUROn, fruit d’une coopération européenne avec Dassault Aviation comme maître d’oeuvre. Ou encore celui du projet de Système de Combat Aérien Futur (SCAF) franco-britannique lancé l’an passé.

Plus sur le sujet :Du drone armé à l’UCAV : Évolution ou rupture ?“, actes d’un colloque organisé par le Centre d’études stratégiques aérospatiales


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L’armée de l’Air devrait bientôt disposer de deux drones MQ-9 Reaper

18 mai 2013 – 10:17

Le scénario avait été évoqué par Zone Militaire en avril dernier et il est désormais confirmé dans les grandes lignes. Au début de ce mois, Paris a en effet adressé à Washington une requête pour acquérir, au plus tôt, deux drones MQ-9 Reaper du constructeur américain General Atomics, afin de les engager dans les opérations au Mali.

Ce dossier devait par ailleurs être au menu des discussions entre Jean-Yves Le Drian, le ministre français de la Défense, et Chuck Hagel, son homologue américain, au cours d’une visite officielle à Washington, le 17 mai. Si le Pentagone n’y est pas opposé, il faudra en revanche attendre le feu vert du Congrès avant de voir des Reaper sous les couleurs françaises.

La version des drones en question devrait être, a priori, l’une des dernières disponibles étant donné que les deux exemplaires que la France entend commander devraient être prélevés parmi ceux qui sont en cours d’assemblage pour les besoins de l’armée américaine. Ce qui veut dire qu’au besoin, ils pourront être armés.

Il s’agit là d’une commande préliminaire dans la mesure où le dernier Livre blanc sur la Défense et la sécurité nationale (LBDSN) a préconisé de doter l’armée de l’Air de 12 drones MALE. Le choix de cet appareil permettra de trouver des domaines de coopération avec le Royaume-Uni et l’Italie, ces deux pays ayant opté pour le même type de drone.

Cela étant, plusieurs questions restent en suspens. Comme par exemple la “francisation” des appareils de General Atomics. Ou encore leur mise en oeuvre : les opérateurs français les piloteront-ils depuis la base américaine de Creech (Nevada) ou bien seront-ils déployés au plus prés des opérations? Enfin, quid des Harfang de l’Escadron de drones 1/33 Belfort? Sera-t-il pertinent de les conserver encore un peu (il est question de prolonger le contrat de soutien les concernant) sachant que leurs performances sont décevantes et que leur coût pour une heure de vol est de plus de 12.000 euros contre 6.000 pour le Reaper?


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Les Nations unies placent la Polynésie française sur une liste de territoires à “décoloniser”

17 mai 2013 – 18:00

La Polynésie française bénéficie déjà d’une très large autonomie par rapport à la France, laquelle y a conservé des compétences régaliennes. Mais, visiblement, cela n’est pas encore suffisant pour certains, dont l’indépendantiste Oscar Temaru, qui vient de perdre les éléctions territoriales du 5 mai au profit du parti autonomiste ahoeraa Huiraatira de Gaston Flosse.

Qui plus est, à l’initiative de trois petits Etats du Pacifique – Iles Salomon, Nauru, Tuvalu – une résolution plaçant la Polynésie française sur la liste des territoires à “décoloniser” a été adoptée, ce 17 mai, par consensus, au cours d’une séance de l’Assemblée générale des Nations unies.

Ce texte affirme ainsi le “droit inaliénable de la population de la Polynésie française à l’autodétermination et à l’indépendance, conformément à la Charte de l’ONU (ndlr, article 73 sur les territoires non autonomes)” et invite le gouvernement français “à faciliter et accélérer la mise en place d’un processus équitable et effectif d’autodétermination en Polynésie.”

Théoriquement, cette résolution devrait donc aboutir à l’organisation d’un référendum d’autodétermination, au cours duquel la population de la Polynésie française aurait à se prononcer sur l’indépendance de l’archipel. Mais, en pratique, il en va tout autrement. Ainsi, le Royaume-Uni, qui s’est d’ailleurs démarqué du consensus, est toujours passé outre alors les îles Falklands et Gibraltar ont fait l’objet d’une procédure similaire.

Outre le Royaume-Uni, d’autres pays ont marqué leur désapprobation à l’égard de cette résolution. C’est notamment le cas des Pays-Bas et des Etats-Unis, lesquels ont fait valoir que les partis indépendantistes polynésiens avaient perdu les dernières élections territoriale. Ce à quoi Collin Beck, l’ambassadeur des ÃŽles Salomon, a répondu que ce scrutin n’a pas valeur de référendum.

La Polynésie française apporte au domaine maritime français quelques 5.030.000 km2. Elle donne aussi à la France une position stratégique de premier choix dans le Pacifique, région qui tend à prendre de plus en plus d’importance étant donné qu’autour de cet océan vit près de la moitié de la population mondiale et que presque toutes les grandes puissances y sont présentes (Russie, Chine, Etats-Unis, mais aussi Japon, Corée du Sud, sans oublier l’Indonésie, premier pays musulman du monde).

Qui plus est, la Zone économique exclusive (ZEE) de la Polynésie française recèlerait, si l’on en croit les résultats d’une exploration menée en 2010 par une équipe de l’Université de Tokyo, des dépôts offshores de terres rares, indispensables pour l’industrie électronique. L’existence possible de ces ressources a d’ailleurs fait récemment l’objet d’un rapport de l’IFREMER.

Aussi, la France a tout intérêt à veiller sur l’archipel polynésien, et surtout à imaginer un mécanisme qui permettrait à la population locale de profiter de la manne que pourrait représenter l’exploitation de ces gisements de Terres rares, lesquels permettraient à l’Hexagone de détenir entre 30 et 50% du marché mondial. De quoi casser le monopole de la Chine…

Pour le moment, cette ZEE est surveillée par le patrouilleur Arago et la frégate Prairial, qui embarque un hélicoptère Alouette III, ainsi que par trois avions Guardian de la Flottille 25F et deux Dauphin N3 de la 35F. L’armée de l’Air y dispose deux appareils de transport Casa 235 de l’ETOM 0082. Enfin, l’armée de Terre y est présente avec un détachement “Terre/Polynésie” (DTP/RIMaP-P).


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Hommage à Clet Chevert, un combattant de la France Libre parti dans l’indifférence générale

17 mai 2013 – 16:19

Dans ses “Mémoires de Guerre”, l’Homme du 18 juin a écrit : “Dans les derniers jours de juin, abordait en Cornouauilles une flottille de bateaux de pêche amenant au général de Gaulle tous les hommes valides de l’île de Sein. Jour après jour, le ralliement de ces garçons resplendissant d’ardeur et dont beaucoup, pour nous rejoindre, avaient accompli des exploits, affermissait notre résolution.” Ils étaient 124 à rallier la France Libre. Et Clet Chevert était l’un d’entre eux.

Isolés sur leur petite île située en face de la pointe du Raz, à l’extrémité sud-ouest de la Bretagne, ces hommes prirent leur décision de continuer le combat après avoir écouté le général de Gaulle sur les ondes de la BBC, le 22 juin 1940. Dans les heures qui suivirent, ils embarquèrent à destination de l’Angleterre à bord de 5 bateaux : le Velleda, le Rouanez ar Mor, le Corbeau des Mers, le Maris Stella et le Rouarnez ar Péoc’h, ce dernier étant celui où Clet Chevert, alors âgé de seulement 18 ans, prit place.

Engagé dans les Forces navales françaises  libres (FNFL), le jeune Senan, comme beaucoup de ses camarades, est affecté à bord du cuirassé Courbet en qualité de quartier-maître de manoeuvre. Après plusieurs mutations, notamment une à bord de la vedette rapide B12, sous les ordres du futur amiral Philippe de Gaulle, il sert à bord de L’Escarmouche, une frégate alors chargée d’assurer la protection du débarquement en Normandie.

Démobilisé à l’issue de la guerre, Clet Chevert reprendra son métier de pêcheur et fondera une famille. Pour donner une idée de son parcours militaire, il suffit de citer quelques distinctions qu’il a obtenues : médaille des Forces françaises libres, Croix du combattant, Croix de guerre avec citation, médaille commémorative de la guerre 1939-1945, et… la Légion d’honneur, remise en 2010 par Hubert Falco, alors secrétaire d’Etat à la Défense et aux Anciens combattants. Mieux vaut tard que jamais.

Au lendemain du 68e anniversaire de la capitulation allemande, Clet Chevert, l’un des trois derniers survivants de l’épopée de ces 128 Senans, s’est éteint à l’âge de 92 ans. Ses obsèques ont eu lieu deux jours plus tard.

Photographe et journaliste, Patrick Crasnier se trouvait sur l’île de Sein ce jour-là. Il raconte : “Des anciens combattants marchaient en tête du cortège. Une très courte procession mena Clet Chevert de la petite église de l’île au cimetière, à moins de 300 mètres. Au moment de la mise en terre, les femmes de l’île ont entonné quelques chants bretons.” Aucun officiel n’a assisté à la cérémonie, selon lui. “Pas un seul n’est venu”, écrit-il. Même “pas l’ombre d’un gaulliste ou autoproclamé tel.”

Que ces quelques lignes puissent permettre aux lecteurs de Zone Militaire d’avoir une pensée pour Clet Chevert, et à travers lui, pour tous ses camarades qui n’hésitèrent pas à tout quitter pour continuer le combat. Parce que, comme l’a dit l’un d’eux, Louis Fouquet, ils étaient “patriotes”, parce qu’ils aimaient la France.


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