Essai réussi pour l’avion hypersonique X-51 Waverider

5 mai 2013 – 11:00

Après trois vols d’essai en demi-teinte, l’avion expérimental X-51A Waverider, sans pilote à bord, a pu atteindre la vitesse de Mach 5,1 (5,1 fois la vitesse du son) et voler pendant 3 minutes lors de son dernier test, réalisé le 1er mai dernier au-dessus de l’océan Pacifique.

Concrètement, le X-51A a été largué à 50.000 pieds d’altitude (15.000 mètres) par un bombardier stratégique B-52 Stratofotress du 412th Test Wing ayant décollé de la base d’Edwards, en Californie. Dans un premier temps, grâce à un propulseur d’appoint, il a atteint Mach 4,8 après 26 secondes de vol, soit le temps pour que le statoréacteur à combustion supersonique (scramjet) prenne le relai.

Une fois ce dernier allumé, l’engin a accéléré jusqu’à Mach 5,1 et atteint l’altitude de 60.000 pieds pendant 240 secondes, soit le temps qui lui a fallu pour consommer son carburant. L’appareil s’est ensuite abîmé en mer. La séquence a duré, au total, 370 secondes.

“Ce fut un succès complet de la mission”, a commenté Charlie Brink, le directeur du programme X-51A au sein de l’Air Force Research Laboratory Aerospace. “Je crois que tout ce que nous avons appris du X-51A Waverider servira de fondement pour la future recherche hypersonique et l’application pratique du vol hypersonique”, a-t-il ajouté.

Le programme X-51A Waverider, confié à la division Phantom Works de Boeing, a débuté en 2004, sous l’autorité de la Darpa, l’agence de recherche du Pentagone, et de la Nasa a pour objectif était de démontrer la viabilité du statoréacteur à combustion supersonique.

Pour le Pentagone, qui mène par ailleurs d’autres programmes dans ce domaine (l’Advanced Hypersonic Weapon et le planeur Falcon HTV-2), la maîtrise du vol hypersonique peut permettre de disposer de nouvelles capacités susceptibles de donner un avantage militaire certain.

Ainsi, il pourrait être possible de développer un drone de reconnaissance capable de mener les missions qui étaient jusque-là assurée par le SR-71 Blackbird, ou bien encore des appareils en mesure de frapper rapidement une cible n’importe où dans le monde, sachant qu’à Mach 6, le trajet New-York-Paris se fait en une heure…


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Nouveau retard en vue pour l’entrée en service du sous-marin S-80 au sein de la marine espagnole

5 mai 2013 – 10:59

Dans un contexte marqué par la crise économique, la marine espagnole risque de perdre sa capacité sous-marine. En 2004, Madrid avait décidé de lancer le programme S-80, confié au constructeur naval Navantia.

Ce projet a d’ailleurs coûté à ce dernier un partenariat avec DCNS, le groupe français ayant estimé que l’industriel espagnol, avec lequel il collaborait pour l’exportation du Scorpène, en profitait pour acquérir son savoir-faire.

Quoi qu’il en soit, le programme S-80 consistait à construire 3 sous-marins à propulsion classique, avec l’appui de l’américain Lockheed-Martin pour les équipements électroniques, afin de remplacer les 4 submersibles de la classe Agosta, qui, de conception française, étaient alors en service au sein de l’Armada.

Depuis, l’un des Agosta espagnol, le Siroco, a été désarmé en juin 2012, les crédits nécessaires pour son grand carénage n’étant pas disponibles. Le bâtiment sert désormais de magasin pour les pièces détachées destinées aux trois autres sous-marins.

Un autre Agosta, le Tramontana, pourrait connaître le même sort, et cela pour les mêmes raisons. Pour cause de manque de crédits, le grand carénage de ce bâtiment ne pourra pas se faire et la fin de sa vie opérationnelle pourrait être prononcée l’an prochain.

Il reste donc le Galerna et le Mistral, sorti du bassin en 2011 après son grand carénage mais dont le retrait du service est programmé en 2016, année à partir de laquelle le premier S-80 doit en principe entamer sa vie opérationnelle. Sauf que, il est probable que cela ne sera pas le cas.

Initialement, la tête de série du programme S-80, dont la conception a commencé en 2007, devait être livrée à la marine espagnole en 2014. Seulement, la développement de ce sous-marin ne s’est pas passé comme Navantia pouvait l’espérer. En janvier 2011, le président du groupe espagnol avait expliqué qu’il fallait revoir le calendrier de livraison de ce submersible en raison de sa trop grande “complexité”.

Et visiblement, Navantia n’est pas au bout de ses peines car, d’après El Confidencial Digital, le S-80 serait trop lourd par rapport aux calculs initiaux. En cause : les équipements électroniques et le système de combat, ainsi que les améliorations concernant l’habitabilité du sous-marin. Pour palier à ce problème, il n’y a pas 36 solutions : il faut allonger la coque du bâtiment pour assurer sa flottabilité tout en ne renonçant pas à ses capacités opérationnelles.

La conséquence en sera évidemment un nouveau retard – au moins jusqu’en 2017 – pour la livraison du premier S-80 à la marine espagnole, laquelle ne disposera plus, pendant ce temps, que d’un seul sous-marin en service.

Plus gros sous-marin conventionnel construit en Europe, le S-80 devait à l’origine mesurer 71,05 m de long pour un déplacement de 2.200 tonnes en surface et 2.430 tonnes en plongée. Diposant d’un système AIP (Air Independant Propulsion, ou systèmes de propulsion anaérobie) spécialement conçu pour lui, il pourra naviguer à une vitesse de 19 noeuds en plongée et mettre en oeuvre des torpilles DM2A4 d’Atlas Electonik ainsi que des missiles anti-navires Harpoon, voire des missiles de croisière Tomahawk.


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Deux soldats maliens tués dans un attentat suicide près de Gao

4 mai 2013 – 20:01

Si les dernières missions de reconnaissance menées par les militaires français du Groupement tactique interarmes (GTIA) 2 dans le secteur de Gao n’ont donné lieu aucun contact avec des éléments hostiles, cela ne veut pas dire que les groupes jihadistes, en particulier le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), sont inactifs.

Ainsi, ce 4 mai, 5 jihadistes, probablement appartenant au Mujao, un avatar d’al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), se sont fait exploser près de Gao, à proximité d’une patrouille de l’armée malienne, laquelle a perdu deux hommes.

L’attentat a précisément eu lieu dans la localité de Hamakouladji, à 40 km au nord de Gao, ancien bastion du Mujao avant l’arrivée des forces françaises de l’opération Serval, en janvier dernier.

Le Mujao a multiplié les attentats suicides – une première dans l’histoire du Mali – depuis que les groupes jihadistes ont perdu le contrôle des villes du nord du pays. Déjà, en février, ses combattants avaient réussi à s’infiltrer dans Gao, ce qui avait donné lieu à d’intenses combats dans le centre-ville. Depuis, plusieurs attentats kamikazes ont été perpétrés à Tombouctou et à Kidal.


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L’Australie maintient ses ambitions militaires

4 mai 2013 – 13:04

Après la Chine et la France, c’est au tour de l’Australie de publier un Livre blanc sur sa défense. Le document a ainsi été présenté le 3 mai par le chef du gouvernement australien, Mme Julia Gillard, et son ministre de la Défense, Stephen Smith.

Ainsi , Canberra entend maintenir ses ambitions militaires, notamment pour ce qui concerne ses forces aériennes et navales, qui avaient été déjà affirmé dans un précédent Livre blanc, élaboré en 2009. Il est ainsi question de porter l’effort de défense australien à 2% du PIB, contre 1,8% actuellement.

Au niveau des matériels, l’Australie confirme son intention de doter, à terme, ses forces aériennes d’une centaine d’avions F-35A, un appareil dont le développement, assuré par le constructeur américain Lockheed-Martin, a généré d’importants surcoûts.

“Bien que le programme Joint Strike Fighter (F-35, ndlr,) a subi des dépassements de coûts et des retards, le gouvernement reste déterminé à faire de cet appareil la capacité de frappe principale de nos forces de défense”, a expliqué Mme Julia Gillard.

Dans un premier temps, il est prévu d’acquérir 72 F-35 pour en équiper 3 escadrons de la Royal Australian Air Force, ce qui permettra à cette dernière de remplacer ses F/A-18 Hornet. Une autre tranche de 28 appareils sera commandée à l’horizon 2030, c’est à dire quand il s’agira de retirer du service les 24 F-18 Super Hornet dont elle dispose.

Justement, à propos de ces dernier, il avait été question d’en transformer une douzaine en E/A-18 Growler, c’est à dire une version de guerre électronique. Finalement, Canberra a décidé d’acquérir 12 nouveaux exemplaires pour 1,5 milliards de dollars.

Toujours au sujet des capacités aériennes, il est prévu d’acquérir 10 avions de transport C-27J Spartan ainsi que 7 hélicoptères de transport CH-47F Chinook supplémentaires et des drones RQ-4 Global Hawk.

Quant à la Royal Australian Navy (RAN), il était attendu des précisions concernant ses sous-marins. Et il n’est pas question de la doter de submersibles à propulsion nucléaire.

“En raison de la valeur stratégique et de l’importance des capacités sous-marines, le gouvernement demeure engagé à remplacer la flotte de 6 sous-marins de la classe Collins existante par une flotte élargie de 12 sous-marins conventionnels qui répondront aux besoins stratégiques futurs de l’Australie. Ces sous-marins seront assemblés en Australie du Sud”, indique le document.

Par ailleurs, le Livre blanc australien prévoit le remplacement de plusieurs types de navires, dont les patrouilleurs de la classe Armidale et les bâtiments de ravitaillement HMAS Sirius et Success.

Sur le plan stratégique, le Livre blanc australien se démarque du précédent en adoptant une position plus mesurée à l’égard de Pékin. “Le gouvernement ne croit pas que l’Australie doive choisir entre son alliance de longue date avec les États-Unis et ses relations en pleine expansion avec la Chine; et ni les États-Unis, ni la Chine ne pensent que nous devions faire un tel choix”, indique le document, qui rappelle que ces deux pays “demeurent les deux plus puissants États de la région et du globe.”

“Nous voulons également voir, puisque la Chine modernise son armée, une transparence de cette modernisation militaire. Nous sommes plus que transparents en ce qui concerne la défense australienne, sa posture et ses projets. Nous demandons la même transparence”, a toutefois expliqué Julia Gillard.


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Le Pentagone a amélioré sa bombe anti-bunker MOP

4 mai 2013 – 13:00

Au début de l’année 2012, Leon Panetta, qui était alors le chef du Pentagone, avait indiqué, au Wall Street Journal, que la plus puissante bombe anti-bunker en dotation au sein de l’US Air Force, la Massive Ordnance Penetrator, n’était pas en mesure de détruire les installations nucléaires iraniennes profondément enfouies sur le site de Fordow, près de Qom. Et cela, malgré ses 2,7 tonnes d’explosifs.

Et d’annoncer alors qu’un budget de 82 millions de dollars allait être mobilisé pour améliorer les capacités de cette bombe, plus puissante que la “Daisy Cutter” (faucheuse de marguerites), utilisée au Vietnam et dans les montagnes afghanes de Tora Bora en 2002, remplacée depuis par la “Massive Ordnance Air Blast bomb” (MOAB, ce qui signifie aussi Mother of all bombs), laquelle reste la plus dévastatrice de l’arsenal américain.

Cette annonce était importante dans la mesure où il s’agissait de convaincre le gouvernement israélien de ne pas lancer une opération militaire contre les sites nucléaires iraniens avant que ces derniers ne soient trop protégés.

En disposant d’une bombe assez puissante pour détruire un site enterré comme peut l’être celui de Fordow, où est produit de l’uranium enrichi, cela permettrait d’éviter une action préventive israélienne. En clair, si la diplomatie échoue à faire renoncer l’Iran à ses prétentions nucléaires, il sera toujours possible d’y mettre un terme grâce à des capacités militaires susceptibles de détruire des sites très protégés.

Car si un raid israélien ne fait qu’endommager un site comme Fordow, le programme nucléaire iranien ne sera que retardé. C’est à dire que le problème ne sera pas définitivement réglé et qu’il faudra recommencer tôt ou tard, alors qu’entretemps, il faudra composer avec les conséquences cela ne manquerait pas d’avoir au Moyen Orient.

Plus d’un an plus tard, qu’en est-il? Si l’on en croit le Wall Street Journal, le Pentagone disposerait désormais d’une MOP améliorée, après avoir dépensé 400 millions de dollars pour en disposer 20 exemplaires, fournis par Boeing.

Le détonateur de cette nouvelle bombe de 15 tonnes (contre 13 tonnes pour l’ancienne version) dispose d’un fusible spécialement conçu pour résister aux chocs induits par les couches d’acier et de granit qui recouvrent le site de Fordow. En outre, cette munition dispose de “fonctions visant à contrer les défenses aériennes iraniennes” ainsi que de systèmes de guidage améliorés pour augmenter son degré de précision. L’idée du Pentagone est de créer un “cratère” en lançant une première MOP, puis d’y envoyer d’autres bombes pour atteindre les “grandes profondeurs.”

Avec cette MOP nouvelle version, Washington espère donc que le gouvernement israélien s’abstiendra de lancer une opération militaire en Iran. Ce qui laissera le temps à la diplomatie de peut-être aboutir. En tout cas, il s’agit avant tout d’attendre les prochaines élections iraniennes, en juin prochain. Et d’évaluer leurs conséquences sur la politique menée par Téhéran.


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La Marine royale canadienne joue de malchance avec ses sous-marins

4 mai 2013 – 9:28

L’on croit parfois faire de bonnes affaires et au final, l’on se rend compte que l’on aurait mieux fait de s’abstenir. C’est le cas de la Marine royale canadienne, qui, en 1998, a acquis auprès du Royaume-Uni 4 sous-marins à propulsion classique de la classe Victoria pour 750 millions de dollars. Ces bâtiments avaient été désarmés 4 ans plus tôt par la Royal Navy.

Une bonne affaire, en apparence. Sauf que, depuis leur acquisition, ces 4 sous-marins ont passé plus de temps à quai qu’en mer, étant donné qu’ils n’ont navigué à peine plus d’un millier de jours. Le coût d’une journée passée en mission s’élève ainsi à 700.000 dollars, en prenant en compte les dépenses liées à leur achat, leur remise en état, leurs réparations et leur entretien.

Un programme pour les remettre à niveau a été lancé par Ottawa. A grand frais. Par exemple, il a fallu débourser 209 millions de dollars pour le NSCM Windsor, qui sort d’un grand carénage après 5 ans d’immobilisation. A ce tarif, l’on pourrait s’attendre à ce que ce sous-marin soit pleinement opérationnel.

Or, d’après CBC News, ce n’est pas le cas. A cause d’un générateur diesel défectueux, le NSCM Windsor, remis à l’eau il y a tout juste un an, n’est pas en mesure d’accomplir tout le spectre de missions dont il est attendu de lui. “Nous avons dû le limiter en rayon d’action et en autonomie”, a expliqué le capitaine de vaisseau Cassivi, le directeur de la force sous-marine canadienne. En clair, tant que la réparation ne sera pas faite, le sous-marin ne pourra naviguer que près des côtes.

“C’est une panne inattendue, et c’est pourquoi nous avançons dans le processus d’investigation”, a poursuivi l’officier, en précisant que le détail des restrictions restent “classifiés”. Et d’ajouter : “Nous prévoyons d’effectuer les réparations dès que les pièces détachées seront disponibles.”

Pour le moment, un seul sous-marin canadien est pleinement opérationnel. Il s’agit du NSCM Victoria, lequel a été en mesure, l’été dernier, de couler un navire désarmé , à l’occasion de l’exercice RIMPAC 2012.

Quant aux deux autres, ils sont encore en réparation. Le NCSM Chicoutimi pourrait toutefois devenir opérationnel d’ici la fin de l’année. Son carénage est plus compliqué, et donc plus coûteux, que pour les autres sous-marins, notamment à cause des dégâts provoqués par un incendie qui s’était déclaré à bord en 2004, lors de sa première mission sous pavillon canadien. Un marin y avait perdu la vie.

Enfin, le NCSM Corner Brook ne devrait pas reprendre la mer de sitôt. Ayant touché le fond de l’océan dans la baie de Nootka, au large de la Colombie Britannique, lors d’un entraînement en juin 2011, il est actuellement en réparation (coût : plus de 200 millions de dollars) jusqu’en 2016, année où le NSCM Victoria sera à nouveau immobilisé…

Ce faible taux de disponibilité des sous-marins canadiens n’est pas sans incidence sur les effectifs des sous-mariniers. En novembre 2011, le vice-amiral Paul Maddison, alors commandant de la marine royale canadienne, avait avancé le chiffre de seulement 80 marins aptes à servir à bord de submersibles. Et un rapport interne, publié au début de l’année 2012, s’inquiétait de la capacité de la marine à former à temps assez de personnels.


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Main basse sur les matières premières en Côte d’Ivoire

3 mai 2013 – 17:24

La crise ivoirienne a beau être terminée depuis maintenant deux ans avec la chute de Laurent Gbagbo, il n’en reste pas moins que le pays reste divisé, comme l’ont montré les tensions constatées lors des dernières élections municipales.

“Le désarmement et la réinsertion des ex-combattants des deux camps politiques, qui demeurent cruciales pour résoudre une grave menace contre la paix durable dans le pays, sera un défi”, avait d’ailleurs récemment estimé Ban Ki-moon, le secrétaire général des Nations unies.

Justement, un rapport de l’ONU concernant la Côte d’Ivoire et remis le 28 avril dernier a de quoi être inquiétant. Ainsi, constatant que les taxtes sur les exportations ivoiriennes n’avaient que très peu progressé depuis la fin de la crise en 2011, les experts des Nations unies ont décrit un système de prédation des ressources naturelles du pays, profitant aussi bien à un “réseau militaro-économique” mis en place par les anciens chefs des Forces nouvelles, alliés de l’actuel président, Alassane Ouattara.

“L’administration ivoirienne a progressivement intégré d’anciens commandants rebelles dans les forces armées nationales sans que ceux-ci aient abandonné leurs activités économiques et leurs méthodes de prédateurs et de chefs de guerre”, ont expliqué les experts indépendants de l’ONU, qui dénoncent le “pouvoir et l’influence croissants dont jouissent les réseaux d’anciens membres des Forces nouvelles de par leur intégration aux corps réguliers chargés de la sécurité ” ainsi que le “contrôle qu’ils exercent sur diverses activités économiques illégales ou informelles.”

Et le phénomène ne manque pas d’ampleur : 10% de la récolte de cacao pour la période 2011-2012 aurait été détournée, soit la bagatelle de 153.000 tonnes. Même chose pour la noix de cajou, dont plus de 30% de la production est allée dans d’autres poches. Il concernerait aussi le coton, le bois, l’or ou encore les diamants.

Les sommes détournées sont loin d’être anecdotiques. Rien que pour le cacao, il est question de 400 millions de dollars (1,6% du PIB ivoirien en 2012) de pertes pour l’économie locale et de 76 millions de dollars de rentrées fiscales en moins. La contrebande passe principalement par le Ghana, où a d’ailleurs trouvé refuge l’aile radicale des partisans de Laurent Gbagbo, le président déchu.

“Ces groupes (favorables à Gbagbo, ndlr) ont les moyens de mener des opérations militaires à l’aide d’armes et de matériel connexe qu’ils se procurent dans le non-respect total du régime de sanctions, ainsi que de recruter des combattants, en Côte d’Ivoire et ailleurs”, indique le document.

Ce rapport ne fait en outre cadeau à aucun des deux anciens camps. L’hebdomadaire “L’Elephant Déchaîné”, qui en a fait la synthèse, souligne que le document indique que “Laurent Gbagbo dispose d’autres comptes cachés à la SGBCI et sur lesquels roupillent tranquillement plus de 5 milliards de francs CFA” et que l’on y apprend “que Charles Blé Goudé (ndlr, partisan de Gbagbo et arrêté en janvier), en plus de disposer de plusieurs identités, dispose d’un surprenant compte bancaire à la BFA et sur lequel de nombreuses entreprises publiques et privées, on ne sait trop pourquoi, ont ordonné de nombreux dépôts de fortes sommes d’argent. Curieusement, alors qu’il est censé être gelé, ce compte continue d’être opérationnel et des retraits y sont effectués à distance via des cartes bancaires.”

La question est donc de savoir à quoi va servir tout cet argent amassé. Pour les experts de l’ONU, il est possible qu’il ait été utilisé pour acheter de l’armement. Ce qui est interdit en Côte d’Ivoire, le pays étant encore soumis à un embargo. Mais c’est la levée de ce dernier qui est à redouter : avec des moyens financiers importants, il est en effet à craindre une ruée sur les armes des deux camps.


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Pour Washington, armer les rebelles syriens est une option à ne pas écarter

3 mai 2013 – 16:13

Jusqu’à présent, il n’était pas question pour Washington de livrer des armes aux rebelles syriens aux prises avec les forces du régime de Bachar el-Assad. Du moins, le président Obama avait mis son véto à cette idée, alors défendue par la CIA et le Pentagone.

Seulement, l’affaire syrienne a connu deux évolutions de nature à faire éventuellement changer d’avis le locataire de la Maison Blanche. La première est l’ascendant pris par les rebelles de la mouvance islamiste, sous l’impulsion du Front al-Nosra, lequel a fait allégeance à al-Qaïda. Et cela, grâce en partie aux armes qui leur ont été livrées par, dit-on, le Qatar et l’Arabie Saoudite.

La seconde est l’usage présumé d’armes chimiques par le régime de Damas. A ce sujet, Londres parle de “preuves croissantes”, le renseignement militaire israélien a fait part de ses certitudes, que Paris ne partage pas pour le moment, et Washington a jugé l’hypothèse probable tout en indiquant ne pas avoir assez d’informations pour en être totalement sûr.

Or, l’usage d’armes chimiques était la ligne rouge fixé le président Obama à son homologue syrien, sous peine de revoir ses options. Et ces dernières ne sont pas nombreuses étant donné qu’à ce stade, une éventuelle intervention militaire en Syrie est exclue. D’une part parce qu’il faudrait en avoir et les moyens ainsi que la volonté politique de le faire. Ce qui ne semble pas être le cas. D’autre part parce que ce ne serait pas conforme au droit international, toute initiative – ou presque – concernant la Syrie étant bloquée au Conseil de sécurité des Nations unies par la Russie et la Chine.

Reste donc l’option d’armer les rebelles syriens non affiliés à des groupes salafistes… Ce qui a été évoqué par Chuck Hagel, le secrétaire américain à la Défense, lors d’une conférence de presse donnée le 2 mai à Washington avec son homologue britannique, Philip Hammond.

En effet, à la question de savoir si les Etats-Unis réévaluaient ou pas leur position sur la livraison d’armes à l’opposition syrienne, le chef du Pentagone a répondu par l’affirmative. Mais avec des pincettes.

“Cela ne veut pas dire qu’on va ou veut le faire. Ce sont des options qui doivent être envisagées avec les partenaires, avec la communauté internationale”, a-t-il expliqué. “Ce ne sont pas des situations figées. On doit toujours envisager différentes options en fonction de la réalité sur le terrain, en fonction de l’objectif à atteindre”, a-t-il ajouté.

Ainsi, la position américaine pourrait rejoindre celle défendue par le Royaume-Uni et la France. Pour autant, cette idée est loin de faire l’unanimité, étant donné qu’il est impossible de garantir que ces armes (missiles sol-air, anti-char) destinées aux rebelles n’appartenant pas aux groupes jihadistes ne finiront pas entre de mauvaises mains.


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L’exécution de la la prochaine Loi de programmation militaire de fera dans un contexte économique très délicat

3 mai 2013 – 15:00

Cette fois, c’est sûr, promis, juré, la trajectoire financière définie par le dernier Livre Blanc sur la Défense et la Sécurité nationale (LBDSN) pour la prochaine Loi de Programmation Militaire est réaliste tout en prenant en compte la contribution du ministère de la Défense à la réduction des déficits publics. Sous entendu, les précédentes fois, ce n’était pas le cas.

Pour rappel, le LBDSN suggère d’accorder un budget de 179,2 milliards (en euros constants 2013) sur la période (hors pensions), de réduire les effectifs de 24.000 hommes supplémentaires, et de ne supprimer aucun grand programme d’armement, la recette connue étant d’étaler les commandes, voire de les diminuer, ce qui, au final renchérit le coût des équipements…

Pourtant, que ce soit il y a 5, 10 ou 15 ans, les Lois de Programmation Militaire paraissaient sincères. Mais entre ce que l’on prévoit de faire et les aléas que l’on ne maîtrise pas, il y a de la marge. Et pour celle qui se termine, elle est de près de 5 milliards d’euros.

En sera-t-il autrement pour la LPM 2014-2019 qui financera des forces armées au format une nouvelle fois réduit, justement pour rester dans “les clous”? Rien n’est moins sûr. Déjà parce qu’elle reposera sur des recettes exceptionnelles (4,5 milliards), dont on connaît le caractère aléatoire. Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, peut se prévaloir de l’assurance donnée par le président Hollande qu’elles iront dans les caisses de l’Hôtel de Brienne… Mais encore faut-il savoir quand.

Mais surtout, l’inconnue majeure reste la situation économique française. Et les prévisions de la Commission européenne n’incitent guère à l’optimisme pour l’exécution de la prochaine LPM telle que recommandée par la commission du LBDSN. Certes, Paris a obtenu un nouveau délai pour réduire à moins de 3% ses déficits publics, c’est à dire que cet objectif devra être atteint en 2015 au lieu de 2014.

Là est la seule bonne nouvelle (encore que…) car dans le même temps, et alors que les prélèvements obligatoires ont atteint un record, la Commission de Bruxelles prévoit un déficit de 3,9% du PIB  en 2013, puis de 4,2% en 2014 et cela, dans l’attente de “clarifications” de la part du gouvernement français au sujet du financement du crédit d’impôt aux entreprises. Soit respectivement 0,2% et 1,3% de plus par rapport aux objectifs affichés par Paris.

Dans ces conditions, “il peut être raisonnable d’étendre la date limite de 2 ans pour parvenir à 3% de déficit à la fin de 2015″, a commenté Olli Rehn, le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires. Et cela d’autant plus que les prévisions de croissance ne sont pas bonnes non plus, avec -0,1% en 2013 et +1,1% en 2014. A cela il s’ajoute un taux de chômage estimé à 10,9% en 2014, année où la dette publique devrait atteindre 96,2% du PIB (contre 90,2 en 2012).

Aussi, l’année 2014 (en fait, il convient de parler de budget triennal) sera cruciale pour le budget des forces armées. Et nul doute que le match entre l’Hôtel de Brienne et Bercy ne fait que commencer et qu’il sera d’autant plus difficile si la conjoncture économique est mauvaise, avec des investissements en panne, une consommation en berne, une croissance atone et des finances publiques à équilibrer. Et comme ce scénario s’est déjà produit par le passé, l’on a toute les raisons de le redouter pour l’avenir. Le scénario Z est peut être passé à la trappe, mais il peut toujours revenir par la fenêtre.


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Un avion ravitailleur américain s’est écrasé au Kirghizstan

3 mai 2013 – 13:39

Un avion-ravitailleur de l’US Air Force s’est écrasé, ce 3 mai, alors qu’il venait de décoller de la base aérienne de Manas, au Kirghizstan, près du village de montagne de Chaldybar, situé près de la frontière avec le Kazakhstan, à environ 200 km de Bichkek, la capitale du pays.

“Selon mes informations, l’avion s’est brisé en trois morceaux. Le nombre de morts ou blessés n’est pas encore connu. Tous les services de secours sont sur place”, a déclaré le porte-parole du ministère kirghiz pour les situations d’urgence. Toujours d’après la même source, l’appareil en question serait un KC-135 Stratotanker. Ce qui a été confirmé plus tard par un porte-parole du Pentagone. Il y aurait entre 3 et 5 membres d’équipage à bord.

Selon l’agence de presse kirghize AKIpress, des témoins ont entendu une détonation, suivie par une explosion. L’épave de l’avion était toujours en flammes après l’accident. Ce qui n’a rien d’étonnant, surtout si le KC-135 devait ravitailler en vol les avions de combat engagés en Afghanistan.

D’après l’AFP, qui cite Anatoli Ivannikov, un directeur-adjoint de l’administration locale, un parachute aurait été aperçu avant la chute de l’appareil. Or, à moins que cela ait changé depuis, l’US Air Force avait décidé, en 2008, et par souci d’économie, de retirer tous les parachutes des KC-135 – en service depuis plus de 50 ans – au motif que les risques d’accident de cet appareil étaient minimes…

Depuis 2001, les Etats-Unis utilisent la base aérienne de Manas pour les besoins des opérations en Afghanistan, en échange d’un loyer. Chaque mois, ce sont des dizaines de milliers d’hommes qui transitent ainsi par le Kirghizstan.

Seulement, cette présence américaine n’est pas du goût de la Russie, qui dispose également dans le pays de 4 emprises militaires. En décembre dernier, le président Kirghiz, Almazbek Atambaïev, avait réaffirmé sa volonté de mettre fin à cette coopération avec Washington.


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