Dissuasion : M. Lecornu a inauguré le supercalculateur EXA1 de la Division des applications militaires du CEA

Étant donné que la France adhère au Traité d’interdiction complète des essais nucléaire [TICE], la Direction des applications militaire [DAM] du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives [CEA] est bien obligée d’avoir recours à la simulation pour garantir la crédibilité de la dissuasion et concevoir les têtes nucléaires de prochaine génération.

Pour cela, la DAM dispose du Laser Megajoule [LMJ], mis en service en 2014 au sein du Centre d’études scientifiques et techniques d’Aquitaine [CESTA] de Barp, en Gironde, de l’installation radiographique EPURE, du reacteur d’essais [RES] de Cadarache et de supercalculateurs aux performances sans cesse améliorées.

Ainsi, après avoir remplacé, dans les années 2000, l’AlphaServeur SC45 de l’américain Hewlett-Packard par le Tera-10 qui, conçu par le français Bull [repris depuis par Atos], était capable d’effectuer près de 53’000 milliards d’opérations sur des nombres flottants par seconde [soit 52.8 téraflops], la DAM a reçu, en 2010, le Tera-100, dont la puissance de calcul s’établissait à 1,05 pétaflops [soit 10 puissance 15 opérations par seconde sur des nombres flottants, ndlr].

Au Tera-100 ont ensuite succédé les Tera-1000-1 et Tera-1000-2, respectivement en 2015 et en 2017.

Grâce à ses 561’408 cœurs Intel Xeon Phi 7250, le Tera-1000-2, fonctionnant un système d’exploitation Linux, le Tera-1000-2 dispose d’une puissance de calcul équivalent à 25 millions de milliards d’opérations par seconde. De quoi en faire le supercalculateur généraliste le plus puissant d’Europe [et le 14e au niveau mondial].

« Son architecture préfigure les supercalculateurs de la génération 2020, dite ‘exascale ‘ [le milliard de milliards d’opérations par seconde] », avait expliqué la DAM, à l’époque. Et d’ajouter : « Les besoins […] pour la défense nécessitent un supercalculateur de classe exaflopique à l’horizon 2020. Des ruptures technologiques sont nécessaires pour y parvenir, notamment pour maîtriser la consommation énergétique – enjeu de plus en plus déterminant sur le marché du calcul haute performance [HPC] – mais aussi pour réguler les flux d’informations et faire face au volume considérable de données produites par des simulations de plus en plus précises de phénomènes multi-physiques et multi-dimensionnels ».

Dans l’attente de cette nouvelle génération de supercalculateurs de classe « exaflopique » [et les éventuels progrès de l’informatique quantique], le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, a inauguré l’EXA1, sur le site de Bruyères-le-Châtel [Île-de-France], le 13 septembre.

« Avec François Jacq, administrateur général du CEA, et Vincenzo Salvetti , directeur des applications militaires, nous avons inauguré le supercalculateur EXA1. Sa puissance est parmi les 10 meilleures au monde. C’est l’assurance d’avoir une dissuasion nucléaire crédible et fiable », a commenté le ministre, via Twitter.

En novembre 2021, Atos et la DAM avaient annoncé le lancement de la première partition de ce supercalculateur. Basé sur l’architecture du BullSequana XH2000 et doté de 12’960 processeurs AMD et de 829’440 cœurs de processeurs, l’EXA1 promettait alors d’être le « plus grand système de calcul haute performance [HPC] jamais installé dans le monde utilisant des processeurs standard », firent-ils valoir à l’époque.

En outre, avaient-il ajouté, l’EXA1 est « entièrement refroidi par de l’eau grâce à la solution brevetée DLC [Direct Liquid Cooling]d’Atos qui utilise de l’eau tiède à cet effet. Avec un indicateur d’efficacité énergétique PUE~1 [Power Usage Effectiveness], il enregistre les meilleures performances du marché. Cette fonctionnalité permet au CEA/DAM de contrôler efficacement sa consommation d’énergie, de réduire ses coûts et de bénéficier de processeurs aux exigences les plus élevées en matière de puissance ».

L’EXA1 a une puissance de calcul de 23,2 pétaflops, pour une consommation d’énergie de 4,96 mégawatts. Cette capacité devrait être accrue par la suite… d’autant plus que les besoins de la DAM en la matière ne feront que croître.

« Pour les têtes [nucléaires] futures, les performances demandées sont plus importantes que celles qui sont nécessaires pour les têtes TNA [aéroportée] et TNO [océanique]. Nous devrons développer des modèles plus performants, et faire de plus en plus de calculs en 3D [alors qu’on était majoritairement en 2 dimensions avant], ce qui nécessite de continuer à accroître la puissance de nos calculateurs, avec des machines de la classe exaflopique. […] Nous avons besoin de les utiliser 7j/7, 24h/24 pour la dissuasion nucléaire puisque les calculs sont très demandeurs de puissance de machine », avait expliqué François Geleznikoff, alors patron de la DAM, en décembre 2019.

Pour en savoir plus : Tera, la saga des superculateurs, par la DAM/CEA

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78 contributions

  1. Too dit :

    « C’est l’assurance d’avoir une dissuasion nucléaire crédible et fiable. »
    Alors non… Mais c’est sur que c’est déjà un pas non négligeable.

  2. VinceToto dit :

    Perso, je ferais des contrôles pour vérifier si des petits malins ne les utilisent pas pour miner des cryptomonnaies à coté des opérations de cassage brut de cryptage et autres qui peuvent correspondre à ce type de calculateurs.
    Veuillez me rappeler la puissance de calcul pour la conception et tests des premières bombes A, H ? Ok…

    • Rémy dit :

      On dit chiffrement

    • PK dit :

      C’est le prix à payer pour ne plus faire des essais… Beaucoup de calculs, des mini-essais (avec laser pour vérifier) et c’est tout : on croise les doigts que cela pétera bien le jour J.

    • alain dit :

      vous ne savez pas de quoi vous parlez

    • Maxima dit :

      comme trop souvent, on ne s’y habitue pas hélas.

    • NguyenKT dit :

      @toto: Je vous conseille de retourner la question aux ruSSes vu la qualité de leurs matériels en Ukraine et vu votre soutiens pour putin depuis le début sur ce site.

      • VinceToto dit :

        Mes « prédictions » sur Zelensky, l’offensive russe, etc., ce sont pour le moment sont révélées exactes.
        Ce n’est pas que je soutienne Poutine, ni la guerre en Ukraine, mais j’évalue qu’il agit pour le bien de son pays(et pas que) contrairement à nos dirigeants et les gens comme vous.

        • tschok dit :

          @VinceToto,

          Vous aviez prévu une victoire rapide de la Russie?

          Ou vous aviez pris quelques précautions oratoires qui vous permettent d’échapper partiellement au ridicule?

    • Alain d dit :

      N’importe quoi !

  3. Raymond75 dit :

    Concevoir de nouvelles têtes nucléaires uniquement en numérique, sans faire d’essai (une bonne décision) laissera toujours un doute.

    Ce sont des armes de suicide réciproque, jusqu’à ce qu’un cinglé accepte le défi : inquiet d’une guerre nucléaire contre la Russie, le phare de la pensée Mao avait demandé à ses généraux une évaluation du nombre de victimes. « 50 million » camarade ; « c’est jouable » à t,’il répondu …

    • Rémy dit :

      Et quelle est le rapport avec la choucroute garnie ? Le pacifisme et votre antinucléaire primaire fleurent bon le Génésis de Peter Gabriel

    • bonnechancemonpapa dit :

      Même si quelques têtes nucléaires foirent, il en restera statistiquement suffisamment pour faire quelques dégâts. Nucléiare aujourd’hui, la dissuasion pourrait aussi devenir non nucléaire (mais pas moins dommageable pour qui en ferait les frais)

  4. Le Breton dit :

    Autant je suis fier que l’on possède une telle chose en France, autant peut-on parler de supercalculateur français/européen quand seule l’intégration est française, les composants étants d’origine américaine ?
    C’est comme si je disais que mon ordinateur est assemblé par des techniciens en France mais comprends uniquement des composants américains, pourrais-je parler avec le terme « ordinateur français » ?

    • KL42 dit :

      J’avais la même réflexion.
      Tant que les composants ne seront pas Français nous ne serons indépendant.
      Même chose pour les catapultes du futur PA, ou les sieges ejectables des rafales.

    • asvard dit :

      C’est n’est pas qu’assemblé mais conçu.
      Par ailleurs allez au bout du raisonnement : les composants dont les processeurs ne sont pas US mais probablement Taiwanais puisque fabriqués là-bas sur des machines néerlandaises. Ah oui mais le silicium qui sert à faire les wafers qui servent à faire les composants il vient d’où ? et les dopants ?
      Votre ordinateur est juste assemblé il n’y a pas de conception puisque c’est déjà prévu (cartes à enficher)

      • Nike dit :

        Une part non négligeable des wafers dans le monde est fournie par une boîte Française :soitec

    • Toto dit :

      Il ne faut pas être victime de la propagande américaine qui veut qu’ils ont tout fait et toujours en plus grand et plus gros. Si on prend l’OS qui est un linux, c’est un travail internationnal, et je pense qu’il est en est de même pour les processeurs… Doit on s’assurer de pouvoir produire cette machine de A a Z en france en cas de guerre, ça c’est une vraie question

    • Rémy dit :

      C ‘ étais déjà le cas depuis le milieu des années , jusqu’au début 2000 avec les Cray , la, le CEA/DAM dépend a la fois de GNU/Linux , Nvidia et Intel

      • didixtrax dit :

        GNU/Linux est en code source ouvert, libre d’accès et de modification. Il existe pire comme dépendance non ?

    • Thaurac dit :

      Composants américain, oui, avec des puces de taiwan, corée du sud, japon ( plus chine actuellement)

    • NulH dit :

      Un réponse sur le zing !!
      Faut suivre la techno… quelques cours existent sur internet… et de très bon niveaux … qui en donnent les raisons !!!
      L’idéal, serait d’avoir déjà suivi ces évolutions, pas depuis hier, mais bien avant … il y a un temps certains….
      Les rép. aux propos de ces deux trois commentaires, et probablement des suivants, s’identifient alors.

    • PK dit :

      Ça se discute, mais c’est la même chose pour le l’avion de chasse suédois… Ce n’est pas parce qu’il est en partie fabriqué en pièce américaine que tout le monde sait le faire. L’avionique, la structure, etc. reste une part non négligeable de l’avion.

      Ici, c’est pareil : vous enlevez le proc Intel et vous y mettez un proc Chinois, ça ne changera qu’à la marge la perf… L’exploit, la perf, c’est dans la structure autour et notamment la gestion des bus, super pointue.

      • Thaurac dit :

        Les proc chinois sont en retard renseignez vous, pas la même génération de gravure, fiabilité, frequence et concommation

        • Thaurac dit :

          « Semi-conducteurs: la Chine doute de pouvoir rattraper son retard »

          https://www.lopinion.fr/international/semi-conducteurs-la-chine-doute-de-pouvoir-rattraper-son-retard

        • PK dit :

          à Thaurac

          Vous n’y connaissez que dalle…

          Le proc chinois, c’est un cœur MIPS des années 90 : grosso modo, c’est le top de ce qui se fait dans le domaine des CPU. Intel a mis des années pour intégrer ces technos dans ses cœurs. Et ils ont en partie renoncer (cf. l’échec patent du Pentium IV : ils ont repris un cœur de Pentium III ensuite, plus léger, et plus facile à faire monter en fréquence). Et comme le x86 s’y prête mal, ils préfèrent jouer la carte de la vitesse, car ils ne peuvent pas bien monter en IPS sur les cœurs (le nombre d’instructions par cycle). Alors, ils collent des transistors bipolaires + multicœurs pour donner de la puissance. Résultat : ça ne fonctionne bien qu’en consommant un max et du moment que la techno suit (donc diminution de la taille du transistor).

          S’ils sont leaders, c’est parce qu’ils ont le marché de la bureautique PC. Leurs x86 est incapable de s’aligner partout ailleurs, ou justement le cœur RISC du MIPS est leader (cf. ARM qui a le même cœur que les Chinois (enfin, c’est le contraire… Mais les deux viennent de la même source)).

          Un x86, c’est bien pour un pécé ou une station de travail. Pour le reste, ça n’a pas fait ses preuves.

          De plus, la génération de gravure n’a RIEN à voir avec le design d’un processeur : c’est juste qu’il va consommer moins et être plus rapide. Mais un truc qui a un design moitié pourri aura toujours un design à moitié pourri avec une bonne techno. Le design du proc chinois est bon, pas parce qu’il est chinois : il est américain d’ailleurs, car MIPS était une boîte américaine, mais parce que le design repose sur la quintessence de l’art dans le design d’un CPU (RISC + toutes les améliorations du pipe-line inventées jusque dans les années 90, ou plutôt intégrées, car la plupart ont été inventées avant).

          D’ailleurs, le design du x86 est tellement bon que même Apple est revenu en arrière, après 20 ans, pour faire ses propres processeurs, des M1, qui sont… des MIPS des années 90 !!! Les mêmes que les Chinois !

          Mince alors… Même Apple n’est pas d’accord avec vous. Mais je suppose que vous êtes une pointure en microélectronique, qui plus est en architecture de micro-processeur, et que vous allez avoir des arguments détonants pour me faire rendre gorge…

    • olivier_m dit :

      Oui car ce qui compte c’est les logiciels mis en oeuvre pour gérer cette cascade de ou ce parallélisme extrême de processeurs ainsi que la configuration des progiciels pour traiter les problèmes à résoudre et qu’ils soient optimisés pour cette architecture. Les composantes physiques (processeurs et mémoires) c’est comme de la ferraille ou de l’acier pour une voiture. C’est inerte. Si vous savez calculer et créer une forme vous aurez une voiture. Après deudeuche ou venturi tout dépend du savoir faire

    • ecarlate dit :

      C’est non seulement à moitié vrai mais aussi impossible. Les composants sont certes américains mais leur production est si complexe qu’elle nécessite l’intervention de dizaines de pays, à commencer par Taiwan et des pays européens fournisseurs de technologies de pointes. Il y a également pas mal de français immigrés aux USA qui bossent chez Intel et ailleurs, sans parler des autres nationalités. Aucun autre pays ne produit de composants aussi puissants et ils ne posent pas un risque de sécurité significatif, vous vous doutez bien que cela a été évalué au préalable par le CEA.

    • Mic dit :

      Les composants sont une chose mais pour en faire un supercalculateur en est une autre beaucoup beaucoup plus complexe… Et c’est là que Atos est une entreprise très performante et elle est bien française et s’il suffisait « d’empiler » les microprocesseurs, bcp de pays seraient meilleurs que la France !
      Je n’ai pas l’impression que vous faites une différence entre un PC et un supercalculateur qui possède plusieurs centaines de milliers de cœurs de microprocesseurs ?

    • Crimson Dynamo dit :

      Ce qui est incrompréhensible c’est que nous avons des concepteurs de puces français: STM, Kalray, Soitec…
      Si on peut comprendre que Bull/Atos s’adapte au marché, qui se fiche bien que les puces soient américaines, il n’est pas normal qu’ils n’aient aucun prototype ni même concept solution souveraine.

      • PK dit :

        SOITEC ne fabrique pas de puce. Ils améliorent les galettes de silicium pour permettre des fabriquer des puces plus petites et plus performantes.

        Pour ceux que cela intéresse, ils fabriquent une couche indépendante sur laquelle se greffe le transistor. Ainsi, ce dernier n’a plus une couche commune avec tous les autres. Cela a plusieurs avantages :

        – disparition de la « prise » de courant du transistor pour se mettre au diapason de la couche commune. Donc diminution de la taille du transistor.
        – quand un transistor commute (fait passer le courant), cela induit un bruit parasite dans la couche commune, entraînant un brouillage quand il y en a des millions. Sans couche commune, un transistor ne parasite plus ses voisins, donc cela permet d’augmenter les fréquences sans voir les autres transistors se mettre à fonctionner tout seul sans que l’on leur demande rien.

        Tous les fondeurs utilisent la technologie de SOITEC, faisant de cette boîte un acteur central encore aujourd’hui. Il faudra voir cependant quand leur brevet va tomber en revanche, car SOITEC a été créée dans les années 90 (c’est une spin-off du CEA-LETI de Grenoble).

        Donc la chaîne de production d’une galette, c’est

        – fabrication d’un lingot
        – découpage en tranche (waffer ou galette)
        – envoi chez SOITEC (pour ceux qui vont faire des grosses puces) pour ajouter une couche de base
        – envoi chez les fondeurs

      • hoopy dit :

        STMicroelectronics faisait des clones d’Intel dans le temps mais aujourd’hui ST est plutôt dans les microcontrôleurs, pas dans le calcul intensif. Kalray pourquoi pas, mais il n’y a pas que le processeur qui compte, il faut aussi tout l’environnement logiciel (outils, middleware etc…) et système qui va bien. Soitec ne fait pas de puce, juste les galettes de silicium. Je ne suis pas sûr que leur techno est adaptée aux processeurs qu’on met dans les super calculateurs. A noter qu’en France, il n’y a aucune entreprise qui sait faire des GPU comme NVIDIA. Pour faire quelque chose de franco-français, il faudrait une sacrée volonté politique et beaucoup d’argent. Et s’il n’y a pas d’autres marchés que l’état Français qui va commander une machine tous les 10 ans, je ne pense pas que ça puisse aller bien loin.

    • alain dit :

      les chinois l’ont fait
      Ils ont sorti deux supercalculateurs exascale avec leurs propres processeurs (shenwei) devant les usa (1)

      • Mic dit :

        Des preuves ?
        Parce ce que la Chine et la Russie annoncent nous avons beaucoup de doutes car entre l’annonce et la réalité il y a bcp d’interrogation ?
        Cf la soit disant 2 ème armée du monde dans la mouise .en Ukraine !!!

        • Paddybus dit :

          Pas besoin de preuve pour savoir que vos affirmations sont aussi déconnectées qu’ imbéciles…
          La Russie n’est pas la deuxième armée du monde…. usa et Chine étant d’évidence loin devant… et elle n’a envoyé semble-t-il qu’environs 160 à 180 000 soldats en ukraine…. face à une armée ukro-néo-nazie affichée
          au début du conflit de 700 000 hommes…. un delta non négligeable à qui veut ouvrir les yeux sur les réalités non sur le fantasme ricano-mondialiste…

          • Mic dit :

            Et vous un cre…in car vous ne savez pas à qui vous répondez…

          • Paddybus dit :

            Oui ducon, crétin et fier de l’être face un un type qui n’a que des automatismes en tant que référence…. et cela qui que tu sois…. aie au moins le courage d’écrire le mot complet…. voire de donner le pedigree que tu prétends détenir…. au moins on va rire un peu…!!! ;0)))))

            Car tu compares un quart d’une armée environs 180 000 hommes (russe), à une armée complète ukronazie, de 700 000 hommes, aidée de toutes les armées de l’otan…. et dans cette vision du réel…. quoi que tu en dises, les Russes ne s’en sortent pas si mal….

            Mais pour cela il faut un minimum d’indépendance d’esprit…!!!!

    • AirTatto dit :

      Tu peux rajouter Chinois, Taïwan si ce n’est la majorité des composants made in China (manufacturé en Chine)

    • Réno dit :

      On se rassure comme on peut mais c’est mieux que rien à Bruyères-le-Châtel.

    • joe dit :

      C’est pourquoi l’Europe finance le développement d’un processeur avec le programme Horizon 2020. Le processeur est conçu pour être intégré à terme dans un supercalculateur exascale, mais aussi pour être embarqué dans des automobiles.

      • hoopy dit :

        On a déjà passé 2020 et il n’y a toujours rien 😉 Mais il y a en effet l’European Processor Initiative. Mais bon, les projets européens sont souvent des usines à gaz avec beaucoup de paperasse ou de réunion, et des partenaires qui prennent l’argent pour faire un peu ce qu’ils veulent.

  5. Czar dit :

    le supercalculateur généraliste le plus puissant d’Europe [et le 14e au niveau mondial].

    ça donne une idée du déclassement du continent

    • PK dit :

      LA course aux FLOPS est intéressante sur le papier, mais reste malgré tout assez théorique. Il y a assez peu de domaines au final où c’est exploité, et dans la plupart des domaines, c’est très mal exploité, car cela reste du travail de bourrin (même s’il faut des artistes pour faire tourner la charge de cavalerie).

      En gros, il vaut mieux être 100e mondial au niveau des performances pic (c’est-à-dire théorique) et exploité à 100% les capacités de la machine qu’en avoir une 10 fois plus puissante exploitée à 10% de ses capacités.

      Pour rappel, on utilise ce genre de trucs pour simuler des comportements dont les équations physiques n’offrent pas de solutions mathématiques brutes capables de renseigner immédiatement l’utilisateur dans sa GLOBALITÉ. C’est souvent le cas des systèmes offrant des interactions complexes avec des molécules entre elles, comme les fluides. Pour décrire ce comportement, les scientifiques découpe la matière en petits cubes en simulant le comportement du petit cube. Chaque petit cube est ainsi calculé (la solution mathématique étant souvent déjà extrêmement complexe et demande beaucoup de calcul par sauts approximatifs), en tenant compte du cube de départ qui va poser les conditions de fonctionnement initiales du cube annexe. Plus la taille du cube sera petite, et plus la précision du calcul va approcher le comportement général du mouvement général décrit par l’équation mathématique.

      Il y a souvent des milliards et des milliards de cubes à calculer, pour analyser le comportement d’une fraction de temps réel. Il faut donc recommencer autant de fois que nécessaire pour approcher le temps physique nécessaire à l’analyse d’un phénomène à l’échelle humaine : par exemple, pour avoir plusieurs minutes d’écoulement d’un fluide, cela nécessite d’avoir une unité de temps minuscule (millième de seconde par exemple) et donc d’itérer le calcul de tous les cubes autant de fois que nécessaire.

      Le problème est que le calcul du cube est déjà une approximation, que les conditions aux limites des cubes suivants en sont une autre et que le fait de recommencer sur de longues secondes en sont une troisième. À la fin, vous pouvez très bien avoir un résultat totalement faux.

      Il faut donc non seulement des gros spécialistes de calculs pour savoir comment répartir intelligemment le calcul parallèle que permet cet type de calcul (c’est aujourd’hui un pan entier des mathématiques), mais aussi des physiciens appliqués qui savent analyser la valeur des calculs effectués.

      C’est la raison pour laquelle tout cela ne remplacera jamais la pratique. L’ONERA aura toujours une soufflerie qui permette de tester en direct et en RÉEL le comportement d’un fluide. Cela permet ensuite de créer des modèles mathématiques, propre à une expérience, pour accélérer les calculs impossibles de ce que j’ai décrit au-dessus. Mais cela reste un modèle pour un cas, avec toute la fragilité que cela comporte, étant donné l’« effet papillon » : le moindre effet de bord, même hyper léger, peut totalement transformer l’expérience, rendant le modèle caduque.

      Croire donc que l’on peut tout simuler par le numérique pour remplacer ces systèmes complexes est totalement illusoire.

    • vrai_chasseur dit :

      @czar
      En réalité c’est plus nuancé que ça.
      2 architectures de supercalculateurs se détachent du lot au niveau mondial : la française (sur base BullSequana) et l’américaine (sur base HPE-Cray). La différence avec les autres (chinoises en particulier) est que ces 2 architectures sont facilement extensibles par adjonction de modules supplémentaires pour augmenter leur puissance. Elles sont les seules à ainsi pouvoir atteindre à coût compétitif la puissance dite « exa ». Les américains viennent de le prouver, le supercalculateur Frontier du Department of Energy à Oak Ridge, sur architecture HPE-Cray, vient tout juste d’atteindre cette puissance exa (juin 2022) par adjonction de modules. Il prend ainsi la première place mondiale devant le supercalculateur japonais Fugaku.
      Cet EXA1 du CEA/DAM n’en est qu’à son 1er module installé (« partition » dans le jargon) et atteint d’emblée une puissance très élevée.
      Dans le top 10 mondial des supercalculateurs, sans surprise on retrouve en majorité ces 2 architectures.
      Fait notable, la moitié de ce top 10 mondial est située en Europe, dont le LUMI en Finlande de l’initiative européenne EuroHPC (n° 3) et l’Adastra français du GENCI (n° 10) dédié à la recherche sur l’IA. Et maintenant cet EXA1 qui arrive d’entrée de jeu à la 14ème place avec une seule partition.

      Il suffit à l’Europe de renforcer ses supercalculateurs par adjonction de partitions (la majorité est sur architecture française BullSequana) et ce top 10 mondial serait en majorité à son avantage.

      • Czar dit :

        j’ai un peu de mal à saisir comment un supercalculateur puisse « en même temps » être le 1er européen (et14ème au niveau mondial), et voir la moitié du top 10 de ceux-ci situés sur le même continent.

        Ou alors schrödinger est impliqué

    • tow dit :

      Quelle est ta contribution au continent pour le réhausser? (car c’est bien joli de se plaindre dans des commentaires mais faire cela n’amène rien, ne créer rien)

      • Czar dit :

        « ne créer rien »

        je te remets à niveau au plan orthographique sur une base fin de cycle élémentaire. D’après une prévision incrémentale, tu devrais avoir rattrapé le niveau d’un douanier de seconde classe époque Napoléon III d’ici à la super nova qui nous engloutira tous. C’est très encourageant.

  6. Titeuf dit :

    Pas sûr qu’il fasse tourner CYBERPUNK correctement !!!!
    hé hé hé….

  7. Lothringer dit :

    Il est dommage que les Européens ne se soient pas rassemblés pour acheter ensemble la société britannique ARM (processeurs du même nom, basse consommation énergétique, compatibles Linux), qui finalement n’a pas été vendue à l’américain Nvidia, et reste donc à ce stade filiale du japonais Softbank. Et dommage que dans la foulée nous ne disposions pas d’une société européenne capable de rivaliser avec les puces de calcul 3D de Nvidia.
    En ayant les 2 (processeurs ARM + processeurs 3D) nous aurions pu envisager un meilleur niveau de souveraineté.
    Encore une occasion perdue. C’est une malencontreuse habitude.

    • farragut dit :

      @Lothringer
      Mais les Européens s’étaient déjà « rassemblés » pour former Unidata entre Bull, ICL, Siemens et Philips, si je ne m’abuse…
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Unidata
      C’était déjà une « Europe de l’Informatique », avant que Macron n’invente l’Europe de la Défense, cinquante ans après…
      Ayant connu le Programme ESPRIT, toute initiative de coopération « pré-compétitive » n’a aucune chance d’aboutir, avec les « règles » de la fameuse « concurrence libre et non faussée » de la Commission Européenne.
      Et ce n’est pas demain la veille que l’on pourra créer en Europe une société comme Space X, avec la mentalité des pays « frugaux », quels que soient les inventeurs, chercheurs, scientifiques ou ingénieurs compétents disponibles. « On » préfère faire des reportages sur les valeureux cerveaux qui vont aider les américains (sur l’émission Capital, c’est surtout les traders français partis à la City, du moins avant l’inflation à deux chiffres et le Brexit…).
      Comme quoi, il est plus facile de se tirer dans les pattes entre « voisins », et faire échouer toute tentative de créer un « géant » européen dans quelque domaine que ce soit, sauf, si l’Allemagne peut, comme pour « l’exemple » Airbus, récupérer la totalité du savoir-faire français sous prétexte de coopération budgétaire (le « Et moi, je suis la Banque! » de Merkel en réponse à Sarko qui se prenait pour « la Tête »).
      En gros, la « malencontreuse » habitude de l’échec est à analyser dans la création et la mise en oeuvre des règles non démocratiques de la Commission.
      Qu’elle prenne des largesses avec sa mission première, et étende d’autorité son prétendu domaine de responsabilité au secteur de la Défense (cf. l’article sur le choix de l’appel d’offre pour les antimissiles hypersoniques), et les « échecs » ne seront plus malencontreux, mais une fonction inhérente du fonctionnement de cette « institution », faux-nez de l’Allemagne shootée au gaz russe.
      Arrêtons de dialoguer avec des junkies, et gardons notre argent pour nos propres projets, dans nos domaines d’excellence.
      Quant aux processeurs, la maîtrise de la complexité des supercalculateurs passe effectivement par celle de la conception des flux de données, c’est à dire la gestion des bus et des caches (un petit clin d’oeil en passant à SAFRAN et au CET du Rafale -la vitesse des processeurs n’est pas la réponse aux erreurs de conception d’architecture-). 😉

    • remy dit :

      ARM n ‘ a pas été vendu a Nvidia , les autorités chinoises et européennes s ‘ y sont opposés . Simplement parce que les politiques veules maintenir ARM dans une « neutralité  » illusoire

    • Amiral_sub dit :

      vous n’allez pas comparer la puissance d’un processeur arm avec ça quand meme?

    • hoopy dit :

      Il faut noter qu’ARM fait aussi des processeurs graphiques, mais plus pour de l’embarqué (https://fr.wikipedia.org/wiki/ARM_Mali), pas au niveau de performance de ce que fait NVIDIA

      • PK dit :

        C’est tout à fait comparable à ce que fait Nvidia, mais comme c’est pour l’embarqué : ça ne se voit pas.

        Il est plus simple de faire comme Nvidia que de le faire pour l’embarqué, où les contraintes sont terribles. Les fours crématoires à plusieurs centaines de watts que sont certaines puces de Nvidia ne tiendrait pas une seconde sur un téléphone.

        Vous pouvez donc assez facilement prendre une équipe de bons dans l’embarqué et leur demander de faire ce que font leurs collègues dans les PC, mais l’inverse est beaucoup plus difficile.

        Si ARM ne le fait pas, c’est pour 2 raisons : le marché des cartes graphiques est bouché (nVidia a 80% du marché, AMD le reste). De plus, la partie compression de texture est spécifique à chaque monde (ST3TC pour les cartes vidéos, ASTC pour l’embarqué) ce qui fait que vous ne pouvez pas directement transcrire une puce d’un monde à l’autre sans réinvestir un peu. Cela ne vaut pas le coup économiquement pour ARM.

    • hoopy dit :

      Il faut aussi noter que comme ARM est britannique et que les britanniques sont alignées sur les USA. Travailler avec ARM ou le racheter ne nous rend pas vraiment plus autonome stratégiquement. Autant travailler directement avec leur chef américain 😉

  8. didixtrax dit :

    belle plaquette publicitaire ! dans la vraie vie ce qui compte sont la qualité des modèles (en général fortement non-linéaires) et celles des données. Sinon on se retrouve avec le syndrome Météo-France : toujours plus de puissance de calcul répartie entre la fréquence des « batch » (calcul complet = mise à jour) et la finesse de la grille, mais avec des modèles ayant atteint leurs limites et des données pas plus fines ni nombreuses : avec ce surcroît de puissance on calcule plus vite des erreurs plus fines. A quoi sert une prévision à trois jours qui alterne entre soleil et pluie toutes les 6 heures ?

  9. lxm dit :

    Par contre, au vu de la consommation d’énergie de ce supercalculateur, et qu’on doit faire des économies, on ne va pas pouvoir l’utiliser avant un bon moment.

  10. Thierry le plus ancien dit :

    Pourquoi ne pas faire un test nucléaire loin dans l’espace, notre soleil étant d’ailleurs la plus grande centrale nucléaire existante et les supernova sont des explosions nucléaire naturelle

    le test doit être assez loin dans l’espace pour ne pas faire une Une impulsion électromagnétique nucléaire (IEM) qui détruirait l’électronique depuis la haute altitude, pas de radiation ou conséquence à redouter ni sur le climat ni sur les satellites ni rien d’autre et bien plus fiable qu’une simulation informatique.

    Un jour la lune sera peut-être converti en la plus grand central nucléaire pouvant alimenter de manière illimité toute la terre ! on peu rêver…mais ça existera peut-être.

    • Paddybus dit :

      Non le soleil n’est pas une centrale nuc, mais plutôt une centrale thermo-nucléaire… ce que nous n’avons pas encore sur notre planète…
      La fusion n’est pas encore contrôlée par l’homme, mais il y travaille…!!!

  11. Bubu dit :

    Certains commentateurs pensent que l’on doit faire 100% français de A à Z. C’est tout simplement utopique ! Pourquoi ? Simplement que l’on ne peut avoir le savoir faire de conception, toute la chaine de fabrication et l’assemblage d’un tel type d’appareillage dans un pays de seulement 67 millions d’habitants. Que l’on le veuille ou non, l’humanité a toujours été mondialisée. Jamais un seul état (ou cité état à l’époque) n’a été totalement fermée et coupée du monde. Les échanges de matériaux et de connaissances ont toujours existé. Vous allez me dire : Eh la Corée du Nord, ce n’est pas un exemple ? Si, si… un exemple de lien avec l’URSS puis la Chine et rebelotte la Russie actuellement. C’est grâce à cela qu’ils développent leur armement… mais que leur population est restée dans la pauvreté absolue sans évolution du monde rurale car pas d’ouverture pour cela.
    Donc en conclusion : oui des composants pas français (comme votre pétrole dans votre SUV !) mais une conception et programmation en partie ou totalement française. Du bon boulot malgré les grincheux qui n’y connaissent rien.

    • Czar dit :

      « Que l’on le veuille ou non, l’humanité a toujours été mondialisée.  »

      De l’art de raconter des conneries plus grosses que soi avec l’onctueuse assurance d’un nouveau Braudel.

      (car Néron mangeait ses avocados équitables directement livrés par galères impériales depuis Acapulco, savez-vous ?)

      • Bubu dit :

        Ah sacré Czar, le pseudo en dit beaucoup… Bon d’abord je ne suis pas gros voyons, j’ai juste des réserves pour l’hiver. Et de deux, pourquoi ce serait des conneries ? Il faut juste prendre des livres d’histoire (Braudel pourquoi pas). Mais il faut comprendre ce qui est marqué…

        • Czar dit :

          « . Et de deux, pourquoi ce serait des conneries ? »

          euh… parce que ça en est ? tu comprends le concept de « mondialisation » ? (indice, c’est pas quand Pierre le Grand va chercher des charpentiers bataves pour construire sa marine.)

          • Bubu dit :

            Tellement que t’es intelligent par rapport à moi Czar… Waouh, j’en suis bouche bée !

    • PK dit :

      N’importe quoi. Il est tout à fait possible de tout faire en France. C’est juste une question de volonté et de pognon. Pour votre information, ST a développé dans les années 90 un RISC 64 bits (analogue à ceux que produisent aujourd’hui les Chinois qui ne sont en réalité que des MIPS R10000) qui s’appelait Chameleon. Donc le savoir-faire, on l’a : c’est juste que l’envie n’y est pas.

      Et honnêtement, avec les politiciens tueurs d’entreprise – cf. Macron avec EDF, Alstom, etc. – on peut les comprendre.

      • Sorensen dit :

        Oui, le duo RISC DSP a perdu contre le duo x86 GPU. D’où la dèche.

        • PK dit :

          Encore n’importe quoi. Un DSP est un processeur spécialisé, en général dédié à un seul type de tâche, comme le traitement du signal. Un DSP n’est jamais dans un ordinateur par exemple : on les colle dans des machines ou bien sur des cartes spécialisées.

          Le GPU est le processeur hyperspécialisé des cartes graphiques. Il n’a donc rien à voir avec un DSP (qui est plutôt ressemblant à un microprocesseur avec des bus plus larges). C’est d’ailleurs un truc qui a beaucoup avoir avec le calcul massivement parallèle. Un GPU, c’est un cœur pas terrible, mais en grand nombre.

          Enfin, il n’existe pas de duo RISC DSP, si ce n’est dans votre tête, et l’arrivée du GPU -terme essentiellement employé dans les cartes 3D – n’a rien à voir avec le fait qu’Intel domine le marché des processeurs, car Intel ne produit que des mauvais GPU – des truc intégrés – et est incapable de s’aligner sur le marché des cartes graphiques (dominés par nVidia (80%) et… AMD le concurrent d’Intel dans les processeurs).

          Bref, si effectivement, le x86 a gagné la guerre des processeurs, il ne doit pas à son architecture – très moisie – mais à la chance d’avoir été sur le marché de la bureautique PC, ce qui a donné des ailes financières à Intel, qui a su écraser ses concurrents.

          Comme dans beaucoup de cas, cf. le F-35, ce n’est pas toujours le meilleur qui gagne, mais celui qui peut s’imposer face aux clients.

          • Sorensen dit :

            Quel charabia de paysan. Je ne vous demande pas votre opinion de sous-diplômé.

          • mich dit :

            Bonjour , je viens de lire vos interventions sur ce sujet , franchement très intéressantes ,ça donne envie de creuser un peu ce sujet que je ne connais que de façon très superficiel .

      • hoopy dit :

        Ces temps sont quand même bien lointains. Le temps où ST faisait du Transputer est aussi révolu. Je pense que ST a perdu beaucoup de compétences en computing dans la dernière décennie et s’est reconcentré sur son cœur de métier : la fonderie et l’intégration hardware (System on Chip). Les compétences en computing généraliste d’ST sont donc certainement pour beaucoup parties vers d’autres cieux. Par exemple, Kalray, qui vise plus la haute performance, est une spinoff d’ST (et du CEA). Donc ST seul ne fera pas tout, mais c’est quand même un des rares européen à ce niveau dans la microélectronique et c’est donc un gros avantage pour la souveraineté nationale (même si les machines pour la production de puce ne sont pas françaises … 🙂 ).

        • Lothringer dit :

          Ahhhh le Transputer, une division achetée par ST dans les années 80 , société INMOS originaire de Grande-Bretagne (…tiens tiens tiens….comme les processeurs ARM, c’est curieux) . Une architecture révolutionnaire pour son époque. Encore un beau gâchis signé ST !!!

          Sauf que ST est un MAUVAIS fondeur : sa finesse de gravure s’est arrêtée de progresser il y a PLUSIEURS années. Aujourd’hui il est à la ramasse et est obligé d’appeler GlobalFoundries à l’aide pour continuer d’exister. Ils ont en catalogue un maigre et vieux processeur ARM 32bits cadencé à basse fréquence pendant que d’autres fondeurs font des processeurs ARM 64b haute fréquence (que l’on trouve par exemple dans les Raspberry). Autrefois ST maîtrisait les mémoires flash, mais ils n’ont pas su progresser pour déboucher vers les mémoires flash haute vitesse et à nombreux cycles d’écriture (qu’on trouve aujourd’hui dans les disque-dur SSD). Ils ont dû vendre péniblement cette division avant qu’elle ne devienne un gouffre financier.
          C’est la misère complète !!!!
          ST est l’exemple même d’une société qui pense vivre indéfiniment sur quelques acquis de marchés (ex: composants SoC pour automobiles ). Une pure vision financière court-termiste. On dégage des bénéfices à court terme pour faire plaisir aux actionnaires, mais on ne prépare pas beaucoup l’avenir. Et un jour on découvre que le concurrents ont pris de l’avance. Quand je vois ce gâchis, je me dis parfois qu’on est à la limite du maquillage de la sincérité comptable. Cette boîte a été dirigée par des financiers et non par des industriels.
          J’ai de la peine de dire du négatif d’une boîte française (en l’occurrence franco-italienne) de haute technologie, mais dans le cas de ST, c’est de ma part plutôt de la consternation.

      • Jack dit :

        Un ordinateur n’est pas uniquement composé d’un micro-processeur. A défaut, les concepteurs de moteurs seraient également capables de fabriquer des avions, des voitures, des bateaux…

        En outre, la volonté ne suffit pas pour qu’un pays dispose de toutes les ressources minières nécessaires à son industrie.

    • Lothringer dit :

      Donc , on résume….
      Il est « normal » qu’un pays de 67 Mio d’habitants comme la France n’y arrive pas = conception mais pas de fabrication.
      Mais il est « normal » qu’un pays de 23 Mio d’habitants comme Taïwan y arrive = conception + fabrication .

      C’est une très belle approche. Effectivement comme vous dites, « Du bon boulot malgré les grincheux qui n’y connaissent rien ».

  12. Jaicruvoir dit :

    La limite de ce super calculateur sera la liaison électrique avec EdF.

  13. Henry dit :

    sur ce site le classement des supercalculateurs dans le mode : https://www.top500.org/lists/top500/list/2022/06/

  14. Elyo dit :

    Les chinois peuvent fabriquer les ordinateurs les plus rapides du monde ça ne changera rien pour eux. Pour les produits de très haute technologie il faut des ordinateurs dernier cri mais ensuite il faut les moyens techniques pour fabriquer lesdits produits et là le retard chinois est insurmontable. Un exemple : le C919 sensé concurrencer l’A320 et le B737 est un avion issu de la technologie aérienne des années 80, pourtant il vole grâce à des réacteurs français et une avionique américaine !!! Quelqu’un peut-il me citer une réalisation purement chinoise qui sort de l’ordinaire ? Non issue de la rétro-ingénérie ? Qui est vendue dans le monde entier ?