La Direction générale de l’armement commande six nouveaux patrouilleurs côtiers pour la Gendarmerie maritime

Après que, en juillet dernier, la Direction des affaires maritimes lui a cédé la vedette de surveillance régionale « Armoise » pour en faire un patrouilleur côtier, la gendarmerie maritime va pouvoir moderniser sa flotte très prochainement.

En effet, par un communiqué diffusé ce 1er septembre, la Direction générale de l’armement [DGA] a annoncé qu’elle venait de commander au groupement d’enteprises formé par le chantier naval SOCARENAM et CNN MCO un contrat d’un montant maximum de 110 millions d’euros pour développer et produire jusqu’à six patrouilleurs côtiers de nouvelle génération pour la Gendarmerie maritime. Le marché prévoit également le Maintien en condition opérationnelle [MCO] de ces futurs navires.

Affichant un déplacement d’environ 350 tonnes pour une longueur de 46 mètres, ce patrouilleur côtier de nouvelle génération devra pouvoir naviguer à la vitesse de 21 noeuds et disposer d’une capacité d’accueil à la journée de 25 personnes [en comptant les 15 membres d’équipage]. Il devra permettre à la Gendarmerie maritime d’effectuer des missions de sept jours en mer, sans ravitaillement. Sa disponibilité devra être en mesure de voguer 180 jours par an.

Doté de systèmes de traitements des fumées visant à réduire ses émissions d’oxyde d’azote, ce futur patrouilleur sera armée d’une mitrailleuse de 12,7 mm et de fusils mitrailleurs MAG58, fournis par FN Herstal. Il pourra aussi mettre en oeuvre une embarcation rapide, capable de filer les 40 noeuds. Selon la DGA, ces équipements sont « en cohérence » avec les missions qu’il aura à effectuer. Celles-ci vont de la sauvegarde maritime en passant par la police des pêches, la détection des flux migratoires et le renseginement d’intérêt maritime.

Le premier patrouilleur côtier de nouvelle génération devra être livré à la Gendarmerie maritime au second semestre 2024. Les six navires seront affectés à Cherbourg, Lorient, Toulon, Pointe-à Pitr et Papeete.

Pour rappel, formation spécialisée de la Gendarmerie nationale, la Gendarmerie maritime est placée pour emploi auprès du chef d’état-major de la Marine nationale. Elle compte environ un millier de militaires, dont 50% d’officiers de police judiciaire.

Quant au chantier naval Socarenam, établi à Boulogne-sur-Mer, il a déjà été désigné pour livrer trois Vedettes côtières de surveillance maritime de nouvelle génération [VCSM-NG] à la Gendarmerie maritime et six Patrouilleurs outre-Mer [POM] à la Marine nationale.

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39 contributions

  1. Yvan dit :

    Des patrouilleurs côtiers de 46 mètres avec une autonomie à la mer de 7 jours ?
    On a pas la même définition de côtier….

    • Breizhatao dit :

      Bonjour, que voulez vous dire ? Trop d’autonomie ?

    • tschok dit :

      C’est parce qu’ils sont de nouvelle génération.

      Les deux patrouilleurs affectés à Point à Pitr et Papeete seront spécifiquement dotés d’une capacité océanique (CO) ce qui en fera des patrouilleurs dits « co-côtiers ».

    • Plaisancier dit :

      « Côtier », pour la Gendarmerie maritime, signifie probablement « dans les eaux territoriales », c’est-à-dire jusqu’à 12 milles des côtes. Ces « côtes » juridiques sont parfois un peu loin du continent à cause de la présence d’îles. Donc loin de l’un des rares ports où ces matériels seront basés. Si l’on veut que ces matériels ne soient pas en permanence au port ou à proximité immédiate ou en transit du port à la zone de patrouille, une autonomie de sept jours n’est pas excessive.
      Maintenant j’attends que l’on parle des patrouilleurs des douanes, dont la zone d’action va jusqu’à 12 milles au-delà des eaux territoriales.

    • Oliver dit :

      Certaines serviront peut-etre à protéger les ressources de la ZEE Guyanaise face au pillage brésilien, surinamais, etc… Où les distances sont longues pour l’appuis tactique.

  2. Bleih Moor dit :

    En espérant que ce n’est pas pour coxer Papy qui a pêché un tacaud avec son petit fils parce qu’il a oublié de couper la tête et la queue du poisson ! (histoire vécue !)

  3. Patrico dit :

    d abord je pourrais dire que cela est déjà une bonne nouvelle , tout doit être renforcé actuellement même si cela semble léger. Mais à mon simple avis c est surtout au niveau des patrouilleurs de notre Marine Nationale ! que cela doit être renforcé en super « renforts », mais 7jr/7jrs toutes eaux territoriales ! Merci Thank you merci a Tous !

  4. Parabellum dit :

    Faudrait aussi un drone et un lance grandes au moins et deux exemplaires de plus dont un pour la seule corse sud …quelques helicos avec une réelle autonomie ne serait pas du luxe pour compléter un vrai dispositif gardé cotes…46 mètres c est la taille d un gentil yacht…tout dépend des moteurs…

    • WhatTheFrites dit :

      Vous oubliez une fois de plus les missiles anti-aérien BVR 🙂

      • Patatra dit :

        et le sonar tracté avec les lances-torpilles.

        • Badaboum dit :

          Le sonar tracté, cépacon : dans les eaux peu fréquentées (Polynésie, par exemple) la portée du sonar est certainement plus longue que celle d’un radar. A moins bien sûr d’être équipé d’un drone.

      • Parabellum dit :

        Moquez vous mais le sous armement en puissance de feu est un gros défaut de nos armées .des types sur un zodiac avec des Rpg peuvent faire des dégâts …le lapin tire …l Ukraine devrait rendre réaliste sur cette question du feu adversaire mais depuis 40 ans on n avait affaire qu’à des types sur Toyota…

        • Dolgan dit :

          Rappelez nous la dernière fois que des pêcheurs britanniques ou espagnols ont tiré sur nos navires avec des rpg pour empêcher un contrôle de pêche ?

          Le dit rpg ferait juste un trou dans la coque sans mettre en danger le navire. Il entraînerait juste le décollage de rafales…

  5. philbeau dit :

    Socarenam encore et toujours …On aimerait connaître les raisons qui justifient que ce chantier est devenu le fournisseur officiel des forces armées .

    • Félix GARCIA dit :

      Patrouilleur outre-mer (POM) de la Marine Nationale en construction au chantier Socarenam Saint-Malo
      https://www.youtube.com/watch?v=EzxmI2AEsTg

    • ULYSSE dit :

      je partage cette interrogation, notamment quand les CMN, hors navires spécialisés, sont remarquablement absents des commandes de la MN. Mouvement initié sous l’ère Le Drian. Prix inférieurs à la concurrence, partage officieux des tâches entre chantiers navals?

    • Hyle dit :

      Surtout que c’est davantage un assembleur de bateau qu’un constructeur. Menfin on se dira que c’est français

    • Bench dit :

      Il n’est pas le seul fournisseur officiel en tout cas. Il y a aussi pour la Marine Nationale, la Gendarmerie (Nationale et Maritime), la Police , les Affaires Maritimes, les Douanes, la surveillance des pêches, les Forces spéciales le chantier UFAST de Quimper.

    • Parabellum dit :

      Le ministre Le drian les aimait bien…bretons copains d abord? Sous armement helas en calibre et moyens de repérage…des vrais méchants feraient des dégâts…

    • Fonctionnaire territorial ancien mili dit :

      @ philbeau, au regard du CMP (code des marchés publics) c´est parce qu’il offre le meilleur rapport qualité/prix.
      .
      L´on peut toujours soupçonner un délit de favoritisme, bien sûr, mais c’est peu probable parce qu’il y a d´autres façons plus discrètes d´abuser du CMP.

    • Tintouin dit :

      @philbeau
      Dans l’absolu, votre propos pourrait s’appliquer aussi à Naval Group, fournisseur officiel des armées. Ce qui n’est pas le cas.
      D’où ma question: pourquoi ce commentaire plein de sous -entendus? Avez-vous des informations de favoritisme ou de choix injustifié en faveur de Socarenam?

      • philbeau dit :

        Parlons de manière sérieuse : Vous avez un autre fournisseur de sous-marin ou de frégates à part Naval group ?
        Et concernant Socarenam , j’ai oublié dans ma liste au titre des commandes de l’Etat , le service des Douanes…donc à peu près tout le périmètre de marché disponible pour la catégorie de navires qui nous intéresse .

    • dompal dit :

      @philbeau
      Si vous avez d’autres chantiers navaux 😉 à proposer à la DGA, je suis sûr qu’elle y prêtera une oreille attentive…
      En attendant, vous ne proposez aucun autre chantier naval pour la construction de ces rafiots.

      Un com’ juste pour se plaindre que l’eau chaude est chaude et que l’eau froide est froide……. 🙁

      Allez faire un tour dehors pour vous aérer les neurones, en espérant que ça ira mieux après…..???

      • philbeau dit :

        Vous avez l’air d’ignorer , dans cette catégorie de navires , les CMN de Cherbourg , qui cartonnent à l’export , le bretons Piriou , le vendéen Ocea spécialiste des coques aluminium et solide exportateur aussi , et l’arcachonnais Couach , fournisseur aussi à l’export . Heureusement pour eux , mais l’Etat français semble les méconnaître . Comme vous , mais vous ça se comprend , visiblement vous parlez pour ne rien dire si ce n’est débiner gratuitement les collègues , ça doit vous faire du bien . On se défoule comme on peut , quand on peut peu …

        • Dolgan dit :

          Piriou? Ils ont des remorqueurs en commande.

          Cmn? Ils ont fini de livrer les leurs?

          L état fait travailler un peu tout le monde.

        • FTAM dit :

          Il y a des procédures d’appels d’offres qui sont parfaitement balisées. Les entreprises qui répondent aux appels d’offres « connaissent la musique » et feront des recours, amiables d’abord, contentieux ensuite jusqu’au judiciaire le cas échéant, si elles ont un début d’indice de malversations.
          .
          Il est malheureusement vrai que le détournement d’argent public est une pratique courante mais lorsqu’il y a concurrence entre plusieurs entreprises de poids équivalent, l’acheteur public a vraiment intérêt à bien rester « dans les clous ».

        • Czar dit :

          il s’agit peut-être de filer un coup de pouce afin qu’ils montent en gamme et soient en mesure de conforter un écosystème dont on sera les premiers à se réjouir qu’il existe s’il s’agit d’augmenter rapidement en petits bâtiments une flotte. tant que ça reste français et qu’il n’y a pas une gruge manifeste du contribuable je ne vois pas de raison de s’en offusquer

      • Gwalarn dit :

        En l’occurrence on ne manque pas de chantiers en France en mesure de construire ce type de navire, 3 autres pour être exacts.

  6. Virlat dit :

    Et le jour où les patrouilleurs rejoindront les russes?

  7. HMX dit :

    Ces 6 patrouilleurs viendront remplacer nombre pour nombre les patrouilleurs existants, en étant plus lourds et plus endurants que leurs prédécesseurs (46 mètres et 350 tonnes contre 32 mètres et 98 tonnes). On ne peut que s’en réjouir, tout en se demandant si ce chiffre de 6 patrouilleurs répartis entre la France métropolitaine et les DOM-TOM (!), ça n’est pas un peu léger… là aussi, comme pour la Marine Nationale, il faudra se poser la question du format de cette flotte.

    Concernant les patrouilleurs eux mêmes et compte tenu de la nature de leurs missions, deux points mériteraient d’être améliorés :

    – Le premier sujet concernerait l’ajout de petits drones de reconnaissance : indispensable pour étendre à peu de frais le périmètre surveillé, surprendre en flagrant délit des contrevenants (moyen de collecte de preuves), suivre discrètement un hors bord type « go fast » se croyant hors d’atteinte, ou plus classiquement pour contrôler visuellement la situation avant et pendant le contrôle d’un navire. Quelques quadcopters seraient le strict minimum, et ça ne ruinerait pas la Gendarmerie. Plus ambitieux et plus cher (et complémentaire), l’intégration d’un système de drones type ScanEagle et son système de lancement/récupération étendrait considérablement la portée et les capacités de ces patrouilleurs. C’est largement envisageable sur un bâtiment de 350 tonnes.

    – Le second sujet concerne l’ajout d’armes non létales et de systèmes d’immobilisation pour les navires récalcitrants, auxquels ces patrouilleurs risquent d’être confrontés pendant leur longue carrière (pêcheurs chinois non coopératifs, trafiquants, provocations d’ONG type Greenpeace, etc…). Un simple canon à eau à longue portée serait déjà très utile pour un coût minime. Des moyens utilisés pour le contrôle de foules, type « canon à son »(LRAD), pourraient également être emportés à bord et utilisés en cas de besoin. Enfin, on pourrait sans problème envisager de concevoir des moyens rustiques et peu coûteux, type cordages ou filets flottants largués via le panneau arrière, spécifiquement conçus pour se prendre dans les hélices et les gouvernes des navires récalcitrants de façon à les immobiliser. Un vrai plus pour les missions d’un patrouilleur.

    • dompal dit :

      @HMX
      Si sur votre premier point je vous rejoins et c’est sans doute ce qui va se passer dans un avenir proche, par contre pour votre second point c’est du grand délire bisounourisme.

      Je vous rappelle, si je peux me permettre, c’est que ces rafiots sont des navires militaires qui appartiennent à l’AF et non pas à Sea Shepherd !!! 🙁

      • HMX dit :

        je ne vois pas bien en quoi équiper des patrouilleurs de moyens non létaux (canons à eau notamment) relèverait du délire « bisounouriste »… Qu’est ce qui vous choque exactement là dedans ? Concernant les techniques « rustiques » que j’évoque pour immobiliser un navire, je n’ai rien inventé, ça ne coûte pas grand chose, et encore une fois, c’est parfaitement adapté aux missions potentielles d’un patrouilleur qui serait confronté à un navire refusant de s’arrêter quel qu’en soit le motif (« pêcheur » chinois, action médiatique Greenpeace ou autre ONG contre des intérêts français, etc…).

        Avec les moyens low-cost évoqués ci-dessus (drones de reconnaissance, moyens non létaux), on peut considérablement augmenter l’efficacité de ces patrouilleurs (à défaut de pouvoir augmenter leur nombre…). Pas besoin de leur coller des millions d’euros de capteurs ou d’armement.

        Au passage, et comme dans la Marine Nationale pour les FREMM, il serait intéressant d’étudier le principe du double équipage pour ces patrouilleurs. ça ne leur donnera toujours pas le don d’ubiquité, mais cela permettrait de maximiser le nombre de jours à la mer, donc leur efficacité dans l’exercice de leurs missions.

        • et v'lan passe moi l'éponge dit :

          — Qu’est ce qui vous choque exactement là dedans ?

          L’idée part d’un bon sentiment, le canon a eau c’est déjà employé, il suffit de voir les combats qu’il y a eut entre chalutiers français espagnol anglais avec les interventions des gardes cotes respectifs.
          Le canon a son…sur un bateau et son équipage qui pourra se protéger bof… Qui plus est la démonstration n’est pas faites pour contrôler des foules.
          Le cordage et les filets flottants, trop compliquer a envoyer dans les hélices…

          le meilleur moyen est à mon sens un tir de semonce devant l’étrave, 12,7 ou 20mm.
          Avec la possibilité de tirer dans le moteur si le navire ne veut pas se mettre en panne.

          Après si malheureusement il y a des victimes lors d’un tir d’arrêt, le responsable est celui qui a pris la décision en toute conscience de ne pas suivre l’ordre donné par une autorité, et un tir devant l’étrave est un ordre clair, identifiable dans toutes les langues.

  8. Patatra dit :

    Des patrouilleurs, plus de patrouilleurs, encore plus de patrouilleurs, pour surveiller notre vaste ZEE… et certains plus musclés que d’autres.

  9. NICOLAS dit :

    Bonjour,
    50% de dispo me semble bien faible non? le reste du temps, il fait quoi? on carène la coque et on vérifie les moteurs?

    • dompal dit :

      @NICOLAS,
      Effectivement, quand on lit simplement les chiffres bruts, on peut se demander ce que fout ce rafiot le restant du temps ?

      Sauf que c’est pas une coque de la Royale avec un un équipage ‘A’ et un équipage ‘B’ mais un truc de la Gendarmerie maritime et ça change complètement la donne.

      De plus, faut bien entretenir ce machin, je pense que vous ne savez pas ce coûte l’utilisation d’un rafiot en milieu salin ?

      Il est spécifié dans le papier de M. Lagneau que ce truc est armé par 15 membres d’équipage.
      Vous pensez qu’il y en aura combien qui vont se sortir les doigts pour l’entretenir ?
      On va dire 10 grand max, les autres feront simplement acte de présence car ils ne sont pas en perm’ .

      Doit-on aussi parler du repos du guerrier, parce que les gus de la Gendarmerie maritime ne sont pas non plus des robots !?? 😉

      Vous avez vos réponses à présent ? 😉