Commandé en 2016, le Système de mise à terre des chuteurs opérationnels a partiellement été qualifié par la DGA

Mieux vaut tard que jamais! », dit-on. Attendu depuis 2016 par les unités du Commandement des opérations spéciales [COS] afin de remplacer leurs parachutes G9 ayant une charge limitée à 160 kg [chuteur et matériel compris], le Système de mise à terre des chuteurs opérationnels [SMTCOPS], de type « Phantom Canopy », a été partiellement qualifié par la Direction générale de l’armement [DGA]. L’annonce en a été faite ce 1er septembre. Les livraisons des premiers exemplaires sont prévues d’ici la fin de cette année.

Pour rappel, la DGA avait notifié un contrat d’une valeur de 80 millions d’euros [TVA comprise] à Zodiac Aerosafety Systems [groupe Safran] pour la livraison de 755 SMTCOPS. Ce marché prévoyait la mise au point de ces nouveaux parachutes ainsi que leur soutien. Seulement, son exécution a pris du retard… Au point que, selon Intelligence Online, le Commando parachutiste de l’Air [CPA] n°10 et le Commando Hubert furent autorisés à se procurer des parachutes Hi-5 auprès d’Airborne Systems.

Mais probablement qu’il vaut la peine de patienter, au regard des performances promises par le SMTCOPS. En effet, la DGA explique qu’il permettra de sauter à partir d’une altitude supérieure à 9’000 mètres et de parcourir, sous voile, environ 50 km, avec une charge de 200 kg [chuteur et équipement compris]. Ce qui ne peut qu’améliorer les capacités d’infiltration sous voile des unités du COS.

« Intégrant notamment la voile PHANTOM 400®, les systèmes de parachutes du SMTCOPS offriront le niveau de performance adapté à la pratique exigeante des sauts opérationnels à très grande hauteur », précise encore la DGA, soulignant ses « meilleures performances de stabilité et de confort ».

En effet, ce nouveau système « offre une ergonomie du harnais adaptée à la durée de la chute sous voile lors de sauts à très haute altitude et une stabilité au poser qui permet d’assurer la sécurité des opérationnels lors des phases d’atterrissage de jour comme de nuit, y compris sur des terrains sommaires ».

En outre, il dispose aussi d’une capacité d’emport de matériels autopilotés, ce qui permettra de larguer des colis pouvant « suivre jusqu’à 18 chuteurs simultanément ».

Dans le détail, le SMTCOPS se compose, outre d’un parachute, de moyens de communication et de navigation, de protections thermiques et balistiques et d’équipements de sécurité [altimètre, lampes, coupe-sangles, etc.].

La qualification qui vient d’être prononcée n’est que partielle puisqu’elle porte sur « le parachute, l’emport de charge sous gaine et les équipements de sécurité ». Celle concernant le système de communication et de navigation ainsi que la capacité d’emport de colis autoguidée le sera ultérieurement, a en effet indiqué la DGA.

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66 contributions

  1. Youbdu29 dit :

    La dga est parfois un poids mort : trop de paperasse à se règles , de concession , d’exigences , trop de connivence avec l’UE . Cf quand on voit la vitesse à laquelle développe la Turquie ces drones ont a le droit d’avoir peur pour notre industrie

    • tow dit :

      Le problème c’est qu’on commence à parler des drones Turcs 10 ans après qu’ils ont lancés la conception et que chez nous à peine qu’on parle d’un projet de programme qu’on est déjà trop lent et en retard…
      Souvent l’inverse se fait également quand on arrive à la finalité on dit qu’on a mis tellement de temps pour le faire, mais chez les autres, le lancement d’une étude est vu comme un fait accompli.
      C’est un peu comme le char russe T-14, 10 ans qu’on en parle alors qu’en fait…
      Et ce seront les mêmes qui vous diront au bout d’un an de recherche sur le char franco-allemand qu’on est à la ramasse par rapport aux autres …

      • Dolgan dit :

        Surtout, il y a une différence entre développer des technologies souveraines et utiliser des technologies existantes pas souveraines.

        Si on faisait un orlan10 ou un bayractar, la dga se prendrait des tombereaux d insultes.

        Rien que le fait de faire assembler quelques drones terrestres israélien par une start up fr à des fins de test a declenché des réactions disproportionnées.

        • Aymard de Ledonner dit :

          D’accord avec vous sauf pour le cas des drones terrestres israéliens.
          Nous disposons de plusieurs fabricants de drones terrestres dont la qualité du matériel est reconnue (on pense au collossus capable de pénétrer dans Notre Dame en flammes pour attaquer l’incendie depuis l’intérieur) mais la DGA a choisi un matériel étranger bas de gamme pour faire des expérimentations, et en a conclu, oh surprise, que les possibilités étaient vraiment limitées….
          Je pense qu’il y avait quand même mieux à faire.

  2. Rémi dit :

    Et fonctionnellement ca sert à quoi?
    Tout ce fric dépensé, il a manqué combien de fois ces dernières années?
    Il faudrait comprendre que l’inflation technologique crée des risques de surcouts et le matériel de base manque alors.

    • Stratos dit :

      Assez d’accord, à moins que ces systèmes créent de nouvelles opportunités de missions irréalisables avant. D’ailleurs, ces systèmes semblent plutôt modulables au vue de la première homologation (voile, gaine et charge à 200kg), hors le reste.

      • dompal dit :

        @Rémi, @Stratos,
        Je pense que vous ne connaissez pas les missions du COS…..ben moi non plus car elles sont classées SD voire même TSD. 😉

  3. VinceToto dit :

    Oui, très bien, mais si il y a un parachute drone qui peut transporter l’équipement, pourquoi emporter ~100 kg d’équipement sur soi?

    • Le poids indiqué correspond à la masse totale équipé (MTE): poids du chuteur plus le parachute plus tout le matos…On arrive vite à un poids conséquent…

    • Kohps dit :

      Il a fallu que vous alliez loin cette fois ci pour vos dénigrements quotidien. Courage, vous y arriverez mieux la prochaine fois.

      • Olentzero dit :

        Enfin qqun de sensé. Je n’y croyais plus. Merci

        • lgbtqi+ dit :

          Oui, c’est vrai que la prolifération de certains profils sur le blog permet de douter. À nous de leur faire pièce.

    • vieille suspente dit :

      @vincetoto, vous avez la réponse plus bas. si votre drone fait tapis et que vous arrivez en bas en short et claquettes autant rester à la maison pour faire l’apéro. Si c’est vous qui avez un soucis de voile (déchirure, rupture de suspente, torsades jusqu’au bord d’attaque), vous allez libérer avant d’ouvrir le secours. vous perdez de l’altitude et vous avez un secours qui n’a pas la même finesse au dessus de la tête. résultat vous n’arriverez jamais au point ou se dirige votre drone, donc bis répétita pour le short et les claquettes. pour finir les zones en conditions opérationnelles ne sont pas marquées, personne ne vous y attends, et en général ce sont de toutes petits zones. On ne se pose pas au milieu de 50 Ha sans végétation (style la zone de Wright à Pau pour les connaisseurs). donc si votre colis d’accompagnement se fout dans un arbre de 25m de hauteur … ben retour au short claquettes … le matos opérationnel minimum et indispensable reste avec le para, comme un fantassin este avec son fusil.

  4. Belzebuth dit :

    C’est parce que c’est si long que l’innovation venant de la base avec des bouts de ficelles est remis en avant…
    http://mars-attaque.blogspot.com/2021/11/fid2021-innovation-du-developpement-de.html

  5. Thierry le plus ancien dit :

    Plutôt que de mettre 200 kg sous un parachute ne vaudrait-il pas mieux sauter léger et mettre tout ce qui est lourd dans un container ayant son propre parachute à ouverture automatique ?

    évidemment s’il faut dériver sur 50 km de distance ça risque d’être compliqué , sauf à relier le container au parachutiste par une sangle pour qu’ils atterrissent au même endroit, voir même de faire un container planeur avec les ailes qui se déplient après le largage.

    c’est un peu comme la gaine de 20 à 30 kg qu’on traine sous la parachute ventral pour le saut en automatique à 400 mètres d’altitude et qu’on relache au bout d’une corde juste avant l’atterrissage pour ne pas arriver au sol comme un obus !

    Il y aurait à innover dans ce domaine, on peut faire encore mieux c’est certain, je ne pense pas que surcharger le parachutiste soi la solution, c’est la simplicité mais ça n’est pas l’efficacité.

    Et une fois au sol s’il faut se trimballer120 kg de matériel le déplacement va être laborieux, là aussi il y a des possibilités de transport léger.

    • JCCDM dit :

      Et on appellerait ça le « colis auto-guidé » … bah, qui est justement une des composante du SMTCops (!)

      • Thierry le plus ancien dit :

        en espérant que le « colis auto-guidé » possède aussi des roues et un petit moteur ! ça serait top pour le déploiement au sol. Sinon autant larguer un Véhicule 4X4 sur palette avec les parachutistes, ou pour le moins lorsqu’ils auront balisé une zone après leur atterrissage.

    • Bench dit :

      @Thierry: « Il y aurait à innover dans ce domaine, on peut faire encore mieux c’est certain, je ne pense pas que surcharger le parachutiste soi la solution, c’est la simplicité mais ça n’est pas l’efficacité. » Bien sur qu’il y aurait et qu’il y a encore à innover dans ces domaines, et c’est précisément ce que font la DGA et le COS.
      Réfléchissez un minimum pour le reste, car le chuteur qui saute avec la gaine de 200kg ne va pas la trimballer sur son dos une fois au sol. Ces 200kg, c’est de l’équipement commun à l’équipe ou un spécialiste non chuteur dont cette même équipe aura besoin au sol.
      La capacité de faire dériver en automatique une charge lourde sur des kilomètres pour qu’elle arrive au sol pile poil à l’endroit où les chuteurs arrivent eux mêmes n’est pas encore validée. Quant à votre charge reliée au chuteur c’est déjà précisément ce qui se fait.

      • Thierry le plus ancien dit :

        l’expérience des grandes opérations parachutiste de la seconde guerre mondial montre que pour avoir du succès il faut arriver en parachute directement sur l’objectif par surprise , ce qui signifie d’être prêt au combat avant même d’avoir posé le pieds par terre, donc n’emporter sur soi qu’armes et munitions, rien d’autre.

        De plus il faut être très mobile car l’adversaire sera forcément plus lourdement armé et plus nombreux, il n’est pas question de se laisser encercler ni d’être plus lent (sauf à attendre des renforts conséquents.

        Aujourd’hui grâce aux armes à guidage laser le parachutiste peut bénéficier d’un soutient aérien fiable et précis, mais temporaire, il ne peut entrer en action que dans le cadre d’une action plus vaste englobant de nombreux moyens y compris pour leur extraction en cas de nécessité (hélicos, etc).

        c’est généralement sur les arrières de l’ennemi qu’ils peuvent être le plus efficace, combiné avec des partisans si possible pour donner plus d’ampleur à leurs actions. Ils ne peuvent être autonome que quelques jours s’ils sont seul et isolé donc à utiliser en conséquence.

        Leur puissance de feu est limité donc à compléter par d’autres moyens à leur service.

        Voilà la doctrine d’emploi du parachutiste qui me paraît optimal à l’heure actuelle, que ce soit en petite opération ou de grande envergure.

        laisser tomber le concept du parachutiste chargé comme une mule qui doit par sécurité atterrir trop loin de son objectif, c’est perdu d’avance.

        • vieille suspente dit :

          Mince on m’a menti toute ma vie opérationnelle et je n’ai fait que des conneries, merci à vous de m’avoir éclairé. Il faudrait peut-être que vous joigniez le CEMA et le GCOS pour les remettre dans le droit chemin

          • Thierry le plus ancien dit :

            libre à vous de citer une opération qui aurait réussi grâce aux « poids lourds » sous voile devant se coltiner leur immense paquetage pendant des km sur la pointe des pieds, moi j’en connais aucune.

          • vieille suspente dit :

            Birao vous connaissez ? Et l’opération Aigle au kosovo ? après je ne suis pas là pour étaler les missions réalisées avec des commandos sous voile. Ce que vous ne comprenez pas c’est que la chute n’est pas une mission en soi, c’est un moyen d’insertion différent qui peut permettre de réaliser la mission par d’autres moyens de mise en place (à cause d’élongations trop importantes par exemple, ou de menace sol air très courte portée). croyez moi sur parole si cela ne servait à rien on n’y dépenserait pas une telle énergie. En raisonnant par l’absurde, c’est quand le dernier coup de canon de char de bataille en OPEX ? pourquoi en conserver ? c’est quand le dernier avion abattu par l’artillerie sol air depuis le tchad ? pourquoi en conserver ? c’est quand le dernier tir de missile nuc ? pourquoi dépenser tellement dans les SNLE ? c’est quand le dernier bateau ennemi coulé ? pourquoi conserver nos SNA ?

      • vieille suspente dit :

        @bench merci d’éclaircir vous aussi les idées parfois étranges de certains commentaires, on sent un peu l’odeur du ou de l’ancien chutops ? comme décrit plus haut, il est irréalisable et impensable de laisser tout son matos OPS dans un colis d’accompagnement. Si jamais il se perd vous avez l’air malin en arrivant au sol.

      • vieille suspente dit :

        @Vincetoto, les colis d’accompagnement on connait et on a testé depuis plus de 10 ans. le problème du colis GPS c’est qu’en cas de brouillage GPS vous êtes un flan, et sur une zone de poser de 50mX50m avec l’aérologie inconnue votre colis n’arrivera peut être pas ou arrivera dans les arbres. Par ailleurs, pour vous suivre, le colis doit avoir une voile d’une finesse identique avec le même taux de chute. Or ce taux de chute est essentiellement donné par l’inclinaison de la voile et le poids pendu en dessous. Sur le voiles de chutops vous avez ce qu’on appelle des TRIM qui permettent de réduire la longueur du groupe de suspentes avant et donc de « caler plus piqueur » votre voile, donc avancer plus vite en descendant plus vite. déja entre équipiers, une fois les voiles ouvertes en ISV (infiltration sous voile), on règle les TRIM et on utilise les freins pour tous avancer à la même vitesse. comment régler votre colis en vol ?

  6. zzzzztop dit :

    100.000€ la voile. 😮
    Pas intérêt à la foutre dans les arbres!

    • lgbtqi+ dit :

      oui mais en même temps, si elle est en soie, avec une bonne couturière, on peut en tirer des trucs sympas à porter, n’en déplaise aux représentants du lobby du slip kangourou.

  7. alex dit :

    en même tempe on est sur du matériel pour le COS qui est souvent dans l’expérimentation

    • dompal dit :

      @alex,
      Vous avez entièrement raison.
      C’est pour ça que je pose la question : « que vient faire la DGA dans ce truc ? ».

  8. Sentenac dit :

    Une charge de 200 km ?

    • dompal dit :

      « En effet, la DGA explique qu’il permettra de sauter à partir d’une altitude supérieure à 9’000 mètres et de parcourir, sous voile, environ 50 km, avec une charge de 200 kg [chuteur et équipement compris]. »

      Pour la distance, pas de pb, je sais que c’est possible….mais une charge de totale de 200 kg ???
      On va dire que le gus pèse 80 kg et son équipement individuel 20 kg de plus soit 100 kg par pax +/-.
      Quel homme peut porter 100 kg de charge annexe même pour faire qq pas sur la tranche arrière avant de basculer dans le vide ???

      • PK dit :

        Un commando emmène beaucoup de matériel parce qu’il va vivre en autonomie. On ne va pas lui parachuter des vivres et de l’eau pour qu’il se fasse repérer 2 jours après son infiltration. De même, les munitions et le matériel pour une durée longue n’ont rien à voir avec le matériel standard du biffin qui sera toujours ravitaillé (quand la log fonctionne) un moment ou à un autre.

        Du coup, la durée opérationnel d’un commando est directement proportionnel à la masse de matériel avec lequel il part. Ce n’est pas pour rien que les RAPACES partent aujourd’hui patrouiller avec aussi des poids-lourds !

        Pour le saut, vous devriez visiter la soute d’un Transall… Un homme seul peut même pousser une charge de plusieurs tonnes. Il y a un banc de rouleau destiné à la progression d’une charge fixe. Pour un para, il suffit de l’aider à se position en bout de soute pour qu’il se trouve en position de chuteur ops dès l’ouverture si nécessaire.

      • Aymard de Ledonner dit :

        200 kg c’est la charge max. Et oui les hommes du COS ont une condition physique qui permet cela. La question se pose plus une fois au sol. Le matos avec lequel on a sauté, il faut le mettre vite à l’abris….

      • VinceToto dit :

        « Quel homme peut porter 100 kg de charge annexe même pour faire qq pas sur la tranche arrière avant de basculer dans le vide ??? »
        Normalement toutes les troupes aéroportées en sont capables, je dirais même n’importe quelle unité infanterie/combat, mais après sur le plan tactique, opérationnel, santé, etc., ce n’est pas forcément l’objectif non plus.

        Pour note, la charge de l’infanterie standard US/OTAN à larguer/déposer c’est dans les 50kg.
        Donc, hypothèse, poids du gars, 70-90kg +50kg charge standard + poids du matos HAHO + SMTCops( Cops= https://youtu.be/XbebjUYItKw ?!?)~150..170kg de charge totale, ce qui ira bien pour un parachute HAHO de 200 kg max. Après, cela va faire une grosse voile et un gros point dans l’air et sur les radars, mais si cela leur plait c’est ce qui compte!

        • Kohps dit :

          Du coup VinceToto, quand est ce que vous montez votre boîte de conseil pour parachutisme à destination des FS? Juste après celle de conseils géostratégiques pour l’EM?
          Parce qu’à part critiquer les décisions prises sur à peu près tous les sujets et en ayant aucune information valables à ajouter, que faites vous?

      • vieille suspente dit :

        @dompal, lisez plus bas je vous donne quelques éléments sur la charge. Pour info, un sac RA c’est 50 à 60 kg et en SOR (saut à ouverture retardée) on le met intégralement dans la gaine individuelle du para. Effectivement c’est lourd et encombrant, on dirait des pingouins et il faut souvent être aidé par les largueurs pour avancer. pour le sac RA, imaginez vous faire une infiltration sur une ou plusieurs nuits, avec votre menhir (c’est son gentil surnom) sur le dos, en déplacement tactique arme à la main et les JVN sur les yeux. Bien sûr c’est du combat à pieds et il n’est jamais emprunté de routes chemins et ponts, c’est le meilleur moyen d’y laisser la peau. rajoutez à cela que vous êtes tout seul avec votre équipe, pas de soutien, pas de copains, pas d’extraction immédiate et en gros vous êtes le lapin un jour d’ouverture de la chasse. ce n’est pas un sport de masse, rare sont les candidats, plus rare sont les élus … bien sur en étant payé au même prix que vos petits camarades qui montent la garde à l’entrée du camp ou font une petite patrouille de temps en temps. par ailleurs et c’est un fait, le sac sur le dos à partir de 35-40 kg c’est lourd … 55-60 ça passe mais ça fait mal à tout le monde. J’ai testé 80 (vérifié sur la balance) c’est trop lourd et vous perdez en efficacité en plus de vous ruiner le dos.

        • PK dit :

          « Effectivement c’est lourd et encombrant, on dirait des pingouins et il faut souvent être aidé par les largueurs pour avancer. »

          Sans compter la « marche » de la soute, impassable tout seul une fois équipé… déjà, à poil, c’est limite 🙂

          J’aime bien le pingouin : l’image colle vraiment à la réalité !

  9. dompal dit :

    Ce qui m’étonne dans ce genre de procédures (DGA), c’est que les spécifications du matos émanent du COS, alors que vient faire la DGA là-dedans ?

    Souvenons-nous de nombreux matériels refusés par le COS. Etaient-ils passés par la DGA auparavant ???

    • Fraise des bois dit :

      @ dompal
      Il n’y a pas que la DGA comme gros machin, il y a aussi la STAT TAP…

  10. Boby dit :

    Pourquoi est ce SAFRAN ou autres qui sont en charges de ce genres de projet.
    Un ralentisseur de chute et un parapente bi-place ( PTV 140→250 kg) aurait pu faire l’affaire a moindre couts et disponible immédiatement.
    Les produits existent avec des productions en France, ou Europe de l’Est.

    • PK dit :

      Non. Les voiles doivent être amagnétisées pour ne pas augmenter la signature radar, ce qui n’est pas le cas des voiles civiles. Du coup, tout en couture et/ou en matériaux amagnétiques. D’où une partie du surcoût.

    • Aymard de Ledonner dit :

      Des parapentes avec 200kg de charge max, qui permettent de faire 50km sous voile en sautant sous oxygène à 9000 mètres?
      Un parapente n’est pas fait pour se déplier en vol. C’est une chose de soutenir deux gus qui viennent de décoller après avoir couru. C’en est une autre de stopper une charge de 200kg en chutte libre.

    • vieille suspente dit :

      @boby, un parapente est une voile extrêmement légère, avec une très bonne finesse et qui malheureusement ne peut pas encaisser de chocs sous peine de se déchirer et d’entrainer une rupture des suspentes. si vous regardez des parapentes décoller vous vous apercevrez qu’ils se mettent face au vent, gonflent leur voile en faisant entrer de l’air dans les caissons et ensuite décollent. Il faut donc de l’air ayant une vitesse horizontale pour gonfler les caissons. Dans le cas de la chute libre en sortie d’avion, pas de vitesse horizontale et très rapidement une vitesse verticale de 180 à 220 km/h … si vous tentez d’ouvrir un parapente à cette vitesse là il explosera, et même dans le cas ou il résisterait, vu qu’il n’y a pas de vitesse horizontale pour faire entre de l’air dans les caissons, il ne s’épanouira pas. vous avez raison il existe bien un petit parachute « ralentisseur » sur les voiles de chutops G9 et tandem PBO qui s »appelle le RSE pour ralentisseur, stabilisateur extracteur. Sa fonction est de ralentir (légèrement la chute) pour avoir une ouverture plus douce et éviter d’avoir les vertèbres soudées à l’ouverture, d’ancrer le parachutiste en position d’ouverture (croyez moi si « vous prenez une saucisse », de nuit, à la sortie de l’avion, chargé comme un mulet, il est difficile de revenir à une position stable horizontale qui garantira une bonne ouverture de la voile principale) et d’extraire la voile principale de son container car le RSE est relié à la voile principale et en actionnant une poignée qui libère 2 joncs plastique, vous ouvrez le container de la voile principale qui est ensuite extraite par le RSE qui descend moins vite que vous. il n’y a pas que des abrutis au COS, ces questions là ils se les sont posées depuis bien longtemps. Il y a eu des essais de voiles hybrides, ressemblant à des parapentes mais en plus costaud. Pour être sur que les caissons puissent prendre de l’air et se mettre en configuration de vol, il y avait en bord d’attaque sur l’extrados, un boudin qui se gonflait avec une bouteille d’air comprimé et forçait la voile à ouvrir ses caissons. hélas même si la finesse de la voile était théoriquement meilleure qu’une voile de chute, elle n’était quand même pas faite pour absorber le choc du para chargé et le processus était trop erratique et pas assez fiable pour l’adopter sur un matériel militaire opérationnel.

  11. vieille suspente dit :

    bonjour, je vais essayer de clarifier et répondre à plusieurs interrogations sus-citées.
    le SMTCOPS est destiné à remplacer les G9 en dotation pour les chuteurs opérationnels (1800-4000m) et les chuteurs oxy (8000-10000m). il va donc non seulement équiper le COS (plus des moitié des chutops des armées et le totalité des dériveurs oxy), mais aussi les chutops de la 11ème BP.
    pourquoi 200kg de MTE (Masse Totale Embarquée) : on a environ 30kg de parachute, de 80 à 100kg de parachutiste, 40kg « d’équipements sur l’homme » (treillis, chaussures, casque et protections balistiques, trousse de santé, lampes flash IR et autres systèmes anticollision, arme longue et courte, munitions, optronique et interface avec le casque, transmissions, système de navigation, protections thermiques, gaine et bouteille oxy+masque pour les oxy). donc il reste à peu prés 50 kg pour le sac soit un SAC RA (Recherche Aéroportée) type 13ème RDP … pour info la voile destinée aux tandem et aux charges lourdes (le cercueil à roulettes sous le para) a de mémoire une MTE de 250kg, et il devrait rester en service car le SMTCOPS n’est pas suffisant pour faire du saut tandem.
    pour le parachute drone, on parle de colis d’accompagnement. la règle bien compréhensible est d’avoir sur soi tout ce qui sert à accomplir la « mission générique » à minima. En effet, si jamais le colis d’accompagnement fait tapis et que tout votre matos est dedans, vous êtes comme un gros flan une fois arrivé au sol. Le colis d’accompagnement n’est censé servir qu’à emporter du matériel supplémentaire (vivres et eau en supplément, piles, munitions spécifique ou en rab, charges de démolition et explo, équipements de protection balistique lourds pour une équipe CTLO, gaines d’allègement des tandem, moyens de guerre élec, drones légers, …).
    une fois arrivé au sol, dans des conditions réelles, vous devez généralement camoufler (enfouir) le matériel de saut, pour éviter d’avoir la moitié de la planète à vos trousses. comme les sauts ops sont réalisables surtout de nuit, une voile supplémentaire plus le drone à camoufler et vous perdez de précieuses heures, sachant que vous devez avoir quitté votre zone de mise à terre et vous être mis en sécurité avant le lever du jour.
    le colis d’accompagnement doit avoir la même finesse que ceux qu’il accompagne (taux de chute et vitesse) pour éviter qu’il arrive bien avant ou bien après. donc l’imaginer en planeur n’est envisageable que si vos parachutistes sont dans un planeur identique. de même, un colis attaché à une sangle au chuteur … comment dire, si la sangle s’enroule autour de vous et gène l’ouverture de votre parachute vous fendrez l’atmosphère comme une pierre. De plus, pour les adeptes du canopy-voile contact, qui consiste à ce qu’un autre parachutiste vienne s’assoir sur votre voile en s’accrochant en haut de votre parachute, cela modifie tellement l’écoulement de l’air des voile (turbulences) qu’il est dur de tenir quelques instants … alors 50km de dérive avec des turbulences provoquées par une autre voile à proximité immédiate de la sienne … on oublie. Pour info; la gaine qu’on déleste avant de toucher le sol (chutops et saut automatique à 400m), c’est juste pour éviter de fracasser les jambes en arrivant au sol avec tout le bardas justement posé sur les jambes. Quand on déleste, on ne laisse pas tout s’écraser au sol, c’est juste retenu par une corde au harnais du parachutiste.
    le prix du système SMTCOPS ce n’est pas juste la voile mais tout l’ensemble : voile, protections balistiques, système de navigation, transmissions (GPS, compas boule et probablement « ordinateur de bord » pour le calcul et le suivi de la dérive) et effets thermiques. si vous montez au sommet du mont blanc (chutops) ou de l’himalaya (dériveur oxy) et qu’en plus vous y retez un moment en dérive sous voile, il vous faut des équipements spécifiques. par exemple il faut non seulement savoir protéger les mimines du gel, mais aussi permette de pouvoir saisir la poignée de libération et d’ouverture du secours si jamais « c’est rock n’roll » avec la voile au dessus de sa tête … et ça les moufles grand froid des alpins ne peuvent le fournir. comme par ailleurs il faut savoir éviter de transformer ses orteils en mister freeze pour assurer sa mission … mais si on met une paire de chaussures grand froid, il faut avoir les bonnes chaussures dans son sac et en changer une fois arrivé au sol, si par exemple vous êtes au sahel … et si jamais la ferraille vole au sol en arrivant on ne dit pas « pouce » aux barbus, le temps qu’on change de chaussures. donc il existe des surchaussures adaptées aux conditions de saut. tout ce matériel coute cher et c’est souvent la croix et la bannière pour s’en procurer, donc le mieux est d’avoir un coup complet qui s’appelle SMTCOPS. pourquoi la DGA dans un programme du COS ? d’abord ce n’est pas un programme que pour le COS, puisque normalement la 11ème BP (et probablement le CIRP aussi) vont avoir des SMTCOPS. En plus c’est un programme interarmées. Pour finir, le COS n’est pas une 4ème armée, il n’a pas les fonctions RH et finances d’une armée. Les quelques budgets COS servent souvent à acheter du matériel en quantité échantillonnaire pour le tester (CIEPCOS), ou de petits matériels mais rien de comparable à des programmes d’équipement. Après les spécifications ont été demandées à celui qui s’en servirait le plus (nombre de chutops et seul dans le domaine oxy) et probablement à celui qui avait des demandes opérationnelles les plus pointues (qui peut le plus … peut le plus).
    voilà j’espère avoir levé des doutes et répondu à plein de questions. Pour les terriens, n’oubliez pas que la réception de la voile par la DGA n’empèchera probablement pas la STAT TAP de vouloir y mettre son grain de sel, c’est pas encore gagné de dériver sous de vraies bonnes voiles, je pense qu’on peut continuer à terminer nos G9 bien rincés avec des voiles bien poreuses. aviateurs et marins ont eu leurs armées respectives qui ont accepté de mettre la main à la poche, pour les terriens (pourtant les plus nombreux sous voile dans le ciel), tant que l’on ne parlera pas de voile scorpion, il sera urgent d’attendre.

    • Kali dit :

      Merci beaucoup pour ces précisions.

    • Lb dit :

      Merci vielle suspente.

    • PHILIPPE dit :

      Voici un nouvel exemple de contribution positive.

    • Félix GARCIA dit :

      « voilà j’espère avoir levé des doutes et répondu à plein de questions. »
      Oui ! Merci à vous pour cette réponse détaillée !

      « pour les terriens (pourtant les plus nombreux sous voile dans le ciel), tant que l’on ne parlera pas de voile scorpion, il sera urgent d’attendre. »
      ^^

    • VinceToto dit :

      « donc le mieux est d’avoir un coup complet qui s’appelle SMTCOPS »
      Le COS, le Commandement des Opérations Standardisées?
      Je reste dubitatif sur ce choix de masse SMTCOPS du COS/11ème BP/etc. qui me semble plus convenir à des opérations police/soutien au Sahel(et autres théâtres d’opérations dans le même style) en 2016 qu’à une réflexion, base multi-rôle pour de l’intrusion/intervention/etc. dans différents contextes. Le style HAHO, fin des années 1970, début années 80, qui posait déjà de nombreuses questions sur le plan tactique face à l’URSS, me semble plus relever de la tradition, dont 13ème RDP, en 2022 qu’à une réflexion opérationnelle.
      Il me semble y avoir deux tendances nouvelles qui se dessinent dans d’autres armées: chuteur-planneur/parachute à plus de 200…300km/h sur la majorité du trajet et style parapente/livraison dans certains cas(marginal par rapport au reste).

      • Vieille suspente dit :

        @vincetoto il est plus facile de soutenir un parc homogène que 36 différents systèmes de mise à terre. Vous devriez vous féliciter que pour une fois on ait pensé au plus exigeant pour rédiger le cahier des charges … sans compter qu’il n’y a plus que le COS en France qui fasse de l’ISV en SOTGH (8-10 000m).
        Pour les traditions du 13 laissez les tranquille vous pourrez en parler lorsque vous aurez votre insigne RA, parlez plutôt de ce que vous connaissez.
        Pour ce qui est de la maîtrise du domaine SOTGH on n’a pas à rougir loin de là, même outre Atlantique on nous envie notre savoir faire.
        Pour finir de vous répondre sur les tendances nouvelles je pourrais m’épancher longuement mais je préfère vous signaler que si vous voyez des gars partir à la guerre en volant dans des armures rouge et or il ne s’agit pas d’un reportage mais d’un film Marvel

    • Paul Bismuth dit :

      @ vieilles suspentes
      Merci pour toutes ces précisions qui viennent tres utilement complété l’article!
      https://www.forcesoperations.com/la-nouvelle-voile-des-chuteurs-operationnels-francais-qualifiee-par-la-dga/

    • Thierry le plus ancien dit :

      Vous avez écrit :
      « De plus, pour les adeptes du canopy-voile contact, qui consiste à ce qu’un autre parachutiste vienne s’assoir sur votre voile en s’accrochant en haut de votre parachute, cela modifie tellement l’écoulement de l’air des voile (turbulences) qu’il est dur de tenir quelques instants … alors 50km de dérive avec des turbulences provoquées par une autre voile à proximité immédiate de la sienne … on oublie. »
      ————————————————————————–

      Et je sais par expérience que c’est faux, en saut automatique avec gaine à 400 mètres mon parachute s’est accroché par les suspentes aux suspentes d’un autre parachute juste après la sortie de l’avion.

      Juste après le largage j’ai vu venir par surprise de derrière et dessous moi un parachute sur lequel j’ai marché malgré moi en ayant les pieds posés dessus, pour tenter de me propulser à nouveau dans le vide car à ce moment j’avais craint que ma voile se dégonfle au dessus de la sienne mais ça n’est pas arrivé.

      mais à nouveau dans le vide mes suspentes se sont immédiatement accrochés aux siennes et je me suis retrouvé attelé légèrement en dessus de l’autre parachute.

      en dépit du fait que nous étions accrochés, la descente s’est déroulé normalement à la même vitesse que les autres, quand j’ai largué ma gaine il a failli la prendre sur la tête mais à part cela aucun problème.

      Il a eu la peur de sa vie et était très mécontent, je ne l’avais pas reconnu en l’air mais c’était mon instructeur à l’époque(1986), peut-être que j’étais inconscient mais je n’ai pas senti de danger réel en dehors d’un risque potentiel qui ne s’est pas matérialisé. Jamais je n’ai eu l’intention d’ouvrir le ventral, la situation n’était pas critique. La faute au largueur qui n’a pas laissé passer assez de temps entre ma sortie d’avion et celle de l’instructeur, de fait on était déjà trop proche dès l’ouverture du parachute.

      Bref tout cela pour dire que deux parachutes rond peuvent cohabiter sans problème ni turbulance.

      du coup mon instructeur s’est mis à me craindre comme une tête brulée ce qui m’a épargné des remontrances par la suite puisqu’il s’efforçait de ne plus jamais sauter à coté de moi, cela m’a arrangé, mais bon, j’y étais pour rien.

    • dompal dit :

      @vieille suspente,
      Merci l’Ancien pour vos com’. 🙂

  12. Bidule dit :

    Factuel, détaillé, précis, une qualité de commentaire que j’aimerais lire plus souvent.
    Merci d’avoir pris du temps pour nous éclairer.

  13. Charognard dit :

    L’unité qui a le plus de chuteurs ops en son sein est le CPA 10, j’espère que l’on a pensé aussi à eux.
    https://air.defense.gouv.fr/actualite/major_Pascal_CPA10

    Les commandos marine sont-ils pris en compte dans ce marché ?

    • Vieille suspente dit :

      Je connais bien broquis d’ailleurs il a rasé sa barbe et sa moustache le vieux machin.
      Si le SMTCOPS est destiné au COS il doit normalement équiper toutes les unités qui le composent y compris les commandos marine qui relèvent du COS.
      Pour l’unité qui a le plus de chutops en son sein renseignez-vous il me semble bien que le 1er et le 13 en ont entre 80 et 100 chacun

      • Charognard dit :

        @ vieilles suspentes
        Merci beaucoup d’avoir répondu!

      • Charognard dit :

        @ vieilles suspentes
        Je vous fais confiance, si vous me dites que c’est kif-kif bourricot.
        Déjà que les dragons de l’imperatrice, on en parle même hors du petit monde des FS.

        – Vous aurez beau dire, monsieur, cela a un petit goût de transmission…
        – Il y en a aussi.
        https://youtu.be/MYqgWu8v3tU

  14. Paul Bismuth dit :

    En matière de parachutisme militaire, les français doivent beaucoup à l’URSS:
    https://theatrum-belli.com/parachutisme-les-oies-sauvages-vont-vers-le-nord/

    L’invention du parachute est française:
    https://www.france-pittoresque.com/spip.php?article6757

  15. PHILIPPE dit :

    Dans le documentaire très intéressant ci-dessous sur le 13 RDP à 34 minutes 45 secondes le poids évoqué du chuteur est de 170 kg :
    Le 13e RDP « Au-delà du possible » [reportage]
    https://www.youtube.com/watch?v=eMs_FxKtRjQ
    bonne lecture