L’Aviation royale canadienne acquiert deux Airbus A330 d’occasion pour les convertir en avions-ravitailleurs

En avril 2021, on apprenait que l’A330 MRTT d’Airbus restait le seul type d’avion ravitailleur en lice pour le programme ASTRV [Avion stratégique de transport et de ravitaillement en vol], lancé par Ottawa pour remplacer les cinq CC-150 Polaris [des A-310 MRTT, ndlr] mis en oeuvre par l’Aviation royale canadienne [ARC] depuis le début des années 1990. En effet, Boeing, qui proposait le KC-46A Pegasus, ne fut pas retenu parmi les fournisseurs « qualifiés » pour ce projet.

Selon le ministère canadien de la Défense, le programme ASTRV vise également à « acquérir une solution de soutien en service pour le nouvel aéronef, l’infrastructure pour héberger et entretenir la flotte à la base d’opérations principale, la 8e Escadre Trenton ainsi qu’une capacité de formation et de simulation pour préparer et maintenir l’état de préparation de l’équipage ».

Si le nombre d’avions susceptibles d’être commandés n’a jamais formellement été précisé [il est toutefois question de cinq à six appareils], le coût de ce programme doit être compris entre 1 et 4,99 milliards de dollars canadiens.

Depuis l’annonce faite il y a maintenant plus d’un an, aucun contrat n’a été notifié à Airbus. Cela étant, le 14 juillet, la Défense canadienne a annoncé avoir signé une commande de deux A330-200 d’occasion auprès de la société International AirFinance Corporation, pour la somme de 102 millions de dollars canadiens.

« La ministre de la Défense nationale Anita Anand a annoncé que le Canada avait conclu un contrat visant à acquérir les deux premiers avions pour l’Aviation royale canadienne qui remplaceront et renouvelleront la capacité actuelle de la flotte de CC-150 Polaris pour ensuite faire partie de la flotte d’avions stratégiques de transport et de ravitaillement en vol », a-t-elle en effet fait savoir, via un communiqué.

Et d’ajouter : « Le projet d’ASTRC […] permettra d’acquérir un nombre suffisant d’aéronefs pour fournir à l’ARC trois lignes continues de missions s’inscrivant dans la politique de défense du Canada, qui consistent à défendre les Canadiens, à respecter les obligations du Canada auprès du NORAD et de l’OTAN, et à permettre aux Forces armées canadiennes [FAC] de continuer à contribuer à la paix et à la stabilité à l’étranger grâce à leurs opérations. »

Ces deux A330-200 ont été assemblés en 2015. Leur transformation en avion ravitailleur sera effectuée « dans le cadre du contrat du gouvernement avec Airbus », a indiqué le ministère canadien de la Défense, avant de se féliciter que cette acquisition s’est faite au « meilleur rapport qualité‑prix ». Pour autant, cette opération ne sera pas entamée dès leur livraison, attendue durant le premier trimestre 2023.

« Les aéronefs en cours d’achat sont configurés pour une utilisation commerciale à longue distance. Il se peut qu’ils soient d’abord utilisés pour assurer le transport aérien de cargaison, de personnel militaire et de passagers », a en outre fait savoir le ministère canadien.

À noter que, dans le cadre du plan gouvernemental de soutien à l’aéronautique dévoilé en juin 2020, la France a adopté une démarche identique, en commandant trois A330 [dont deux d’occasion] en vue de les convertir en avion ravitailleur à partir de 2026.

« Le gouvernement du Canada s’engage à fournir aux Forces armées canadiennes l’équipement dont elles ont besoin au meilleur rapport qualité‑prix. Nous sommes impatients de recevoir ces deux appareils, puisque leur acquisition représente une première étape importante dans le remplacement éventuel de la capacité assurée actuellement par la flotte de CC-150 Polaris », a commenté Mme Anand.

Pour rappel, l’A330 MRTT peut transférer jusqu’à 50 tonnes de carburant pour une autonomie de 4 h 30 sur zone à 2.000 km, de tranporter 40 tonnes de fret à 7.000 km et 272 passagers.

Photo : A330 MRTT de l’armée de l’Air & de l’Espace

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4 contributions

  1. fred131 dit :

    Question de béotien : un MRTT ça peut se poser sur une piste en glace comme le pôle nord ?

    • Dolgan dit :

      Il y a bien plus gros qui le fait, donc pas de raison qu’il ne le puisse pas.

  2. chicogoya dit :

    Un A330 MRTT « classique » neuf : cellule de l’A330-200 + voilure de l’A340,
    ex-quadriréacteur. La conversion comprendra-t-elle le remplacement des ailes ?
    Merci pour l’info.

  3. john dit :

    Oui, des Airbus A340 se sont posés en Antarctique, des A319 aussi… Mais pour cela, il faut une longue piste préparée. La glace n’est pas un problème, mais la distance de freinage est plus longue que sur une pite habituelle, les roues ne pouvant pas freiner, seuls les moteurs et aérofreins peuvent ralentir l’avion.