Après la Pologne, la Belgique plaide pour exclure les dépenses militaires des règles budgétaires de l’UE

Dans un rapport publié ce mois-ci, la Cour des comptes a estimé que le ministère des Armées aurait à trouver des marges de manoeuvre budgétaires – et donc à faire des choix capacitaires – au regard de l’état des finances publiques, lequel s’est aggravé sous l’effet des mesures prises durant la pandémie de covid-19, avec un déficit public de 7% du PIB et une dette publique d’environ 120% du PIB. Qui plus est, le contexte actuel favorise l’inflation… et donc une hausse de ce que l’on appelle les coûts des facteurs [notamment pour ce qui concerne l’énergie].

En clair, la France dépasse allègrement les fameux critères de Maastricht de la zone euro, [un déficit et une dette ne devant respectivement pas dépasser 3% et 60% du PIB, ndlr], lesquels ont été suspendu pendant la crise du covid-19. Cela étant, la Commission européenne a entamé un réexamen des règles de la gouvernance économique de l’Union… Et certaines voix se font entendre pour les assouplir, afin de faciliter les investissements en matière de transition écologique…

Mais ce réexamen pourrait aussi être l’occasion de mettre sur la table une idée déjà ancienne : celle consistant à « sortir » les dépenses militaires de ces critères budgétaires. On aurait pu penser que la France allait porter une telle revendication en profitant de sa présidence du Conseil de l’Union européenne… D’autant plus qu’elle arrangerait ses affaires.

Ainsi, en décembre 2013, alors qu’il était ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian avait plaidé, à l’instar d’un certain Bruno Le Maire, qui a conservé son portefeuille de ministre de l’Économie dans le nouveau gouvernement, pour sortir les surcoûts des opérations extérieures du calcul des déficits. « La France participe à la sécurisation de l’Europe. À ce titre, il serait donc logique que ces modérations financières puissent être exclues des calculs de déficit minimum européen », avait-il dit.

En février 2015, M. Le Drian était revenu à la charge, affirmant que « l’idée d’exclure les dépenses militaires du calcul des déficits publics [commençait] à être entendue au niveau européen. » Et d’ajouter : « Il faut continuer dans cette direction ». Seulement, l’affaire en resta là. L’invasion de l’Ukraine par la Russie, qui ne fait que confirmer une tendance amorcée avec l’annexion de la Crimée, va-t-elle faire bouger les lignes?

En tout cas, la ministre belge de la Défense, Ludivine Dedonder, a remis cette proposition sur la table, sur les ondes de la RTBF, le 30 mai, alors que la Belgique envisage de porter ses dépenses militaires à 2% du PIB à l’horizon 2035 [contre 1,54% actuellement]. Ce qui ne va pas sans susciter quelques tensions au sein de la majorité gouvernementale, les écologistes et les socialistes n’y étant pas favorables parce qu’un tel effort, selon eux, pourrait se faire aux depens des politiques sociales et environnementales…

« Il faut prendre le temps de la réflexion, d’analyser l’évolution de la situation géopolitique, du conflit en particulier, des capacités lacunaires identifiées par l’Union européenne, du nouveau concept stratégique de l’Otan, mais ce n’est pas fermer la porte par dogmatisme… Augmenter le budget de la Défense n’est pas indécent quand on a une guerre sur le continent européen, mais cela ne doit pas se faire au détriment de l’augmentation du pouvoir d’achat, de la sécurité sociale ou des services publics », a d’abord fait valoir Mme Dedonder, membre du PS belge.

Aussi, a-t-elle continué, la solution serait d’obtenir un accord au niveau européen pour « que les dépenses de défense ne soient plus comptabilisées dans la dette publique ». Le Premier ministre belge, Alexandre de Croo, doit « défendre cette position à cet échelon », a-t-elle insisté.

Une telle proposition pourrait-elle se concrétiser désormais? Ce n’est pas exclu étant donné que, pour la plupart, les pays membres de l’UE ont annoncé des hausses significatives de leurs dépenses militaires… C’est notamment le cas de l’Italie, où il est question d’une hausse de 10 milliards dès cette année [*] mais aussi celui des États dits « frugaux », comme les Pays-Bas [+2 milliards, qui vendront s’ajouter à une première hausse de 3 milliards déjà prévue en 2022] et, bien évidemment, l’Allemagne, qui va revoir sa Loi fondamentale pour créer un fonds spécial de 100 milliards d’euros destiné à la Bundeswehr.

En outre, la Belgique n’est pas la seule à pousser cette idée : la Pologne y est également favorable. En mars, le chef du gouvernement polonais, Mateusz Morawiecki, a assuré qu’elle gagnait même du terrain au sein du Conseil européen.

La guerre en Ukraine « a complètement bouleversé l’ordre géopolitique en Europe et en fait dans le monde entier » et « si la Pologne souhaite dépenser prochainement 3% de son PIB pour sa politique de défense, alors que d’autres pays y consacrent 1%, il ne serait pas normal que nous soyons pénalisés par la Commission Européenne pour dépassement du déficit budgétaire au niveau de 3% », a plaidé M. Morawiecki.

[*] Finalement, Un accord politique a été trouvé fin mars pour porter les dépenses militaires à 2% du PIB italien d’ici 2028, une hausse de 1,5 milliard du budget de la Défense étant envisagée dès cette année

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  1. Nico from UK dit :

    Les règles budgétaires sont la pour éviter une derive de la dette de certains états et faire que l’Euro ne deviennent pas ingérable a long terme. Peu importe comment est dépensé l’argent public, seul le résultat comptable compte. Les investisseurs qui achètent les bonds du trésor ne vont pas vous faire un prix parce que vous dites que la dette a servis a aider l’Ukraine ou lutter contre le réchauffement climatique. bon bref c’est juste encore une excuse pour dépenser plus que l’on a. Cela finira par un éclatement de la zone Euro, une inflation vertigineuse et une chute de 50% du niveau de vie.

    • Roland de Roncevaux dit :

      en effet, au niveau économique et comptable exclure les dépenses militaires n’a strictement aucun sens… c’est même assez drôle intellectuellement ! Une idée aussi farfelue illustre le je-m’en-foutisme des dirigeants européens. Mais ils nous ont joué la même chanson pour « sauver les banques » en 2008, « sauver l’euro » en 2012, « sauver l’économie confinée » en 2020, et maintenant pour « sauver l’Ukraine » en 2022… Faudra bientôt sauver Willy ? De toutes façons, ça fait longtemps qu’ils ont pulvérisé les plafonds qu’ils s’étaient fixés. Et puis, l’UE-Euro est-il seulement viable sans un déficit de masse pour compenser ses disfonctionnements et ses externalités ?

    • Rom dit :

      Tout à fait d’accord, et d’ailleurs on en prend déjà largement le chemin… depuis la crise de l’€ en 2011, faut voir un peu la dose d’impression monétaire, pr ne pas dire de planche à billet qui a eu lieu alors que c’était interdit par les traités mais bon on est plus à ça près n’est ce pas.

      L’Euro c’est déjà tellement pété la gueule par rapport à il y a 10 ou 12 ans où 1$=60cts d’€ maintenant on est à la parité, et ça va faire que continuer, il n’y a vraiment plus aucun intérêt à avoir cette monnaie car elle n’est même plus forte et on ne décide plus de rien sur les question monétaires car la BCE de Francfort, donc en gros les allemands ont les manettes. Bref on est pas dans la merde.

      • Aramis dit :

        « à billet qui a eu lieu alors que c’était interdit par les traités mais bon on est plus à ça près n’est ce pas. » Vu le risque (qui paraît lointain) de déflation de 2015 heureusement que cela a eu lieu.

        Heureusement que le conseil ds gouverneurs de la BCE a permis de tordre le bras aux allemands.

        • Rom dit :

          Vous devez vraiment rien comprendre aux questions économique… car la planche à billet, c’est un engrenage, on en sort jamais, c’est le genre de bulle qui ne dégonfle pas mais qui explose, et on en paye les conséquences maintenant et ce n’est que le début.

          Toutes ces manoeuvres de banque centrale, ce n’est que reculer pr mieux sauter et surtout ça empêche en attendant toute réformes sérieuse car si l’euro avait sauté en 2011 avec la Grèce, on aurait pu rebondir maintenant c’est plus possible avec 120% de dette de PIB, on va faire défaut tôt ou tard et on accusera probablement les russes de nos problèmes alors qu’on a rien réformé au niveau national/européen/mondial après la crise financière de 2007 et celle de l’€ en 2010/2011 mais à part ça les russes sont des salauds !
          En attendant l’€ perd de la valeur et notre pouvoir d’achat s’en ressent.

          • Aramis dit :

            Vous devez vraiment rien comprendre aux questions économique… car la planche à billet, c’est un engrenage dont on sort. La preuve cela a eu lieu.

            Cela peut exploser oui.

            Si vous voulez que chaque fois qu’il y a un risque de déflation les Banques centrales ne fassent rien et laissent l’économie s’effondrer. Libre à vous.

            Si ajoute le fait que la politique de taux bas rendaient les taux de dettes supportables pour les états.

    • Wagdoox dit :

      C’est archi faux, la maniere dont est dépensé l’argent a evidemment un impact monstre sur la soutenabilité de la dette. Un investissement permet de gagner de l’argent a terme, une dépense de fonctionnement rapprochera pas grand chose.
      Si c’est pour importer de l’armement ca creera de l’inflation si c’est pour creer une industrie duale alors ca rapportera de l’argent.
      L’inflation c’est l’augmentation des liquidités par rapport a la richesse reellement créée.
      Bref c’est une vision totalement contraire a la réalité économique , ne rien dépenser c’est le meilleur moyen de gripper l’économie.

      • Math dit :

        L’inflation est précisément le moyen de rééquilibrer la politique sociale. Plus d’euro en circulation pour une masse de biens constante font que les biens coûtent tous plus cher. Les salaires suivent plus ou moins. S’ils suivent moins, le pays regagne en compétitivité. C’est ainsi que la France a toujours procédé. Les perdants sont les épargnants, les importateurs et les détenteurs de dette d’état. Les gagnants sont les industriels qui regagnent en compétitivité sur les importations et les salariés, car ils peuvent négocier leurs salaires à la hausse et réduire de fait la part de leur salaire alloué à leur baraque. Nous avons besoin de cette inflation pour désendetter nos états. Les allemands, gros détenteurs de dettes, n’en voulaient pas. Dans l’urgence, ils sont obligés de convenir qu’ils ne peuvent plus continuer à vivre sur le dos de leurs voisins, car cela compromet leur sécurité. C’est une bonne chose pour la France qui a une belle occasion de revenir à la compétitivité économique, sans des millions d’accords individuels.
        Bref, contrairement à certains avis, je pense que l’inflation du moment est le meilleur moyen de pouvoir re allouer des crédits pour l’armement en particulier.
        Le seul danger pour la France serait une indexation pré électorale des retraites sur l’inflation. Ça casserait tout.

  2. Aramis dit :

    Une évidence que nous devrions appuyer.

    • NRJ dit :

      @Aramis
      C’est vrai qu’on parle quand même de la Défense. C’est un domaine qui est vraiment spécifique car on parle de l’avenir de la souveraineté nationale.
      Mais du coup il faudrait également mettre la transition énergétique. Les impacts du changement climatique seront tels qu’ils faut investir et qu’on ne peut donc pas mettre ce financement également dans les règles de la dette. On parle de l’avenir de la planète.
      Et il faudrait mettre aussi la santé pour des raisons évidentes : on parle de la santé des français. Et puisqu’on y est il faut mettre l’éducation nationale, car on parle de l’avenir de la nation française. Une évidence donc que vous devrions appuyer.

      Bref, bientôt on ne saura plus ce qu’on mettre dans les règles de dette, mais on sait ce qu’on n’y mettra pas….

      • Aramis dit :

        « Mais du coup il faudrait également mettre la transition énergétique. » On pourrait.

        « Et il faudrait mettre aussi la santé pour des raisons évidentes » On pourait.

        On pourrait aussi décider qu’on ne compte par exemple que 50% de ces dépenses dans la stat si ça nous chante.

        • NRJ dit :

          @Aramis
          « On pourrait aussi décider qu’on ne compte par exemple que 50% de ces dépenses dans la stat si ça nous chante ». Bien sûr. Du coup vous admettez que si on accepte que la Défense ne soit pas prise en compte, tout autre poste de dépense ne soit pas pris en compte. Du coup ça pose la question : pourquoi imposer une limite sur le déficit et la dette publique ?

          Je suis de ceux qui pensent qu’un budget de la Défense n’est efficace que s’il est durable. Et si on doit tomber en faillite comme la Grèce en 2010, alors la Défense en prendra sa part dans la récession générale, qu’elle soit ou non comptabilisée dans la dette publique.

          • Aramis dit :

            « Du coup vous admettez que si on accepte que la Défense ne soit pas prise en compte, tout autre poste de dépense ne soit pas pris en compte.  » Non.

            « Je suis de ceux qui pensent qu’un budget de la Défense n’est efficace que s’il est durable. » Tout dépend de ce qu’on appel durable et efficace. Puis ce qu’on veut faire avec. Il faut aussi pour vous suivre postuler que le durable est forcément efficace et des mesures ponctuelles forcéments néfastes.

            « Et si on doit tomber en faillite comme la Grèce en 2010 » On va y venir, rassurer vous les états pourront disparaître.

          • NRJ dit :

            @Aramis
            « « Du coup vous admettez que si on accepte que la Défense ne soit pas prise en compte, tout autre poste de dépense ne soit pas pris en compte. » Non. ». Ah bon ? Vous avez dit « On pourrait ». Faut justifier un peu alors. Si on n’inclut pas le budget du mindef dans les limites de dette, pourquoi ne mettrait t’on pas également le budget de la transition énergétique ? Et le budget de santé ? D’ailleurs vous mentionnez vouloir prendre seulement 50% de ces dépenses. J’ai deux questions :
            1) Pourquoi 50% de ces dépenses et pas la totalité ? 2) Pourquoi la totalité du budget du mindef et pas 50% ?

            « Tout dépend de ce qu’on appel durable et efficace. ». Durable, ça veut dire que l’on peut tenir le budget de Défense dans la durée sans risquer d’être en faillite demain à cause de ça.
            Efficace, ça signifie qui répond aux besoins attendus par les parlementaires (pour combattre un ennemi par exemple, ou protéger des populations).
            La durabilité est un pré requis de l’efficacité. Une condition nécessaire non suffisante si vous voulez : une armée peut être durable mais inefficace (ex: armée belge). Mais une armée ne peut pas être efficace si elle n’est pas durable (ex: l’armée soviétique. Ils avaient la meilleure armée du monde jusqu’en 1991 et elle s’est écroulée à cause de la faillite qu’elle a contribué à engendrer).
            J’espère que c’est plus clair pour vous. Donc quand vous dîtes « Il faut aussi pour vous suivre postuler que le durable est forcément efficace et des mesures ponctuelles forcéments néfastes », c’est faux.

            « On va y venir, rassurer vous les états pourront disparaître. ». Je sais pas si vous êtes ironiques. Si vous l’êtes, j’aimerais vous confronter à un mythe sur les Français, mythe qui a tendance à être assez vrai pour certaines personne. Il s’agit du petit coq arrogant sur son tas de fumier. Un animal très fier et très stupide qui prend les autres pour des crétins et a un melon surdimensionné sur ses capacités. Pensez vous correspondre à cette description (si vous étiez ironique, bien sûr) ?

          • Aramis dit :

            « Ah bon ? Vous avez dit « On pourrait ». » Oui ce n’est qu’une possibilité. J’ai utilisé un verbe conjugué au conditionnel.

             » Pourquoi 50% de ces dépenses et pas la totalité » J’ai dit si ça nous chante, c’est un exemple.

            « Durable, ça veut dire que l’on peut tenir le budget de Défense dans la durée sans risquer d’être en faillite demain à cause de ça. » Avant qu’un tel risque n’apparaisse il faut y aller.

            « Efficace, ça signifie qui répond aux besoins attendus par les parlementaires » Ah c’est eux qui décident selon vous et leur décision sont forcément synonymes d’efficacité pour vous. Pas de gouvernement dans la prise de décision donc.

            « La durabilité est un pré requis de l’efficacité. » Si on place bout à bout ce que vous dîtes pour vous tant qu’on ne court pas le risque de mettre l’état en défaut de paiment on peut donc augmenter le budget si les parlementaires le décident. Et ça ce serait l’assurance d’avoir à coup sur un budget efficace et durable.

            Si je croise ce que vous dîtes sur l’URSS qui était à 15% du PIB à la défense on a une sacrée marge avant la faillite dis donc. Je serais nettement moins optimiste que vous mais bon.

            « Ils avaient la meilleure armée du monde jusqu’en 1991 » Vous déraisonnez j’espère.

            « et elle s’est écroulée à cause de la faillite qu’elle a contribué à engendrer » Ah parceque pour vous c’est uniquement le poids financier de l’armée qui a engendré la fin de l’URSS et pas autre chose. Le système communiste vous paraît viable du moment qu’il est proche de ses sous. Moi non il est non viable dans tous les cas pour moi.

            « Je sais pas si vous êtes ironiques. » Navré de paraître arrogant en disant ça mais il est parfaitement possible que les états disparaissent. L’humanité a vécu plein de millénaire sans eux figurez vous.

          • NRJ dit :

            @Aramis
             » Oui ce n’est qu’une possibilité. J’ai utilisé un verbe conjugué au conditionnel. ». Effectivement. Mais du coup vous ne répondez pas à la question : Si on n’inclut pas le budget du mindef dans les limites de dette, devrions nous y exclure également le budget de la transition énergétique ainsi que la santé et l’éducation nationale ?

            « Avant qu’un tel risque n’apparaisse il faut y aller. ». Ben notre dette représente 115% du PIB et est un des plus élevé en Europe. A titre de comparaison, la dette allemande représente 70-80% du PIB. Et quand on regarde la situation grecque, on n’est pas loin. Les grecs avaient une dette représentant 130% du PIB en 2009. Et en 2010 ils étaient en faillite.
            Maintenant quand on regarde la France, on voit les taux d’intérêts qui augmentent (ce qui fait exploser les coûts de notre dette, là où cette partie était limitée jusqu’ici par des taux d’intérêt très faibles voire négatifs), l’inflation, et des investissements qui vont être colossaux avec la transition énergétique. Bref, c’est bien d’être optimiste, mais faut pas négliger les faits, même s’ils nous dérangent. Mais du coup, je préfèrerais ne pas « y aller ».

            « Ah c’est eux qui décident selon vous et leur décision sont forcément synonymes d’efficacité pour vous. Pas de gouvernement dans la prise de décision donc. ». Les parlementaires valident les décisions du gouvernement. Mais oui, on peut considérer que la capacité de l’armée à répondre aux besoins demandés par le gouvernement. A la place de parlementaire, le terme « politiques » devrait être utilisé, pour englober au mieux tous les pays et les différents systèmes politiques.

            « Vous déraisonnez j’espère. ». Tout au moins la deuxième armée du monde.

            « Si on place bout à bout ce que vous dîtes pour vous tant qu’on ne court pas le risque de mettre l’état en défaut de paiment on peut donc augmenter le budget si les parlementaires le décident. « . Si on a de l’argent à profusion (c’est rare…), on peut effectivement le filer à la Défense. Maintenant, n’oubliez pas que le mindef n’est pas le seul ministère que l’Etat doit financer. D’une façon ou d’une autre, on doit limiter les budgets pour ne pas se retrouver en défaut de paiement.

            « Si je croise ce que vous dîtes sur l’URSS qui était à 15% du PIB à la défense on a une sacrée marge avant la faillite dis donc. Je serais nettement moins optimiste que vous mais bon. ». Faut voir la situation globale. Dans le cas russe, en tout cas, on voit que les dépenses militaires n’étaient pas durables. Elles étaient donc inefficaces.

            « Le système communiste vous paraît viable du moment qu’il est proche de ses sous. Moi non il est non viable dans tous les cas pour moi. ». Le système communiste aurait disparu tôt ou tard. Mais le budget de l’armée est responsable de la rapidité de son effondrement entrer 1980 et 1990 avec l’invasion de l’Afghanistan.

            « Navré de paraître arrogant en disant ça mais il est parfaitement possible que les états disparaissent. L’humanité a vécu plein de millénaire sans eux figurez vous. ». Je ne dis pas l’inverse. Mais l’effondrement d’un Etat entraine souvent pas mal de problème et le bien-être collectif en prend généralement pour son grade.

          • Aramis dit :

            « Si on n’inclut pas le budget du mindef dans les limites de dette, devrions nous y exclure également le budget de la transition énergétique ainsi que la santé et l’éducation nationale ? » Si on veut. Moi je dirais non.

            « Ben notre dette représente 115% du PIB et est un des plus élevé en Europe. » Je parle du PIB consacré à la défense qui n’est pas ce qui a généré une hausse exponentielle des dépenses depuis 30 ans.

            « Tout au moins la deuxième armée du monde. » Au mieux.

            « D’une façon ou d’une autre, on doit limiter les budgets pour ne pas se retrouver en défaut de paiement. » Oui mais vous dîtes que tant qu’on n’est pas en risque on peut augmenter le budget. Ce que je désapprouve.

            « Faut voir la situation globale. Dans le cas russe, en tout cas, on voit que les dépenses militaires n’étaient pas durables. Elles étaient donc inefficaces. » Mon point c’est que contrairement à vous je pense que seule l’économie de marchée est viable et que même avec 3% du PIB à la défense il se serait effondré.

            « Mais le budget de l’armée est responsable de la rapidité de son effondrement entrer 1980 et 1990 avec l’invasion de l’Afghanistan. » S’il n’y avait que ça l’URSS ne se serait pas effondré.

            « Je ne dis pas l’inverse. Mais l’effondrement d’un Etat entraine souvent pas mal de problème et le bien-être collectif en prend généralement pour son grade. » E effet d’où la nécessité d’avoir un état restreint dont la principale fonction soit le régalien donc en premier lieu les armées.

  3. cedivan dit :

    Je note que nos amis européens nous ont laissé faire le boulot au Sahel (et ailleurs)à sans trop se mouiller pendant des années tout en nous demandant de respecter les règles. et voilà qu’ils découvrent que ça coûte et que ces règles européennes sont intenables…. Quelle bande d’hypocrites

    • MAS 36 dit :

      Vous avez tout résumé.

    • fabrice dit :

      Un grand nombre de nos amis européens, notamment ceux de l’Europe de l’Est n’en ont rien à f. du Sahel. Dès lors l’argument « on fait votre job dans le Sahel » comment dire ?
      L’Estonie nous soutient dans le Sahel parce qu’on la soutient contre la Russie. Si on ne la soutient pas en Russie, ils se barrent le lendemain du dispositif français du Sahel.

  4. Raymond75 dit :

    Exclure les dépenses militaires des règles budgétaires de l’UE, oui bien sûr !!! Mais continuer à imposer la concurrence imposée et totalement faussée, c’est à dire la concurrence des plus pauvres contre les pauvres, il ne faut pas y toucher, pas plus que le règne des lobbies à Bruxelles, à la destruction méthodique des droits sociaux et des services publics, à l’ouverture tous azimuts des importations provenant de dictatures, à la main mise de technocrates non élus sur la marche des pays européens.

    En fait, on fait semblant de défendre une ‘souveraineté européenne’, entre pays toujours en rivalité qui s’équipe militairement à 60 % dans des pays extra-européens, sans toucher à la perte de la souveraineté réelle, c’est à dire économique et sociale.

    Il ne faut pas toucher aux fondamentaux de l’Union Européenne.

    • Félix GARCIA dit :

      LES GUIGNOLS DE L’INFO —- World Company : Les apparatchiks du capitalisme
      https://www.dailymotion.com/video/x4du7uh

    • Roland de Roncevaux dit :

      l’UE a été conçue par et pour le grand capital (c’est pas une critique, c’est un fait). Cette zone économique permet d’optimiser leurs placements à échelle continentale (en concentrant les investissements, et en les allouant dans la région la plus adaptée), tout en bénéficiant d’une monnaie forte pour leurs investissements et achats avec le reste du monde. Pour les peuples et les gens de base, c’est une autre chose. Le salaire minimum en Pologne est de 600 euros, en Bulgarie de 300 euros… chez les candidats à l’adhésion, il est de 100 euros en Ukraine et 46 euros en Moldavie. Forcément, ça laisse une « marge de compétitivité » pour y délocaliser et concentrer nos entreprises ! Dans une zone économique unifiée, l’investissement va s’allouer là où il est le plus rentable : et il est bien plus rentable de produire à bas-coût à l’est pour vendre (sans tarif douanier) à l’ouest. Les pays comme la France sont à peu près condamnés à la désindustrialisation, et même à une partielle dés-agricolisation. Mais nous pourrons toujours vivre du tourisme, des services, des musées, de l’aide à la personne et de l’inclusivité. Nous allons assister à une lente et progressive convergence, qui permettra à l’économie française de converger avec l’économie moldave. Ca permettra de contenter « en même temps » les européistes et ceux qui rêvent de vivre à l’est !

      • philbeau dit :

        Excellent décryptage clair et précis de ce qu’est l’UE . Donc on s’attend à une adhésion enthousiaste des peuples floués dans l’histoire ? Parce qu’à terme il vaudra mieux être moldave ou ukrainiens que français .

  5. HAMELIN dit :

    Exclure les dépenses militaires des règles budgétaires de l’UE, pourquoi pas.
    Cela arrangerait finalement tout le monde.
    Intégrer une clause comme de respecter au moins les 2% (hors nucléaire) serait un plus.
    Seulement il y a un gros HIC :
    Il faudrait que ces mêmes pays acceptent de s’engager à dépenser cet argent exclusivement dans l’industrie de défense européenne afin de soutenir nos économies respectives, nos emplois et surtout nos BITD.
    Investir massivement ces budgets à l’étranger (hors d’Europe), cela pourrait avoir des conséquences à terme sur notre monnaie commune mais plus grave, cela mettrai notre indépendance et notre autonomie en danger avec la disparition accélérée de nos BITD.

    • Paddybus dit :

      Ben ça va pas être possible… les ricains n’étant pas européen par nature….!!!!! ;0)))

  6. Florent Pirot dit :

    La Belgique est intégrée curieusement au comité OTAN « Combined Joint Operations From the Sea » qui couvre jusqu’aux Barents et je ne suis pas sûr que la Belgique soit un membre légitime du groupe. Je pense qu’elle pourrait réduire les dépenses.
    J’ai en effet un jour PROPOSE au laboratoire belge de Mol, le SCK CEN, dans une candidature pour un poste destiné visiblement à préparer des appareils de plutogénisation sous critique (ma spécialité – j’ai postulé !) de s’occuper qui plus est de la surveillance des sous-marins russes et de leurs éventuelles, très très éventuelles fuites nucléaires (avec dans l’esprit la surveillance aussi des vieux coeurs nucléaires datant de l’URSS au-delà… mon objectif était de TROUVER DES UTILITES au labo SCK CEN). … et je me demande si la présence belge dans ce comité date de là.
    (Je n’ai bien sûr pas été recruté… )

  7. blavan dit :

    Quel est l’intérêt de cette mesure puisqu’il y a longtemps que plus aucun pays à part les « sérieux » ne tient compte des règles imposées par l’Euro.

  8. Carin dit :

    Je pense que même nos amis allemands vont y venir, histoire de « sortir » les 100 milliards d’euros de ce carcan, et de fait pouvoir continuer à faire la leçon au niveau européen!
    Du coup, la France ne dit rien, parce que tout roule dans son sens, il est donc inutile d’en parler.

  9. albatros dit :

    Cela est la logique même…l’inflation nous coûte déjà beaucoup actuellement avant même cette crise ukrainienne (russe en fait)
    J’ajouterai qu on devrait mutualiser les achats d’énergie au niveau de l’UE afin d’obtenir des ristournes confortables, comme on le fait pour les marchés publics en principe. Pour info la part de l’énergie dans notre dette extérieure est de -52 milliards en 2021

  10. philbeau dit :

    La France , toujours à plat ventriste devant Bruxelles …il y a belle lurette que , se battant au Sahel pour le compte des faux – culs affairistes se disant frugaux d’Europe du nord , elle aurait dû prendre l’initiative de sortir ses dépenses d’Opex de son budget bruxellois . Mais nos politiques complexés devant l’Allemagne avec qui ils se croient  » en couple » ont toujours , en bonne épouse soumise , renoncé à fâcher le maître du logis européen …Tiens comme pour l’énergie , encore une belle farce en préparation avec le « modèle allemand » :
    https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/eolien-les-couts-de-construction-explosent-le-modele-europeen-ne-tient-plus-face-a-la-concurrence-chinoise-919930.html

  11. Giovanni dit :

    Je tiens à souligner que l’Italie n’a pas l’intention d’augmenter son budget de défense de 10 milliards d’euros cette année.
    En fait, pour être plus précis, il n’y a à ce jour aucun engagement sur un quelconque chiffre…

  12. mich dit :

    Toujours cette discussion absurde ! et en quoi est ce ridicule d’ avoir un plafond de dépense ? qui a deja été pénalisé par cette règle ? perso cette exonération je la trouverai stupide sauf si on me prouve que le budget de la défense est dépenser de façon plus vertueuse que les autres , c ‘est pas gagné à mon avis . Que l’ on commence deja par faire des budgets réalistes avant de s ‘ exonérer de ci de là de limite ou d’ impôt et que l’ on arrête les comparaisons bidons avec des pays qui ne fonctionnent pas vraiment comme nous ,ou alors c ‘est le syteme politique qu ‘il faut changer de fond en comble , bon courage surtout quand la démagogie s ‘estompe .

  13. HAMELIN dit :

    Puis-je savoir pourquoi vous avez effacer mon commentaire.
    Je serai curieux d’en connaitre la raison.

  14. Alpha dit :

    Cela se nomme l’argent MAGIQUE!

    Quand Mme Michu est endettée, elle est endettée! Quelque soit la nature de la dépense

    • Aramis dit :

      Madame Michu ne peut pas réemprunter pour rembourser un emprunt précédent si elle est endettée fortement. Et son espérance de vie est limité.

  15. Kaya dit :

    Ahaha,jusqu’ici tout va bien ,le plus important c’est l’atterrissage pas la chute . 🙂 🙂

    • Pascal (l'autre) dit :

      « le plus important c’est l’atterrissage pas la chute . » L’atterrissage n’est jamais qu’une chute maîtrisée!

  16. Trent dit :

    Cette idée au départ Française a été moqué et retoqué par nos voisins.
    Elle revient, mais poussée par les Américains qui veulent vendre sans contraintes leurs matériels.
    Là ça va passer.

  17. Félix GARCIA dit :

    L’appel de 500 agents du ministère des affaires étrangères : « Nous faisons face à un risque de disparition de notre diplomatie professionnelle »
    Dans une tribune au « Monde », un collectif de quelque 500 agents du ministère des affaires étrangères exprime sa colère face à la « suppression brutale du corps diplomatique », qui motive un appel à la grève le 2 juin.
    « De très nombreuses personnalités ont alerté sur les risques d’une telle décision qui permettra des nominations de complaisance au détriment de la compétence et aura pour conséquence la déstructuration des carrières, une perte de l’expertise et une crise des vocations. Nous faisons face à un risque de disparition de notre diplomatie professionnelle. Les métiers du Quai d’Orsay s’apprennent en effet sur le temps long, par la multiplication d’expériences, notamment à l’étranger et dans des postes difficiles, et la transmission des savoirs et des expériences entre les agents. »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2022/05/25/reforme-du-quai-d-orsay-nous-faisons-face-a-un-risque-de-disparition-de-notre-diplomatie-professionnelle_6127641_3232.html

    #diplo2métier
    https://twitter.com/search?q=%23diplo2m%C3%A9tier&src=typed_query

    France: face à la suppression du corps diplomatique, appel à la grève inédit des diplomates
    https://www.rfi.fr/fr/france/20220601-france-face-%C3%A0-la-suppression-du-corps-diplomatique-appel-%C3%A0-la-gr%C3%A8ve-in%C3%A9dit-des-diplomates

    Grève historique des diplomates français contre la réforme de Macron- «Diplomate, c’est un métier !»
    https://www.youtube.com/watch?v=_e6X7AsSCiI

    • fabrice dit :

      La « compétence », MDR… Parler et être imbibé de culture arabo islamique au point de donner une interview dans une radio publique en keffiye aux couleurs de l’organisation terroriste (classification de l’UE) du FPLP….https://www.babelio.com/auteur/Jean-Pierre-Filiu/78398
      savoir bien faire du cheval et avoir d’autres compétences de type féminine très amicale aux partenaires masculins ? https://www.babelio.com/auteur/Leila-Seurat/378165
      Soyons sérieux l’appareil diplomatique et soi disant « scientifique » qui s’occupe du Moyen Orient arabo musulman est une honte absolue…
      Le Quai a confondu diplomatie avec club mondain franco arabe.
      De toute façon, suffit de voir les résultats. Un échec colossal à tous les niveaux. Mais surtout ne désignons pas les responsables.
      Sur le fond une politique d’une bêtise abyssale mené par des travaille peu et fait beaucoup la fête, bourré de préjugés de classe et de caste et incapable de distinguer le vrai du faux.

  18. Nexterience dit :

    Quand on s’intéresse aux armées, on lit qu’il faut sortir le budget des règles du déficit car c’est un investissement vital pour l’avenir du pays.
    Quand on s’intéresse à l’éducation, on lit qu’il faut sortir le budget des règles du déficit car c’est un investissement vital pour l’avenir du pays.
    Quand on s’intéresse au climat, on lit qu’il faut sortir le budget des règles du déficit car c’est un investissement vital pour l’avenir du monde par le sérieux de nos engagements mondiaux.