Les commandes de 302 Griffon, de 88 Jaguar et de 54 MEPAC ont été notifiées par la Direction générale de l’armement

Annoncée en février dernier par le Premier ministre, Jean Castex, lors de sa visite des installations industrielles de Nexter à Roanne, la tranche conditionnelle 4 [TC4] du marché EBMR [Engin blindé multi-rôle] du programme SCORPION vient d’être notifiée par la Direction générale de l’armement [DGA] aux industriels concernés.

En effet, l’annonce en a été faite ce 10 mai, via un communiqué publié par le Groupement momentané d’entreprises [GME] réunissant Nexter, Arquus et Thales. Dans le détail, cette nouvelle tranche conditionnelle correspond à la commande de 302 Véhicules blindés multi-rôles [VBMR] Griffon et de 88 Engins blindés de reconnaissance et de combat [EBRC] Jaguar.

Ce marché portera respectivement à 150 et 909 le nombre de Jaguar et de Griffon commandés, ce qui est conforme à l’objectif fixé par la Loi de programmation militaire [LPM] 2019-25.

« Cela représente la moitié du nombre total de Jaguar et de Griffon prévu dans le cadre du programme SCORPION pour le renouvellement du segment médian des blindés de l’armée de Terre », rappelle le GME EBMR.

Cela étant, commander de nouveaux blindés est une chose… Les livrer en est une autre. Et sur ce plan, et comme l’avait expliqué le général Pierre Schill, le chef d’état-major de l’armée de Terre [CEMAT] lors d’une audition parlementaire, il est question de livrer 45% des véhicules commandés d’ici à 2025. « Cette baisse est liée à la prise en compte des impératifs industriels de livraison pour certains segments de ces véhicules et à la possibilité, pour nous primordiale, de financer en contrepartie la pérennisation du char Leclerc, le lancement du programme de l’engin de combat du génie et le lancement du programme VBAE [véhicule d’aide à l’engagement, ndlr] successeur de nos VBL », avait-il avance.

Pour rappel, à l’horizon 2030, l’armée de Terre doit en principe disposer de 1818 Griffon, de 300 Jaguar et de 978 VBMR légers « Serval », dont les quatre premiers exemplaires ont été livrés au Centre d’appui de préparation au combat interarmes – 51e Régiment d’Iinfanterie [CAPCIA-51eRI], la semaine passée.

Par ailleurs, le GME EBMR a également confirmé la commande de 54 Griffon MEPAC [Mortier embarqué pour l’appui au contact], celle-ci lui ayant été notifiée par la DGA quelques jours plus tôt. Les livraisons débuteront, en principe, à partir de 2024.

Ces commandes constituent une « une marque de confiance accordée aux industriels du GME EBMR, qui ont su maîtriser leurs délais depuis le début du programme. Elle [leur] apporte, ainsi qu’à toute la base industrielle technologique de défense terrestre, une vision précise de leur activité industrielle jusqu’en 2025 », ont souligné Nexter, Arquus et Thales dans leur communiqué commun.

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40 contributions

  1. Félix GARCIA dit :

    Ah ben voilà, c’est là que j’aurai du écrire ça …

    —> Dans « la veine du MEPAC » :
    – Griffon MMP (VL, ou équivalent JAGUAR, avec rechargement automatique)
    – Griffon « porte-Switchblades »
    – Griffon « porte-drone » : caisson métallique ouvrant (abritant le drone lors des déplacements et que celui-ci n’est pas déployé, faisant partiellement office de plateforme d’atterrissage/envol une fois ouvert) la partie arrière du toit, trappe sur le toit donnant accès au caisson pour recharger le drone (munitions larguées à la verticale ou planantes/rôdeuse, recharge des batteries etc …)

    • muchini dit :

      Pourquoi les deux derniers « portes drone » et « switchblade » sur un châssis à 750 000 euros plutôt que sur un camion.

      • Félix GARCIA dit :

        Mobilité et blindage. Suivi du reste de « l’équipe » de « chasseurs ».
        Des « Switchblades français » devraient coûter entre 5000 et 20 000 €. Avec quelques dizaines de Switchblades dans un « Griffon porte-Switchblades », ça ferait un « mini-croiseur » mobile, pour « la chasse » ou l’attaque de positions retranchées.

      • john dit :

        Les munitions de type Switchblade ont pour rôle d’avoir leur propre soutien aérien dès que nécessaire.
        Imaginez une embuscade. L’adversaire choisit en général une position favorable. Si vous recevez le feu ennemi, et parmi cela des mortiers de 120mm, des roquettes et/ou missiles anti-char, quelle est votre capacité de réponse?
        Parfois, il est impossible de se protéger par un feu direct, notamment pour des mortiers. L’infanterie a donc besoin de soutien aérien déjà pour localiser le tir, et ensuite pour éliminer au plus vite la menace.
        Le Switchblade remplit cette mission et a été conçu pour emporter son propre soutien aérien dans un sac à dos. Et l’avantage additionnel, en cas de tirs multiples, imaginons 2 munitions tirées vers la même cible, si la première l’élimine, il est possible d’utiliser la 2e munition sur une autre cible. Avec des missiles, cela n’est pas possible.
        Il ne faut donc pas un véhicule dont la mission est l’emport de cette munition, mais plutôt la capacité de lancer ces munitions depuis les véhicules de l’infanterie.
        Et ici on parle de véhicules qui peuvent être en contact avec le feu ennemi. Ce n’est pas comparable à un Caesar qui est à 30 km de la ligne de front.

        • muchini dit :

          Justement si les Switchblade sont disponibles en deux versions 10 et 40 km de distance, pour la version 10 je ne vois pas l’intérêt de la chose car pour le moment nous avons les MMP 4km de distance et possiblement une version MHT terrestre qui ferait 8km. Enfin pour la protection des véhicules il ne faut pas oublier qu’un griffon n’est « que » stanag4 si je me souviens bien le châssis du caesar mk2 devrait être stanag 3 contre les tir direct (c’est déjà pas mal). Je me souviens que les israélien utilisent des silos de missiles conteneurisé ce qui est pas mal pour la logistique et imaginer un conteneur activable à distance sur le chemin de colonnes blindés est un fameux piège pour moi.

          • Félix GARCIA dit :

            L’avantage de ces armements, est qu’ils peuvent rôder, et donc rester plus longtemps en position de choisir la cible ou le moment opportun.

    • Dolgan dit :

      Griffon mmp à rechargement automatique? Un bête Griffon hot ça ferait 4 à 8 missiles prêts à tirer. C’est à dire plus que ce que l équipage pourrait gérer, en supposant qu’ils aient assez de cibles. C’est une arme de précision, pas une arme de saturation.

      • Félix GARCIA dit :

        « Un bête Griffon hot ça ferait 4 à 8 missiles prêts à tirer. »
        En effet. C’est amplement suffisant.

      • Félix GARCIA dit :

        PS : Là que j’y repensais (système de tir JAGAUR [rétractable] avec rechargement automatique) ;
        Cela lui donnerait un profil plus discret, plus bas, et le rendrait plus facilement aérotransportable.
        De même, il ne s’agirait pas d’emporter 50 MMP, mais 12/16/20, et ce, bien à l’abri à l’intérieur du véhicule blindé, comme pour le tireur d’ailleurs. Un seul véhicule pour accomplir cette mission antichar lors d’un largage.

    • Nicolas dit :

      On pourrait ajouter à votre liste un Griffon SHORAD. L’engin est assez gros pour être équipé d’une tourelle avec des armements AA.

      • Félix GARCIA dit :

        Certes.
        Le SHERPA (comme ceux du Maroc) ne ferait pas le boulot ? Pas de tourelle radar complète ?

        • Pompes y doudou dit :

          Un peu petit le Sherpa pour une tourelle avec un CTA 40 (au vu de l’argent investi dedans autant bien l’amortir). Le 25mm rentre dessus sur tourelle Cockerill mais sans plus.

          Et va falloir rajouter un petit AESA et des missiles type Mistrals (voir plus gros) pour avoir un système complet.

          • Félix GARCIA dit :

            À Pompes y doudou et Belzébuth :
            Ces configurations font sens dans l’optique de « la chasse » (qui va probablement nous occuper un bout de temps).

        • Belzébuth dit :

          @ Félix Garcia
          Il y a pléthore de fournisseurs et pour tous les prix:
          https://mobile.twitter.com/nthn_gn/status/1524022968237670401

  2. Thaurac dit :

    « … prise en compte des impératifs industriels de livraison »
    Le mal Français
    Quad une entreprise de ce style, idem Dassault a une grosse commande, ils raisonnent en annuités d’emplois, vieux reflexe syndical français, alors qu’il faut pour hier!On aura jamais, hormis de l’occasion, rien à vendre sur étagères, les entreprises ne voulant jamais risquer leurs fonds propres, c’est pas normal!

    • Doudous74 dit :

      Les entreprises savent qu’elles font plus peur aux décideurs que n’importe quel ennemi…
      Faites des procédures ouvertes à la concurrence de manière honnête et elles se mettront à niveau rapidement mais jusqu’à présent elles savent avoir un client captif qui leur assure de vivre et se développer a minima et quelques cerises sur le gâteau avec des clients étrangers…

    • Moddus dit :

      Je pense au contraire que dans le domaine militaire, plusieurs entreprises ont tenté des projet sur fond propre, mais que la décision finale revient souvent sur un nouveau produit.

      Naval Group a développé les Gowind de façon très modulaire, qui ferait des patrouilleurs hauturier et des Corvettes parfaitement apte, mais les politiques préfèrent lancer un nouveau projet de corvette européenne.

    • Mic dit :

      Je ne savais pas que Nexter et Dassault étaient dirigés par des syndicats!!!!!
      Votre commentaire est ridicule
      Ces dirigeants de ces entreprises privés ils demandent que cela rapporte le max de cash….

    • joe dit :

      Pas vraiment. Même en prenant en compte la menace, TRES hypothétique d’une russie attaquant tout azimut, inclus l’Otan, notre force ne réside pas dans une armée destinée à affronter seule un adversaire numériquement supérieur mais de le faire en conjonction de plus de 30 autres pays. Ne sombrons pas dans la paranoïa russe au détriment de ce qui fait de la France un pays ou il fait relativement bon vivre ET démocratique. Qui est prêt à augmenter le budget par habitant au niveau des US ou même d’Israel au détriment bien sur d’autres dépenses sociales ou d’investissement ? il n’ y a pas d’argent magique…

    • Harambe dit :

      Non, ce n’est pas un mal français mais une nécessité quand on est pas les USA ou la Chine avec leur budget monstrueux ou leur marché export garanti.

      Ces commandes sont pérennisés dans le temps pour permettre à l’état de souffler un peu entre 2 commandes, oui, l’industriel peut finir ça en 1 ou 2 années en agrandissant l’usine, mais après il fait quoi sans marché interne et export? Vendre des blindés aux civils ou à la police et la gendarmerie? Faire des blindés comme de la camelote Dacia qui dure 5 ans pour que l’état refasse des commandes?

      « les entreprises ne voulant jamais risquer leurs fonds propres, c’est pas normal! »
      Faut arrêter de faire porter le chapeaux aux industriels ou alors, ça finira comme pour la fermeture de samp ( https://www.usinenouvelle.com/article/la-samp-victime-de-sa-dependance.N166875 ) .

      La PME n’avait qu’un client : la Direction générale de l’armement.
      « Après avoir reçu ces aides, j’avais embauché, raconte Christian Martin. Un an plus tard, on me signifie qu’il n’y a plus de commandes à attendre. Sans le moindre préavis. »
      « On me reproche de ne pas vendre à l’export, alors que l’État et Dassault n’arrivent pas à exporter le Rafale »

    • totoro dit :

      Gères une boite en france, comme je le fais, paye ton super-brut ( « juste » 2x le net) avec quasi impossibilité de licenciement, obligation de CDI au Troisième contrat, et tu vas voir, magiquement, ru va réfléchir en « possibilité durable de payer un nouveau salarié »
      Oui c’est pas normal, mais pas comme tu l’envisages.

    • FredericA dit :

      Comme beaucoup de commentateurs de ce blog, vous confondez les entreprises d’Etat et les sociétés privées. Dans les faits, la notion de risque industriel est incomparable.
      .
      De même, il faut arrêter de croire que les boîtes privées ne développent que sur commande expresse de l’Etat Français. Un cabinet d’étude est un joyau qui s’entretient en permanence. A défaut, vous perdez vos compétences et n’êtes plus crédible lorsqu’un appel d’offre est émis. Ces recherches fondamentales ne font pas l’objet de publication pour des questions évidentes de secret industriel.

  3. Kamelot dit :

    Vos idées s’appliqueront dans qlq temps, avec un décalage, il faudra bien des porteurs pour les nouveaux effecteurs.
    Par contre, l’artillerie reste esseulée et pauvre, tout en manquant de moyen longue portée > à 70 km.

    • Félix GARCIA dit :

      13 LRU, ça semble peu, mais c’est efficace non ? Avec de grosses réserves de munitions, a-t-on besoin de plus ?
      Un système LOCUST (artillerie lance-munition rôdeuses) ?
      Qu’en est-il du reste de l’artillerie ?
      ~ 75 CEASAr (-12 ou pas ?)
      ~ 32 AuF1
      ~ 12 TRF1
      ~ 120 mortiers MO 120 RT
      C’est insuffisant ? Trop vieux et usés ? Dépassés ?
      Qu’en est-il si les AuF1 sont remplacés par des CEASAr (6×6 / 8×8) ?

      • Twisted dit :

        Ce sont des quantités ridicules, on a un ratio appuis/mêlée parmi les pires de l’OTAN

        • Félix GARCIA dit :

          Parce-qu’on était beaucoup en Afrique et au Moyen-Orient (travail de renseignement, de logistique, de fantassins et de blindés plus que d’artilleurs ?), et qu’on a une belle aviation et composante aéroterrestre ?
          Si nos Leclerc servent à appuyer là où ça fait mal et quand il faut, faire du combat urbain le cas échéant, et « garder un périmètre », n’est-ce pas suffisant ?
          Nous n’avons nullement l’intention d’occuper des pays avec de gros moyens militaires, mais de briser des dispositifs armés, si je ne m’abuse (que nous faisons toujours en synergie avec les autres composantes des armées, en essayant d’appuyer au mieux chacune des unités [« Pas un pas sans appui », c’est ça ?).

    • Félix GARCIA dit :

      J’entendais parler des obus BONUS ici, mais je ne voyais pas ce que c’était … c’est furibard ce truc ! Et très sophistiqué (à première vue).
      C’est parce-qu’on est très efficaces dans la synergie des effets qu’on a si peu de matériels ?

    • Harambe dit :

      A plus de 70km, c’est roquette ou missile et suite à l’abandon des LRM au profit des LRU, faut pas trop rêver..

      Fallait faire un échange de techno à l’époque de l’affaire des BPC avec les russes iskander+LRM vs BPC+CDG ^^.

    • HMX dit :

      Tout à fait, l’artillerie semble le parent pauvre de notre AdT. On ne va pas pouvoir continuer longtemps à se contenter de 77 malheureux Caesar, quand la guerre en Ukraine montre à quel point l’artillerie reste indispensable dans un conflit de haute intensité. Le programme CIFS d’artillerie du futur ne verra aucune livraison avant… 2040, une folie issue du « monde d’avant » sur laquelle il va bien falloir revenir, sous la forme d’une annulation ou d’une accélération du programme avec l’Allemagne.

      A court terme, et en attendant l’artillerie de nouvelle génération, un doublement du parc de Caesar serait un premier pas significatif. A 5 millions d’euros l’unité (version 6×6) cela n’aurait rien d’extravagant ni d’insupportable pour les finances publiques, dans un contexte où le budget défense va de toute façon augmenter.

      Sur l’artillerie toujours, nous ne pourrons pas attendre 2040 pour retrouver une capacité lance-roquettes multiple. les guerres récentes montrent que dans un conflit de haute intensité, l’aviation est bien souvent clouées au sol, ou maintenue à distance du champ de bataille envahi par des systèmes de défense sol/air multicouches. Or, l’artillerie classique ne peut taper que jusqu’à 40km environ. Au delà de 40km, et en l’absence d’appui aérien, nous n’avons plus rien pour détruire l’artillerie et la logistique adverse, en dehors de lourds et très coûteux missiles de croisière plutôt réservés à des cibles de très haute valeur. Nos 13 (!!!) malheureux MLRS doivent donc d’urgence être remplacés, par exemple par un système monté sur camion (le même que celui du Caesar ?). Concevoir une roquette relativement « rustique » mais fiable, atteignant ou dépassant les 100km de portée, avec une précision au minimum décamétrique, et dans un délai court, ne semble pas insurmontable. C’est même largement à notre portée. Qu’attend l’AdT pour exprimer clairement le besoin, sous la forme d’une urgence opérationnelle ?

      • Dolgan dit :

        L objectif, c’est 109 caesar en 2025. Auxquels il faut ajouter les trf1.

  4. Stivou dit :

    Tous ces matériels semblent tout a fait adapté aux menaces actuelles .. travail d’orfèvre .. a part offrir des cathédrales sur roues à nos ennemis on a je suppose une arme secrète ? Autre qu’offrir des cartes Vitale à nos supplétifs hein 😉

  5. Georges Frérot dit :

    Une interrogation tant pour ces matériels que pour tous nos systèmes et munitions intelligentes toutes armes :

    – l’ensemble des composants électroniques, semi-conducteurs, micro-processeurs, … sont-ils disponibles et en stock en FRANCE ?

    Dans le domaine évoqué que devient le parc de 500 à 600 VBCI ? sont-ils SCORPION compatibles ?

    Merci de vos retours

  6. Alfred dit :

    Les commandes auprès de 16 bureaux de conseils à hauteur de 46,3 millions d’euros aussi, mais ça n’a fait l’objet que d’un entre filet au BOAMP….

    • Jack dit :

      Oui… et donc ?

      La totalité des sociétés privées font appel à des bureaux de conseil. Pourquoi serait-ce interdit pour l’Etat ? En pourcentage, que représente 46,3 ME par rapport au budget de la France ?

      • Belzébuth dit :

        @ jack
        C’est le double du budget accordé à l’innovation dans les armées qui est dans toutes les bouches.