Pour l’armée de Terre, l’expérimentation de la mule robotisée « Robopex » au Sahel a été décevante

Entre mars et juin 2021, le Groupement tactique « Bison », formé essentiellement par le 126e Régiment d’Infanterie [RI] de Brive, a été doté de quatre mules robotisées « ROBOPEX » durant son déploiement sur la plateforme opérationelle désert [PfOD] de Gao, au Mali. C’était la première fois qu’une unité de l’armée de Terre déployait des « drones terrestres » lors d’une opération extérieure.

Pour rappel, propos par le groupe GACI Rugged Systems, associé à l’israélien Roboteam, le ROBOPEX avait été sélectionné par l’Agence de l’Innovation de Défense [AID] en 2019, parmi les offres soumises par l’estonien Milrem Robotics [associé au français CNIM], Sharks Robotics [allié à Nexter] et Arquus, avec l’appui de l’Institut de recherche franco-allemand Saint-Louis.

Les premiers retours de son utilisation par le contingent estonien de la force Barkhane ayant été positifs, on s’attendait à ce que le THeMIS de Milrem Robotics fût choisi par l’AID, d’autant plus qu’il avait obtenu de meilleures notes techniques que ses concurrents. Seulement, l’offre de GACI Rugged Systems, basée sur une solution développée par l’israélien Roboteam, avait été la moins chère. Mais ce choix fut cependant critiqué.

« Nous avons lancé une compétition européenne afin d’acquérir un robot et de le tester en opération. La PME vainqueur de la compétition n’est pas israélienne mais 100 % française. Elle a proposé d’assembler en France, des composants mécaniques et électroniques d’origine israélienne, de la même manière qu’une entreprise utilise des composants d’origine chinoise pour assembler un ordinateur », avait alors rétorqué Emmanuel Chiva, le directeur de l’AID, à l’occasion d’une audition parlementaire.

Et d’ajouter : « Il ne s’agit pas d’acquérir une grande série de robots […] Il s’agit de procéder à une expérimentation qui nous permettra de déterminer les contours de ce que pourrait être le robot mule de demain, répondant au mieux aux besoins de nos forces. […] Cette expérimentation permettra de définir la meilleure adéquation entre classe de robot et usage notamment ».

Au Mali, l’armée de Terre voulait utiliser le ROBOPEX, capable de transporter une charge de 750 kg pendant huit heures, à la vitesse de 8 km/heure, pour des « missions de logistique » et « assurer des liaisons entre deux groupes distants ».

Depuis le retour des quatre exemplaires du « ROBOPEX » utilisés à Gao, l’armée de Terre a gardé le silence sur les résultats de cette expérimentation. D’où la question écrite adressée par le député François Cornut-Gentille au ministère des Armées. Celui-ci y a répondu le 3 mai. Et, visiblement, le bilan de ces essais est en demi-teinte.

Ainsi, selon le ministère des Armées, l’utilisation de ces engins a « permis à l’armée de Terre de caractériser le fonctionnement d’un système à l’état de l’art ainsi que les enjeux particuliers liés au soutien en opération de ce type de plateforme ».

Si l’expérimentation « de robots terrestres de cette gamme » a permis de démontrer qu’ils sont « particulièrement adaptés lorsque le fantassin est engagé dans la durée sans pouvoir être accompagné d’un véhicule de combat », il faut pas en avoir besoin sur le terrain… Le « tractage » de ces mules robotisées « par un véhicule de combat ne semble pas être recommandé pour les amener sur la zone d’évolution », admet en effet le ministère des Armées. Qui plus est, poursuit-il, les « contraintes d’un robot électrique nécessitant un moyen dédié pour la recharge sont trop importantes pour permettre un engagement en milieu déstructuré ».

Il fallait d’ailleurs s’y attendre, comme l’admet le minsitère, quand il écrit que « les limites anticipées de ces systèmes, non conçus et non développés pour les besoins de l’armée de Terre, ont également pu être éprouvées ».

Toutefois, et comme l’avait d’ailleurs indiqué le directeur de l’AID, cette expérimentation a permis d’établir une « liste de recommandations et d’exigences  » au bénéfice des « des équipes […] en charge des futurs incréments du programme SCORPION », notamment au sujet des « performances attendues, du transport, de la mise en oeuvre, de l’intergace avec un véhicule maître et du combat collaboratif », est-il détaillé dans la réponse du ministère.

Quant aux quatre ROBOPEX, ils ont depuis été « reversés dans différentes unités de l’armée de Terre, notamment la section robotique VULCAIN », qui a vu le jour en juin 2021.

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54 contributions

  1. Aramis dit :

    Pas de technologisme: plus de technologie ne signifie pas mieux dans tous les cas.

    Mais un echec sur une expérience ne signifie pas que l’idée est mauvaise.

    • Twouan dit :

      Par ailleurs un REX, ca se disseque. Il y a des REX ‘bon’ ou les conditions pour rendre le produit final irrealisables et des REX mauvais qui ne demande qu’un coup de tournevis.

      Mon exemple c’est Word. Avant tu avais des stenos qui prennaient des super notes, faisaient les compte rendus que tu corrigeais.
      Word c’est une catastrophe a cote, il faut faire tout le travail et la correction est pas terrible. Le rex etait tres mauvais -je ne suis pas steno-.
      Pourtant, il n’y a plus que du word. Parceque le cout n’est pas le meme.

    • Oliver dit :

      La solution tout électrique a ses limites en milieu déstructuré (sic). L’hybridation serait une meilleure piste comme sur le Themis équipé d’un générateur diesel.
      Quant à l’assemblage enterre souveraine de pièces disparates étrangères, nous vivons aujourrd’hui une remise en cause stratégique des flux comme des approvisionnements.
      En tout cas il va falloir s’activer car les lendemains s’annoncent bien sombres.

  2. AirTatto dit :

    Il fallait pas sortir de Saint-Cyr pour comprendre que recharger un robot électrique dans le désert… sauf panneaux solaires et petite masse, c’est une équation impossible au vu de l’énergie nécessaire pour transporter 750kg à 8km/h pendant 8heures. Idem pour les systèmes Robots armés … quid de la recharge en munition?
    Les robots autonomes à la sauce SkyNet, c’est pas pour demain. Par contre, faire des véhicules hybrides avec un revêtement de camouflage actif et de recharge solaire, ça c’est possible.

    • Jack dit :

      Vous pensez réellement être la seule et unique personne à avoir pensé à ce problème ?

    • Titi74 dit :

      L’intérêt de faire des prototypes, de les expérimenter dans le monde réel, sur le pire terrain, est idéal en fait, et ne peut être que positif et constructif; çà évite aussi de sortir des bouses éphémères hors de prix et surtout payées » in fine » par les contribuables!
      La défense devrait mettre à contribution les écoles d’ingé entre-elles sous forme de concours rémunérés, faire turbiner les jeunes prodiges, ils n’attendent que çà!

  3. Twisted dit :

    Et sinon une solution locale ils y ont pensé? Dromadaire Rgueïbi, 100kg de charge utile, pas d’eau pendant un mois, 100% écolo et biodégradable (en cas de pépin ça part en tajine) et ça nous permet de ressusciter les méharistes des compagnies portées de la Légion étrangère. Franchement ça aurait une autre gueule…

    • Aramis dit :

      Mais non voyons ça entre pas dans la transformation numérique.

      • Opexum dit :

        Suffit de leur donner des noms de nombre et de leur fourrer une prise USB.
        Franchement même mon fils de 6 ans à un robot chien. il avance et rapporte la balle mais c’est pas très rapide non plus et de plus lui il tombe de la table alors que ma chienne non car elle sait qu’elle ne doit pas y monter.

    • FRANCOU dit :

      Ils avaient sans doute des raisons de faire des appels d’offres extérieures à la France Mais quelles suites en cas de conflits ? Il y a 46 ans COMEX sortais ses robots sous-marins. Les progrès ont suivi. Voir DexRov en 2017 ! Sur internet.

    • EchoDelta dit :

      c’est clair. Le mulet coute 500 euros à l’achat, MCO réduite, et endurance max. Il est autonome et revient eu bercail quand il est séparé de son groupe. Il sert en plus de réserve de alimentaire en cas de besoin.
      Je ne sais comment ils cuisine le rat dans les aciéries de Marioupol, mais mon avis c’est qu’ils sont devenu expert dans le domaine.

    • john dit :

      Sur le principe oui…
      La Suisse par exemple utilise encore de chevaux pour maintenir des compétences, et les utiliser pour des terrains où aucun véhicule ne peut accéder, et des charges lourdes doivent être déplacées. Mais pour la Suisse, la situation est simple, l’armée reste en Suisse. Donc cette solution est pertinente.
      Pour la France, c’est plus compliqué. Les compétences n’existent pas, et ça reste un investissement local.
      Mais surtout, n’oubliez pas une chose, chaque guerre / conflit est un terrain de jeu pour les armées et leurs industriels. Ce sont des opportunités pour tester des armes, et de nouveaux types de solution. Et augmenter l’emport possible par l’infanterie a clairement un intérêt.
      Pas étonnant de voir ces essais au Mali. De la même manière, pas étonnant de voir que le VBMR a été utilisé au Sahel alors que le retrait de l’armée était probablement décidé.
      Et si on parle d’essayer des systèmes en opération, ce n’est pas étonnant si la Russie a autant investi dans le conflit en Syrie, si toutes ces armes ont été testées, etc. Il y avait probablement déjà l’objectif à long terme de l’Ukraine et éventuellement d’autres conflits.
      Et maintenant, l’occident utilise ce conflit en Ukraine avec leurs propres armes. Les TB-2, les missiles Starstreak ou Martlet, les Javelin, NLAW, MMP, le Caesar (qui permet de tester sa mobilité sur un terrain très différent et très compliqué), les « loitering munitions » avec même des nouvelles versions top secret, etc…

    • Dodo dit :

      Tu as déjà demandé à un dromadaire d’aller à un point à 300m et de revenir.

      A chaque fois qu’il y a ici un article traitant des robots de ce genre on a des personnes qui vont sortir une histoire de dromadaires et d’ânes en pensant sincèrement être des génies apportant la solution recherchée.
      Mais non, on cherche un engin d’accompagnement, on cherche un engin qu’on peut diriger. Un animal restera toujours un animal, pour avancer il lui faut un homme, il ne fera pas ce qu’on lui demande, il ne va pas aller voir Paul car Pierre lui a dit de lui apporter une caisse de munitions. Nous ne cherchons pas une monture pour se déplacer ou faire de la logistique, on cherche un drone d’accompagnement au combat qui peut servir à délester les combattants de certains éléments, ce n’est pas avec un animal que vous l’aurez car l’animal n’obéit pas à notre volonté, il obéit par la contrainte et la force à défaut d’une carotte…

      • Paddybus dit :

        Si tu lui demandes gentiment … il n’y a aucune raison qu’il refuse… pauvre dromadaire…!!! ;0)))

    • Twisted dit :

      Si on peut même plus faire un peu d’ironie à la gloire de notre armée d’Afrique…

  4. Simplet dit :

    Et sinon, le dromadaire ?

    Je veux bien que 2000 ans de Retex ce soit un peu léger, mais on pourrait pas essayer pour voir ?

    Pardon ? Trop économique ? Trop rustique ? Pas assez « high-tech » ?

    Ah ben désolé, je m’en vais.

    • Carin dit :

      Voyez le post de @dodo…
      Parce qu’apparemment contrairement à ce que son pseudo laisse croire… il ne dort pas!
      Et encore il est gentil, il ne parle que d’une distance de 300 mètres… dans la réalité, ça va jusqu’à plusieurs kms.

  5. PicNicDouille Cémoi Landouille dit :

    « François Cornut-Gentille au ministère des Armées. Celui-ci y a répondu le 3 mai. Et, visiblement, le bilan de ces essais est en demi-teinte.  »

    je ne suis pas d’accord avec cette façon (française) de penser, je crois que s’est oublier l’essentiel. L’experimentation à été mené, il faut que le RETEX sert à améliorer tout futur projet. On peut pas attendre qu’un tout nouveau système soit efficace, ça prend du temps et de l’argent, c’est comme ça! Il faut l’améliorer et refaire ce genre de mise en situation…

  6. vachefolle dit :

    Il faut du moteur hybride. Essence pour le déplacement std, et electrique silencieux pour l’engagement

  7. Aymard de Ledonner dit :

    Magnifique résultat vraiment!
    On avait deux solutions françaises et une franco-estonienne très prometteuse (sachant que les relations avec l’Estonie sont excellentes) mais on a choisi une quatrième solution, bas de gamme, qui ô surprise est décevante…..
    Pendant ce temps là on laisse les allemands de KMW prendre 25% de Milrem. Vraiment brillant!

    • AlexS dit :

      Vous devez d’abord lire le texte…
      Pour les raisons présentées, tous les systèmes robotiques existants seront mauvais : ils doivent être transportés sur place par un autre véhicule, ils doivent être rechargés…

      • Aymard de Ledonner dit :

        Quand je lis  » Le « tractage » de ces mules robotisées « par un véhicule de combat ne semble pas être recommandé » je comprend que cela pourrait être amélioré. Cela peut faire partie du cahier des charges de la mule en question.
        Et idem pour « les « contraintes d’un robot électrique nécessitant un moyen dédié pour la recharge sont trop importantes pour permettre un engagement en milieu déstructuré. Si l’autonomie est conséquente, les moyens de recharge sont moins souvent utilisés et ces moyens de recharge peuvent être prévus pour être compatibles avec les équipements déjà disponibles.
        Je maintiens qu’effectuer des expérimentations avec un matériel bas de gamme aux capacités limitées ne permet pas d’avoir une bonne vision de ce que l’on peut réellement attendre de ce type de matériel.

        • AlexS dit :

          L’ingénierie a toujours des exigences contradictoires. Vous ne pouvez pas avoir un véhicule comme celui-ci avec des capacités tout terrain et être capable de rouler à 90 km/h sur autoroute. De plus, chaque dispositif que vous lui donnez implique une diminution de la charge et une augmentation du coût.

          • Aymard de Ledonner dit :

            Cet article donne un plus d’infos sur le retex avec le materiel Roboteam. On y aprend qu’il n’était pas prévu pour un usage militaire et ne remplissait pas les critères du cahier des charges concernant la capacité à être tracté.
            https://www.challenges.fr/entreprise/defense/l-armee-de-terre-pas-convaincue-par-ses-robots-israeliens_811891
            A coté de cela le Themis déjà testé peut tracter tout seul un VBCI de 28 tonnes et résister à l’explosion d’un véhicule suicide.
            Le 90 sur autoroute ne sert à rien pour une mule robot. Mais le themis prouve qu’il est possible d’avoir une mule robot qui soit un véritable atout. Il faut tester les meilleurs dispositifs existants. Ensuite on peut éventuellement diminuer les exigences pour faire baisser le prix. Mais si on teste un dispositif bas de gamme, il n’y a aucun enseignement à en tirer.
            Si vous testez une trabant pour faire du hors piste dans le désert, le résultat sera catastrophique. Est-ce qu’il faut en conclure qu’aucun véhicule de moins d’une tonne ne peut faire le job? Si vous aviez testé un Polaris RZR, vous en auriez tiré des enseignements plus pertinents…..

    • sepecat dit :

      Comme le souligne l’article, a priori l’expérimentation visait en majeure partie à définir ce qui fonctionnait et ce qui correspondait ou non aux besoins en vue d’établir le cahier des charges du futur engin qui, pour le coup, sera lui vraiment industrialisé et commandé en un nombre d’exemplaires à déterminer. Dans cette configuration, prendre une solution à moindre coût n’est pas forcément une aberration en soi et j’ai connu la même situation dans le domaine du logiciel où les tests initiaux se faisaient sur des plateformes à faible surface financière. On trie les bonnes idées et les autres. Il faut savoir faire la part des choses et sauf à disposer d’un budget surdimensionné, ou se lancer dans un programme tel que le F35, se faire une première idée sur le besoin et dégrossir le terrain ne passe pas forcément par des solutions onéreuses.

  8. farragut dit :

    C’est le principe même des systèmes d’acquisition de 5ème génération : « Je ne sais pas ce que je veux, mais je le saurai quand je le verrai ! ».
    L’intérêt de ne pas faire de Cahier des Charges, c’est que l’on n’a pas besoin de savoir si cela va satisfaire les besoins des opérationnels, du moment que cela satisfait au besoin du Ministère des Finances de ne pas avoir à justifier ses décisions.
    Il peut ainsi demander au cabinet « conseil » McKinsay de lui recopier les rapports des administrations, pour justifier des transferts de budgets dans des paradis fiscaux, contre des « pantouflages » ultérieurs ou des financements occultes de campagne électorale.
    On génère ainsi de la dette du contribuable français avec de l’argent « magique » sans s’embêter avec des MCO de produits réels.
    Ce qui entretient le « travail » de ces « fonctionnaires » un peu particuliers, qui peuvent ainsi continuer de reprocher aux citoyens de « trop » dépenser et de ne pas « travailler » assez longtemps…
    On ne sait pas si ce sont les robots électriques qu’il faut traiter de « mules » inadaptées ou le décideur « d’âne » têtu… 😉

    • SE dit :

      Exerçant moi même cette profession , je peux confirmer que ce que vous déclarez est faux et s’apparente à de la diffamation.

      Par ailleurs, le recours aux cabinets de conseil est une pratique commune à l’ensemble des ministères, administrations publics et collectivités locales ou nationales quelles que soit leurs couleurs politiques. Mc Kinsey ne représentant que 2% des dépenses totales…

      • PK dit :

        LOL. Il y a eu un facteur 10 d’augmentation pour les subventions à McKinsay depuis l’arrivée de Macron. Ça n’a absolument rien de normal.

        D’ailleurs, l’appel aux cabinets privés est une aberration du système politique français, puisque justement, on paie des hauts-fonctionnaires pour gérer ce genre de chose. Alors, soit les hauts-fonctionnaires ne servent à rien, soit il y a doublon.

        Je ne suis pas spécialement pro-haut fonctionnaire, mais ils ont prouvé leur compétence dans le passé. Donc, soit ils sont devenus subitement stupides au contact de Macron, soit Macron paie des cabinets privés en doublon de leurs fonctions.

        La question à 100 balles est : pourquoi ?

        Toute tentative de prouver que McKinsay a financé gratuitement les deux campagnes de Macron est bien entendu automatiquement cataloguable de complotiste… Ni que McKinsay soit très liés avec l’industrie pharmaceutique (dont ils ont eu bien du mal à payer les dommages et intérêts des dizaines de milliers de morts que leurs « conseils » a provoqué aux États-Unis sur le scandale des opiacés), ni que Macron soit très lié avec Pfeizer, gros client de McKinsay dont il a hérité beaucoup d’argent (qui a disparu magiquement de sa déclaration d’impôts) quand il en a vendu une filiale…

        Rien que du très normal en Macronie.

        • Dolgan dit :

          Faut vraiment rien comprendre à rien pour être surpris par le recours à des cabinets privés.

          • PK dit :

            Ne répondez surtout pas sur le fond…

            Le recours à des cabinets privés est une habitude du privé ou directement issue de la culture américaine. Pourquoi un gouvernement français utiliserait-il un cabinet privé alors que contrairement aux États-Unis, il a été créé une haute-administration (coucou de Gaulle : c’est-à-lui que l’on doit cela) à cet usage ?

            De plus, on pourrait légitimement se demander pourquoi un gouvernement FRANÇAIS fait appel à un cabinet AMÉRICAIN pour gérer des affaires relevant de la souveraineté nationale.

            Enfin, cerise sur le gâteau, pourquoi utiliser un cabinet qui a été totalement black-listé aux États-Unis pour malversations, avec des milliers de morts à la clé, et qui est incapable de recruter le moindre candidat de prestigieuses universités américaines, alors que c’est dans ce genre de cabinet que ces jeunes diplômés se précipitent par ailleurs ?

            Mais bien entendu, vous n’avez aucune réponse autre qu’une phrase en l’air pour répondre à ce genre d’accusation, tant les réponses sont dérangeantes pour votre idole Macron.

      • farragut dit :

        @SE
        « …que ce que vous déclarez est faux « … Quel est le sujet ?
        1) « L’intérêt de ne pas faire de Cahier des Charges » (CdC), comme l’indique le billet de M. Lagneau, comme le sous-entend la formulation « ces systèmes, non conçus et non développés pour les besoins de l’armée de Terre » ?
        Normalement, on « qualifie » ou on « expérimente » un produit en conditions opérationnelles pour étudier l’écart entre le besoin (exprimé par le CdC) et les performances observées, pour considérer si le service est « rendu » ou non par rapport à un service « attendu ».
        Visiblement, la décision de NE PAS sélectionner des produits « conçus et développés pour les besoins de l’AdT » est un choix « stratégique », probablement pour court-circuiter les procédures « administratives » jugées sans doute « longues » (réfléchir, cela fait mal à la tête) et « coûteuses » (même remarque).
        Cela ressemble beaucoup à une ligne genre « 1/3 Thatcher, 2/3 Merkel » ou à un principe du genre « supprimer l’administration administrante » de certain(s) candidat(s) à la dernière élection. Et cela rappelle la RMA (Revolution in Military Affairs) du pas-du-tout regretté Donald Rumsfeld (le gars du fameux « Last Supper »). Cela a donné la suppression des normes militaires (américaines) applicables aux développements des systèmes aérospatiaux, et qui a conduit aux programmes du type « F-35 » incontrôlés et incontrôlables, modèle de dépassement de soi (pour les commerciaux de LM) et de coût pour les contribuables US et, malheureusement, Européens.

        2) Maintenant, si le sujet est le « recours aux cabinets de conseil », je vous recommande une lecture instructive, « Le manager et son équipe » de Alain Cardon, où vous pourrez trouver un paragraphe consacré au risque de « collusion »…
        https://www.amazon.com/manager-son-%C3%A9quipe-Analyse-transactionnelle/dp/2708107631

        3) Pour le reste des corrélations entre les interventions de McKinsey et les résultats opératifs obtenus, c’est dans la presse grand public, au chapitre « connivence »…
        https://www.marianne.net/economie/economie-francaise/affaire-mckinsey-karim-tadjeddine-ce-consultant-qui-incarne-la-connivence-avec-la-macronie

        Maintenant, je peux ne pas avoir compris votre remarque…

  9. Alfred dit :

    Bah. Des vraies mules ou des dromadaires, avec des supplétifs locaux feraient peut être tout aussi bien l’affaire à moindre coût en « milieu destructuré ». Sinon, pour rester dans la modernité, un drone type broussard balançant sa cargaison au dessus des troupes serait peut être aussi efficace. Et puis, z’ont qu’à emporter le strict minimum et du rustique (gegene à manivelle, briquet tempête, boussole, carte, rapporteur, etc..)

  10. vachefolle dit :

    L’AID doit regarder ce qui se passe en Ukraine, ou les drones sont en train de changer toute la guerre.
    Ils doivent lancer un concours ;
    => Comment faire un drone tueur pour moins de 1000 euros, a base de matériel civil.
    Il ne peut pas avoir que de la R&D sophistiqué, il faut aussi du robuste facile a faire

    • Guillaume dit :

      C est clair que quand on vois les orlan10 et autres ailes volantes russes, on est plus proche du drone fpv qu un amateur peut se construir pour 200E avec de l électronique, un fer a soudé
      acheté sur bangood et des soft open source…

      C est sur que les militaires ont besoin d une tres bonne optique stabilisée et d une liaison de données numerique solide, mais ont doit bien pouvoir faire ca en grande serie pour pas tres cher.
      Surtout qu on a parot…
      Et ca peut pas couter 10k le drone, ou alors c est qu on en produit pas assez.
      Cela doit etre de la grande serie.

      Un peux pareil pour les drones d attaque et de surveillance.
      On va faire un drone male qui coute le prix d un rafale…
      A 150 millions le drone c est quoi l interet?
      On serait bien mieux avec des zephyr en tres haute altitude et des drones de la taille de ce que font les turques, avec des moteurs de mobylette, capable d aller narguer la dca russes pour presque rien.

      J ai l impression que le problème dans l armée, c est qu ils ne commandent jamais en grande quantité. Ils se retrouvent avec que des petites series, des prototypes avec forcement des couts unitaires bien trop élevés.

      • Dolgan dit :

        Du orlan 10 low cost, on peut faire ça en masse en crash pprogramme de quelques mois.

        Par contre si on en fait 1000 aujourd’hui, ils seront merdiques comparé à ceux qu on ferait dans 5 ans.

    • EchoDelta dit :

      Robuste et facile à faire sont antinomiques…
      Soit c’est robuste, cher, complexe, et donc long à développer, soit c’est court, économique, simple et donc jetable.
      Il faut choisir entre les deux.
      Le court économique et jetable a l’avantage de faire progresser très vite les matériels d’une année à l’autre, ou d’un modèle à l’autre, mais ne dure pas longtemps.
      Les avions de chasse des années 50/60 avaient une durée de vie finalement assez courte en général (il y a toujours des exceptions).
      Ceux des années 70/80 étaient beaucoup plus robuste. Ceux des années 40 devait avoir une grosse révision toutes les 20 heures de fonctionnement, et revenait criblés de balles et de trous au bout de 10 heures d’engagement…
      Ils avaient parfois 70% ou même 50% des performances nominales mais partait quand même au combat car partir avec Spit à 50% est toujours mieux que de partir avec un Stamp à 100%.
      Bref la logique de guerre haute intensité, n’est pas la même qu’en temps de paix ou de guerre basse voire très basse intensité.

  11. Félix GARCIA dit :

    Les masques chirurgicaux au Sahel, ça devait être génial !
    Expérimentation réussie : -24% de consommation de Labello …
    Rassurez-moi, c’était que pour les photos ?
    Ah non … probablement pas … je viens de me rappeler que l’injection était obligatoire pour les militaires en OPEX (et militaires tout court n’est-ce pas ?) …
    Renouvelable aussi d’ailleurs ? Formidable … on vit une époque formidable !

    Les drones ? Ah oui …
    Non, rien à ajouter à l’article.

  12. Thierry dit :

    ça c’était couru d’avance, le concept est mauvais, un véhicule léger à moteur thermique de taille similaire enfonce et surclasse ce machin mule bidule chouette dans tous les domaines, y’avait même pas besoin de le tester pour le savoir.

    En attendant l’argent du contribuable a été une nouvelle fois gaspillé dans un projet bidon

    • Aramis dit :

      « un véhicule léger à moteur thermique » sauf qu’on veut sortir du thermique.

  13. Patrico dit :

    Boh je rêve ! Il faudrais que les ingénieux qui pondent de tels engins ce déplacent rien que dans nos, les, salons des véhicules TT et TS et aussi Toutes Saisons !, 2, 3, 4 , 6 roues cela est impressionnant de dynamique de déplacements et surtout ! ! De fiabilités ! Certes tous ces véhicules ne sont pas blindés sur les « bords » mais quand même. Certes passionné de voir des camions en courses dans le désert à fond la caisse , mais quand même il y a vraiment 2 Mondes ! Pour moi. Merci Thank you merci a Tous.

  14. fabrice dit :

    MILREM est une petite start up qui n’a produit que 15 robots, elle est estonienne, un tout petit pays vieillissant.
    https://milremrobotics.com/about-us/
    En parlant d’industrie automobile…Volkswagen vient de choisir la solution Lidar d’une entreprise israélienne. Un « petit » contrat de 4 mds de $…
    https://en.globes.co.il/en/article-carmaker-selects-innoviz-for-4b-laser-sensor-deal-1001410862
    Tu m’étonnes que GACI achète des composants automobiles israéliens, y a pas qu’elle….
    https://www.caradisiac.com/israel-ce-pays-laboratoire-de-l-automobile-de-demain-186294.htm
    La France elle préfère tout produire chez elle, made in bleu blanc rouge, avec un décalage de dix ou vingt ans sur le marché sur certains produits mais tant qu’il n’y a pas une guerre haute intensité ce n’est pas grave.
    Le mot « partenariat » à Paris, ils ne savent pas ce que celà veut dire. Dommage, les partenariats se font avec d’autres et bien plus fructueux.
    Quand à Roboteam, ils viennent de sortir le « Rook ».
    https://www.youtube.com/watch?v=A1PrHMPSMGE

    • EchoDelta dit :

      VW A développé et utilisé les Lidar de la société allemande IBEO, qui produisait aussi les LIDAR Valéo. C’est ceux qu’on retrouve en face avant sur les Audi A6/A8. C’était des LIDAR à Miroir tournant très bien mais cher et peu fiable. Les LIDAR dit « solid State » à plaque de LED deviennent progressivement la Norme, car leurs portée de détection à l’origine faible voire très faible, augmentent régulièrement avec le temps et ils commencent à devenir suffisant pour l’automobile.
      Ces technologies sont encore très peu matures pour le monde automobile, et VW n’est pas vraiment un cador en Innovation et en investissement intelligent dans l’innovation. Il ne se revendique pas innovant d’ailleurs.
      Pour l’instant les équipementiers sont encore tous en recherche de la meilleur solution/Intégration, et celle-ci passera par des composants LED performants, et surtout des capteurs de retour encore plus performant, vue la faible intensité des faisceaux de LED.
      Les équipementiers de battront sur la capacité à produire un LIDAR suffisamment performant au cout le moindre.
      La partie logicielle est prépondérante dans l’analyse du retour des faisceaux pour percevoir la scène devant le LIDAR. en Bref rien n’est encore joué dans ce domaine.
      Les Israéliens sont actuellement forts dans ces domaines car ils ont transféré dans le civil des technologies initialement développées pour le militaire (caméra mobileye par exemple) avec des banques d’images colossales. Maintenant les méthodes d’apprentissage (on dirait plutôt de l’Intelligence Artificielle actuellement pour faire plus fashion) permettent en partie de combler plus rapidement ce retard.

    • vrai_chasseur dit :

      @fabrice
      Pour remettre un peu de perspective raisonnable,
      Israel reçoit à lui seul 53% de la totalité des aides militaires étrangères américaines mondiales (les FMF, Foreign Military Fund).
      Cette aide à Israel (33 milliards $ pour la décennie 2019-2029, dont 5 milliards uniquement pour Iron Dome, Arrow 2, Arrow 3 et David’s Sling) est ininterrompue depuis 1946 (150 milliards de $ cumulés non ajustés à l’inflation).
      Cela permet a Israel 1) de bénéficier ‘à livre ouvert’ des meilleures technologies en vertu de la clause QME – Qualitative Military Edge-, qui l’exempte de facto des restrictions CAATSA, 2) de couvrir tous les ans en moyenne 20% de son budget défense total, sur les lignes comptables les plus sensibles (achat de technologies avancées, pas juste le paiement des soldes …), 3) de bénéficier d’avances de trésorerie conséquentes sur ces lignes comptables pour acheter ces technologies, en vertu de l’accord AECA Section 23, ce qui revient à acheter avec du crédit long terme à taux très bas.
      (source : Congrès US, http://sgp.fas.org/crs/mideast/RL33222.pdf )

      Toutes ces technologies militaires avancées qui pleuvent sur Israel lui permettent d’ensemencer gratuitement un tas de sociétés technologiques locales pour faire de l’innovation appliquée, dérivée ou duale, sans avoir à financer le plus dur : la partie R&D fondamentale amont.
      IAI, Rafael et Elbit entre autres sont nées comme ça, ont grandi et se sont placées sur le marché mondial des armes, avec derrière un troupeau de licornes, de gazelles, etc.
      En terme strictement financier, Israel c’est un peu le rêve du capital risque d’incubation : fertilisation permanente de l’innovation avec engrais gratuits. On est très content pour eux, car les ingés israéliens ne sont ni meilleurs ni pires que leurs homologues européens en moyenne.

      Au final, Israel est bon dans la high-tech parce que les USA le veulent bien. La meilleure chose qui pourrait lui arriver est de survivre par elle-même en tant que nation prospère, sûre et productive, à l’arrêt de l’aide US.
      En attendant il y en a d’autres au moins aussi bons, qui tiennent debout par eux-mêmes.

      • Félix GARCIA dit :

        + B.I.R.D. : https://www.birdf.com/
        + B.A.R.D. : https://www.bard-isus.com/
        + …

      • fabrice dit :

        @vrai_chasseur
        Ce sont des préjugés que vous avez.
        58 Licornes (start up valorisée chacune plus d’un milliard de $) « américaines », en fait fondés par des Israéliens juste en Californie et dans l’Etat de New York (y faudrait y rajouter Boston, Chicago, Miami, le Texas…)
        https://www.israelhayom.com/2022/04/29/israeli-founded-unicorns-flourishing-in-new-york-california/
        Je dis israélien, je ne dis pas « juif »…
        Par comparaison en France, on en a 24 en février 2022
        https://www.cadremploi.fr/editorial/actualites/actu-emploi/licornes-francaises-et-recrutements-ce-qu-il-faut-savoir-sur-ces-employeurs-qui-valent-plus-d-un-milliard
        L’aide US (je parle du GVT fédéral) date des années 1968 (la présidence Johnson), elle s’est accélérée après 1979 en compensation du retrait du Sinaï. C’est une aide militaire, pas économique, à l’origine pour compenser l’aide soviétique aux pays arabes (pour Johnson) ou pour payer l’évacuation des infrastructures construites par Israël dans le Sinaï (273 bases militaires, un hôpital enterré, les gisements de pétrole d’Abu Rodais, sept aéroports militaires…).

        • Twisted dit :

          Bof ça fait un bail que les diplômés de l’ENSAE et Dauphine sont pourchassés dans les milieux financiers aux USA, sans même parler de ceux de l’ENS. Israël n’arrive déjà pas à former suffisamment d’ingénieurs pour ses besoins internes…

          Les entreprises françaises c’est 6 milliards de dépense en R&D chaque année aux USA et le 3ème employeur étranger après le Japon et l’Allemagne. Dans le secteur de la high tech les entreprises françaises sont le quatrième employeur étranger, troisième source d’exports et quatrième source de valeur ajoutée, et notamment deuxième plus gros investisseur dans l’aéronautique.

  15. Sylvain dit :

    Le process est très bien. Mieux vaut tester quelques prototypes en situation réelle et en tirer les enseignements, plutôt que lancer un programme avec une série et se rendre compte qu on a raté quelque chose…. en plus, dans le cas de la mule robotique, on est même dans une évolution capacitaire. Alors autant tester à fond pour éviter au maximum les erreurs pour la conception des modèles definifs.

    • Jack dit :

      Aaaaah MERCI ! Votre commentaire de bon sens fait plaisir à lire 🙂 Ceci dit, votre remarque sera malheureusement noyée par les commentaires des pleureuses, des anti-tout et autres yakafokon qui rendent ce blog indigeste 🙁

  16. Belzébuth dit :

    Comme pour les chasseurs alpins français: perception du brêlage et au paquet, quitte à passer pour de la cavalerie légère 😉
    https://twitter.com/CompteRenduMili/status/1520708601370841089

  17. civis17 dit :

    Ils n’ont pas essayé le robot porteur de piles de rechange ou c’est le fil électrique qui était trop court , le fameux fil à la patte.Et le PIM c’est fini aussi.Mais je préfère de loin les compagnies méharistes.

  18. Mario 1114 dit :

    La solution SHARK me semble la plus évidente ; épaulée par Nexter , Arquus et l’institut Saint- Louis
    Que du bon !
    https://www.shark-robotics.com/shark-robots#colossus

  19. Carin dit :

    Ce qu’il faudrait savoir, c’est quand est-ce que les autres prétendants seront testés…
    On a testé celui-ci, ça ne le fait pas… au suivant! On est même pas obligé de dire à son fabricant, ou son produit pèche, puisque nous l’avons acheté… mais je ne doute pas que le fabricant aura le retex, pour améliorer la mule, et qui sait, se présenter à nouveau!

  20. Félix GARCIA dit :

    ECA Group delivers first MCM tools to Royal Netherlands Navy
    https://www.navalnews.com/naval-news/2022/05/eca-group-delivers-first-mcm-tools-to-royal-netherlands-navy/

    Au fait, vno, c’est quoi cette histoire d’incendie du D-DO de Naval Group dont vous nous avez fait part il y a peu ?