L’US Air Force choisit le Boeing E-7 « Wedgetail » pour remplacer une partie de ses E-3 AWACS

D’ici 2030, la question de l’avenir des quatre avions de détection et de commandement aéroporté E-3F AWACS de l’armée de l’Air & de l’Espace [AAE] se posera. D’où l’intérêt de la décision que vient de prendre l’US Air Force [USAF] pour remplacer une partie des siens, sauf si, une solution européenne voit le jour d’ici-là…

En effet, et ce n’est pas une grande surprise, l’USAF a annoncé que, sur la base d’une étude du marché, le Boeing E-7 Wedgetail était le seul appareil susceptible de répondre à ses exigences en matière de commandement et de contrôle [C2] pour remplacer à plus ou moins court terme une partie de ses E-3G Sentry.

Dans la demande de budget qu’elle a adressée au Congrès en février dernier, l’USAF a dit vouloir retirer 15 E-3 Sentry du service durant l’année fiscale 2023, sur la trentaine actuellement en sa possession. Et cela afin de financer la mise au point de deux prototypes du E-7 Wedgetail à partir de l’an prochain.

Ainsi, le premier prototype sera commandé à Boeing en 2023, dans le cadre d’un contrat de recherche et de développement doté de 227 millions de dollars. Puis un second devrait être financé l’année suivante. « Une décision de production » sera prise « au cours de l’exercie 2025 », précisé l’USAF.

Pour rappel, basé sur une cellule de B-737, le E-7 Wedgetail a d’abord été mis au point pour la Royal Australian Air Force [RAAF]. Puis il a ensuite été choisi par la Corée du Sud, la Turquie et, plus récemment, par la Royal Air Force [RAF], afin de remplacer ses six E-3 Sentry à partir de 2023. Cela étant, l’USAF devrait disposer d’une version spécifique de cet appareil, comme le suggère une demande d’informations qu’elle a adressée en février à l’industrie au sujet d’un radar de nouvelle génération et un nouveau système de commande et de contrôle de gestion de combat [BMC2].

« Le système E-7 a été développé pour les Forces de défense australiennes. L’alliance incassable entre les États-Unis et l’Australie et l’interopérabilité entre leurs forces armées ont permis […] de tirer parti de cet investissement considérable et de cette capacité exceptionnelle », a d’ailleurs souligné l’USAF, dans son communiqué.

Conformément à l'article 38 de la Loi 78-17 du 6 janvier 1978 modifiée, vous disposez d'un droit d'accès, de modification, de rectification et de suppression des données vous concernant. [Voir les règles de confidentialité]

16 contributions

  1. Too dit :

    Choix logique.
    Et pour la question de l’Europe, avec le succès du A330 MRTT, pourquoi pas une déclinaison A330 Sentry ?
    Ca aurait de la gueule et ce serait logique d’un point de vue maintenance.
    .
    Evidement, il y a de la techno la dedans, mais rien qu’on ne maitrise pas déjà normalement.

    • Franz35 dit :

      La question qui va se poser avec le fait que l’on va devoir remplacer nos E3-F aussi, c’est ce que nous voulons réellement. Du 100% interopérable avec l’Otan en prenant la même chose que les USA ? Un avion qui ne soit qu’un radar volant ? Un PC volant ? Une capacité de hacking des radars ennemis aussi ?
      De ce choix découlera notre besoin, et donc le choix de faire en « interne » ou d’acheter à l’extérieur.
      Idem pour la question d’un avion de surveillance du sol (ce que faisait l’Astor anglais et le Puma Horizon Français).
      Idem pour la capacité à détecter tous les signaux électromagnétiques (radars, communication, …) voir à les hacker.
      Faut-il regrouper ces capacités dans des usines à gaz ? Les séparer ? Dans quelle mesure car spécialiser permet de multiplier le nombre d’aéronef et donc la robustesse. Mais regrouper dans une certaine mesure permet aussi plus de souplesse d’emploi et de réactivité.

      Autant de choses qu’il va falloir envisager à très bref échéance (même si le C160 Gabriel est déjà en cours de remplacement)

      • Marcassin dit :

        La plupart des flottes évoquées (UK, Italie …) ont déjà des appareils spécifiques pour l’écoute électronique voir le brouillage. Avec l’avantage pour certains d’entre eux d’être dérivés d’avions d’affaires, donc avec une empreinte logistique moindre et des capacités plus variées en termes de distances de décollage/atterrissage.
        Par ailleurs, comme vous le dites, il faut veiller à ne pas regrouper toutes les capacités sur un seul vecteur pour des raisons de sécurité …

    • Arioch dit :

      Le problème reste que le développement de cette version n’est possible que s’il y a des perspectives de ventes à l’export, et le marché me semble bien verrouillé.

    • GeorgeAbitbol dit :

      Le 707 AWACS a une cellule et des performances globalement comparables à celles d’un A321.
      Le 737 E-7 est plus petit et moins performant que ces deux aparaeils.

      L’A330 pourrait paraître beaucoup trop gros. Même si le temps de vol paraît intéressant (A330-800neo).
      (Il est même à noter que l’USAF ne retient pas le 767 AWACS, plus petit que l’A330.)
      L’A321neoXLR pourrait apparaître comme étant un compromis très intéressant. Encore plus si on développe une capacité de ravitaillement.

      L’autre option intéressante pourrait être un Falcon 10X. Beaucoup plus petit mais avec une autonomie très importante. Pour peu que l’on puisse faire un radar puissant et compact (basés sur la technologie des radars du Rafale ou des FDI par exemple), on pourrait avoir une solution efficace, peu chère, légère, économe en carburant, et très compétitive à l’exportation, et par ailleurs se démarquant beaucoup de la solution US qui a déjà saturé le marché.

      • Raspoutine dit :

        Le radar du Wedgetail est imposant pour une cellule de F10X et il faut loger les autres aériens, les opérateurs, un éventuel équipage supplémentaire sans oublier les systèmes de contre-mesures. Et vous n’auriez qu’un mini-Awacs sans perche de ravitaillement…
        Il faut surtout déterminer si missions et systèmes sont compatibles, notamment s’il s’agit uniquement de radar et capacités C2I…. Sans oublier le/les systèmes de liaison de données qui seront utilisés : c’est aussi l’interopérabilité OTAN qui se joue et je vois mal comment l’AAE pourrait faire développer une solution franco-française sans prévoir la capacité d’échanger avec les autres flottes OTAN, qui dans 5 à 10 ans opèreront des flottes F35 sous datalink MADL.
        Le vecteur n’est ici qu’une partie du problème ….

    • Jre91 dit :

      Je suis d’accord avec vous, nous avons les capacités de le faire, mais cela coûtera cher en r&d et les perspectives commerciales sont faibles voire inexistantes.
      De plus, en 8 ans c’est probablement trop court… je pense qu’il vaut mieux reprendre 4 E-7 sur étagère plutôt que de miser sur une version propre qui se ferait probablement en coopération européenne avec toutes les galères et les retards que cela engendrera.

      • ron 7 dit :

        Pas mieux !
        Et on ajoute que la crise actuelle (COVID 19 + Conflit Ukraine ) impacte beaucoup de choses !
        Le temps est plus que jamais compté !
        L’EURO est malmené sur les marchés, l’inflation est de retour… Tout ça pèse, et certains investissements vont être revus !
        En ajouter un de plus, pour un petit pays comme la France n’est pas pertinent tant la période est compliquée !

    • Qui ça ? dit :

      L’A330 est avion qui commence à dater puisqu’il remonte au début des années 90 et est proche de la fin de sa carrière.

      Si Airbus a réussi brillamment à créer une version ravitailleur du biréacteur A330, c’est que ce modèle utilise la même aile que l’A340 qui est un quadriréacteur. Il n’y avait donc qu’à réutiliser les deux points humides non utilisés par l’A330 pour le transformer en avion ravitailleur (+ l’ajout d’une perche de ravitaillement).

      Si Airbus devait créer son propre avion AWACS, ça serait à partir de la cellule d’un A320 Néo si on a besoin de peu de place grâce au progrès de l’électronique et de l’informatique (le Boeing 737 est dans la même gamme que l’Airbus A320), ou alors à défaut à partir du tout récent et moderne A350 (mais ça risque d’être sur-dimensionné).

  2. Captain Pif dit :

    A ce jour le marché « européen » est uniquement français (la RAF a choisi l’E-7A Wedgetail; les Suédois ont un système Ericson sur plateforme Saab, et les Grecs, de mémoire, sur plateforme Embraer; les Italiens ont un système israélien sur plateforme Gulfstream; les autres pays n’ont pas). Coût de développement prohibitif pour une aussi petite série.

  3. bogchish dit :

    Si l’Australie y est arrivé, pourquoi ne pas envisager un A330 Wedgetail avec un radar THALES et un C2 hérité du SCOOA? Cela apporterai beaucoup aux capacités d’innovation technologique de la France!

  4. Thierry dit :

    Désormais les F-35 jouent également le rôle de mini Awacs et participent à la couverture radars et partage d’informations, tout à fait compatible avec le Wedgetail qui semble néanmoins une transition vers un appareil encore plus complexe et performant car il semble égaler ou légèrement surpasser les Awacs (à voir en pratique). Les E-3 Awacs ont encore des performances tout à fait satisfaisante pour continuer à remplir leurs missions dans cet ensemble de moyens et continuer à voler pour de nombreuses années.

    Les avions radars sont les avions les plus cher juste derrière les fameux bombardiers furtif B2 et B21 américain (comptez 350 à 400 millions pour le Wedgetail).

    L’Europe aurait les moyens de développer un tel appareil mais vu le coût et le faible nombre d’avions à fabriquer ça n’est clairement pas rentable même si on en vend à l’étranger. Non rentable mais indispensable, encore un concept qui échappe totalement à nos pauvres dirigeants.

    • Raspoutine dit :

      @Thierry
      L’Europe n’a aucune intention de developper le successeur de l’Awacs. Pour les outils d’importance stratégique le choix de la plupart de nos voisins estcde s’equiper americain… eb cas de tensions ou de conflit, ce type d’appareil est crucial donc il faut au minimum un aeronef muni de systemes 100% compatibles avec les moyens de l’USAF et USN…

  5. bogchish dit :

    pourquoi ne pas envisager des drones high altitude, long range gérés depuis les bases de l’AAE déployées à l’étranger et dans l’hexagone? Ce serait mieux que d’envoyer des équipages faire « la lanterne » près des zones sensibles!

    • Marcassin dit :

      Un drone HALE europeen après le drone MALE, l’idee a du sens mais bon courage…. ou achetez des MQ9 dernier cri de suite :o)