Thales et CS Group fourniront les systèmes de lutte anti-drones du programme PARADE

Ces dernières années, le ministère des Armées, que ce soit via la Direction générale de l’armement [DGA] ou l’Agence de l’innovation de Défense [AID], a lancé plusieurs projets visant contrer la menace des ABIEDs [pour air-borne improvised explosive devices], c’est à dire des drones rudimentaires piégés, voire des munitions rôdeuses.

Ainsi, confié en 2017 à CS Group, le programme MILAD [Moyens mobiles de Lutte Anti-Drones] s’est concrétisé avec la livraison de 18 systèmes de détection et de neutralisation ainsi que environ 80 fusils brouilleurs Nerod. Pour protéger ses convois, l’armée de Terre entend adapter ce système dans le cadre du projet ARLAD [adaptation réactive de lutte anti-drone]. L’armée de l’Air & de l’Espace mise sur BASSALT, destiné à protéger les sites sensibles contre les drones potentiellement hostile. De son côté, la Marine nationale va expérimenter, à bord de ses navires, HELMA-P, une arme laser développée par CILAS et dont les premiers essais [à terre] ont été très encourageants.

D’autres projets, portés par l’AID, sont en cours. Comme celui visant à mettre au point un « drone intercepteur de drones » encore comme celui qui, appelé Deeplomatics, consiste à déployer un réseau de surveillance dont le fonctionnement repose sur des algorithmes d’intelligence artificielle.

Mais l’un des programmes les plus importants en matière de lutte est anti-drones [LAD] est PARADE [Protection déployable modulaire anti-drones], pour lequel, en mai 2021, la DGA a lancé un appel d’offres d’une valeur estimée à 350 millions d’euros [hors TVA], pour la livraison de six systèmes.

« Le marché vise à fournir des systèmes de lutte anti-drones aériens [micro-drones et mini-drones] et à en assurer le maintien en condition opérationnelle et de sécurité. Ces systèmes pourront être déplacés par voie routière, maritime et aérienne d’un site à un autre et assureront une protection permanente et à 360° des sites sur lesquels ils seront déployés, en France et sur des théâtres d’opérations extérieures », indiquait l’avis de marché.

« Détection, caractérisation, identification automatiques et neutralisation seront assurées par ces systèmes, par tous les temps, jour et nuit, contre des drones émetteurs ou non d’ondes électromagnétiques. Chaque système comprendra au moins un système C2 [commandement et contrpole, ndlr] évolutif, un radar, un goniomètre, un système optronique et un système de brouillage.
Les premiers systèmes seront livrés au plus tard fin 2022 », y était-il encore précisé.

Et, selon une information d’Intelligence Online, confirmée par le quotidien Les Échos, ce marché a été attribué au tandem formé par Thales et CS Group, aux dépens, notamment, d’Airbus et d’Indra. L’annonce n’a pas encore été faite officiellement. D’après le journal économique, le système proposé par les deux industriels se serait imposé « haut la main » lors d’une démonstration effectuée dans la rade de Toulon, en novembre 2021.

Le contrat « PARADE » est le second qu’ont obtenu Thales et CS Group auprès du ministère des Armées depuis le début de cette année. Pour rappel, les deux industriels ont été choisi en janvier pour assurer le maintien en condition opérationnelle [MCO] des principaux composants du Système de commandement et de conduite des opérations aérospatiales [SCOOA], dans le cadre du projet VASSCO [VerticAlisation du Soutien du SCCOA], doté de 1,5 milliard d’euros.

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8 contributions

  1. Félix GARCIA dit :

    L’intelligence artificielle pour attribuer l’ordre de tir après détection et identification à l’armement le plus adapté ?
    – Canons à micro-ondes « PARADE »
    – Lasers « HELMA-P »
    – Mistral
    – Brouilleurs
    – « RapidFire 40mm » (sur camion : https://www.youtube.com/watch?v=muikni7yStg ?)
    – « Oto Melara 76mm » (sur camion ?)

    • Sam-7 dit :

      @Felix GARCIA

      Vous oubliez aussi les faucons et autres rapaces formés pour intercepter les drones, c’est rudimentaire mais très efficace quand il n’y a plus de courant .

      • Félix GARCIA dit :

        En effet !
        Moi qui suggérait de former des fauconniers supplémentaires il y a peu … ma mémoire flanche.
        ^^

  2. perry57 dit :

    6 systèmes ? on a du lourd……..autant dire que l’on n’a rien

  3. Lalade2022 dit :

    Beaucoup d’imprécisions (concurrence, systèmes, chiffres).
    A suivre le communiqué officiel du MINARM et des industriels concernés.

  4. Oliver dit :

    Paris 2024…
    Pas sûr que ces jeux aient lieu.

  5. HMX dit :

    On attend avec impatience d’en savoir davantage sur les éléments qui vont composer le système PARADE.

    Ce système est prévu pour la protection de sites fixes ou d’évènements (bases militaires, centrales nucléaires, évènements type sommets du G7, ou JO 2024…). Cela représente énormément de sites potentiels à équiper, et il faudra donc faire des choix, qui seront évidemment intéressants à observer. Aura t’on les moyens et la volonté d’ acquérir en grand nombre ce type d’équipements ?

    Tout aussi intéressant, on espère voir rapidement arriver le système ARLAD, qui est un système mobile destiné à la protection des véhicules. En l’état des rares infos disponibles, le système serait composé d’un radar MILAD monté sur véhicule, et d’un lance-grenades avec munitions airbust. Probablement très efficace pour descendre des drones, même en essaim… mais on peut s’interroger sur le risque de dégâts collatéraux pour les véhicules et fantassins à proximité, sans même parler des risques de pertes civiles en cas d’utilisation en environnement urbain…

    Le point dur de ces systèmes anti-drones dans un environnement terrestre, c’est le moyen utilisé pour l’interception. Les moyens cinétiques (canons à tir rapide, grenades…) présentent des risques collatéraux probablement inacceptables. Le laser est encore lourd et complexe, et probablement très coûteux (quid du MCO de ces lasers ?). Au demeurant, l’emploi du laser en milieu urbain, caractérisé par la présence de nombreuses surfaces réfléchissantes (vitrages) semble également constituer un vrai risque, encore peu pris en compte.

    Un autre problème lié à ces systèmes anti-drones, c’est aussi qu’ils sont hyper-spécialisés sur ce type de menace. Or, nos soldats et nos blindés n’ont pas que les drones à affronter, même si cette menace est désormais de plus en plus présente. Ils doivent aussi être protégés contre les roquettes, missiles, IED et autre projectiles du champ de bataille, problématique aujourd’hui traitée par des systèmes hard kill (que nous n’avons pas…). Est-il concevable que nos futurs véhicules et blindés soient équipés d’une part d’un système hard kill, contre les munitions assaillantes, et d’autre part d’un système antidrone ?…

    Une solution intelligente consisterait donc à concevoir des essaims de drones de protection. Ces drones pourraient être emportés par le véhicule à protéger dans un espace dédié (type container), qui servirait de « nid » aux drones qui viendraient automatiquement et à tour de rôle y recharger leurs batteries. Une fois en vol, l’essaim viendrait automatiquement se positionner en plusieurs cercles concentriques autour du véhicule à protéger, sous la contrôle et la supervision du système de combat de ce véhicule. Outre le rôle de sentinelles tenu par ces drones, ceux-ci seraient capables de détecter et d’intercepter tout drone assaillant, soit en les percutant en vol, soit en explosant à proximité. En cas de doute sur une présence d’IED ou véhicule suspect, un drone pourrait également être sacrifié en détonnant sur la zone suspecte. Mais surtout, l’essaim de drone aurait pour fonction première de servir de système hard kill déporté : en cas de détection d’une munition assaillante par le système de combat du véhicule à protéger, les drones les mieux placés seraient automatiquement dirigés sur la trajectoire d’interception et exploseraient au bon moment pour intercepter la munition.

    L’avantage de ce système de protection par essaim de drone, c’est qu’il serait polyvalent, efficace contre de multiples menaces (pas seulement les drones assaillants), résilient car capable de résister à des attaques multiples (saturation, essaim de drone adverse…), mobile (possibilité de suivre le véhicule en mouvement), et qu’il réduirait sensiblement le risque de dégâts collatéraux (sans toutefois le supprimer totalement, soyons honnête…) car les interceptions auraient vocation à être réalisées à plusieurs dizaines de mètres du véhicule, là où les systèmes hard kill actuels détonnent et interceptent à quelques mètres seulement.

  6. Bob dit :

    Et ils proposent quoi les entreprises qui ont remporté le marché pour la LAD?