La France va-t-elle être obligée de revoir le format de ses forces stratégiques?

Depuis l’effondrement de l’Union soviétique et la fin de la Guerre Froide, le format des forces stratégiques françaises, sur lesquelles reposent la dissuasion nucléaire, a drastiquement été réduit. Le programme de missile à courte portée Hadès [successeur du Pluton] fut dans un premier temps réduit, puis totalement abandonné en 1996. Même chose pour les missiles balistiques à portée intermédiaire sol-sol S3 mis en oeuvre depuis le plateau d’Albion par l’armée de l’Air [et de l’Espace].

Quant à la Force océanique stratégique [FOST], elle reçut quatre sous-marins nucléaires lanceurs d’engins [SNLE] de type « Le Triomphant » au lieu des six initialement prévus. Cependant, la Marine nationale put conserver la Force aéronavale nucléaire [FANu], qui est dite « intermittente » car seulement employable quand un porte-avions est en mer.

Puis, à la fin des années 2010, et alors qu’elles se composaient de 9 unités dotées de bombadiers Mirage IV à la fin des années 1970, il fut décidé que les Forces aériennes stratégiques [FAS] ne compterait plus que deux escadrons dotés du missile ASMP-A [Air Sol Moyenne Portée Améliorée] à la faveur du remplacement du Mirage 2000N par le Rafale B, contre trois jusqu’alors.

Par ailleurs, en 1992, la France finit par rejoindre le Traité de non prolifération nucléaire [TNP], alors qu’elle en respectait les dispositions depuis 1968. Puis elle ratifia, comme le Royaume-Uni, le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires [TICEN], le programme « Simulation » devant alors prendre le relai des expérimentations réalisées à Mururoa. Enfin, elle cessa la production de matières fissiles pour les armes nucléaires.

Avec ces mesures, la France compte actuellement moins de 300 têtes de nucléaires, trois lots de 16 missiles M51 destinés aux SNLE et 54 ASMP-A. Tels sont les chiffres qui avaient été rendu publics en 2015 par le président Hollande.

La dissuasion nucléaire française repose sur cinq principes qui concourent à sa crédibilité : la permanence, l’indépendance nationale [ou autonomie stratégique], la défense des intérêts vitaux, lesquels doivent être assez flous pour un adversaire potentiel mais dont on sait, depuis le discours prononcé par M. Macron à l’École militaire en février 2020, qu’ils ont désormais une « dimension européenne », capacité à infliger des « dommages inacceptables » et, enfin, la notion « stricte suffisance ».

Le Livre blanc sur la Défense et la Sécurité nationale de 2008 donne une définition précise de cette notion, qui sera reprise par celui de 2013. « La France continuera à maintenir ses forces nucléaires à un niveau de stricte suffisance. Elle les ajustera en permanence au niveau le plus bas possible compatible avec sa sécurité. […] Le niveau de ses forces ne dépendra pas de celui des autres acteurs dotés de l’arme nucléaire, mais seulement de la perception des risques et de l’analyse de l’efficacité de la dissuasion pour la protection de nos intérêts vitaux ».

Et d’ajouter : « Le niveau de suffisance continuera à faire l’objet d’une appréciation à la fois quantitative, concernant le nombre de porteurs, de missiles, d’armes, et qualitative, prenant en compte des défenses susceptibles d’être opposées à nos forces. Cette appréciation est régulièrement présentée au Président de la République et actualisée dans le cadre du conseil de défense restreint sur les armements nucléaires ».

En clair, la France entend maintenir sa dissuasion nucléaire au plus bas niveau possible au regard de son évaluation du contexte stratégique.

Dans son livre « Opération Poker », le général Bruno Maigret, ancien commandant des Forces aériennes stratégiques, souligne que le « concept de stricte suffisance prévient tout risque de course aux armements qui pourrait faire perdre à la France son équilibre doctrinal comme financier ». Plus loin, il ajoute, en citant M. Macron : « La stricte suffisance des forces nucléaires n’est pas dimensionnée par l’arsenal des autres acteurs, mais bien par l’impératif du « maintien de leur crédibilité opérationnelle dans la durée, au niveau […] requis par l’environnement international’. Cela signifie que ce qui dimensionne nos forces aujourd’hui et demain est le niveau de la défense adverse qu’elles devront savoir percer ».

Le contexte international doit donc être pris en compte pour déterminer le niveau de « stricte suffisance ». Du moins fait-il partie de l’équation… Or, l’invasion de l’Ukraine par la Russie, avec la menace nucléaire agitée par Moscou rebat les cartes. En outre, de nouvelles puissances nucléaires sont apparues depuis le début des années 1990, dont le Pakistan, la Corée du Nord et l’Inde. D’autres pays ont tenté de développemer un arsenal nucléaire… Et la Chine a visiblement l’intention d’accroître significativement le sien. Qui plus est, les armes hypersoniques ont fait leur apparition, certaines passant pour être opérationnelle. Et il faut composer avec les défenses antimissiles, le traité ABM [Anti-Ballistic Missile, signé à Moscou en 1972, ndlr] ayant été dénoncé par les États-Unis en 2002.

Étant allé beaucoup plus loin que la France en matière de désarmement nucléaire, avec une dissuasion ne reposant plus que sur une composante océanique [dont l’existence est « garantie » par les États-Unis], le Royaume-Uni a pris la mesure de cette évolution en annonçant, en mars 2021, son intention d’augmenter la taille de son arsenal nucléaire de 40%, le nombre de ses armes « stratégiques » devant ainsi passer de 180 à 260. Durant la Guerre Froide, les forces britanniques diposaient de 500 têtes nucléaires…

Pour justifier cette annonce, venue après une reprise en main de son industrie nucléaire, Londres avait mis en avant une « panoplie croissante de menaces technologiques et doctrinales » et une « menace active » incarnée par la Russie ainsi qu’un « défi systémique » posé par la Chine. Et d’ajouter : « Une dissuasion nucléaire minimale, crédible et indépendante, affectée à la défense de l’Otan, reste essentielle pour garantir notre sécurité ».

Dans ces conditions, l’évolution du contexte international invite-t-elle à reconsidérer le seuil de « stricte suffisance »? La France devrait-elle revoir le format de ses forces stratégiques, en profiter de la modernisation de ses deux composantes nucléaires, avec le SNLE de 3e génération et le missile ASN4G? Le développement d’une arme hypersonique – comme le V-MAX – peut-elle être une réponse?

Sans doute que la campagne électorale qui s’ouvre permettra d’aborder ce sujet, la dissuasion nucléaire étant du seul ressort du président de la République. En attendant, il se dit qu’un deuxième SNLE a quitté la base de l’Île-Longue peu après l’invasion de l’Ukraine. Cela ne s’était plus vu depuis la crise des Euromissiles, au début des années 1980.

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152 contributions

  1. chill dit :

    la réponse est dans la question , elle va devoir revoir le conventionnel également c’est à dire monter à 60/70 milliards par ans , ce qui n’est ni exagéré, ni utopique mais lucide ; des choix devont être faits en même temps que la modernisation de notre économie, par exemple nous sommes champion du monde des dépenses sociales publiques, loin devant des pays comme l’ Allemagne, cela doit être réajusté !

    • Patrico dit :

      Vous avez raison , il y a tellement de choses à réajuster ! Mais par ou commencer ? …. cela va ce débattre ce mois ci !

    • Roland de Roncevaux dit :

      @ chill : la France se désindustrialise à cause de la monnaie et des traités douaniers. Elle n’a pas l’intention de modifier cela. Dès lors, elle restera désindustrialisée car non-compétitive dans ce contexte. Elle pourra continuer à subventionner quelques industries déficitaires pour amuser les électeurs. Et sinon, évoluer plus sérieusement vers un type de revenu universel et d’assistanat généralisé. La mise-en-place d’un crédit social permettra de garder une forme de « motivation » pour les citoyens. Quant aux budgets militaires, il faudrait une hausse encore bien plus significative pour inverser la tendance : les hausses actuelles permettent simplement de ralentir le déclin, et même pas de l’arrêter, selon l’aveu de nos propres dirigeants. Il faut aussi prendre en compte l’inflation, la dévaluation de la valeur de la monnaie, qui se voit notamment sur les équipements militaires de haute technologie.

    • Tomtom dit :

      L’Allemagne profite d’un euro sous-évalué pour son économie, au contraire de la France.

      Si on veut redevenir maîtres de notre destin il faut à minima sortir de l’euro, au mieux sortir de l’UE.

  2. Fralipolipi dit :

    Bon nombre de choses prêtent à l’interrogation.
    Et le sujet n’est pas QUE celui du nombre de missiles ou de têtes nucléaires, mais bien celui de la garantie d’efficacité : « l’impératif du « maintien de leur crédibilité opérationnelle dans la durée, au niveau […] requis par l’environnement international’. Cela signifie que ce qui dimensionne nos forces aujourd’hui et demain est le niveau de la défense adverse qu’elles devront savoir percer ».  »
    .
    En la matière, un des points majeurs a toujours été la « redondance ».
    2 SNLE en patrouille, c’est toujours mieux qu’un seul.
    Et si aujourd’hui il est possible d’avoir 2 SNLE en patrouille, ce n’est possible que ponctuellement.
    Pour rendre cela possible régulièrement (sinon en permanence), on songe qu’il faudrait 5 SNLE au lieu de 4 … et donc 7 ou 8 SNA au lieu de 6 (car c’est lié).
    .
    Côté FAS, on comprend que 2 escadrons Rafale suffisent (au lieu de escadrons M2000N).
    Par contre, il est plus difficilement compréhensible que ces 2 escadrons FAS soient tous deux basés sur la même BA Saint-Dizier, plutôt que répartis sur 2 bases géographiquement distinctes (comme c’était le cas jusqu’à la fin des escadrons M2000N).
    Je comprends que l’on veuille mutualiser le plus possible pour faire des économies, mais là avec une seule base FAS, donc une seule piste, on sacrifie totalement la sacro-sainte « redondance » !
    .
    Si l’Etat major a trouvé bon de faire patrouiller 2 SNLE simultanément en cette période critique, … Quid des FAS ???
    .
    Je n’ai lu nulle part que l’escadron Lafayette (ou au moins une partie) était repositionné à Istres, Avord, ou Mont-de Marsan, lorsque le Gascogne restait lui à Saint-Dizier …. et pourtant, ce serait bien plus cohérent avec la décision de la FOST d’aligner 2 SNLE en patrouille !

    • Achille-64 dit :

      Le repositionnement d’une unité FAS bombardier (ne pas oublier les ravitos !) est prévu en cas de crise … et préparé en amont.

      • Fralipolipi dit :

        @Achille-64
        La dissuasion passe aussi, et même avant tout, par la communication.
        Si un repositionnement a eu lieu sur une autre base pour permettre la redondance, alors il faut le dire (sans forcément préciser sur quelle base).

      • Pascal (l'autre) dit :

        « et préparé en amont. » C’est le but des exercices « Poker » par exemple.

    • blondin dit :

      la dispersion des FAS est peut être faite, et je l’espère, mais on ne le sait pas forcément, et c’est tant mieux. il y a aussi Avord qui est equipée il me semble, avec Istres et Mont de Marsan ? je suppose que Landivisiau doit aussi être équipée des zones adéquates. Jacques 29 peut peut etre nous renseigner ?

    • AirTatto dit :

      Bonne analyse que je partage.
      Cependant, nous avons besoin d’un sursaut technologique évident pour être crédible; nos missiles sont d’une génération ancienne, avec une protée réduite et des contre-mesures contre l’interception limitées.
      Il est utile de rappeler que l’ASMP (FAS et FOST) est un missile d’avertissement avant la composante océanique qui est l’ultime riposte.
      Les zones de patrouilles de nos SNLE sont donc forcement dans le Nord pour avoir un couverture plus grande sans pour autant pouvoir riposter sur la Chine.
      https://nuclearsecrecy.com/missilemap/

      • Twouan dit :

        Je ne crois pas que l’on soit hors du coup.
        Il faut les moderniser regulierement mais nous n’avons pas a rougir. Ce qui est sur c’est qu’industriellement faire des series un peu plus importantes ce n’est pas idiot.
        Par contre, il faut des hommes pour armer tout ca et ca cela coute sur le long terme.
        Ou alors, il faut une reserve nucleaire que l’on peut armer lors des crises mais vient immediatement le probleme de la specificite de la mission.
        Le moins cher c’est le terrestre facon Satan avec du m51.

      • LEONARD dit :

        @AirTatto
        Marrant votre site, mais faut le mettre à jour.
        Le M51 n’est pas présent, et ça change tout, 10000 km et quelques de portée, notamment les zones de patrouille, et ça met les cibles chinoises à portée depuis le golfe de Gascogne.

        • AirTatto dit :

          Très juste @Leonard, j’ai..zappé… le M51 qui offre la portée suffisante pour riposter sur nos principaux compétiteurs en ayant une zone de patrouille plus large. Merci d’avoir noté ce point.
          C’est pas mon site mais dans le même genre du même auteur:
          https://nuclearsecrecy.com/nukemap/

    • Loufi dit :

      Mieux vaut payer 5mds de RSA et alloc familiales aux cassos qui voteront pour ces zombies que dépenser 5mds en sous marin et Rafales (qui au passage donnerait du travail aux dits cassos). Logique de l’ENA

    • vrai_chasseur dit :

      @Fra
      Prenez en compte aussi que le PA CDG a la capacité d’emport de l’arme nucléaire aéroportée sur Rafale M.
      La France est le seul pays au monde à posséder la capacité de frappe nucléaire tactique depuis un PA (la doctrine US par ex. ne prévoit pas l’emport de l’arme nucléaire à bord des PA de l’US Navy).
      L’usage de l’arme nucléaire relevant directement du Pdt de la République et étant couvert par le secret défense, quand le CDG appareille très très peu de personnes savent s’il emporte dans ses soutes la munition nucléaire ou pas …. et c’est très bien ainsi.

      • Fralipolipi dit :

        @vrai-chasseur
        Bonne remarque.
        Je suis Ok avec vous. Effectivement, tant que la FANu est potentiellement opérationnelle à bord d’un PAN CDG patrouillant en Médor, notre dispositif FAS a effectivement une redondance que l’ennemi potentiel aura à considérer …
        … jusqu’à ce que le PAN CDG retourne à Toulon !

      • hum dit :

        Quand le PA embarque du nucléaire, il y a bord des pax du GSAN, ça ne passe pas inaperçu.

      • vno dit :

        je ne voudrais pas tempérer tes certitudes, mais il serait souhaitable que la gendarmerie de l’armement soit plus discrète à bord et sur les quais. En commençant par se déguiser en marin, par exemple ?

    • TINA dit :

      Les programmes FMAN et FMC s’appuient, pour l’essentiel, de ce qui a été réalisé avec L’ASMP-A et du MDCN en leur temps ( notamment en matière de structure, système et motorisation ( super. et sub.).

      L’ASMP – A2NG ( Ma terminologie) est engagé . Souhaitons qu’il dispose d’une portée correspondant à l’autonomie d’un rafale F4 sans bidons mais armé et sans ravitaillement. Il sera plus large mais d’une longueur identique, avec un empennage plus important. Et le Rafale ne sera pas l’unique vecteur.

      Quant au MDCN, il constitue la base du futur MDCT, avec toutes les spécificités en moins ( maritime) et en plus ( terrestre) … doté d’ogives non nucléaire et nucléaire.

      Nous disposons de toutes les ressources de base. A nous de jouer.

  3. Mat49 dit :

    Là pour une fois je dirais non, pas besoin d’augmenter le format.

  4. Marcel dit :

    Mais a quoi cela sert-il d’avoir davantage de têtes ? Avec ce que l’on a, on peut déjà vitrifier qui l’on veut, non ?
    J’ai tjs eu tendance à croire (à tord ?) que l’important était le nombre de vecteurs opérationnels et la qualité technologique du missile. Si quelqu’un peut m’éclairer 🙂 Merci !

    • Achille-64 dit :

      Il faut partir de l’hypothèse qu’un SNLE peut être détecté et neutralisé, mais pas 2.
      Donc, 2 à la mer est une procédure normale dès qu’il y a une crise. Si la crise dure, cela implique plutôt 5 soums que 4 dans la flotte.

      • Cricetus dit :

        A condition que l’adversaire ne dispose pas d’une technologie pour localiser nos SNLE a la mer, et qu’il garde cet atout secret pour le jouer au bon moment.
        Dans les années 80 les Soviétiques auraient découvert (suite à l’intervention d’un sénateur américain qui se vantait au décours d’une interview à la télé) que chacun des SNLE soviétiques était suivie par un SNA de l’USNavy prêt à les tuer sur ordre… L’atout étant l’avance technique dans le domaine de l’acoustique des Américains dont l’importance avait été discrètement cachée.
        Gardons-nous que la même chose ne nous arrive pas.
        C’est même la justification du maintient d’une triade (FAS, FOS et missiles basés au sol).

    • Dodo dit :

      « Si quelqu’un peut m’éclairer Merci ! »

      Attends je vais prendre ma lampe torche…

    • Matt dit :

      Le nombre permet de raser de nombreux point simultanément terre, mer, air.
      Même en plein pacifique si l’on pense qu’il y a quelques choses… le nombres de tête est conditionné aux nombres de lanceurs.
      Plus t’en a plus tu peux raser avec d’être totalement raser.
      La politique de la terreur n’a
      Pas son nom pour rien

    • Ératosthène dit :

      On peut vitrifier une surface grande comme la France.
      Cela ne fait pas de mal d’avoir d’avantage de tête car la redondance est bonne comme l’indique Fralipolipi.

      • Cricetus dit :

        @Ératosthène
        « On peut vitrifier une surface grande comme la France. »
        Formellement: non, beaucoup beaucoup moins…
        https://nuclearsecrecy.com/nukemap/
        Il y a toujours une part de fantasmes dans la puissance des armes nucléaires.
        Par contre on peut s’assurer que des dizaines, voir des centaines de millions de civils meurent de faim, de froids et de maladie dans les mois qui suivent les frappes suite a l’effondrement économique et politique du pays adverse….

    • Pour Info dit :

      Certains vont rater (forcement sur le nombre) et d’autres seront interceptés.
      Avec la fin des traités ABM, il y plus de « chances » qu’ils se fassent intercepter donc augmenter leur nombre n’est pas forcement aberrant.

      • Marcel dit :

        Oui, mais que l’on ait 300 têtes ou 10,000, à la fin, nous n’avons que 4 snle (deux max opérationnels ?) et combien de Rafales ? Ca fait peu de vecteurs, pour une frappe de saturation.

        • Électeur dit :

          @ Marcel et les autres.
          La logique du grenadier-voltigeur (combien de grenades dans ma musette ?) ne fonctionne pas avec l’arme nucléaire.
          .
          Il suffit que le décideur ennemi n’ait pas envie de prendre le risque d’une frappe sur sa précieuse gueule personnelle.
          .
          La logique du grenadier-voltigeur fonctionne encore moins avec notre niveau technologique actuel. Celui-ci est tel ( cf nos missiles guidés avec précision (MGP) en service depuis les années quatre-vingts) que le nucléaire n’est même plus indispensable : on détruit n’importe quel gouvernement sans faire de dégâts collatéraux.
          .
          Comptez les têtes nucléaires si ça vous amuse mais sachez que l’on n’est plus au vingtième siècle.
          .
          Nos MGP (désormais tirés par soum en plongée) sont d’autant plus dissuasifs que même le plus bisounours de nos présidents sera capable d’en décider la mise en œuvre car il n’y aura pas de dégâts collatéraux.

          • Géo dit :

            Electeur, c’est exact. Quant au président bisounours (qui sera peut-être soucieux aussi d’échapper au tribunal qui aura été créé après la guerre) il hésitera d’autant moins que ces MGP tirés par le tube lance-torpille d’un sous-marin équiperont plusieurs marines : le tir sera donc anonyme.

    • Patatra dit :

      Il faut voir la dissuasion comme un système, plus de têtes, plus de vecteurs, plus d’infrastructures, plus de personnels compétents, redondance des communications, redondance des infrastructures etc… etc…
      Par exemple, plus de SNLE c’est aussi plus de SNA.

      Aujourd’hui, on parle de missiles de croisières hypersoniques à charge nucléaire. Ils viennent raccourcir le temps d’engagement en cas d’agression.

      Si l’on détecte un missile balistique, on sait que l’on a du temps pour répondre (peu mais quand même 15-20 minutes environ), parcontre un missile hypersonique rasant raccourcis le délais de réponse, et encore plus s’il vise des installations critiques pour la dissuasion. C’est un peu un game changer.

      • Cricetus dit :

        @Patras
        « Si l’on détecte un missile balistique, on sait que l’on a du temps pour répondre (peu, mais quand même 15-20 minutes environ) »
        Avec nos radars : Quelques minutes (pas beaucoup).
        Si le missile décolle de Russie asiatique nous auront l’info par notre allié qui a des satellites d’alerte avancée et des radars trans horizon, ce qui nous donnera un préavis de 10-15 minutes.
        Rappelons que la France, c’est toujours gardé de quitter l’OTAN, il y a là certaines bonnes raisons.

        • Carin dit :

          @Cricetus
          La France fait partie des 4 nations détenant en propre un radar trans horizon…
          C’est sûr ce radar que s’est appuyé Jacques Chirac lorsqu’il a dit aux iraniens qui nous menaçaient d’une pluie de missiles longue portée, qu’ils seraient détruits dès leurs décollages.
          Et c’est d’ailleurs grâce à ce radar que l’on voie le départ d’une fusée Ariane, depuis Lyon.

  5. Nico80100 dit :

    Effectivement, pourquoi pas gonfler les forces de dissuasion nucléaire.
    Recréer 2 régiments dotés d’un missile tactique nucléaire, de passer de 4 SNLE à 6,d’avoir 4 escadrons dotés de Asmp.
    Mais ce ne sera pas demain qu’on verra ça.
    A force de réduire les budgets, on finit à poil.

    • Le Suren dit :

      Je ne saurai mieux dire. Et comme dit Fralipolip, les 4 escadrons ASMP répartis sur 4 bases éloignées les unes des autres.

    • Courmaceul dit :

      « Recréer 2 régiments dotés d’un missile tactique nucléaire » Hormis un pb de doctrine d’emploi par rapport à la dissuasion, vos missiles tombent où ? Là, j’ai peur !

      • Cricetus dit :

        Le principe d’une arme tactique (dans un cadre défensif, ce qui est, je présume notre cas) c’est qu’il faut envisager de l’utiliser sur le territoire à défendre (La Pologne? l’Allemagne? Notre propre territoire?).
        Une bombe de 1 kt renverserait des véhicule jusqu’à 400m mais n’endommagerait pas les habitations à plus de 1 Km…
        Sur le plan « doctrinale » elle vise a persuader l’adversaire qu’un passage du conventionnel au nucléaire est possible, et donc elle crédibilise la force de frappe stratégique.

    • Dominick dit :

      J’adhère également, Pour le missile nucléaire tactique, il faudrait reprendre le principe de l’Hadès avec un camion semi-remorque spécifique (transport et tir) portant 2 missiles tactiques de moyenne portée (1500/2500 km), le missile serait Hypersonique et porteur d’une charge nucléaire à Neutron. Autre point important, que ces véhicules soient répartis sur l’ensemble du territoire et toujours en mouvement. 6 SNLE avec 2 unités en permanence à la mer et 2 en pré-alerte, je passerais aussi à 9 ou 10 SNA et j’en affecterais 2 ou 3 à Brest qui auront bien sûr, d’autres missions que d’assurer la protection des bâtiments de la FOST. 4 escadrons de Rafales dotés de l’ASMP ou de son successeur, serait pertinent mais ces escadrons devront être dispatchés sur l’ensemble des bases aériennes. Là aussi, il faudrait remettre en service au moins 4 bases car 220 avions de combat c’est bien trop juste, puis il faut absolument se prémunir d’une attaque massive (320 avions de combat pour l’AAE et 100 pour la Marine, c’est le minimum !). Enfin tout cela serait inutile si on ne s’appuyait pas sur une solide défense antiaérienne car c’est l’une de nos grandes faiblesses, nous manquons, pour protéger nos principaux sites de défenses et points stratégiques, de batteries de missiles AA de moyenne et longue portée ainsi que de missiles anti balistiques pour protéger tout simplement notre pays.

  6. Sun Tzu dit :

    J’estime que sans pour autant recréer le 1er GMS du plateau d’Albion, il faut augmenter le nombre de SNLE et de SNA de la Marine et d’escadrons de l’Armée de l’Air et de l’Espace. Et compte tenu du coup de force soviétique et des risques qui en découlent, je serais même partisan de remettre en service des armes intermédiaires de types RRR comme les Pluton ou les Hades. Et dans la foulée, il faudrait sortir de l’OTAN.

  7. Félix GARCIA dit :

    Puisque c’est le sujet :

    « La dissuasion nucléaire française en 2021, par la revue Conflits. »
    Jean-Baptiste Noé, rédacteur en chef de la revue conflits reçoit
    – Général Bruno Maigret (Général de l’armée de l’air)
    – Colonel Amaury Colcombet (Officier de l’armée de l’air).
    https://www.youtube.com/watch?v=-INV-0VRllE&list=PLvOxheUbk4wJaRzNrqxGpCQb-vUW_mNLB&index=8

  8. AdrienBZH dit :

    Personnellement, et vu le très bon taux de disponibilité de nos SNLE, je ne suis pas sûr qu’il soit pertinent de remonter les unités de 4 à 6. Sachant qu’au format actuel il y en a un en patrouille, un en alerte, un à l’entraînement et un autre en maintenance. S’il devait y avoir un soucis comme pour le Perle les patrouilles peuvent continuer malgré tout, sous tension il faut le reconnaître. Mais au prix d’un SNLE je ne suis pas sûr que l’investissement vaille le coup, surtout qu’il y a peu d’économie de série à en tirer puisqu’il n’est pas destiné à l’exportation. Un troisième escadron serait plus pertinent selon moi et surtout passer de 6 à 8 SNA minimum (voir 10 : 4 à Brest avec les SNLE et 6 à Toulon avec le format actuel. Ça permettrait d’éviter d’envoyer les SNA de Toulon jusqu’à Brest juste pour l’escorte de SNLE). Mais on peut toujours rêver ^^
    En tout cas, même si ce n’est pas mirobolant, on s’en sort bien mieux que nos amis britanniques et allemands.

    • Bubu dit :

      Tout à fait d’accord. Bonne analyse.

    • Ghostrider dit :

      @ adrien BZH idem tout à fait d’accord aussi. On ferait mieux de remonter le niveau quantitatif et qualitatif du conventionnel , des stocks, ..
      stock et qualité des système AT portable ? MILAN out, ERyx livrable aux ukrainien, reste le MMP et quelques poste javelin. pas de stock pas de réserve.
      Manpads : Mistral sans doute un excellent missile mais trop peu de stock, et l’ensemble poste trépied + missile est bcp trop lourd.
      équipement NH90, Tigre. imposé à Airbus de faire du matos fiable
      drone : il n’est pas encore trop tard pour développer une vraie gamme de drone tactique low cost type industrie turque

      j’en oublie mais pour mi ce sont les grands axes sur le quel on doit se concentrer

    • LaMeuse dit :

      De mémoire, la mission sur l’Atlantique était assurée par des Agosta diesel-électriques. Naval group a déjà ça en catalogue , non ? Ça coûterait moins cher, y compris en infrastructures à construire avec les normes actuelles, et ce serait un bon produit export.

    • albatros dit :

      Les allemands n’ont que des bombes lisses US à double clé, c’est à dire rien
      Le mieux est de relancer la fabrication d’Hadès version 2 et modernisés : moins cher et long que de devoir construire au moins 3 SNLE en plus avec du M51. Et pourquoi pas des ASMP A NG sur roulettes ?
      Ces Hadès avec une portée de plus de 500 kms et positionnés…partout en Europe seraient une meilleure réponse en cas de crise avec Poutine. On peut couler 1 SNLE, mais difficilement 2. Et on peut abattre des Rafale en vol théoriquement. mais avoir des lanceurs dans la nature camouflés en semi remorque commerciaux, ça c’est plus dur à suivre et à détruire en mêm temps.
      Après tout Poutine ne se gène pas pour avoir un tas de lanceurs mobiles qui gravitent à la frontière et à côté de ses troupes après tout.

    • Nico80100 dit :

      @ courmaceul,
      Tout est dit dans le commentaire de Cricelus.

  9. ONERESQUE dit :

    La problématique centrale de le crédibilité de la dissuasion n’est pas le nombre de têtes, mais le POURCENTAGE de têtes susceptibles de traverser les futures défenses anti-missiles et d’impacter potentiellement l’objectif à plus de 90% de proba. Pour les missiles balistiques, pas trop de soucis à Mach 15 – 18, mais les ogives à revêtement carbone-carbone restent surtout des MIRV (indépendantes) et pas des MARV (manoeuvrables) sur les M-51 et face aux lasers et S500 ( voire S600 dans 10 ans ) du futur, il faudrait les doter d’une configuration semi-planeur hypersonique à volets pour faire des trajectoires sinusoïdales ou stochastiques imprévisibles par les radars ABM. La Russie a quand même des ABM redoutables A-135 Gorgon en plus des S500……Pour les Rafale nucléaires, un AS4NG volant à Mach 3.5 ou 4 avec un stato ou superstato devra être aussi très manœuvrant et disposer peut-être de systèmes de leurres largables, d’un capteur anti-laser et d’avertisseurs d’accroche radars performants……Encore une fois, ce n’est pas la QUANTITé qui fait l’effet Deterrence, c’est la PROBA de pénétration….

    • Dans Le Bayou dit :

      C’est à voir pour les Marv, une surprise avec les M51.3 ?
      https://lefauteuildecolbert.blogspot.com/2022/02/fost-entree-en-production-des-m513.html

    • PK dit :

      Et la proba d’encaisser ou d’être capable d’envoyer quelque chose… Avec UN SNLE à la mer et le reste intermittent, c’est une défense très faiblarde aujourd’hui, à la limite de la crédibilité.

      Il faudrait multiplier à nouveaux les vecteurs (missile au sol, en silo et en mobile) et augmenter le nombre d’escadron dans l’AAE. Idéalement, avoir un PA à la mer en permanence aurait du sens dans cette optique-là.

      Mais bon, autant pisser dans un violon avec les autistes aux commandes…

  10. vrai_chasseur dit :

    Il y a aussi 2 SNA déployés en zone Atlantique nord et 2 autres en zone Méditerranée orientale.
    Avis aux adversaires belliqueux quels qu’ils soient, toutes les marines du monde savent qu’un SNA français qui rôde sous la mer est un vrai danger à lui tout seul. Alors 4…

    Cela fait100% des SNA en DTO (disponibilité technique opérationnelle), qui sont en patrouille à la mer.
    On peut évidemment lire ce chiffre de 100% de 2 façons, verre à moitié vide ou à moitié plein :
    – Bravo à la sous-marinade française. 100% de dispo et pas pour faire semblant.
    – il n’y a pas assez de SNA au total.

  11. Alfred dit :

    Ce serait bien la première fois qu’un sujet de cette importance serait abordé dans une campagne électorale au détriment des sujets à la mode. Et par quels candidats ? Car, il faudrait déjà pour cela qu’ils connaissent l’existant, sachent comment ça fonctionne, et quels sont les enjeux et les menaces. A moins qu’on assiste à un débat du style je connais mieux ça que vous car je suis le président, ou si je suis élu président j’en mettrai 3 douzaines de plus que vous. Tout ceci n’ayant qu’un intérêt relatif d’ailleurs sachant qu’il s’ecoule en gros une quinzaine d’années, soit 3 mandats entre la décision initiale de produire un nouvel armement et son aboutissement.

  12. Lyonpuce dit :

    Il est nécessaire d’augmenter le nombre SNLE+SNA: pensez-vous que les moujik ne vont pas les chasser nos soum?
    Il nous faut de la redondance parce qu’il y aura malheureusement probablement des pertes et pas que par accident !

    • Niko dit :

      Vu le nombre de jeunes marins bretons en couple avec des « étudiantes » russes, Moscou est certainement informé en temps réel des mouvements de sous-marins…

      • Intox dit :

        Ah bon, je croyais que c’était avec des étudiantes chinoises. Donc la Russie et la Chine nous suivent de très près.

  13. Maya dit :

    Toutes les composantes doivent être revues fortement à la hausse notamment la conventionnelle .Le monde bisounours des progressistes au pouvoir en Europe depuis des décennies n’existe pas.Outre les graves tensions internationales à venir , le fait que l’allemagne va massivement investir dans son armement constitue une menace sérieuse sur notre industrie de la défense par le biais des programmes communs que nos amis ( humour ) voudront contrôler. Les moyens de ce réarmement massif ne peuvent se trouver que dans une réforme totale du pays afin de détruire la bureaucratie , l’assistanat et le gaspillage faramineux de nos ressources budgétair au sens large.

  14. Raymond75 dit :

    Une bombe nucléaire tactique est une ‘petite’ bombe qui peut faire jusqu’à 300 Kt, soit 20 fois la puissance de celle d’Hiroshima ; les bombes nucléaires tactiques les plus courante font ‘seulement’ 4 à 5 fois la puissance de celle d’Hiroshima !!!

    Les têtes pensantes des états-majors commencent de plus en plus à envisager leur utilisation, comme pour la Russie, en tant qu’arme du champ de bataille … J’ai honte de collaborer à cela par mes impôts.

    La perversion intellectuelle fait oublier le sens des mots.

    N’oubliez pas d’acheter des post-it pour coller sur ces bombinettes le message « il ne s’agit que d’un simple avertissement ».

    • Pravda dit :

      Multiplier la puissance ne multiplie pas de façon équivalente le rayon de destruction, ça n’est pas si simple. Je n’étais pas né durant votre service en RFA, mais je sais par contre que les armes tactiques étaient bien plus courantes à votre époque, avec utilisation à dispo des commandants d’armées pour les américains et les russes, ce n’est donc pas une nouveauté. La France disposait aussi des Pluton et Hadès pour stopper les troupes rouges s’approchant de nos frontières. Bref, rien de neuf, malheureusement.

    • tschok dit :

      @Raymond75,

      Pas noté d’évolution doctrinale de ce type en France. D’ailleurs, nous n’avons pas d’armes nucléaires tactiques, même si l’ASMP-A peut être utilisé comme arme tactique, mais ce n’est pas sa vocation.

      D’une façon générale, l’arme nucléaire est considérée en France comme une arme de non-emploi, strictement réservée à la dissuasion nucléaire et personne n’envisage de l’employer sur un champ de bataille comme une munition conventionnelle.

      Donc, votre honte n’a pas d’objet. Vous ne collaborez nullement par vos impôts à la perversion intellectuelle que vous dénoncez.

      • Cricetus dit :

        @tschok
        Vous avez raison pour la doctrine actuelle.
        Mais notez que ce n’est pas la dissuasion pensé à l’époque des « pères fondateur » qui intégrait bien les armes nucléaire tactique, et ce jusque dans les années 90.
        En effet dans l’hypothèse d’une invasion du territoire national nous faisons quoi? On capitule ou le président de la république décide de se suicider (et de suicider tous les tous les Français) en lançant des missiles balistiques sur le territoire de notre adversaire?
        La première alternative n’est pas crédible.
        La présence d’arme tactique offre une alternative plus crédible en permettant de réaliser une escalade progressive vers le nucléaire stratégique et donc permet à la dissuasion nucléaire de dissuader l’adversaire d’une invasion du territoire national.
        La décision doctrinale de supprimer les armes tactiques de notre inventaire n’est qu’un tour de passe-passe pour réduire les dépenses. Sur le plan militaire nous n’avons fait que décidé de laisser à l’OTAN et aux Etats Unis le soin de gérer le problème pour nous, réduisant de façon majeur notre indépendance stratégique sur le sujet.

        • tschok dit :

          @Cricetus,

          Oui, c’est le problème de la triade nucléaire (composante terre air mer de la dissuasion nucléaire). La France n’a plus la triade nucléaire: elle a renoncé à la composante terrestre (plateau d’Albion +Hades).

          C’était le président Chirac, milieu des années 90, à la suite de l’effondrement de l’URSS et du Pacte de Varsovie.

          En fait, on estimait à l’époque qu’on n’avait plus d’ennemi en face et que nos voisins n’allaient pas nous envahir, sauf pendant les vacances d’été. Et puis le désir de faire des économies en diminuant le volume a lui aussi pesé lourd dans la décision.

          C’était assez logique: plus de Pacte de Varsovie, plus de menace terrestre, donc la composante nucléaire tactique, dont l’utilité réelle n’était déjà pas très évidente (on avait déjà transformé le Pluton en arme d’ultime avertissement, donc plus une arme tactique à proprement parler) a été supprimée.

          Alors, est-ce qu’il en a résulté une réduction majeure de notre indépendance stratégique?

          Bof. Essayez de trouver une cible à l’Hades en retournant fictivement dans le passé, entre mettons 1995 et maintenant. Vous voyez une cible pour ce missile, vous? A 500 bornes à la ronde?

          Pour ma part, je vois le problème ailleurs: le défaut du principe de stricte suffisance, c’est qu’il interdit de facto à la France de participer à un processus de désarmement nucléaire en Europe ou dans le monde, puisque notre arsenal est calculé au plus juste. Donc, on ne peut rien concéder.

          Là, les conséquences sont graves sur un plan politique: si les Américains et les Russes décident de faire une conférence sur le désarmement nucléaire, avec la Chine ou sans, on n’y sera pas. On n’a pas notre ticket d’entrée, alors qu’on fait partie du club nucléaire.

          Donc, les décisions se prendront au-dessus de notre tête et nous on regardera.

          La moralité, c’est qu’il faut avoir quelque chose à concéder, donc plus d’armes nucléaires, même si elles ne sont pas strictement nécessaires. C’est pourquoi je pense qu’il faudrait étendre le concept de stricte suffisance en y intégrant une dimension diplomatique. Concrètement, un stock d’armes suffisamment dangereuses pour qu’on puisse considérer leur démantèlement comme une concession sérieuse, mais néanmoins pas suffisamment indispensables pour que leur démantèlement ne nous fasse pas tomber sous le seuil de la suffisance.

          Et je vois un très bon candidat pour ça: le MdCN en version nucléaire.

          Mais pour ce qui est de reconstituer la composante terrestre, et particulièrement tactique, de la triade, je ne pense pas que ce soit une priorité. Je suis un peu vieux jeu: à part le vecteur d’ultime avertissement, mais qui peut s’exprimer par d’autres moyens (ASMP-A par exemple) je ne vois pas d’utilité tactique à l’arme nucléaire, sauf sur un point, les émissions EM de brouillage ou de destruction de l’environnement et du patrimoine cyber de l’ennemi, etc.

          Ca oui, il serait sans doute utile d’explorer sérieusement ce qui peut être fait dans ce domaine, qui est en fait stratégique.

          • Cricetus dit :

            « Essayez de trouver une cible à l’Hades en retournant fictivement dans le passé, entre mettons 1995 et maintenant. Vous voyez une cible pour ce missile, vous? A 500 bornes à la ronde? »
            Dans les année 80?
            L’armée Soviétique franchissant le Rhin par exemple.
            Si vous choisissez bien l’objectif vous pouvez limiter le nombre de victimes collatérale à moins d’une centaine (Nuckmap).

          • Carin dit :

            @Tschok
            Il me semble que le transporteur VMAX est aussi prévu pour le transport à très grande vitesse d’un vecteur de type nucléaire… ce qui sous-entend (peut-être?) que nos actuels vecteurs de type rafale, ne soient plus vraiment nécessaires… sauf en cas de rappel de l’avion au cours de la mission (annulation). Parce que le rappel d’un VMAX c’est juste son autodestruction, et ça c’est quand même pas bon!
            Mais l’association charge nuc/VMAX reste possible.

          • Aramis dit :

            « Pour ma part, je vois le problème ailleurs: le défaut du principe de stricte suffisance, c’est qu’il interdit de facto à la France de participer à un processus de désarmement nucléaire en Europe ou dans le monde, puisque notre arsenal est calculé au plus juste. Donc, on ne peut rien concéder. » Aucun problème en fait, on ne baissera pas notre nombre de tête et point. Et si on veut absolument de la marge on peut encore supprimer la composante air.

            Je ne vois en effet pas pourquoi on ponctionnerait du budget pour des armes ucléaires faisant doublon avec l’ASMP.

    • Pascal (l'autre) dit :

      « N’oubliez pas d’acheter des post-it pour coller sur ces bombinettes le message « il ne s’agit que d’un simple avertissement ». » En russe, en chinois, cela s’écrit comment?

    • Dominick dit :

      Si c’est pour protéger notre pays et dissuader d’éventuelles agresseurs (russie, chine, pakistan, corée du nord et bientôt l’iran, moi je n’ai pas honte, bien au contraire…

    • Cricetus dit :

      300 Kt? Là c’est plutôt une arme stratégique.
      Avec une telle puissance vous détruisez les habitations jusqu’à 7 Km du point zéro…
      Difficile de l’utiliser sur son propre territoire ou en territoire ami.
      Une bombe nucléaire tactique a en principe, au plus, la puissance que celle d’ Hiroshima, souvent moins.
      L’AN-52 (sur jaguar) c’était 10 a 25 Kt.

  15. nikoopol dit :

    En néophyte je me demande si du Nuk tactique ne serait il pas plus approprié en terme de crédibilité, plutot qu’une course au budget (du moins stratégique budget constent + tactique). les USA avait fait vibrer la corde il y a 10 ans, de mémoire, avec les missiles en Pologne, le bouclier spatial etc. au final c’était surtout financer le complexe militaro-industriel US.

  16. VinceToto dit :

    Il n’y a pas d’obligation, même pas d’en avoir.
    SNLEs+M51 ne seront pas démodés pour longtemps. Par contre, j’ai toujours trouvé qu’il y avait un truc qui cloche grave avec Mirage/Rafale et missile de croisière avec tête de 300kt. Peut être quelques réflexions seraient nécessaires quel que soit le contexte?
    Les programmes de modernisation sont apparemment déjà en cours.

    • Patatra dit :

      Bon un ASMP A ce n’est peut-être pas à la dernière mode, mais c’est quand même un missile supersonique Mach 3 rasant ou en croisière haute altitude, couplé à une pénétration basse altitude du rafale. Guidage inertiel donc leurrage et GE impossible. L’intégralité du système s’entraine plusieurs fois par an.

      Le rafale délivre à Limoges pour raser Paris, c’est pas vraiment dégueu non plus et encore une fois, le but d’un raid est aussi de se montrer avant une pénétration en basse altitude. L’adversaire sait que les rafales décollent et ensuite ils va les voir arriver.

      Dans le cadre de l’ultime avertissement ou d’un réponse graduée, il faut donc imaginer qu’il y a toute une phase diplomatique qui doit se dérouler en parallèle d’un raid.

      Oui il y a des évolutions à l’étude avec deux options, un hypersonique et un furtif et le SCAF, mais c’est un autre sujet.

      Pour le M51, les nouveaux SNLE sont déjà à l’étude, prévus et budgétés. et les têtes doivent évoluer notamment dans le cadre des DAMB qui se développent (même si c’est plus du côté OTAN). furtivité, durcissement, précision, etc..

  17. Dodo dit :

    Ce qu’il faut c’est de développer une version terrestre en silo enterré du missile M-51 et d’en placer 3 en France, 3 en Guyane, 3 à la Réunion et 3 en Nouvelle Calédonie tout en augmentant sur place les forces conventionnelles.
    On obtiendrait ainsi une diffusion de vecteurs à différents points du globe en plus des SNLE et des missiles portés par avions.

    Il serait également intéressant de créer de petites bombes tactiques (genre 4-5kt) qui entrent dans un enjeu de dissuasion plus agressive contre les pays ne possédant pas la bombe nucléaire. En d’autres terme on a l’arme nucléaire qu’on peut qualifier « d’apocalypse » qui ne sera « jamais » utilisé car c’est trop gros ou qu’en face ils ont aussi la bombe nucléaire. De l’autre on aura une bombe destiné à être utilisé contre des puissances non nucléaire avec une doctrine de frappe bien plus « automatique » si on est attaqué.

    • Florian dit :

      « 3 en France, 3 en Guyane, 3 à la Réunion et 3 en Nouvelle Calédonie »
      On serait loin de la « stricte suffisance ».
      L’intérêt des SNLE c’est justement qu’ils couvrent l’intégralité du globe en même temps car on ne sait jamais où ils patrouillent (même lorsqu’un seul patrouille). On n’a donc pas besoin de silos au sol très couteux à entretenir/protéger et facile à surveiller par les armées adverses.
      .
      C’est pour toutes ces raisons que le SNLE est au cœur de la doctrine de dissuasion française.

    • Lothringer dit :

      Je crois que les bombinettes (1kt) de champ de bataille sont dans la tête de beaucoup d’états-majors.
      Probablement une arme du futur, promise à un « bel » avenir pour raser une ville moyenne (au doigt trempé…15 000-25 000 habitants ) , à titre d’avertissement contre un adversaire qui aurait l’outrecuidance de « gentiment » refuser de se laisser envahir (toute comparaison avec des événements actuels serait bien-entendu totalement fortuite).
      Ou pour taper un champ de bataille où on serait parvenu à provoquer un rassemblement des forces adverses. On le force à se rassembler, en « sacrifiant » un partie de ses propres troupes dans une zone où l’adversaire sait qu’il emporterait la bataille facilement « et sans risques » (un bon gros appât bien appétissant, pour faire simple), et on lui balance la purée sur la tête. Trop facile.

    • LaMeuse dit :

      Transformer la NC; la Reunion etc.. en puissances nucléaires à leur indépendance ? Euh, non merci ! Et demandez donc leur avis à leurs voisins !

  18. Alexis dit :

    Oh oui, oh oui!

    Pourquoi se limiter à la vitrification une seule fois de la planète? La France a déjà plus de 200 ogives nucléaires. Elle n’aura pas le temps de toutes les utiliser!

    Dès que la France aura envoyé ses premières ogives, le pays sera vitrifié en même temps que l’ensemble de l’Europe!

    Alors franchement, il vaudrait mieux dépenser son argent en munition, histoire de ne pas devoir transformer son fusil d’assaut en fronde au bout d’une semaine de conflit conventionnel…

    • basstemp dit :

      Vous rigolez ? 200 têtes nucléaires face a la Russie, son immense espace, ses bases & ports innombrables et ses capacités globales sans oublier ses villes : C’est trop peu ! Surtout qu’ils faut aussi voir la chose par le nombre réel de nos vecteurs car nos 200 têtes en question ne pourront pas être déployées indépendament sur tout le territoire russe , mais dans une logique liée a notre nombre réel de missiles pouvant être tirés (2x 16 missiles …) avec des écarts d’environ 20 km pour les têtes liées a un missile … Autant vous dire que la ça devient en fait assez faible si on compare avec tout les moyens russes tant pour tenter a empêcher nos missiles de frapper en chemin , de leurs moyens massifs et variés de nous frapper sans qu’on puisse rien y faire (et c’est pas l’Aster 30 qui va y changer quoique se soit …) et du nombre pléthorique de cibles stratégiques chez eux a frapper en priorité et qui ne pourront pas être atteintes a cause de notre faible nombre de vecteur en rapport a notre nombre de têtes nucléaires dispo … Bref en réalité , 200 têtes, 36 missiles : On est plutôt marron hein

      Même si oui , ça reste suffisant pour engager des dommages intolérables et insupportables pour un pays comme la Russie (pour n’importe quel pays en fait …) c’est bien trop peu pour engager une dissuasion nette ou il se pourrait que les Russes estiment qu’ils pourraient éventuellement sacrifier ceci & cela juste pour leur bon plaisir a nous détruire NOUS (et juste pour le bon plaisir de Poutine de rattatiner la face de Macron , comme ça, gratuitement , juste parce que son arrogance est et je le reconnais bien aussi : Insupportable …)

      Et le problème parallèle, c’est aussi Quid de la Chine si on venait a se cogner au nucléaire ? Moi il me parait probable qu’un échange franco-russe ne serait ce juste ça : Pourrait fortement les motiver a tirer eux aussi rapidement sur le nid de cafard européen (de leur point de vu …) qui aurait osé tenter de vitrifier ce qui aujourd’hui s’apparente a un de leurs alliés … De crainte d’être les prochains visés sur la dernière salve a venir depuis l’Europe … Et encore, on parle pas des USA … (est il utile de rajouter du merdier a un tel bousier dégoulinant le lisier d’porc ?)

      Non , il faut admettre que notre format aujourd’hui est bien trop minimaliste et vraiment pas assez « tout azimut » , mais ça ne veut pas forcément dire que je serais en train de préconiser une hausse de nos moyens a ce propos … J’essaie juste de ramener au réel un échange de tir de « nukes » entre la France et un pays comme la Russie et ce que cela impliquerait quand a notre capacité a vitrifier sur leur territoire …

      De Gaulle ne s’y était pas trompé : Il est bien question de leur arracher un bras … Mais bien qu’un seul bras la … Voir un demi bras en fait …

      • Niko dit :

        C’est la première fois que je vois quelqu’un avancer un chiffre concernant la dispersion des MIRV d’un même missile… 20km donc? Je cherche cette info depuis longtemps, vous avez des sources à recommander? En tout cas merci d’aborder le sujet.

        • tschok dit :

          A votre avis, Niko, l’info est classifiée ou pas?

          Donc, Basstemp, il est sérieux ou non?

          Et puis 20 bornes, c’est un peu court, non?

        • Cricetus dit :

          Niko
          « 20km donc? »
          Quelque dizaines à quelque centaines de kilomètres d’après « La Force de Dissuasion Française » de Jacques Villain, p186

      • Cricetus dit :

        En 2001, une étude très documentée estimait que pour tuer 25% de la population russe et faire basculer le pays dans un chaos politique et économique : 51 coups au but (avec des engins de 500kt).
        Pour la France : 25 coups au but
        Pour les États-Unis : 124 coups au but
        et pour la Chine : 368 !
        (THE U.S.NUCLEARWAR PLAN:A TIME FOR CHANGE; Matthew G. McKinzie and Alt; Natural Resources Defense CouncilJune 2001)

    • Ulysse dit :

      @alexis +++. Oui beaucoup ne comprennent pas que l équilibre de la terreur sur lequel repose la dissuasion nucléaire est fragile. Sa rupture signifierait pour la France, sa disparition, compte tenu du volume des forces nucléaires adverses. Un renforcement significatifs de nos forces conventionnelles. Participe également à la dissuasion… Sans jouer aux dés.

  19. Olivier dit :

    Bonjour mais le gros problème c est aujourd’hui que l on peut en avoir besoin il faut mettre les usines en routes et rapidement ! !!

  20. Cyd dit :

    Pour info: Macron voulait sacrifier la dissuasion nucléaire pour « faire des économies » vu que c’est inutile

    La preuve ? L’Allemagne n’en a pas !
    Réf : Marc Endeweld, L’emprise, p18

  21. Namroud dit :

    Il faudra peut-être réfléchir à augmenter le nombre de sna et affecter une 2 ème escadre à Brest.

    • Lothringer dit :

      Un collègue de ce forum nous avait expliqué il y a plusieurs mois la difficulté de recruter des officiers atomistes pour nos navires nucléaires (la faute à un statut et une promotion dégradés).
      Donc augmenter le nombre de SNA est illusoire. C’est 4 SSK (non-nucléaires) classe shortfin-barracuda (ceux du contrat australien) qu’il nous faudrait pour écumer nos zones proches (Méditerranée et proche-Atlantique). Ce qui libèrerait du temps d’efficacité pour nos 4 SNA, leur laissant du temps pour « sécuriser » les zones lointaines océaniques. Et 4 SSK pour protéger notre zone Indo-Pacifique. Total : 8 SSK.

  22. Philippe dit :

    quelques remarques en vrac concernant l’arme nucléaire dont beaucoup parlent actuellement sur les médias après les récentes déclarations de Poutine :
    * il est impératif de bien distinguer l’arme nucléaire stratégique et l’arme nucléaire tactique représentée par les missiles Pluton puis Hadès que la France a abandonnés car, en cas de conflit avec l’URSS, différents pays d’Europe, dont l’Allemagne, auraient souffert)
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Missile_Pluton
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Missile_Had%C3%A8s
    * conformément aux voeux du général de Gaulle la France ne dépend de personne (USA ou Otan) , contrairement au Royaume Uni et peut-être à l’Allemagne, pour l’utilisation de l’arme nucléaire stratégique.
    * le plateau d’Albion a été démantelé car, de par sa position fixe, une frappe préventive pouvait le neutraliser.
    * par contre posséder l’arme nucléaire ne prémunit pas d’être impliqué dans un conflit classique

    • Roland de Roncevaux dit :

      avec l’intégration européenne et atlantiste, et bientôt le « saut fédéral », on se demande un peu à quoi sert tout cela. De toutes façons la France n’a plus d’autonomie stratégique. Elle ne bat même plus monnaie et ne fais plus ses lois ni sa justice (UE). Un peu comme si le Texas avait une arme atomique différente du reste des USA… pas très logique ! La France devrait plutôt investir dans le matériel de base, notamment l’infanterie, afin d’offrir des troupes utile à l’Alliance.

    • Cricetus dit :

      @Philippe
      « la France ne dépend de personne (USA ou Otan) , contrairement au Royaume Uni et peut-être à l’Allemagne »
      Pour l’utilisation des armes nucléaires stratégique le royaume Uni ne dépend de personne. Ils en sont même au point où un commandant de bord sous-marin peut prendre la décision de lancer une attaque sans en avoir reçu l’ordre formel des politiques (les codes de tir sont à bord).
      C’est pour la construction et l’entretien de leur missiles qu’ils dépendent des États-Unis.
      Quant aux Allemands ils n’ont aucune armes nucléaires stratégiques, ni vecteurs.

  23. Moogli dit :

    Le 2e SNLE en patrouille répond à un besoin immédiat de redondance obligatoire pendant un pic de crise.

    Avoir 2 SNLE armés en permanence et en patrouille, donc un 5e SNLE supplémentaire, représente une augmentation de coup très conséquente globalement. Quelles incidences sur d’autres programmes majeurs de renouvellement et de rupture pour 30 ans ensuite ?

    Je considère qu’en conservant une structure identique et en assurant des alliances stratégiques avec USA et RU (sans remettre en cause l’indépendance de décision), la France aurait moins de difficultés à assurer PANG SCAF FDI (+1 ou 2) et éventuellement Suffren +1 (gain tactique haut de trame).

    La dissuasion nucléaire ne fait pas tout le spectre, seulement la partie pourrie. Il me paraît utile de considérer le haut de spectre juste en deçà de la réponse ultime, à moindres frais sur trois décennies.

  24. Gandalf dit :

    C’est le vecteur le plus important pas le nombre. Inutile de bombarder les forets de Siberie, faut juste assez pour raser les metropole et les sites militaires strategiques. Et puis apres les cafards seront maitres de la terre

    • miaou dit :

      La biomasse total des fourmis est aujourd’hui toujours supérieur à la biomasse total des être humains. Alors les maîtres de la terre…

    • Parabellum dit :

      On a niaisement démonté les hades et on a aucun missile intermédiaire disons de dissuasion active avec mini tête neutronique neutronique.tout est à revoir dans notre armement et notre stratégie.on a gaspillé 18 milliards au Sahel et surtout oublier les vrais risques de combat.le missile russe ou chinois est plus meurtrier que le type en Toyota …on doit rearmer d urgence autrement.

      • tschok dit :

        Démanteler le Hades était une bonne décision, prise très tardivement.

        Le missile avait perdu sa raison d’être, à vrai dire avant même son entrée en service, après la chute du mur.

        C’est incroyable: ce missile est entrée en service en 1992, après la chute du mur (nov 89) la disparition du Pacte de Varsovie (juillet 91) et la dissolution de l’URSS (déc 91).

        Et il est resté en service jusqu’en 1996 (fin de son démantèlement en 1997).

        C’est le missile qui, dans notre histoire, ne nous a servi à rien, même en tant qu’arme de non-emploi. Il a perdu sa raison d’être, son objet, ses cibles avant même d’entrer en service et jusqu’à la fin de son déploiement, qui a quand même duré 4 ans.

        Je ne m’explique pas qu’on puisse aujourd’hui considérer la décision bien tardive de mettre fin à la farce qu’il était devenu comme une erreur. C’était une sorte de ligne Maginot, mais en plus petit et en forme de bite pointue avec une tête nucléaire dedans. C’était une connerie, quoi.

        Allez, pour se remettre dans le bain de l’époque, un article de presse du mois de septembre 1991, juste avant son entrée en service:https://www.lesechos.fr/1991/09/defense-la-france-met-le-hades-sous-le-boisseau-952943

        Une farce…

  25. farragut dit :

    Vu le comportement actuel de Poutine, j’ai l’impression que le principe même de la dissuasion est mis en défaut. Il suppose que la décision de l’adversaire d’une première frappe est soumise à la pression de « son peuple » qui le rendrait « raisonnable », par peur des représailles qui s’abattraient sur le peuple en question (frappes anti-cités).
    Est-ce le cas avec des autocrates qui verrouillent toute « pression » ou contestation du « peuple » ? Nous ne sommes « pas en guerre avec les Russes », donc comment « négocier » quand on ne peut pas cibler directement le décideur à la place de son peuple ?
    Tant qu’il n’y aura pas de réponse acceptable et plausiblement efficace, sert-il vraiment à quelque chose de multiplier le nombre de têtes pour « sanctionner » des populations qui sont elles mêmes victimes du décideur ? Vous avez 4 heures… 😉

    • miaou dit :

      Tant que nos alliées les plus proches achètes du gaz à l’adversaire, que la majorité des Français achètes en masse aux chinois et que les autres achètes à nos protecteurs américain via Amazon… Il n’y a aucune chance que la dissuasion soit crédible. ‘Protecteur’ est a prendre au même sens que ces personnes sans uniforme ni fonction officiel qui mettent en sécurité les économies de nos petits commerces.

  26. scalectric dit :

    En Ukraine, l’aviation, les aérodromes et les défenses antiaériennes ont été réduite à néant des le début alors à quoi bon dans une guerre de haute intensité, avoir des Rafales porteur de la bombe. Il faut privilégier les SNA et gonfler les forces conventionnelles char lourds, char légers et développer les vecteurs hypersoniques le plus vite possible.

    • Dolgan dit :

      Faux. Ni les terrains, ni l aviation , ni les défenses aérienne n ont été réduite à néant à date du 8 mars.

      Et pourtant c’est loin d’être au niveau des capacités françaises.

  27. Tantor57 dit :

    L’accent doit surtout être remis sur le conventionnel :

    – Recréation d’une fillière munition/equipement petit calibre
    – Remise en fonction de la chaine de production des Leclercs qui est actuellement sous cocon pour 2024
    – Commande de 100 nouveaux Leclerc tout beaux tout neuf avec pourquoi pas le moteur allemand en attendant d’avoir une solution made in france de chez Renault Trucks Defense pour 2026
    – Modernisation et remise en état des 200 Leclerc sous cocon afin de disposer de plus de 400 chars lourds pour 2030
    – Doublement de la commande d’EBRC Jaguar
    – Doublement de la commande de Griffons/Serval
    – Commande de 50 Rafale au standard F3R à livrer d’ici 2025 ainsi que de 40 Rafale Marine
    – Lancement immédiat d’un deuxième porte avion basé sur le charles de gaulle à livrer pour 2030

    Avec une hausse d’un budget de défense à 70 milliards par an + une enveloppe d’urgence de 50 milliards pour 2023 je pense que cela est possible, nous n’avons qu’à couper dans nos dépense sociales qui sont de 900 MILLIARDS

    • LOUIS XIV dit :

      Excellent programme. Les Rafale, on les produit comment? Et les Leclerc. L’argent, ce n’est pas le plus difficile lorsque la volonté y es : il faudra du temps pour reconstituer ces capacités de production.

    • HUb dit :

      C’est ta lettre au père noël? Et le déficit de la France?

    • KKOh6371 dit :

      Si seulement cela suffisait, lisez le rapport parlementaire sur l’état de nos armées.
      Délabrement est le seul terme valide , pourquoi, comment ?
      c’est un autre débat qui n’a pas sa place ici .

  28. Doria dit :

    Que nous en ayons 300, 500 ou 1000 ne change pas fondamentalement le problème.Cette force est faite pour ne pas être employée tout en restant crédible dans la capacité à le faire. Les capacités de vitesse des missiles et d’éventuels moyens d’interception peuvent progresser. Le sujet de fond est de savoir jusqu’à quand l’humanité va vivre sans y avoir recours avec ces moyens d’autodestruction, dont on nous annonce aujourd’hui qu’ils sont possédés par la Corée du Nord.

    • Roland de Roncevaux dit :

      jusqu’à preuve du contraire, il n’y a que les Américains qui en aient fait usage. Ni l’URSS ni la Chine ne l’ont fait. Essayons de conserver une vision rationnelle, et non morale, de la géopolitique.

      • Doria dit :

        L’URSS et la Chine ne l’ont pas utilisé car ils avaient en face d’eux les USA. Vous voyez de la morale là où il n’y en a pas. Peu de rationalité dans la possession d’une arme de destruction massive par un nombre croissant de pays dont certains n’ont ni la même conception « morale », ni la même vision « rationnelle ». Il y a une vision faussée du nucléaire du fait qu’on a vécu pendant une quarantaine d’années sur un équilibre de la terreur qui se voulait rationnel. Aujourd’hui, et encore plus demain, ceci est une vision datée.

  29. lxm dit :

    ils ont été lents quand même; le simple fait d’apprendre qu’une flotte russe allait se positionner en face de la bretagne pour une exercice surprise en corrélation avec une multitude d’autres exercices surprises partout sur le globe aurait dû mettre en alerte immédiatement, j’en avais d’ailleurs fait la remarque sur ce site. On était très fragile pendant plusieurs jours. Que les russes trouvent notre snle et ils n’ont ensuite qu’à atomiser le charles de gaulle, et les principales bases d’aviation, et ça en est fini de l’UE qui tombe sous la coupelle russe, je n’ai strictement aucune confiance dans l’OTAN, je me rappelle de son « indécision » quand la turquie est devenue agressive, par peur de la perdre. D’ailleurs vous noterez que sur la liste des pays « ennemis » que la russie vient de publier, il n’y est pas mentionné la turquie, qui pourtant vend des TB2 à l’ukraine et bloque les détroits à la flotte russe, signe je pense qu’il y a un traité secret en cours entre russie et turquie pour nous prendre à revers, et ainsi permettre à la russie de relier un peu plus son territoire à la syrie de manière verticale.

    • Carin dit :

      @lxm
      Vous avez raison… la Turquie n’est pas sur la liste des ennemis… mais je pense que vous vous trompez sur la raison de cette absence…
      Et la raison est tout simplement que déclarer la Turquie comme ennemis, autorise cette dernière à fermer ses détroits à tous les navires russes militaires comme civils ou de commerce, ainsi que ceux de tous ses alliés… sans ces détroits, point de salut pour les exportations russes à moins d’un détours de plusieurs semaines de navigation, sans compter les diverses tracasseries administratives voire arraisonnements et détournements vers un port pour « vérification » de la cargaison.. (ce qui peut aussi prendre plusieurs semaines). Le bateau détourné sur un port français n’en est toujours pas reparti!
      Le petit père des peuples a bien compris la psychologie du turc en chef, et il n’allait pas faire l’erreur de le braquer.

  30. Megahomme dit :

    Bonjour,
    Le soucis dont nous avons eu connaissance et qui est très problématique quand à situation du pays c’est le fait que la France maintient son dispositif dit nucléaire au niveau d’urgence continuellement ce qui est préjudiciable au niveau de tension nationale et internationale.

  31. LOUIS XIV dit :

    La crédibilité de la dissuasion nucléaire ne repose pas tant sur le nombre de têtes que sur leur aptitude à pénétrer les défenses adverses pour atteindre leurs objectifs. Mieux vaut avoir environ 300 têtes avec forte probabilité d’atteindre leurs cibles que 3000 imprécises ou détruites avant de toucher le sol. Les 40 Rafale ASMP-A ont une puissance de dissuasion autrement plus importante que les 60 Mirage IVA et leur bombe AN11. A mon avis, il faudrait consacrer l’éventuel supplément de budget à redonner de l’épaisseur à l’armée de terre et à l’armée de l’air (en particulier dans le transport logistique), du volume à la marine (et aux drones sous-marins) et reconstituer sérieusement des stocks crédibles de munitions à même de nous permettre d’engager un possible conflit de « haute intensité ». Le cas échéant, il pourrait être utile de se reposer la question de la réactivation du service militaire armé.

    • Rayon Bêta dit :

      @ Roi-Soleil
      La dissuasion est crédible dès que le décideur ennemi n’est pas certain qu’elle ne fonctionnera pas et que, par conséquent, le risque est grand pour lui-même d’y laisser sa peau.

  32. Nexterience dit :

    Je ne suis pas d’accord sur une augmentation de SNLE, ni du budget à plus de 2.5%.
    Qu’on finance déjà un fonctionnement cohérent de l’existant à 2 SNLE à l’eau.
    .
    La défense doit servir à contrer en coalitions la Russie et la Chine. En indépendance, du stratégique tout azimuts.
    Pendant la guerre froide, la RFA était mieux équipée que la France. Elle va reprendre ce rôle. Et les autres endormis se réveillent. En coalition, on se paiera un bouclier AMB si besoin.
    .
    C’est très impopulaire comme position actuellement, mais faudrait pas cramer la caisse juste pour être le roi de la baston. Nul doute que les budgets seront finalement au plus juste. Je pense au format de la marine. Mais à voir l’enchainement des crises malheureusement originales de ces dernières années, je préconise de la marge d’endettement sous le pied pour prévenir à terme d’autres surprises stratégiques.

  33. Expression libre dit :

    Qu’un deuxième SNLE ait pris la mer, c’est évident mais on ne l’annonce pas au plus haut pour éviter l’escalade (surtout avec les chaînes d’info en continue…) et puis cela relève quand même du « très secret ». 2 SNLE en plus , oui, mais il faudrait plus d’ASN4g hypersoniques, en doubler le nombre, pouvoir les répartir très vite en cas de crise sur plus de bases (mais on en a fermé), y compris sur des aérodromes ou aéroports civils avec des équipes de pétaf au sol formés pour être déployés rapidement avec les avions porteurs. L’ ASN4g apportera plus de souplesse dans la gesticulation dissuasive. Le SNLE, ultime recours n’est pas fait pour ça. Mais tout ça, c’est pour demain. Aujourd’hui, y-a-t-il assez de porteurs disponibles (Rafale B) pour disséminer rapidement nos 54 ASMP? Y répondre sur ce site ou ailleurs c’est donner des informations cruciales à l’adversaire, donc je me contenterai de la question, même si on connaît un peu la réponse ( le FSB aussi d’où la nécessité de plus fonctionner en open bar). Bon, le paranoïaque joue au poker menteur mais on ne sait jamais. Il est temps de se bouger maintenant même si l’Ukraine ou la moitié passera bientôt par pertes et profits.

  34. John dit :

    La France doit clairement revoir la question, et je dirais même que la France a une opportunité quant à ce sujet.
    1. Peut-être que des lanceurs terrestres comme la Russie, la Chine, la Corée du Nord ou les USA avec leurs futurs missiles hypersoniques pourrait être une composante additionnelle. Et avec le M51, j’imagine que les modifications nécessaires ainsi que le développement d’un lanceur ne seraient pas trop coûteuses.
    2. Les USA garantissent pour le moment le parapluie nucléaire de l’Europe et d’autres nations en Asie et en Océanie. On l’a vu avec Trumpette, cette garantie peut disparaître, et dans un monde qui change, avec un potentiel de conflit généralisé, il n’est pas impossible que les USA se retournent et décident de ne pas se mettre en difficulté pour une autre nation.
    Le problème avec cela est que des nations qui faisaient confiance aux Américains vont commencer à vouloir leurs propres armes nucléaires. La Corée du Sud y pense sérieusement, surtout après Trumpette.
    Taïwan a évidemment cela à l’esprit, et il semblerait qu’ils fassent partie des nations capables de développer une arme nucléaire en très peu de temps. Cette prolifération est un risque majeur pour la sécurité du monde. Alors pour la Corée du Sud, ça va encore, le but est de garantir une destruction mutuelle avec le Nord. Le Japon a la capacité de développer une telle arme en 6 mois.
    Bref, je pense qu’il faut à tout prix éviter le développement de nouvelles puissances nucléaires, et chaque nation nucléaire a le pouvoir de dissuader.
    Pour la France, en Europe, il faut préciser sa politique en matière de parapluie nucléaire, est-ce que la France veut protéger ses alliés ou non.
    En plus de cela, la France a le pouvoir de proposer une alternative au bouclier américain, ainsi qu’aux B61 en Europe. Des nations européennes font partie de la mission de dissuasion nucléaire en Europe. L’utilisation de telles armes est de toute manière conditionnée à l’approbation américaine. Le problème pour la France qui veut une Europe de la défense pour des raisons essentiellement commerciales (et la France aurait tort de s’en priver), c’est que la B61 maintenant signifie acheter un avion américain pour remplir cette dissuasion. Et chaque nation a des obligation au sain de l’OTAN.
    Maintenant cette mission ne dit pas que la dissuasion doit être réalisée avec des bombes américaines. Donc pour la France il y a une opportunité. Proposer de partager l’arsenal d’ASMP-A à l’Allemagne par exemple tout en conservant le dernier mot quant à l’utilisation de ces armes.
    Il y a la possibilité de produire plus de ces missiles, voire les missiles hypersoniques et les proposer aux nations qui remplissent la mission de dissuasion, d’autant que la B61 n’est pas la meilleure arme pour cette mission.
    Et en plus de tout cela la France pourrait proposer de vendre à l’Europe des SNLE avec des missiles français, ce qui augmenterait l’arsenal nucléaire en Europe, et qui protégerait d’autant plus la France, et cela tout en conservant le droit au dernier mot.
    Il y a une vraie opportunité commerciale qui peut permettre d’accroître la capacité d’auto-défense en Europe sans poser de risque pour la France, et sans augmenter le nombres de nations nucléaires. Et ça tombe bien puisque la construction de la nouvelle génération va commencer dans un an. Par contre, la construction devrait durer 12 ans, ce qui est énorme.
    .
    Mais je rappelle que la France n’a « que » 4 SNLE en service en permanence, et de tout temps, il y a
    – 1 sous-marin en mission de dissuasion en permanence
    – 1 sous-marin à l’entretien, entretien qui est important pour garantir son bon fonctionnement au moment venu, mais aussi pour améliorer la plateforme.
    – 1 sous-marin à l’entraînement / formation
    – il peut y avoir à un moment donné un deuxième SNLE qui est en mission de dissuasion, à l’entraînement ou en maintenance.
    Donc 1 à 2 sous-marins signifie qu’en cas d’attaque ennemie coordonnée, la France est totalement dépendante de l’hypothèse que le seul ou les 2 SNLE en mer pour cette mission soient capables de la remplir sans entrave. Cela signifie également que l’hypothèse est que les SNLE sont indétectables ou alors que la France peut suivre sans problèmes les ennemis qui rôdent autour du sous-marin. Et qu’en plus, il n’y a aucun moyen d’interception possible pour les têtes nucléaires et / ou le missile.
    Tout cela est évidemment plausible, mais le risuqe est grand de tout baser sur peu de redondance.
    Les stratégies américaines et russes en la matière sont de saturer les défenses ennemies par le volume ce qui garantit un succès.
    Bref, tout cela pour dire que des SNLE européens mais sous contrôle des Français offriraient une meilleure sécurité pour l’Europe, la France, et que commercialement, cela serait une opération incroyable, d’autant que le problèmes de ces programmes est un volume faible et une R&D extrêmement coûteuse car très complexe.

    • Pravda dit :

      3 SNLE seront en mer en cas de crise grave. Concernant l’interception de missiles balistiques, ça n’est pas « fou », mais le système AEGIS basé dans les pays de l’Est, et les Aster, sont capables d’en eliminer quelques uns

  35. ScopeWizard dit :

    Évidemment qu’ il nous faut revoir le format .

    Ceci a été discuté , débattu , exposé maintes fois , mais il est clair qu’ en sus d’ une augmentation du nombre de têtes nucléaires , en proportion il nous faut accroître le nombre de sous-marins .

    Notamment face à la grandissante menace Chinoise , 6 à 7 SNLE + 8 à 12 SNA ne seraient vraiment pas du luxe .
    Bon , après faut-il encore trouver les équipages à mettre dedans , d’ où un recours accru à l’ automatisation en perspective .

    Seulement attention ; la France étant en phase de paupérisation que suivra une précarité voire une tiers-mondisation , la priorité sera d’ éviter quelque soulèvement donc nous devrons consacrer de plus en plus de budget à tout ce qui relève du Social .

    C’ est à dire qu’ à la sortie , le risque qui pointe déjà est celui d’ une France ressemblant de plus en plus à l’ URSS : un peuple qui crève mais un outil de Défense « béton » ou alors un peuple super-assisté mais avec un outil de Défense minimal voire anémique .

    Le seul truc qui pourrait faire encore une différence , c’ est que comparativement la France est encore un pays très riche , du moins dans son secteur privé .

    Maintenant , si ça continue comme ça , il faut aussi envisager l’ annulation pure et simple de la monstrueuse dette dont nous sommes redevables .

    Qui vivra verra…

    • Gaulois78 dit :

      @Scope
      Il n’y aura pas de faillite… Seulement une annulation d’une partie de la dette, et réduction autoritaire de l’épargne français…

      Si la BCE annule 20% de la dette d’état et Bercy pompe 20% de l’épargne réglementé…

      Ça donne un montant hallucinant de +- 1870 milliards (c’est grosso-modo)…
      La dette officielle (hors bilan) est de +- 3350 milliards d’euros…

      A la BCE, Bercy, Paris, Rome, Berlin ça doit cogiter les scénarios…de sortie de crise…

      https://www.francetransactions.com/actus/news-epargne/epargne-financiere-francais-2021.html

    • LOUIS XIV dit :

      La dette ne sera jamais remboursée. Elle s’annulera toute seule. Par la magie de l’inflation.

      • Gaulois78 dit :

        Bonsoir…
        La magie de l’inflation nous pauperisera tous, à 10% l’an ça va prendre combien de décennies ?

        L’ annulation de la dette ne produira son effet que si le PIB augmente et que le déficit de l’état et des collectivités soit stoppé…

        Le hors bilan de la dette française…+-4300 milliards…

        300% c’est la dette réelle de la France, pas 116%…

  36. SKOh6371 dit :

    Plusieurs choses :
    Perso je vois que si la Russie reprend l’Ukraine elle reconstitue aussi un glacis défensif de plusieurs centaines de kilomètres de long et repousse donc la menace nucléaire sur son territoire donc le tactique genre Hades est disqualifié car on ne va pas bombarder des pays amis et les missiles moyenne portée sous avions pareil vu la saturation du ciel en défense Reste les SNLE et SNA d’escorte ,encore faut il avoir les équipages et les compétences techniques pour la maintenance (est ce que la DAM existe encore ?). Faut-il tous les mettre au même endroit ?
    Pareil pour les autres composantes de notre armée qui peine chaque année à recruter 15000 hommes et femmes, qui a bradé ses infrastructures.
    l’allemand est dans le même cas j’ai pu voir que beaucoup de nos anciennes casernes avaient été rasées ou transformées en centres commerciaux bureaux etc .
    Bref 40 ans de dividendes de la paix ne s’effaceront pas en une décennie.
    Bon courage

  37. vrai_chasseur dit :

    « L’arme » à effet stratégique diffus qui va miner comme un poison lent l’industrie russe de façon transverse, y compris son industrie de l’armement, c’est l’embargo sur les semi-conducteurs.
    Et la Chine ne pourra pas se substituer comme fournisseur, elle est elle-même en retard.
    La production mondiale est très concentrée (TSMC à Taiwan, entre autres) et il existe déjà une situation très tendue de pénurie mondiale de semi-conducteurs, due au regain de la demande et aux énormes soucis logistiques post-pandémie. L’embargo ne fera qu’empirer les choses pour la Russie. Et les semi-conducteurs, il y en a partout, des systèmes les plus sophistiqués aux objets les plus simples : une banale clé de voiture à plip comporte déjà 2 semi-conducteurs.

    Il ne sert à rien d’avoir des missiles Zircon, Iskander, Kalibr, hypersoniques, etc etc, sans parler de l’avionique des chasseurs, si on ne peut y mettre de systèmes de guidage ou de navigation de précision.
    Priver une industrie de défense de semi-conducteurs, c’est renvoyer l’armée qu’elle équipe 50 ans en arrière : bombes lisses et guidage optique façon WW2, sans parler des systèmes de commandement, de contrôle, de communications….et de logistique. C’est-à-dire in fine exposer beaucoup plus le matériel et le personnel, en diminuant drastiquement le ratio efficacité / masse d’une armée.
    C’est ce qui commence à être entrevu sur l’armée russe, dont la ‘masse’ d’intensité est constituée en grande partie par de l’artillerie : le stock de munitions de précision s’amenuise (on rationne les Iskander et on puise dans les vieux stocks de missiles Tochka-U, les Su-35 qui se font descendre sont atteints par des Stinger voire par de rustiques Strela parce qu’il volent bas pour larguer leurs bombes lisses). Le taux de perte en matériel et en personnel dépasse déjà en 1 semaine les pertes cumulées qu’il y a eu au total en 2 ans de campagne de Tchéchénie. Et ça ne va pas s’arranger.

    • lgbtqi+ dit :

      Souhaitons donc que les Taïwanais se préparent à saboter leurs usines de semi-conducteurs en cas d’invasion par la dictature orwellienne chinoise qui tournerait à leur détriment.

  38. Gallet dit :

    Comme d’habitude nous sommes aux fraises …. 300 têtes … C’est ridicule …. Pas de missiles hypersoniques, ni de missiles de croisières à longue portée … Pas assez de SNLE … Pas d’abris pour protéger certains corps constitués, et les grandes écoles techniques et militaires … La machine à perdre ….

  39. Linquiet dit :

    Vous pouvez répéter la question ?

  40. Carin dit :

    Le nombre de SNLE ne peut pas bouger… nous en avons 4, et de quoi en armer 3… que ferions-nous de 5?
    Par contre, je suis sûr qu’avant la fin de la période 2025/30 2 SNA supplémentaires seront commandés, mais pas livrables immédiatement après les 6 que l’ont attends, car il faut embaucher du personnel qui sera formé dans un premier temps sur les 2 derniers rubis qu’il nous faudra garder pour se faire.
    Si second PA il se fait, il sera européen, et la flotte d’avions ainsi que l’équipage aussi… nous n’avons pas les moyens d’entretenir 2 GAN complet, et encore moins les doubles équipages requis pour une permanence à la mer, d’autant qu’il va nous falloir augmenter le nombre de FTI, ou modifier nos FREMM lors de leur IPER pour les rendre plus offensives (on ira au moins cher), sans compter l’équipement de nos lointains rivages, le changement des rafale marine qui sont bien sollicités, le renforcement des rafale de l’AAE… tout ça en continuant la remontée en puissance des terriens, l’achat de munitions de toutes sortes, l’achat et la mise en escadron du VMAX, des batteries ASMP/T qui sont à ce jour largement en deçà du nécessaire, etc… etc…
    Additionnez à cela les centrales nucléaires prévues, et toutes les infrastructures civiles, et militaires qu’il faut soit créer soit rénover, et tout le monde comprend que à l’instar de Rome, ça va pas se faire pour demain matin, même si on se mettait à la gestion américaine, c’est à dire plus de sécu, plus d’allocations diverses et variées, en gros la doctrine du « aide toi parce que le ciel n’a pas du tout l’intention de le faire ».

    • LEONARD dit :

      @Carin
      Le problème des SNA 7 et suivants, c’est la dispo de la halle de Cherbourg. Juste après les Suffren, elle sera occupée par les futurs SNLE qui ne peuvent pas attendre pour être produits que les actuels Triomphant soient sortis de flotte. Tout au plus, si le programme SNLE est en retard, pourrait on espérer un SNA 7 en crash program, mais dans ce métier, tout est planifié 5 ans a l’avance. Et comme les SNLE, c’est 12/15 ans d’utilisation de la halle de cherbourg, on se revoit en 2040.

      • Carin dit :

        @LEONARD
        D’où la prolongation de 2 rubis…
        Mais vous avez raison, les SNLE NG passeront avant.

  41. Sato dit :

    Si les Russes ont fait de leur nouveau missile hyper une belle propagande… On sait ce qu’il en est généralement de leurs équipements… Manque de moyens pour les faire fonctionner, mauvaise utilisation et dysfonctionnement
    Ce que je veux dire par là c’est qu’il ne faut pas prendre tout pour argent comptant.
    Ce n’est pas parce que on signe un traité qu’on le respecte…
    Par exemple en France les missiles tactiques Hadès n’ont jamais été réellement démantelés…

    • Thaurac dit :

      En conséquence, les missiles Hadès furent les dernières armes nucléaires employés par l’armée de terre française et sont démantelés (le dernier le 23 juin 1997) de même que les missiles balistiques S3 et leurs installations du plateau d’Albion.

  42. basstemp dit :

    Que faire alors ? Oui 200 têtes, 36 missiles, 50 asmpA (et encore je pense que ça sera , a peine 30 si on prend en compte la MCO des zings qui portent ces missiles …) c’est je pense TROP PEU pour espérer dissuader sur la base d’une capacité a infliger des dégats intolérable a une puissance comme la Russie qui a en + pas mal de moyens pour espérer en intercepter une partie en chemin …

    Que faire alors ? Passer a un format de 5-6 SNLE-3G ? (vu qu’on projette de les remplacer avant 2030 … C’est le moment de se décider la) , cela permettrait de pouvoir mettre en permanence dans la balance un 3 ème jeu de 16 missiles et donc + de cibles d’opportunité qui seraient atteintes … Doubler notre nombre d’AsmpA et notamment du remplaçant prévu et du vecteur zing qui va les porter ? A voir , ça risque de faire bien cher … Mais peut être bien inévitable c’est vrai …

    Mais la ou le bat blesse le + je pense, c’est notre totale incapacité a espérer intercepter quoique se soit , est c’est peut être bien ici qu’il y aurait je pense matière a agir plutot que de tout miser sur une hausse sensible de notre capacité a frapper …

    Nous n’avons pas de composante anti-ballistique crédible , le dispositif Mamba de l’armée de l’air est incapable de traiter ce type de cible la , l’Aster30 n’ayant été taillé que de sorte a pouvoir intercepter du missile balistique de moyenne/courte portée et non nucléaire (une charge militaire classique quoi)

    Les américains ont le THAAD il me semble qui pourrait permettre de réduire le nombre de vecteurs pouvant espérer les atteindre et encore, même ce système avoue apparemment vite ses limites , et encore faut il qu’ils soient déployés en mi course dans la bonne zone géographique pour tenter d’essayer de faire quelque chose ! Dans le cas français : C’est pas des vecteurs sol-air déployés sur notre sol qui pourront espérer apporter quoi que se soit ! Ce qui veut dire que c’est aussi a discuter avec des pays alliés comme la Pologne ou d’autres pays de l’Est si on devait tenter de déployer quoique se soit … Et c’est plutot mal barré au vu de nos commentaires régulièrement envers eux du fait de leur nette tendance a ne voir qu’américain quand il s’agit de s’équiper en matos divers contre la Russie … Croyez moi qu’ils nous le rappelleraient illico via un « vous vous foutez de notre gueule ? » bien senti …

    Reste après, refaire le coup qu’avait joué Reagan a son époque : Star Wars ! C’est a dire menacer de mettre en place un dispositif laser de supériorité qui laisserait a faire croire que le pays ne serait plus atteignable grace a divers sources laser qui seraient alors en capacité a détruire n’importe quel vecteur qui oserait passer sur leur chemin : Satellites, avions porteurs de faisceaux , véhicules au sol pouvant eu aussi tirer du faisceau de haute puissance ect … L’URSS a l’époque y a cru et s’est ruiné a essayer de contrer ce qui en réalité n’était que du bluff car pas du tout réaliste pour l’époque

    Sauf que nous sommes en 2022, les technos laser ont beaucoup évolué depuis et que ce qui n’était pas crédible dans les années 80, l’est je pense devenu en 2022 , mais ça couterait cher , très cher ! Mais peut être que la sécurité , la vraie , n’a pas de prix ?

    A réfléchir donc ! Et meme pourquoi pas, un grand programme commun avec un pays allié ? USA, GB, Australie … Heu ouais avec la bande a Aukus la lol … Vu comme ils nous ont traité comme des malpropres y a pas si longtemps … Pas sur que ça vaille le coup (ou couts ..)

  43. Yon21 dit :

    Pour moi, l’arme la plus redoutable reste le sous marin, la France toit en développer beaucoup plus, un pays réfléchira à 2 fois avant de pulvériser la France, car la France continuera de vivre sous les mers , et répondra immédiatement à l’attaque…
    Ensuite, il y a le missile hypersonique Français en développement, le VMAX, ça sera une redoutable…
    On a perdu du temps parceque tout le monde , naïvement, à fait confiance aux Russes, on a oublié ce précepte,  » si tu veux la paix, prépare la guerre »….

  44. Criloc dit :

    Si on reste dans l’Otan, pourquoi garder une dissuasion nucléaire indépendante qui nous coûte un pognon de dingue ?

  45. Jack2 dit :

    Si la Russie envoi des missiles atomiques sur l.Europe, il est probable que les nuages atomiques aillent en Russie. Fin de toute l’Europe.

  46. Titi74 dit :

    en tout cas il y a une sérieuse prise de conscience avec effroi que le petit monde assez confortable des Européens peut changer en une nuit.

    et que les fabuleuses théories des années 90 calquées sur l’industrie du CAC40 et le tout à l’économie, d’une mini armée uniquement professionnelle hightech, est en train de faire pschitt l’Est Vitesse grand V.

    La France serait elle capable de mobiliser de 18 à 60ans en 15jours en 2022 et de nourrir sa population correctement?

    Nos dirigeants issus de l’ENA, ce sont ils seulement déjà posé la question?

    • Plusdepognon dit :

      @ Titi74
      La seule question qui vaille dans ce milieu est la même que pour les américains à l’OTAN : « ça me rapporte combien ? « …

  47. Allelezede dit :

    Avec un President de la Republique qui refuse le debat jusqu’au premier tour, il va etre complique de mettre en place un debat fructueux sur ce sujet lors de la campagne. Les autres candidats pourront s’epoumonner et faire toutes les propositons, c’est bien le PR qui donne le la sur ce sujet o combien regalien.
    L’entre deux tours risque d’etre dense et dangereux pour celui qui s’est mis au dessus de la melee jusqu’au 10 avril.

  48. JEAN-CHRISTOPHE HUGON dit :

    Je pense qu’il faut arrêter de sabrer dans le budget militaire avec les livrets blanc. Il faut rétablir le service militaire obligatoire, peu importe le prix, les problèmes, et ca sera bénéfique pour une grande partie de la jeunesse désœuvrée livrée aux trafic de drogues.

    Il est impératif selon moi, de doubler nos effectif militaire, doubler nos avions de chasse, un pays comme la France à 200 avions de chasse seulement ! doubler le nombre de sous marins, avoir un deuxième porte avions et lui garnir le pont d’envol en s’inspirant des porte-avions américains, car on à l’air de quoi avec notre Charles de gaules avec 3 avions sur le pont d’envol ??? Il faut doubler le nombre de char, in fine, faut tout doubler.

    Concernant notre dissuasion nucléaire, il est impératif de doubler nos ogives nucléaires, et surtout de lancer des recherches pour au moins s’aligner avec la technologie russe qui est à la pointe en missile intercontinental. J’ajoute que la France, n’est pas en mesure d’arrêter des missiles intercontinentaux russes, il faut lancer la recherche sur les anti-missiles.

  49. lgbtqi+ dit :

    « Sans doute que la campagne électorale qui s’ouvre permettra d’aborder ce sujet »

    Parole bien optimiste eu égard à une campagne électorale qui s’apparente à un dialogue de sourds avec un des protagonistes qui « assume de ne pas débattre » avec les autres candidats, montrant bien ainsi son mépris de la démocratie et la crainte de voir son bilan dressé.

  50. Xavier NEBOUT dit :

    Dominick

    Parfait ! Il manque juste le budget ! Recherche et fabrication.

    On ferait mieux de rechercher une alliance fructueuse avec les Russes, et laisser tomber l’OTAN dont nous ne tirerons jamais rien d’autre que des peaux de banane.