Une coopération franco-belge pour le développement du successeur du Véhicule blindé léger se précise

Interrogée, lors d’une audition parlementaire, en janvier dernier, au sujet Véhicule blindé d’aide à l’engagement [VBAE] c’est à dire le successeur du Véhicule blindé léger [VBL] de l’armée de Terre, la ministre des Armées, Florence Parly, avait dit souhaiter qu’il fît l’objet d’une coopération européenne, l’idée étant de bénéficier des financements de l’Union européenne, via le Fonds européen de Défense [FEDef].

« Nous travaillons, à plus long terme, sur le programme d’un véhicule blindé un peu plus lourd, dont nous souhaiterions qu’il puisse être conduit en coopération européenne et en nous appuyant sur les financements du Fonds européen de défense », avait en effet affirmé Mme Parly. Et cela, malgré plusieurs véhicules déjà sur le marché, comme le Hawkei de Thales ou le Scarabee d’Arquus. Ou encore comme le « Mosaic » de Soframe, encore à l’état de concept.

Plus tard, en réponse à une question écrite de la sénatrice Hélène Conway-Mouret, le ministère des Armées précisa qu’une lettre d’intention avait été signée « en fin d’année 2020 » par la France et « plusieurs autres pays européens » afin de soutenir le projet FAMOUS [« futurs systèmes blindés augmentés européens à haute mobilité « ].

Celui-ci fut retenu en juin par la Commission européenne, au titre du programme européen de développement industriel dans le domaine de la défense [PEDID] de 2020. Financé à hauteur de près de 10 millions d’euros, pour une durée de 24 mois, FAMOUS vise à développer des « briques technologiques » susceptibles d’être utilisés pour différents types de véhicules, char lourd de combat compris. La France [Nexter, Arquus], la Finlande [Patria], l’Allemagne [Krauss-Maffei Wegmann, Diehl, DST Defence Service] , la Belgique [John Cockerill, ex-CMI Défense], le Danemark, la Grèce, l’Estonie, l’Espagne et la Lettonie y participent.

Dans sa réponse à Mme Conway-Mouret, le ministère des Armées avait indiqué que l’objectif, avec FAMOUS, était d’obtenir par la suite un « financement par le Fonds européen de défense », l’enjeu étant de « renforcer les liens avec des partenaires ayant des besoins similaires ».

Quoi qu’il en soit, et en attendant que d’autres pays européens se manifestent éventuellement, il est acquis que le programme VBAE sera mené dans le cadre d’une coopération association la France et la Belgique. C’est en effet ce qu’a indiqué Joël Barre, le Délégué général pour l’armement [DGA], lors d’une audition à l’Assemblée nationale [le compte-rendu vient d’être publié, nldr].

« Avec les Belges, les choses se passent très bien. Le projet de coopération Capacité motorisée [CaMo] permet à la DGA [Direction générale de l’armement, ndlr] d’acheter pour le compte des Belges des engins du programme Scorpion de Nexter – des Griffon et des Jaguar. Cela représente une hausse de la charge de production de 20 % pour Nexter et les industriels associés », a commencé par rappeler M. Barre.

« Si ce projet a débuté par l’exportation de matériel français, il débouche désormais sur une véritable coopération puisque nous avons reçu l’accord des Belges pour engager avec eux le développement du futur véhicule blindé d’aide à l’engagement », a-t-il ensuite déclaré, sans livrer plus de détails [du moins, ils ne figurent pas dans le compte-rendu, l’audition ayant eu lieu à huis clos].

Reste à voir comment cette coopération va s’organiser et quand le VBAE pourra entrer en service… En tout cas, les liens entre les forces terrestres françaises et belges continueront d’autant plus à se renforcer que la Belgique envisage également l’achat de neuf systèmes CAESAr [Camion équipé d’un système d’artillerie de 155 mm].

En attendant, et comme l’a indiqué aux députés le chef d’état-major de l’armée de Terre [CEMAT], le général Pierre Schill, les livraisons des véhicules SCORPION ont été légèrement revues à la baisse [45% au lieu de 50% sur l’ensemble du programme d’ici 2025, ndlr] afin de prendre en compte « des impératifs industriels » ainsi que la « possibilité […] de financer en contrepartie la pérennisation du char Leclerc, le lancement du programme de l’engin de combat du génie et le lancement du programme VBAE ».

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