Succès d’une expérimentation franco-néerlandaise dans le domaine de la Veille coopérative navale

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21 contributions

  1. PeterR dit :

    Très bien.

    J’espère juste que la télécommunication sur laquelle est basée cette « technologie de rupture » est particulièrement robuste au brouillage. Si non vu que notre ennemi a massivement investi dans ces technologies : retour à la case départ.

    On voit que l’agresseur était un F-15. Je me demande ce que donnerai ce genre de techno (couplage de plusieurs radars) avec un F-35 ou tout autre avion supposé difficile à détecter.

    • E-Faystos dit :

      Le brouillage, c’est bien.
      Mais c’est aussi s’aveugler pour se cacher de l’adversaire. Et en plus, il y a deux détails qui comptent:
      -un brouilleur se détecte de loin et cela le rend assez vulnérable.
      -Un brouillage ne fonctionne que dans un certain spectre, et ce dernier peut être plus ou moins limité.
      .
      Il est possible de trouver des brouilleurs performants, notamment dans le civil.
      MAis cela peut jouer contre l’utilisateur, comme ce fait-divers ou à Fos sur Mer, un chauffeur de camion sans scrupule brouillait le GPS de son véhicule pour faire le plein d’essence volée. Amusant? sauf que cela se passait sur l’une des voies d’approche de l’aéroport de Marignane. Donc cette utilisation de matériel fut rapidement décelée, analysée, et le chauffeur arrêté. Aussi un brouilleur puissant pourrait se prendre un cachou car vite repéré, et tout l’enjeu consiste à pouvoir les repérer et détruire avec des armes adaptées… qui manquent dans notre arsenal.
      .
      Ensuite, les communications militaire reposent sur l’emploi de bandes hautes fréquences avec saut d’une fréquence à l’autre. Pour vulgariser, votre téléviseur passe de chaînes en chaîne selon un ordre rapide et sécurisé pour continuer à recevoir des messages malgré le brouillage. C’est l’une des spécificités du GPS (militaire) et de la liaison 16 (dans ce cas plutôt une liaison 11, qui sont d’ailleurs en voie d’obsolescence et remplacé par des liaison numériques de type programme scorpion.
      .
      Votre seconde question possède une réponse en deux temps car pour le moment, la furtivité du F 35 sur son secteur avant est un fait prouvé. En revanche, les navires ont des moyens de détection très performants et le fait de pouvoir passer des informations tactiques de navires à navires dans une coalition permet de créer des réseaux de détection multistatiques.
      Pour vulgariser, un vecteur furtif peut additionner des matériaux et revêtement absorbant les ondes radars, des formes qui les détournent de leur point d’origine et un système de guerre électronique pour déceler et brouiller les radars adverses.
      Et c’est là que le radar multistatique entre en jeux: si l’onde et déviée, décaler les émetteurs des récepteurs et les multiplier permet d’améliorer le maillage d’ondes, et de déceler les retours, même déviés.
      notez aussi que Furtif, c’est aussi un problème au niveau des émissions d’ondes et de chaleur. Comme le ferait un navire par son sillage, un avion doit aussi vérifier sa traînée de condensation, et ses émissions infrarouges. A ce titre, les capteurs optroniques proche IR sont une manière de choix pour déjouer la furtivité.

      • PeterR dit :

        Merci pour votre réponse détaillée. L’analyse est intéressante.

        Il existe aussi des brouilleurs large bande qui, j’imagine, perturbent aussi le système à saut de fréquence. Le saut de fréquence doit surtout être utile pour éviter de pouvoir être écouté (en imaginant que l’ennemi dispose du code de cryptage utilisé) => un genre de double cryptage : saut de fréquences selon un code établi + cryptage de la communication … enfin j’imagine
        Le brouilleur peut ne pas être à l’endroit de la cible mais avoir été largué (genre bouée). Lui envoyer un missile rendra le lanceur (si F-35 ou frégate furtive) très visible et attaquable à son tour
        Le GPS militaire ne fonctionne pas selon moi sur la technique du saut de fréquence mais avec un étalement de spectre (CDMA) beaucoup plus large que le GPS civil. Le code d’étalement est bien sûr classifié et change régulièrement.

        Effectivement un brouilleur de 1 ou 2W (=> vraiment très faible) brouille la réception du GPS sur plusieurs km.
        Les GPS militaires utilisent aussi les réseaux multi antennes (CRPA) qui permet de détecter la direction d’un brouilleur et « d’éteindre » la réception dans cette direction. Cela permet d’éviter que le SNR du PA (pré ampli … pas porte avion !) soit complétement pourri et perturbe le récepteur.

        Enfin … ce que j’ai compris de ce qu’on trouve dans la littérature

      • Angus dit :

        Bonjour,
        Je dois corriger quelques points ci-dessus qui me semblent quelque peu erronés ou approximatifs.
        Tout d’abord, la VCN ne s’appuie pas sur une transmission propre, mais utilise les réseaux SIC existants, en occurrence via Syracuse pour la partie FR. De fait, elle bénéficie de toute la protection COMSEC/CYBER qu’offre déjà nativement ces réseaux.
        Concernant les brouilleurs, oui , ça existe, mais les brouilleurs large bande sont complexes et énergivores (exit donc les bouées…) : l’efficacité est directement liée à la puissance moyenne. Les brouilleurs ‘civils’ sur étagère ne sont pas du tout employables dans la même gamme d’utilisation. En gros, s’il s’agit de brouiller une seule fréquence fixe (GPS par ex.), cela ne demande que relativement peu d’énergie (surtout pour brouiller les GPS aéroportés qui y sont très sensibles) et la conception est relativement simple (et compacte) par rapport à un brouilleur large bande (qui d’ailleurs n’est pas extensible à l’infini et dont l’emploi répond généralement à un besoin très précis : brouillage d’un auto-directeur de missile par exemple, ou d’un type de radar particulier). Sinon, c’est l’effet inverse qui est obtenu en effet : le brouilleur se comportera plus comme une balise ultra-signante pour l’émetteur qu’autre chose, et son emploi dans ce cas n’est pas (du tout) recommandé.
        Pour les LDT, si la L16 utilise effectivement l’EVF (évasion en fréquence), ce n’est par contre pas le cas de la L11 : cette (ancienne et très bientôt obsolète) LDT utilise uniquement une techno sur la base de formes d’ondes pour transmettre ses messages M, à fréquence fixe (UHF ou HF). La L22 (ou NILE = NATO Improve Link Eleven) qui lui succèdera demain (et ce n’est pas une image…) utilise quant à elle les mêmes technos que la L16 en termes de COMSEC : EVF en UHF, DTDMA,…
        Le programme (car c’est un programme…) Scorpion ne sera utilisé que par l’Armée de Terre sur ses véhicules terrestres, pas par la Marine, et c’est un système de commandement (donc un ensemble), pas une LDT en soi.
        Ce n’est pas Thalès qui a conçu VCN, mais bien Naval Group et la DGA (c’est bien précisé dans l’article d’ailleurs). Thalès n’a fourni que les senseurs (radars) qui équipent déjà ces bâtiments (et donc avec ou sans VCN).
        Et enfin, à mon sens parler de ‘standard d’interopérabilité’, c’est un petit peu exagéré : le ZPRV était équipé du même démonstrateur de Naval Group que celui à bord du du Forbin; difficile de fait de faire mieux en terme d’interopérabilité lorsque l’équipement est strictement le même…

        • E-Faystos dit :

          Scorpion rejoint le Rafale selon des sources récentes…
          Et merci pour ces précisions.

    • Matt dit :

      Même résultat.
      Trouvé, verrouillé, détruit.
      Par contre le brouillage ou la désinformation numérique pourrait être une belle filouterie.
      En tirant le lanceur est facilement détecté et donc neutralisable !

    • vrai_chasseur dit :

      A priori c’est la liaison 22, le nouveau standard OTAN d’échange de données.

    • AirTattoo dit :

      La furtivité ne concerne que certaines bandes de fréquences. Certain navire commence a équiper des radars basses fréquences comme par exemple le type 52DL. En cumulant les bandes hautes fréquences, basse fréquences, les capteurs infrarouges et le maillage des réseaux, il ne fait guère de doute que la furtivité passive va prendre un coup de vieux.

  2. fgnico dit :

    le 35 quand il vole
    mais voir ou essayer de voir ceux de chez « l’Ivan « …

  3. Michel dit :

    Ce n’est pas du « DGA cela semble être plutôt du Thales tout cracher, car les centres d’expertises de Thales dans le domaine naval sont en France et au Pays Bas  » Ce n’est pas un hasard ….

  4. will dit :

    Moi je me demande ce qui ce passerait si l’un des 2 radars était submergé de fosses pistes (drone ou autres…), alors que l’autre les discrimine…

    • Pour Info dit :

      Les « fosses pistes » c’est à Mourmelon, après la pluie et le passage d’une douzaine de Leclerc. 😉

  5. Max dit :

    Qu’une cible détectée par une frégate puisse être détruite par le missile de l’autre est indéniablement une avancée. Et pour la lutte anti sous-marine ? La mise en réseau collaboratif nécessite une protection cyber dédiée. Les futures FDI en seront équipées en natif.
    https://www.ouest-france.fr/politique/defense/alerte-la-fregate-ne-repond-plus-a-rennes-les-cyber-combattants-a-l-epreuve-7191826

    La FDA Forbin et la frégate De Zeven Provincien partage un radar en bande L de la famille SMART-L conçu par Thales Nederland, filiale néerlandaise du groupe français Thales.
    FDA Forbin : S1850M, version développée en lien avec BAE Systems
    De Zeven Provincien : SMART-L EWC — Early Warning Capability (« capacité d’alerte avancée »)
    https://fr.m.wikipedia.org/wiki/SMART-L

    La FREMM Languedoc est équipée du radar Herakles en bande S de Thales France.

    • Vinz dit :

      Pendant Formidable Shield 2017, le radar Smart-L de la frégate NL De Ruyter avait détecté et suivi la trajectoire d’un missile balistique, transmettant les données à un navire US classe Aegis pour tir de munition (launch on remote).

      Ca devient costaud le combat Naval…

        • Edgar dit :

          La frégate De Ruyter a joué le rôle de « piquet radar » avancé pour le croiseur américain. Des destroyers us jouaient le même rôle pendant la bataille d’Okinawa, en 1945. A l’époque, il était inutile de transférer des coordonnées très précises des cibles japonaises puisqu’elles progressaient lentement et que les intercepteurs Hellcat de l’aéronavale us disposaient de pilotes parfaitement aptes à guider leurs appareils pendant l’approche finale. Inconvénient: les bâtiments servant de stations radar avancées, au large, étaient les premiers navires rencontrés par les pilotes nippons…et les plus souvent attaqués. Ce qui arrivera aux émules de la De Ruyter dans les guerres futures, avec, vu la dangerosité des missiles antinavires actuels, des conséquences très sérieuses.

      • vrai-chasseur dit :

        @Vinz
        Le partage permet de déporter le tir.
        Il apporte aussi une précision de détection accrue en 3D et un meilleur accrochage des cibles, en fusionnant plusieurs angles de vision différents d’une même cible en mouvement.
        En particulier, un avion furtif de l’avant (cas du F35 par ex.) sera détecté par le travers ou l’arrière et deviendra alors complètement visible de la frégate à laquelle il cherchera à échapper au radar.
        Dans l’exemple avec cette frégate hollandaise, le Forbin a fusionné 2 détections (son radar SMART-L et le SMART-L néerlandais) avec son radar de guidage missile (l’EMPAR). La cible peut être dès lors être traitée de n’importe laquelle des 2 frégates et n’a aucune chance de s’en sortir.

        A noter que le partage se fait aussi avec des radars terrestres (GM400 par ex.)

        du Thales pur jus.

  6. Carin dit :

    Cela agrandit nettement la couverture radar d’un bateau. Du coup ça offre plus de temps pour l’évaluation d’une menace, et la réponse appropriée à lui apporter..

    • Edgar dit :

      Pas nécessairement… Si ces bateaux naviguent en flotte, l’avantage sera limité. Pour obtenir l’effet maximum, il faut que les navires soient dispersés sur un grand espace marin. Mais, dans ce cas, un inconvénient apparait: un bateau isolé est forcément plus vulnérable qu’une escadre.

  7. Max dit :

    Merci Vinz.
    Dédié à la lutte anti missile balistique voire anti satellite le RIM-161 Standard Missile 3 américain va beaucoup plus haut et vite que l’Aster 30, en attendant l’Aster 30 block 1 NT en 2023. En tout cas les deux systèmes se complètent.
    https://fr.m.wikipedia.org/wiki/RIM-161_Standard_Missile_3
    Les navires AEGIS class Ticonderoga (croiseur 10 000 tonnes >120 cellules verticales) et Arleigh Burke (destroyer 9000 tonnes >90 cellules verticales) il faut de la place.

    USS Preble (DDG 88) un Arleigh Burke Vol IIA va être équipé du (High Energy Laser with Integrated Optical-dazzler and Surveillance : HELIOS, un laser de 60 à 120 kW conçu par Lockheed Martin Aculight Corporation pendant sa modernisation 2020-2022.