Le ministère des Armées investit dans l’informatique quantique, via une participation au capital de Pasqal

Conformément à l'article 38 de la Loi 78-17 du 6 janvier 1978 modifiée, vous disposez d'un droit d'accès, de modification, de rectification et de suppression des données vous concernant. [Voir les règles de confidentialité]

96 contributions

  1. Raymond75 dit :

    C’est une très bonne initiative, qui en associant capitaux publics et privés permet de faire avancer les recherches en technologies de pointe. J’ai cru comprendre que l’Europe s’y mettais aussi, enfin.

    Pour l’instant, on en est encore dans le domaine de la recherche. Mais une société suisse (il y en a peut être d’autres) commercialise des clés de cryptage totalement inviolables.

    En plus, pour une armée qui se plaint toujours d’être en sous effectifs, une application du ‘chat de Schrödinger’ permet d’être ici et ailleurs, ou d’être ‘en même temps’ mort et vivant …

  2. Patrick Sergeat dit :

    Félicitations à nos ingénieurs,il est intéressant de voir que la recherche fondamentale est rapidement transformée en application suivi surement d’avancées technologiques pour notre défense (chiffrage,radars,IA….) et civiles .
    Malgré le déclin des mathématiques à l’école,notre niveau est assez exceptionnel grâce à nos prépas:Math-sup et Math-spé,(j’ai pu le vérifier tant aux US,au RU,ou en Russie).

    • Math dit :

      Il y a 3 ans, chez Atos, on parlait d’un émulateur, une machine simulant le fonctionnement d’un ordinateur quantique de 30 qbit. Rien ne fonctionnait plus de qq millisecondes. C’est dire la porté des avancées de Pasqal! Chapeau! 100 qbit, pour la vrai machine!
      Pendant combien de temps est-ce stable? On aimerait en savoir plus!

      • Sorensen dit :

        Un émulateur c’est un logiciel et non pas une machine. Le QLM-E est une machine sur CMOS qui exploite cet émulateur. Non seulement il fonctionne très bien, mais il s’exporte partout et est devenu le support pour la formation des scientifiques occidentaux aux algo. quantiques. L’objectif étant d’être opérationnel pour l’exploitation des calculateurs quantiques lorsqu’ils seront disponibles. Et ce n’est pas le premier, des calculs quantiques sur CMOS ça fait longtemps que l’on en fait. L’on a du mal à s’imaginer un logiciel qui ne fonctionne que quelques millisecondes. Et encore moins un GPU.

      • vrai-chasseur dit :

        @Math
        les Qbits de Pasqal sont basés sur des chaines d’atomes neutres manipulés par laser. La stabilité dépend presque uniquement de la ‘précision’ du laser au niveau de l’atome, -ce que maîtrise l’Institut d’Optique depuis une décennie environ-.
        En contraste, les qbits mis au point par les Labs Google et ceux d’IBM sont basés sur la supraconductivité, par essence plus instable au niveau macroscopique.
        L’autre avantage des atomes neutres de Pasqal est la scalabilité : on peut en rajouter sans déstabiliser tout le système. Pasqal compte atteindre 1000 Qbits en 2025, ce qui est très considérable et constituera sans doute une référence mondiale.
        En réalité la limitation vient du « logiciel » : les prototypes de Pasqal (comme tous les autres dans le monde) utilisent les algorithmes QML (pour Quantum Machine Learning), ce qui nécessite un ordinateur frontal classique qui va encoder et décoder un « problème » classique en « problème » quantique.
        Donc un ordinateur quantique est en fait aujourd’hui un co-processeur accélérateur d’un ordinateur classique.
        Le champ de recherche et d’application des algorithmes quantiques est naissant, vaste et en constante progression : simulation d’algèbre linéaire par les amplitudes quantiques, optimisation du minimax (la finance raffole de ces algorithmes) , réseaux de neurones quantiques, chaines de Markov cachées, etc etc.
        Pour les matheux, il y a du travail passionnant pour au moins un siècle. Il est temps de se remettre aux maths dans les programmes scolaires à l’Education Nationale.

    • Quantum dit :

      Félicitation à nos chercheurs, c’est-à-dire nos docteurs 😉

      Pour avoir réalisé un doctorat dans le domaine & connaitre l’univers des DeepTech, je peux vous dire que le profil des acteurs est plus « master of Science » (très souvent suivi d’une thèse) que « master of Engineering ». Ce n’est pas du tout la même formation intellectuelle et pas le même niveau scientifique.
      Donc désolé, mais pour le coup, ce n’est pas du tout la formation prépa –> école d’ingé qui produit ces pépites.

      • précision dit :

        vous avez eu votre doctorat en France? Parce que cela fait pas mal d’années que dans ces domaines un nombre non négligeable de doctorants proviennent d’écoles d’ingénieurs. Pour ce qui est du niveau scientifique ils n’ont pas grand chose à envier à leurs collègues de la fac (disons le franchement, dans les toutes meilleures écoles, il est généralement meilleur, et pas que en moyenne).

        • précision dit :

          et pour appuyer mes propos, suffit de regarder le CV des dirigeants de PASQAL: la plupart sont liés à Supoptique (*).

          Première ligne par ordre alphabétique:
          – Alain Aspect: élève de l’ENS Paris-Saclay (enfin de son ancêtre, et certes, aussi élèves à l’université d’Orsay, ceci étant le fonctionnement classique de l’ENS), a passé sa carrière de chercheur (et enseignement) dans les grandes écoles: ENS de Yaoundé (ça c’est original), l’X, et surtout supoptique…
          – Lucas Béguin: ancien élève de Supoptique
          – Antoine Browaeys: chercheur à Supoptique…
          – Mourad Beji: ancien élève à l’X et Telecom Paritech
          – Jean-François Boissou: ancien élève de Supoptique (et l’IAE).

          Le CEO:
          Georges-Olivier Reymond: ancien élève de Supoptique, thèse à Orsay.
          Le directeur de la R&D:
          Adrien Signoles: ancien élève de l’ENS Paris-Saclay, thèse à l’UPMC.

          Donc un simple coup d’oeil sur le site de Pasqal vous aurait montré que c’est tout à fait la formation école d’ingé qui a produit cette pépite. Ce n’est pas pour critiquer la fac, qui a ses réussites et n’est pas toujours si différente qu’on le pense des écoles d’ingé (qui ont aussi leurs qualités et leurs défauts), mais il est vain d’opposer ingénieur et « master of science ».

          (*) Institut d’optique, pour donner le nom exact.

          • Kali dit :

            Et Alain Aspect n’est pas exactement le premier venu en physique quantique.
            Voir à ce sujet la vidéo de scienceétonnante pour la vulgarisation d’une partie de son travail (inégalités de Bell):
            https://www.youtube.com/watch?v=28UN70790Do

          • précision dit :

            @Kali.
            Oui, c’est sûr, il n’a pas (encore) eu le Nobel pour cela, mais son nom a circulé.
            Ils ne doivent pas être mécontent qu’il apparaisse en premier par ordre alphabétique sur la page présentant « l’équipe ».
            Son titre au sein de la boîte est original; « Quantum Guru ».

        • Quantum dit :

          Certes un nombre non négligeable de doctorants proviennent des écoles d’ingénieurs, et d’ailleurs une bonne partie d’entre eux réalisent la dernière, voir les deux dernières années (donc 2/3) de leur formation dans des masters R de l’université pour les thèses scientifiques (et souvent dans des masters communs pour les futurs thèses CIFRE-industrie). Il y a peut-être une raison & un sens à cela 😉

          Pour ce qui est du niveau des thésards « formation universitaire » vs « formation ingénieur » (débat jamais entendu dans mon ancien labo, mais très très franco-français/parisien vu que le pourcentage des nationaux atteint généralement <50%) : très franchement non, ce n'est pas ce que j'ai observé, et je n'étais pas un labo de 2nd catégorie. Il faut comprendre que les étudiants universitaires sont au contact des profs/maitre de conf depuis leur L1, voir post prépa, quand les ingénieurs débarquent dans un monde où le câblage est (très) différent… j'ai vu plus de thèse "échouer"/péricliter dans cette seconde catégorie (je serais curieux de savoir où vous êtes passé). Pas un problème de niveau en math, mais un problème de formation/état d'esprit.

          Après, plus personnellement, oui, j'ai réalisé mon doctorat en électronique quantique en France, et j'évolue dans la R&D industrielle. Là aussi, je ne vous suis pas du tout. En fait, le peu de boîtes où ce schisme perdure sont souvent celles qui ont une activité R&D/innovation assez faible, avec une activité internationale (quasi) inexistante, et qui repose sur un (ancien) monopole. Et s'il s'agit d'une entreprise publique ou anciennement publique, alors là c'est le pompon.

          Concernant Pasqal, oui, mais vous devez savoir qu'en science l'exemple ne fait pas la règle. Si vous vous baladez sur les profiles DeepTech , vous verrez qu'il y a un équilibre entre MSc & MEng. Et encore une fois, la plupart se lancent après un doctorat, donc post-formation universitaire.

          Donc pour revenir au commentaire "notre niveau est assez exceptionnel grâce à nos prépas:Math-sup et Math-spé", et bien qu'étant moi-même une ancienne taupe : non. Mais je ne vais pas vous cachez que j'avais exactement les mêmes à priori (presque condescendant) en arrivant à l'université…

          • précision dit :

            Je suis d’accord avec vous sur le côté français, et la valeur des formations universitaires et du doctorat. Je réagissais par rapport à un commentaire complètement décalé concernant les profils que j’ai vu chez Pasqal, et -comme je le disais- je suis d’accord avec vous sur la non-pertinence à opposer les 2; pour avoir vu les enseignements et recherches à la fois dans les « meilleures » des grandes écoles et à la fac, je me garderai de mettre en avant l’un par rapport à l’autre. Ce qui me fait penser que votre réponse s’est trouvée par erreur sous mon post.

            Par contre, accessoirement, l’argument « contact avec des profs/Mcf » me parait peu pertinent; dans les bonnes écoles d’ingénieur, un étudiant choisissant des spécialités scientifiques sera aussi en contact avec des chercheurs dès Bac+3 (les 2 premières années n’y changent rien).

  3. Royal Marine dit :

    Génial! C’est le cas de le dire. Et pour une fois, la France est très bien placée, dès le début… Et le Ministère des Armées également.
    On dira ce que l’on veut, mais Parly, surtout si l’on compare à ses prédécesseurs, n’est pas si mal…

    • Math dit :

      Surtout que c’est l’une des principales technologies de rupture… Si on y arrive les premier… Il n’y aura plus beaucoup de coffres forts pour la France…

    • Bomber X dit :

      C’est effectivement une très bonne nouvelle mais a modérer aux vues des nombreux domaines dans lesquels nous avons étés en pointe dès le début (voire même pionniers) avant de nous faire rattraper, souvent même, dépasser faute d’investissement (armes de petits calibres, drones, missiles, télématique, micro informatique, navette spatiale etc..)

      Nous verrons sur le long terme si l’Etat saura soutenir et protéger cette brique industrielle essentielle.

  4. Christophe dit :

    1. le verre a moitié plein: excellente initiative d’aider une startup issue de la recherche française dans un domaine réellement stratégique. En espérant qu’ils ne se feront pas simplement racheter par un gros chèque en dollars dans quelques mois.
    2. 25 millions d’euros, c’est peu pour un domaine stratégique. On est ici dans un domaine qui nécessite des investissements matériels importants où il n’existe pas de composants produits à grande échelle. Les américains et les chinois sont sur des milliards d’investissement dans le domaine.

    • Sorensen dit :

      Effectivement.

    • Mica X dit :

      Quant-tité et qualité, très relatif
      Bon c’est de l’humour à la Albert mais vous comprenez

    • Thierry dit :

      2,25 million c’est surement le montant du parachute doré accordé au dirigeant quand il se fera la malle en abandonnant sa coquille vide, les très cher amis à Macron nous coûtent un pognon de dingue.

      Quand on prétend faire de la recherche fondamental on n’y met pas des moyens aussi faible, parce que ça veut dire que même la Corée du Nord ou l’Iran pourrait aussi y arriver, et ce n’est pas le cas.

      startup à macron = sangsue à pognon

    • jean dit :

      La puissance publique peut mettre le paquet : l’enjeu est stratégique.
      Cela empêchera en plus tout rachat

    • Royal Marine dit :

      Les milliards ne suffisent pas… Il faut aussi les têtes!
      En 1939, la France, grâce aux Joliot-Curie était largement en tête sur la recherche nucléaire et la bombe atomique… Ce sont ces avancées, pourtant beaucoup moins financées que celles des Allemands, des Américains et Britanniques, qui permirent aux USA de produire leur deux premières bombes A. Faits largement oubliés depuis…
      Cette start-up française a fait une demande de levée de fonds, en fonction de ses besoins et objectifs, au marché. Le marché a répondu favorablement, dont le Ministère ses Armées au travers de sa structure de financement de l’innovation. Pourquoi voudriez-vous que les Armées investissent des milliards, si ce sont des millions qui sont demandés?
      Je pense que les actionnaires et les opérationnels de l’entreprise sont très heureux de ce résultat, encore plus motivés, et sûrement satisfaits que les militaires leur face confiance, avec des perspectives de marchés futurs en cas de réussite…

    • Carin dit :

      @Christophe
      D’un autre côté, les américains et les chinois ont à leurs disposition leur propre planche à billets…
      Si pour la chine cela ne marche qu’en interne, nos amis américains impriment à la demande des tas de « faux » dollars, qui ont la même valeur que les « vrais » puisque c’est eux qui la fixe en interne et à l’international.

  5. Max dit :

    Le passage au Qbit permettra à l’IA d’atteindre la singularité…

    • Green dit :

      vous n’en savez rien du tout en fait!

      Ou sinon, expliquez nous un minimum pour étayer une affirmation aussi énorme.

    • Kali dit :

      Maîtrisez-vous au moins l’un de ces trois concepts ?
      Pour rester dans le domaine que je connais le mieux, définissez « IA » et on en reparle…

  6. Lagaffe dit :

    « Mais il est question de radars dotés de propriétés quantiques ou encore de capteurs 1000 à 1 million de fois plus performants ».
    Et là tout le monde pense très fort au F-35 et autres « avions furtifs »… RIP !

    • Mica X dit :

      Exactement, à quoi bon dépenser autant de pognon de dinde, pardon, de dingue ?

    • jean dit :

      Le canada a un grand programme de recherche sur les radars quantiques
      Avec des sources de particules intriquées, et si on n’avait plus besoin d’attendre le retour de l’onde radar ?

  7. Matou dit :

    Argent très bien placé. D’ici 10 ans, cette technologie va totalement exploser et se répandre. Il serait utile d’avoir d’autres structures de ce type, pas juste une mais c’est bien d’en avoir au moins une à ce stade. Il faut la protéger précieusement (capital, espionnage, cyber-attaque, etc). Cette techno couplée à l’IA pourrait donner des résultats absolument incroyables, d’où l’absolue nécessité de fixer des règles concernant l’IA.

  8. LEONARD dit :

    La physique quantique, c’est contre-intuitif.
    Un site pour (peut-être), appréhender le sujet:
    https://scienceetonnante.com/2020/06/05/lexperience-des-gateaux-quantiques/

    Par contre, pour ce qui est des applications pratiques, notamment militaires, tout n’est pas balisé:
    https://www.thedrive.com/the-war-zone/40933/quantum-radar-offers-no-benefits-to-the-military-say-pentagon-science-advisors

  9. Rapha dit :

    Il y a une série de podcasts intéressants sur France Culture sur l’ordinateur quantique.
    Une des conséquences prévues est la fin de la cryptographie militaire ou civile (bancaire) qui poserait d’énormes problèmes, aucun code ne pouvant résister à la puissance de calcul de ces nouvelles machines quand la technologie sera mature.

    • Green dit :

      aucun ancien code, mais les codes quantiques ?

    • Fred dit :

      @ Rapha

      Il est tout de même nécessaire qu’un même code soit suffisamment utilisé, pour qu’il soit analysable. Si on utilise une multitude de codes avec parcimonie pour chacun, la communication est irrémédiablement indéchiffrable.

      • Kali dit :

        Vous proposez de la sécurité par l’obscurité. C’est généralement (pour ne pas dire toujours…) une mauvaise manière de procéder. Un cas d’école concerne RC4 / ARCFOUR.

        « Il est tout de même nécessaire qu’un même code soit suffisamment utilisé, pour qu’il soit analysable. »
        Votre proposition correspondont à la cryptanalyse « à la papa » si je puis dire. Dans l’absolu, oui, c’est particulièrement difficile de briser un tel chiffre (comme celui de Beale).

        Néanmoins, aujourd’hui on a besoin de :
        1) chiffrer des masses de données considérables (pensez seulement aux sessions TLS – https pour faire simple)
        2) disposer de standards de chiffrement afin de ne pas réinventer la roue tous les quatre matins.

        « Si on utilise une multitude de codes avec parcimonie pour chacun, la communication est irrémédiablement indéchiffrable. »

        De fait, votre seconde phrase correspond à l’utilisation de clé de chiffrement, à usage unique. Un seul chiffre est prouvé indéchiffrable, dans des conditions parfaites : le chiffre (ou le masque) de Vernam.

        Je vous recommande la lecture de l’article wikipédia correspondant.

        En particulier, l’usage unique d’une clé, bien qu’assurant (avec d’autres facteurs) l’impossibilité du bris de celle-ci, pose la question de sa transmission aux correspondants. De plus, le facteur humain rentre en compte dans la rédaction de la clé (si dactylographiée) ou le choix de la source d’aléas (si générée automatiquement, voir CSPRNG).

        A ma connaissance, seul le téléphone rouge utilise ce chiffre de manière durable.

        https://fr.wikipedia.org/wiki/Masque_jetable#cite_ref-shannon_2-0

        • Fred dit :

          @ Kali

          C’est juste. Mais papa va utiliser la transmission quantique, ce qui va compliquer les choses ;o)
          Merci pour les références.

    • Kali dit :

      « Une des conséquences prévues est la fin de la cryptographie militaire ou civile (bancaire) qui poserait d’énormes problèmes, aucun code ne pouvant résister à la puissance de calcul de ces nouvelles machines quand la technologie sera mature. »

      Complètement faux. Il y a tout un champ disciplinaire qui s’appelle « cryptographie post-quantique »…
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Cryptographie_post-quantique

      De plus, les standards informatiques (quand ils sont respectés…) prévoient le remplacement des algorithmes de cryptographie au fur et à mesure des avancées de la cryptanalyse de manière transparente (agnostisme de la norme par rapport à l’état de l’art, voir par ex. les RFC de TLS).

  10. PK dit :

    « La physique classique décrit différemment un corpuscule [atome, particule] et une onde [lumière]… ce qui fait que ses lois ne sont pas pertinentes au niveau microscopique. »

    Ce n’est pas la raison 🙂 La physique est classique quand elle n’est pas… quantique. Merci la Palisse ! En fait, à l’état microscopique (et dans certains états macros, comme le laser ou les super fluides), les objets ne sont plus régis par les lois de la mécanique classique (qui réduisent le mouvement d’un objet à celui de son centre de gravité).

    Or, un objet quantique n’est ni une onde ni une particule (on lit souvent le contraire d’ailleurs). Mais il possède les caractéristiques des deux : tant qu’il n’est pas mesuré, on peut lui attribuer une probabilité d’exister sous la forme d’une onde, et quand il se révèle à la mesure, c’est sous la forme d’une particule.

    « Ce qui n’est pas le cas avec la théorie quantique, puisqu’elle ne différencie pas le corpuscule de l’onde. Il est alors question d’une « onde-corpuscule », susceptible de se trouver simultanément dans plusieurs états différents [c’est la « superposition »]. »

    La dualité onde-corpuscule – une trouvaille de Louis de Brogle, un Français ! – exprime ce que j’ai écrit au-dessus : l’objet quantique est ni une onde ni une particule. Quand on la modélise sous forme d’une onde, pour prédire sa trajectoire par exemple, alors elle possède les caractéristiques (très classiques pour le coup !) d’une onde, notamment la possibilité de s’additionner entre elles (quand deux vagues se rencontrent, la vague résultante est la somme des deux). S’il existe deux états possibles d’un objet quantique, alors la somme des états est aussi un état possible de l’objet (principe de superposition) : quel est alors cet état ? Nul ne le sait. Quand on le mesure, on trouve de façon équiprobable l’un ou l’autre état.

    « Qui plus est, deux particules peuvent être liées par leur état, quelque soit la distance qui les sépare. »

    Uniquement vrai si les deux particules sont liées par une propriétés, comme leur spin par exemple (une dans un sens, l’autre dans l’autre). On dit que les particules sont alors intriquées.

    • Félix GARCIA dit :

      « Le problème vient du fait que l’on considère que la matière existe »
      Marc HENRY

    • Sorensen dit :

      Purée ce charabia de sous-diplômé. N’importe quoi. Mais cette base on l’acquiert au lycée bon sang. Cela vous sert à quoi de commenter si vous ne maîtrisez pas le minimum? Les psy qui traînent ici…
      « « La physique classique décrit différemment un corpuscule [atome, particule] et une onde [lumière]… ce qui fait que ses lois ne sont pas pertinentes au niveau microscopique. » » Bien sûr que oui, c’est phrase est juste, comme le reste d’ailleurs.

    • Fred dit :

      @ PK

      Louis de Broglie (pour ceux qui voudraient faire une recherche)

    • Vinz dit :

      Ce serait plutôt Einstein qui aurait formalisé cette idée de dualité avec les propriétés photo-électriques. M. de Broglie a généralisé ensuite ce concept à toutes les entités subatomiques, notamment l’électron.

      E=hv ; tout est dit là dedans en fait, dans le h et le v 🙂

      La fonction d’onde décrit certes une probabilité, mais reste que l’entité (comme le photon) a réellement les propriétés d’une onde dans certaines circonstances (le photon est d’ailleurs la particule médiatrice de la force électro-magnétique dans le modèle dit standard) ; le point de départ de tout c’est bien la figure d’interférence de l’experience de Young – et sinon faudrait que je jette tout le materiel de tranport optique de ma boîte, et expliquer aux chefs qu’en fait ça marche depuis 15 ans sur un gros malentendu…

      De toute façon si quelqu’un a compris comment réellement fonctionne la particule, c’est qu’on lui a mal expliqué.

      • PK dit :

        Einstein n’a pas proposé de dualité : il a repris l’idée de Planck (l’énergie s’échange sous forme quantifié) pour expliquer l’effet de seuil de l’effet photo-électrique (inexplicable en mécanique quantique). Du coup, par extension, la lumière devenait granulaire (présence de photon).

        En revanche, il était bien emmerdé, car à l’évidence, ça faisait un demi-siècle que tout le monde savait que c’était une onde électro-magnétique. Du coup, son explication – qui tenait la route, car il a quand même eu le prix Nobel pour cela en 1921 – faisait que tout le monde n’y comprenait plus rien : comment une onde électro-magnétique pouvait aussi être composée de particules ?

        Ça a ouvert la voie aux physiciens quantique : d’abord Heisenberg (avec Bohr) et Dirac qui ont posé les fondamentaux (grâce à un coup de génie : ils ont remplacé les caractéristiques physiques des changements énergétiques des électrons par une représentation de leur mesure physique : les observables, ce qui a naturellement introduit les matrices).

        Ensuite, Louis de Broglie, qui était un littéraire (!), s’est intéressé au problème, a fait une thèse de physique (!) et a proposé le concept général de dualité onde-corpuscule. Il a eu le Nobel directement pour sa thèse (et il a été le seul jusqu’à la fin des années 90 !).

        À partir de cette idée, Schrödinger, suite à un orgasme cosmique avec sa maîtresse dans les Alpes (véridique) a trouvé l’équation qui régit l’évolution d’une particule. Sa solution – la fonction d’onde – prédit (c’est donc de la proba !) l’emplacement ou la vitesse d’une particule.

        (je zappe la suite, mais c’est tout aussi passionnant : notez que c’est une aventure exclusivement européenne !)

        À partir de là, Einstein a commencé à emmerder les physiciens quantiques. Il admirait leur théorie, mais il trouvait son formalisme inachevé. Il ne croyait pas au hasard de la proba (« Dieu ne joue pas au dé »). Si on mesure une particule et qu’on la trouve à un endroit, c’est qu’elle était à cet endroit.

        Il faudra un demi-siècle pour prouver que le grand homme se trompait. (Bell dans les années 60 pour la théorie et Aspect en 1980 pour l’expérience final).

        Au final, la pensée d’Einstein perdure : les gens croient intuitivement que le monde est représenté tel qu’il le pense, alors qu’il est représenté de façon contre-intuitif et mathématique. Du coup, le nombre de conneries dîtes sur la mécanique quantique est plus grande que tout ce que peut sortir un NRJ sur ce site : c’est dire !

  11. oryzons dit :

    Que c’est peu…
    4 ans pour sortir un plan de soutient d’1.8 milliards d’euros sur plusieurs années pour toute la filière…

    Sur le Quantique nous sommes parmi les leaders. Mais pour combien de temps ?
    Dans le même temps le gouvernement avance à marche forcé sur l’éolien qui ne revêt aucun enjeu stratégique pour le pays et y injecte des dizaines de milliards et veut engager le pays pour des centaines de milliards !!!
    Mais il y a des voix à aller chercher chez les écolos pour 2022…
    Alors que le quantique, lui n’intéresse pas l’électeur écolo-gauchiste sur lequel Macron mise pour faire la différence au second tour. Non le quantique n’intéresse « que » Google, Amazon, IBM ou la Chine qui y injectent des milliards.

    En France en plus de Pasqal (technos des Atomes Froids), il y a :
    – Thalès (Capteurs, Communications, Cryptographie) : https://www.lesechos.fr/thema/occitanie-quantique/thales-a-la-pointe-des-capteurs-et-des-communications-quantiques-1317552
    – Atos (Logiciels, « OS », programmation, applications) : https://www.lesechos.fr/thema/occitanie-quantique/la-feuille-de-route-datos-vers-le-calcul-quantique-1316111
    – Alice & Bob (Qubit « parfait ») : https://www.lyon-entreprises.com/actualites/article/alice-bob-la-startup-francaise-qui-veut-revolutionner-lordinateur-quantique-avec-le-soutien-de-pulsalys
    – la filière silicium grenobloise : https://region-aura.latribune.fr/strategie/industrie/2021-04-15/grenoble-fait-le-pari-de-la-suprematie-quantique-par-le-silicium-882383.html
    – Quandela (techno photonique) : https://www.industrie-techno.com/article/calcul-quantique-le-francais-quandela-avance-photon-a-photon.63723)
    – le CNRS (qubit moléculaire) : https://www.usinenouvelle.com/article/l-instant-tech-au-cnrs-les-premiers-pas-vers-un-calculateur-quantique-moleculaire.N1086624
    – le CEA : https://www.usinenouvelle.com/editorial/l-instant-tech-au-cea-leti-la-photonique-quantique-debarque-sur-puce.N1078824

    Bref. Oui dans l’absolu c’est un pas dans la bonne direction.
    Mais quand tu es dans les startings-blocks et que le coup de feu du départ résonne ce n’est pas suffisant d’aller dans la bonne direction, à un moment donné faut aussi penser à accélérer.

    C’est symptomatique de ce en quoi ce gouvernement est une immense déception : des annonces qui vont dans le bon sens sur pleins de sujets mais qui se révèlent ensuite être des montagnes qui accouchent douloureusement d’une souris.

    Zut j’ai piqué le job de @plusdepognon !

  12. ji_louis dit :

    Je vois bien aussi un domaine ou le calcul quantique serait un formidable bond en avant, c’est la navigation par vision stéréoscopique (ça existe peut être déjà mais c’est fabuleusement gourmand en calculs binaires): Cela allie discrimination de formes, calculs trigonométriques 3D (topographie en mouvement), calculs inertiels et optimisation du plus court (ou du meilleur) chemin.
    Si les calculs sont massivement parallèles, alors les levers de doute sur la reconnaissance de points remarquables d’une image à la suivante peuvent permettre une décision rapide non-probabiliste compatible avec une conduite rapide sur route, terrain non uniforme, en vol ou en navigation côtière ou sous-marine.
    Si on l’associe avec une centrale inertielle, on peut mettre en place une boucle de rétroaction facilitant l’apprentissage autonome (comme un bébé qui fait ses premiers pas avant de maîtriser la marche puis la course).
    Il faut se souvenir que pour les calculs binaires, un bit n’est relié qu’à 4 autres bits: opérandes n°1 et 2, opérateur, résultat et retenue vont ensemble. Un cerveau animal a des neurones en contact avec des dizaines ou des centaines d’autres neurones. Un qbit peut avoir une infinité de valeurs (entre 0 et 1), donc une opération entre 2 qbits équivaut à un calcul parallèle sur plusieurs dizaines ou centaines de calculs binaires, d’où la formidable accélération permettant la navigation (décision en temps réel) par vision stéréoscopique.

    Avec une longueur connue au départ, l’engin fait de la navigation à l’estime en permanence.

    P.S: Ces calculs sont aussi possibles avec une seule caméra à condition d’utiliser les effets de parallaxe dus aux mouvements.

  13. Green dit :

    Il se dit que la Chine a un satellite de communication qui utilise l’intrication quantique (deux atomes instanciés si j’ai bien compris), on a des infos la dessus?

    • Fred dit :

      @ Green

      Une petite info – mais de taille – « il » = « la Chine » . Et on se retrouve dans une réflexion de l’ordre du quantique [ou du cantique ?] ;o)

    • Mica X dit :

      Les allemands utilisent un satellite quantique saucisse compatible.
      Je m explique, selon un de leurs proverbes : Tout à une fin sauf les saucisses qui en ont deux
      Mes confuses

    • jp dit :

      ca me parait bien difficile, il faut voir a quoi ressemble un ordinateur quantique, ca pas loin de ressembler à l’eniac en son temps, très lourd, très encombrant, énergivore, fragile et complexe il faut une pièce géante avec un data center pour le piloter, dans 50 ans, on pourra mettre un un processeur quantique dans une calculette mais pas aujourd’hui, alors un satellite,c’est pas possible ou c’est pas un ordinateur quantique, le simuler n’a pas d’intérêt. il faut comparer l’ordi quantique à un énorme co processeur mathématique intégrant des algorithmes définis, pas à un processeur indépendant intel ou amd our arm.

      • Green dit :

        ce n’était pas un ordinateur mais un dispositif de cryptage, ou plutot d’authentification…

    • PK dit :

      Non : la Chine a réussi une manip à partir d’un satellite en refaisant la première manip qui a été réalisé par Alain Aspect et son équipe à 0rsay en 1980 pour la validation des inégalités de Bell qui prouve l’intrication quantique (la non-séparabilité de particules intriqués).

      Ils ont augmenté considérablement la distance entre les deux particules. Jusqu’à présent, on créait cette distance uniquement en labo à l’aide de fréquences très élevées. Là, ils ont réussi la même manip avec un distance satellitaire. Joli coup !

      Mais c’est juste une expérience de labo : ça n’a aucun résultat concret, pratique et opérationnel.

      Pour info, l’expérience d’Aspect lui a valu le prix Nobel et a mis (définitivement) fin à la controverse entre Einstein et Bohr. Elle avait été close théoriquement en 1968 par Bell qui a démontré que Einstein se plantait (il postulait l’existence de variables cachées en voulant démontrer que le formalisme quantique était incomplet, puisqu’il était probabiliste).

      • Green dit :

        Merci pour ces informations bien informées.!

      • précision dit :

        « l’expérience d’Aspect lui a valu le prix Nobel  » : non !! Il a sans doute été nominé, mais ne l’a pas encore obtenu (ou alors ça m’a échappé!). Vous devez confondre avec son collègue Claude Cohen-Tannoudji.

        • précision dit :

          Il a obtenu un certain nombre d’autres prix, bien sûr.

          • PK dit :

            Au temps pour moi : il n’a eu « que » le prix Niels Bohr.

            Il aurait dû l’avoir : cette expérience mettant un point final au débat Einstein-Bohr !

  14. Green dit :

    Merci bien Michel

  15. maxi dit :

    Beau ramassis de conneries, bravo vous vous discréditez tout seul ! Fallait osez !!

  16. Czar dit :

    ok michou t’as l’air déjà bien quantique, toi. A la fois dans la réel et dans ton monde à toi.

  17. Castel dit :

    La quantique à l’informatique est un peu ce qu’est l’algèbre à l’arithmétique pour les maths.
    Moi qui suit pourtant féru d’informatique, je reconnais volontiers ne pas y avoir compris grand chose….
    Je suppose que la plus-part de ceux qui abordent le sujet sur ce site ne doivent pas être différents….
    Mais, après tout, si l’on ne pouvait parler que de ce qu’on connaît vraiment, on aurait souvent pas grand chose à dire !!

    • Green dit :

      Ha si certains agités qui ont leurs aises ici pouvaient vous entendre!

    • Fred dit :

      @ Castel

      Tous ces domaines de la science si pointus, innombrables et complexes, cela pose un problème démocratique.

      Dans l’Égypte ancienne, l’impôt sur les terres agricoles était proportionnel à la diagonale des champs.
      Cela semblait démocratique et juste.
      Mais les petit propriétaires avaient remarqué que les domaines qu’on leur attribuait chaque année étaient des rectangles de plus en plus allongés au fil des ans, alors que ceux des nantis, plus instruits et favorisés par le pouvoir, restaient plutôt carrés. Ils se demandaient bien pourquoi …

      De nos jours par exemple, contrairement à une vision rapide et superficielle, la statistique semble simple et objective. Pourtant c’est un domaine ultra-complexe où il est facile de gruger l’opinion et lui faisant dire ce que l’on souhaite à priori.

  18. Stoltenberg dit :

    J’ai bien aimé la partie « introduction à la physique derrière tout ça », ça change des journalistes « habituels ». Il faut savoir également que la France a toujours été parmi les états les plus compétents en ce qui concerne la physique quantique.
    .
    Sinon, on ne peut que se réjouir de cette belle initiative. Bravo au Mindef et aux chercheurs français. L’investissement dans la recherche paye toujours. La seule chose qui m’inquiète c’est que le climat économique français, de plus en plus socialiste, étatisé et délétère, vienne plomber, une fois de plus, un projet très prometteur. Espérons que ça va changer d’ici là !

    • Fred dit :

      @ Stoltenberg

      Emmanuel Macron qui socialise et étatise … Tu vis sur quelle planète ?

      • Stoltenberg dit :

        Le jour où il aura entrepris des réformes profondément capitalistes pour assainir l’état de l’économie française, on en reparlera. Pour l’instant, il n’est qu’un ex-ministre de l’économie du gouvernement socialiste sous F. Hollande et Président d’un état qui occupe la 64ème place au niveau mondial et 34/45 en Europe dans le classement de liberté économique.

  19. Belzébuth dit :

    Intelligence artificielle contre c**nerie naturelle, le match est lancé.
    https://www.nextinpact.com/article/46145/letat-major-armees-partage-mot-passe-en-clair

    • Kali dit :

      Dépend complètement de la nature du mot de passe en question. SI c’est un pc d’une salle de conférence, ouvert par le conférencier, relié à rien d’autre qu’une source d’électricité (et donc, aucun réseau), c’est une tempête dans un verre d’eau.
      Si le PC est relié à un réseau quelconsue, la vulnérabilité dépend du réseau en question.

      Ça, c’est la technique.

      Pour la communication, le MinArm a bu le bouillon…