L’armée de Terre reçoit ses premiers Ponts flottants motorisés modernisés

Parmi les matériels mis en oeuvre par l’armée de Terre, et en particulier par les unités du Génie, les Ponts flottants motorisés [PFM] ne sont pas les plus connus. Mis en service en 1985, ces systèmes, livrés par le groupe CNIM, permettent à des blindés lourds de franchir rapidement les « coupures humides » [cours d’eau, lacs]. Ils peuvent également être utilisés lors de fortes inondations afin de venir en aide à la population civile.

Dans le détail, un PFM est constitué de modules de 10 mètres de long, équipés chacun de deux moteurs hors-bord et pouvant se verrouiller les uns aux autres. Des rampes d’accès sont ensuite installés aux extrémités. Il peut être utilisé comme un pont, ou comme un bac naviguant d’une rive à l’autre. Ces modules sont transportés par cinq camions semi-remorque spécialisés,

Dans une réponse faite au député François Cornut-Gentille qui l’interrogeait sur les équipements des unités du Genie, le ministère des Armées a indiqué, en octobre 2020, que les PFM Module F1 – une quarantaine alors en dotation – avaient affiché un taux de disponibilité de 36% en 2019.

Cela étant, en 2015, la Direction générale de l’armement [DGA] notifia au groupe CNIM un marché consistant à rénover dix systèmes PFM F1 en les portant au standard PFM F2. L’objectif était alors de réduire le temps de déploiement grâce à des rampes d’accès intégrées aux modules ainsi que les moyens nécessaires à leur transport [avec deux camions semi-remorque au lieu de cinq, ndlr]. Il était également question d’améliorer la manoeuvrabilité sur l’eau et d’accroître la protection des camions tracteurs.

Le marché en question comprenait la rénovation de 20 modules et 4 rampes longues, ainsi que la réalisation de 10 rampes courtes. Et cela afin de permettre à l’armée de Terre de composer 5 bacs de 2 modules avec rampes courtes MLC40 et « de disposer d’équipements rénovés [modules et rampes longues] pour composer bacs et ponts de capacités supérieures »

En 2020, un premier système PFM F2 de présérie, composé de deux modules avec rampes courtes a été livré à l’armée de Terre, qui l’a utilisé en Côte d’Ivoire jusqu’en mars dernier. Et les « huit autres modules de série avec rampes courtes [soit quatre systèmes, ndlr] viennent d’être réceptionnés […] et livrés au 6e Régiment du Génie [RG] et à l’École du Génie, tous deux situés à Angers [Maine-et-Loire] », a annoncé la DGA, le 6 mai. Et d’ajouter : « Les dix derniers modules rénovés ainsi que les quatre rampes longues rénovées seront livrés à l’été 2021, toujours au 6e RG. »

Ces ponts flottants motorisés sont complémentaires des Engins de franchissement de l’avant [EFA], utilisés depuis bientôt 30 ans pour franchir les rivières aux véhicules de l’armée de Terre. Or, selon une demande d’information émise par la DGA en avril dernier [.pdf], il est question de remplacer ces deux systèmes par un seul, même si aucun programme n’a été lancé à cette fin pour le moment.

À noter également que les Systèmes de Pose Rapide de Travure [SPRAT] qui; également conçu par le groupe CNIM, permettent de franchir des brèches de 24 m de largeur, ont fait l’objet d’une modernisation dans le cadre d’un marché notifié en juin 2018. Il s’est agi de leur intégrer un système de vision optronique de dernière génération pour « faciliter les opérations de roulage et de pontage tout en assurant une détection optimale des menaces extérieures » et de les doer d’une « nouvelle architecture informatique ».

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