Les bombardiers américains pourraient être à nouveau mis en alerte nucléaire permanente

Conformément à l'article 38 de la Loi 78-17 du 6 janvier 1978 modifiée, vous disposez d'un droit d'accès, de modification, de rectification et de suppression des données vous concernant. [Voir les règles de confidentialité]

48 contributions

  1. Le Suren dit :

    Etonnant de conserver des missiles basés au sol. Nous, on avait le plateau d’Albion démantelé car trop vulnérable à une frappe surprise.

    • Joe dit :

      Oui mais nous, nous n’avions que le plateau de l’albion.
      Répartir 450 missiles sur 50, 100 ou même 200 sites sur tout le continent et il est déjà bien plus difficile d’envisager une attaque qui détruirait tout ces sites simultanément.

    • philbeau dit :

      Les missiles du plateau d’Albion avaient aussi une signification politique . Les viser était une attaque du sanctuaire national .
      Se rappeler la doctrine de l’époque , avec la théorie du faible au fort . Qui est toujours d’actualité .

    • PK dit :

      LOL. Le plateau d’Albion n’était pas plus vulnérable que le reste de nos composantes nucléaires. On a affirmé une connerie pour la démanteler, ce qui n’est pas pareil.

      La raison : la même qui fait tousser le Congrès. Les sous.

      C’est tout.

      • Frank dit :

        @ PK Oui, mais les sous, c’est nous, et on racle les fonds marins et de tiroirs depuis longtemps.
        On est bons et novateurs en SM, depuis longtemps aussi, et la logique de dissuasion par des SNLE est bien plus crédible.
        Celle de @Joe se tient, mais cibler 450 sites terrestres, aujourd’hui, me semble plus simple pour l’agresseur que 2 ou 3 SNLE.
        En théorie, puisqu’un seul Triomphant est réellement déployé en temps réel.
        L’idéal serait d’en avoir deux en permanence, le savoir et le faire savoir, et compte tenu que les mers représentent 70% du globe, 2 fois 16 M51-2, soit 16 x 100 kt pour 10 000 kms, dissimulés et silencieux, me semble bien plus dissuasif dans une logique du « faible au fort ».
        On aurait 2 SNLE de plus pour le cout d’un PANG.
        Moins de prestige, mais plus d’efficacité si nécessaire.
        Le plateau d’Albion était une fierté, comme la Ligne Maginot.
        Son utilité à l’ère des GBU-57, MOP et similaires? Nulle.

        • Cricetus dit :

          @Franck
          L’intérêt de ces missiles enterré c’est qu’il « force » l’ennemie, pour s’en assurer la destruction, a attaquer le territoire avec des dizaines de tirs à basse altitudes… en tuant des millions de civils (victime collatéral) et donc a justifier des représailles massive…. et donc finalement à ne pas les attaquer (principe de la dissuasion).
          A contrario si une solution technique apparait un jour pour localiser les SNLE il sera possible de les détruire un par un sans déclencher de représailles nucléaires.

        • PK dit :

          C’est complètement faux : la dissuasion repose uniquement sur la résilience, et la meilleure façon d’avoir une résilience est de multiplier le NOMBRE et la FORME des vecteurs.

          1°) le nombre, pour palier une attaque plus ou moins ciblée, directe ou indirecte, ou bien une incapacité locale (refus des militaires de tirer en vrai : rigolez pas, aux États-Unis, cela a été testé et la plupart n’ont pas osé tirer !)

          2°) les formes, parce qu’un vecteur unique peut être paré. Il suffit que l’ennemi trouve une parade que l’on ne connaisse pas. D’autant plus qu’il n’existe pas de vecteurs invincibles qui marchent à tous les coups, SNLE compris.

          Donc la bonne dissuasion, c’est au moins 3 vecteurs, dont 2 sont en alerte prêt à tirer en permanence. Chacun de ces 2 vecteurs doivent être redondé a minima.

          Bref, faîtes le calcul, on en est très loin. On a une permanence unique à la mer via les SNLE : c’est tout. Un shoot heureux et pouf, on est en slip ! Les vecteurs aériens, terrestres et maritimes, décolleront à la demande et ne sont pas en position de scramble.

          L’intérêt d’Albion était d’avoir ce deuxième vecteur de permanence, vecteur qu’on aurait pu moderniser pour tirer en dépit des faiblesses humaines.

          Bref, on s’est tiré une balle dans le pied… pour changer.

          • Patatra dit :

            je ne comprends pas votre commentaire.
            Nous avons la permanence à la mer avec la Force Océanique stratégique
            et l’alerte nucléaire avec les Forces aériennes Stratégiques. Les deux prêtes à soit à balancer du M51 soit à décoller pour un raid nucléaire.
            Ceux sont donc bien deux composantes [CREDIBLES], avec des souplesses d’emploi techniques et diplomatiques bien différentes et donc complémentaires.
            De plus si un SNLE est toujours en alerte pour pouvoir remplacer celui en mer qui aurait un soucis technique, c’est bien que nous sommes en capacité d’envoyer rapidement un deuxième SNLE en mer en cas de crise.
            Cela me semble, cohérent, crédible et suffisant.

          • PK dit :

            @ Patatra,

            Nous n’avons qu’une permanence pour une frappe : le SNLE. Et encore, c’est une permanence qui a une réactivité  « longue » (on n’est pas en communication directe avec un SNLE. On pourrait en théorie atomiser la France sans qu’un SNLE ne soit au courant. Si le message ne part pas à temps, c’est foutu).

            La FAS n’est dispo qu’après avoir été alertée puis mise en œuvre : il n’y a pas de permanence (d’avions en l’air prêt à frapper). Il n’y a pas non plus de pilotes sanglés prêt à décoller (de mémoire, ils sont à côté). En théorie, il faut donc quelques minutes pour les prévenir, leur assigner une mission et qu’ils décollent. En pratique, ce temps laisse le temps d’une neutralisation (au sol par des commandos ou bien par une attaque préventive en l’air, pour ne pas dire une op combinée).

            Donc, en pratique, la défense de la France ne repose que sur un unique sous-marin qu’on ne peut pas joindre dans la seconde et qui reste malgré tout sujet à une attaque/panne/maladie à bord. Elle est secondée par la FAS avec un « gros » temps de retard.

            Pour être efficace, une défense de ce type doit être :

            – permanent en double (SNLE + FAS en l’air ou SNLE + Albion) plus une composante à réaction « lente » (avant c’était le rôle de la FAS, car ça coûte une blinde de maintenir en l’air une permanence aérienne)
            – multiplier les vecteurs pour s’assurer une difficulté d’attaque insurmontable à l’adversaire (donc au moins 2 SNLE + 2 avions de la FAS ou 2 SNLE + Albion (le site étant multimissile, il répond au critère, pour peu qu’il y ait du monde derrière chaque pupitre de lancement).

            Donc avec une permanence double et un support de second niveau, votre défense était à peu près assurée à 100% (le maillon faible étant alors le Président… Personne n’en parle, mais ça reste le point délicat : aura-t-il les couilles de se servir de sa malette ? Il peut être descendu, ainsi que sa malette (même si alors le CEMA devrait avoir les pouvoirs de prendre en charge la riposte nucléaire : là, je ne suis pas sûr du tout…)).

            Voilà, la crédibilité d’un parapluie nucléaire passe par la solidité de toute la chaîne : des armes et des vecteurs qui fonctionnent et une redondance empêchant tout grain de sable de bloquer le système.

            C’était quelque chose d’acquis. Cela ne l’est plus. Notre parapluie actuel est techniquement très faible.

        • Pravda dit :

          Plus d’efficacité en terme de dissuasion nucléaire, mais dans la vie de tous les jours, un PAN est plus utile.

    • Qui ça ? dit :

      Trop vulnérable ? Tout le site du plateau d’Albion était justement conçu pour résister à une éventuelle attaque nucléaire et pourvoir ensuite répliquer.

      J’ai eu la chance il y a une quinzaine d’année de faire une mission de plusieurs mois dans ce vaste complexe souterrain du plateau d’Albion pour le compte du nouveau propriétaire, le LSBB (laboratoire souterrain à bas-bruit). Le LSBB avait racheté le site mais l’armée n’avait pas laissé de plan des installations. Nous étions donc mandatés pour faire des relevés topographiques puis d’établir de nouveaux plans.

      Je me rappelle, c’était des kilomètres de tunnel qui faisaient régulièrement des coudes à 90% , une galerie anti-souffle en impasse pour « détourner » le souffle d’une éventuelle explosion nucléaire, plusieurs puits de sortie de secours, et tout au fond, un bunker qui contenait le poste de commandement de tir … On circulait avec un petit convoi électrique, et il fallait bien un bon quart d’heure pour atteindre le bout.

      En surface, j’ai pu visiter l’observatoire astronomique de Lagarde-d’Apt qui avait racheté d’anciens silos de tir du plateau d’Albion pour les transformer en site d’observation astronomique. Pareil, c’était blindé à mort pour résister à une attaque nucléaire et pouvoir répliquer.

      • philbeau dit :

        Absolument . Le Plateau d’Albion était inexpugnable . Davantage que les sites d’ICBM américains dispersé dans les prairies du Dakota ou du Missouri .

        • Cricetus dit :

          @philbeau et Quiça ?
          « Tout le site du plateau d’Albion était justement conçu pour résister à une éventuelle attaque nucléaire et pourvoir ensuite répliquer. »
          « Absolument . Le Plateau d’Albion était inexpugnable »
          Et non…
          Aucun silo, aussi durci soit il, ne peut résister à un coup directe.
          Une seule explosion de 1 mégatonne au niveau du sol pulvériserait plusieurs millions de tonnes de roches (silo compris) en formant un cratère.
          L’intérêt de ces missiles enterré c’est qu’il « force » l’ennemie, pour s’en assurer la destruction, à attaquer le territoire avec des centaines de tirs a basse altitudes… en tuant des millions de civils (victime collatéral) et donc a justifier des représailles massive…. et donc finalement a ne pas les attaquer (principe de la dissuasion).
          A contrario si une solution technique apparait un jour pour localiser les SSBN il sera possible de les détruires un par un sans déclencher de représailles nucléaires.

          • Cricetus dit :

            Précision: SSBN=SNLE

          • PK dit :

            Dans l’absolu, je dirais que c’est vrai : dans la réalité, je dirais que tirer un missile pour qu’il explose au niveau du sol n’est pas prévu et donc ne fonctionne pas. Je rappelle que pour maximiser les effets, une charge nucléaire pète à une certaine altitude. En la faisant péter au sol, les dégâts seraient amoindries de beaucoup.

            D’autre part, le souffle (l’énergie) se dirige toujours vers l’endroit où il y a moindre résistance. Donc dans l’air quand on fait péter au sol (c’est la raison pour laquelle quand on veut placer une charge sur des rails pour les bousiller il faut placer deux charges, pour un effet cisaille, sinon ça n’a aucun effet). On ne peut pas profiter de l’effet cinétique du missile et de l’effet de la bombe en même temps : c’est l’un ou l’autre.

            Donc creuser le sol avec un missile est pratiquement impossible. Avec une météorite, en revanche, oui, mais faut avoir pas mal de chance 😉

    • Ion 5 dit :

      @ le Suren
      « basés au sol » ne veut rien dire.
      Les russes ont la plupart de leurs missiles stratégiques qui se déplacent en permanence en train ou sur leurs lanceurs.
      – Difficile de savoir ou sont ils (les vrais pas les leurres inertes) en temps réel, dans l’immensité de leur territoire.
      Les autres occupent des silos « durcis’.
      – Il faut vraiment que les missiles nucléaires adverses tombent pile-poil dessus et non pas à quelques centaines de mètres près..

      Je n’aborderai pas les systèmes ABM, mais il est bon de savoir -quand même- qu’ils existent et ce, depuis assez longtemps déjà.

      La solution française est sans doute la meilleure pour nous, dans notre contexte économique, technique, géographique etc… Mais ce n’est certainement pas la seule.

      • Cricetus dit :

        @Ion 5
        « Il faut vraiment que les missiles nucléaires adverses tombent pile-poil dessus et non pas à quelques centaines de mètres près. »
        Au XXIe siécle ça doit le faire….

    • Plusdepognon dit :

      @ Le Suren
      Quand on a ferraillé nos Hades tout neufs (12 milliards de francs), les allemands et les polonais ont applaudis :
      https://www.penseemiliterre.fr/histoire-et-doctrine-d-emploi-de-l-armement-nucleaire-tactique-francais-1959-1996-2-2_244_1013077.html

      • Cricetus dit :

        Les Allemands sans doute, les polonais je ne crois pas. En tout cas je n’ai pas vu ça dans l’article cité.

  2. Frédéric dit :

    Et remplacer pendant quelques années les Minuteman III par des Trident II, cela n’est pas possible ? Ils ne sont pas compatibles avec les silos à missiles ?

  3. Raymond75 dit :

    Comme on dit en France, cela va relancer l’économie 🙂

    14 SNLE de 24 missiles de plusieurs têtes nucléaires (un seul SNLE peut détruire toutes les grandes villes d’un continent) , 450 missiles sol sol nucléaires, 100 bombardiers stratégiques nucléaires pouvant activer plusieurs missiles de croisière nucléaires : les USA ont vraiment les chocottes !!! Non : il s’agit uniquement d’engraisser le lobbie militaro-industriel.

    • Frédéric dit :

      Encore un qui n’a lu que le titre. Raymond 75, que dit l’article ? SUPRESSION des ICBM envisagé.

    • Math dit :

      Si on simule sérieusement, non, ce n’est pas si efficace que ça. Entre les ratés et les interceptions, ça fait déjà moins mal. De plus, une partie des frappes n’est pas destinée aux villes, mais aux infrastructures industrielles et militaires. Il faut de la masse.

  4. Harambe dit :

    Les autres nations nucléaires peuvent s’offrir des sol-sol (mobiles et silos), mer-sol (surface et sous-marins) ainsi que des air-sol (bombardiers et chasseurs).
    Les américains et leur budget à 700 milliards par an ne vont pas prendre les autres pays pour des cons en disant qu’ils n’ont pas les moyens d’entretenir leur triade nucléaire et vont se passer des bombardiers et silo terrestres?

    • Math dit :

      L’érosion du potentiel des US est dû à plusieurs guerres ruineuses au MO et à des programmes de construction de matériel géré non en fonction de la nécessité mais de l’hubris. Ça se paie un jours. Dépenser de l’argent dans le domaine militaire était pour eux une manière de donner le cap au pays, de continuer à se voir grands et unis. Tout le monde voit que l’union n’y est pas

  5. philbeau dit :

    On ne voit pas très bien quelle sécurité supplémentaire quelques B2 (les B 52 ne sont plus à proprement parler des vecteurs de dissuasion , même s’ils restent redoutables pour des actions ponctuelles en appui d’une « diplomatie de la cannonière ») apporteront , en l’état , aux missiles à terre ou embarqués sur les SNLE américains . D’autant que , selon les rares informations les concernant , ils sont ,comme tous les furtifs , coûteux à mettre en oeuvre de par les restrictions qu’exigent les cellules (et les peintures spécifiques) . à consommer avec modération . Mais cette réflexion stratégique de l’état-major US montre le retard qui a été pris par les américains en matière de mise à niveau des moyens . Malgré les budgets faramineux de la défense . Manque de vigilance sur la situation mondiale , pertes en lignes gigantesque d’opérations extérieurs calamiteuses comme l’Afghanistan , et focalisation étroite sur des programmes hasardeux mais puissants vecteurs de communication , et de vente pour le complexe militaro-industriel , le F 35 étant emblématique .

    • AirTattoo dit :

      Aujourd’hui, il n’y a que les B-52 G/H qui sont capable de tirer des missiles nucléaires (le AGM-86B ALCM), le B1B Lancer ne peux plus et le B2 c’est uniquement les deux bombes a gravité B61-12 LEP et B83 donc autant dire inutile.

      Réactiver la posture nucléaire ce sera que les B52 G/H et les quelques 747-CMCA si le projet repart avec peut être une évolution block 17 pour les B1B Lancer afin de regagner la capacité de prendre des AGM-86B.

      • LEONARD dit :

        @AirTattoo
        Tenir compte des délais. Nous sommes dans la phase d’acceptation par le Congrès, d’un nouveau programme ballistique, dont la mise en service est prévue pour 2030/2035. Celà signifie que les Minuteman sont toujours opérationnels jusqu’à cette date et même durant la partie déploiement du GBSD.

        2030/2035 et au delà, celà correspond avec la mise en service du B21. Les B1 seront au boneyard, et les B52 en cours de les rejoindre.

        Ce que dit ce général, c’est donc que si le GBSD n’a pas l’aval du Congrès, il devra commander plus de B21 pour les maintenir en alerte, ce qui serait la seule façon d’avoir une capacité de contre-riposte USAF à faible préavis. Le sous-entendu est: « Vous n’économiserez pas 100 Milliards en shootant le GBSD, à moins de modifier la posture nuc, parceque les B21 supplémentaires + les tankers + les missiles aéro, ça coûtera toujours un bras.

    • vno dit :

      Les B52 sont en fait toujours d’excellents vecteurs associés à des missiles à tête nucléaire. Conception ancienne, utilisant des pièces facile à recréer avec les machines d’aujourd’hui et « peux » couteuses. Pouvant depuis leur remotorisation voler plusieurs jours en ravitaillant en vol et impossible à suivre autrement que par intermittence. Les B2 du fait de leur coût et de leur maintenance, ne sont utiles que pour des missions nécessitant d’approcher les défenses anti-aériennes avec de l’armement non nucléaire.

    • philbeau dit :

      Pour compléter mon propos , la prise de conscience du côté politique en Amérique :https://www.meta-defense.fr/2021/04/23/le-congres-americain-menace-directement-le-programme-f35/

  6. Naledi dit :

    Pour peu que le budget dérape on aurait un bombardier à 1 milliard. Gloups…

  7. Muse dit :

    Personne pour nous dire que les militaires français ont besoin et réclamment des silos ?

  8. wololo dit :

     » les armes hypersoniques sont susceptibles de changer la donne ». Un M51 rentre dans l’atmosphère a Mach 25, bon c’est wikipedia, mais a priori rien de nouveau, des missiles qui détruisent tout et sont imparable, ont sait faire en France, aux USA, en Russie et surement en Chine depuis pas mal de temps.

  9. Matt dit :

    Oui et non.
    aujourd’hui mieux vaut avoir un petit nombre de vecteurs de lancement mobile qu’une pléthore de site fixe.
    Question coût et logistique le petit nombre l’emporte toujours.

  10. Clavier dit :

    Le meilleur moyen d’user jusqu’à la corde des jouets coûteux et de faire monter le taux d’accidents …..
    l’amiral se comporte au fond comme nos experts en covid ……..faire peur, c’est une politique efficace !

  11. Polymères dit :

    Cet article démontre une nouvelle fois que le coût de la dissuasion nucléaire est énorme, non négligeable et que ce qui se faisait durant la guerre froide n’était pas « normal ».
    On fait souvent l’erreur de prendre cette période comme une référence pour dire « qu’avant on avait… » mais à cette époque la menace était autre, les investissements étaient autres, l’URSS s’est écroulé en partie par cette spirale militaire qui cherchait à jouer avec les américains à celui qui a la plus grosse, sauf que l’un avait une économie qui supportait bien mieux des dépenses militaires au point de maintenir voir d’augmenter les budgets avec une part de PIB se réduisant pour le militaire, quand l’URSS sans une économie comparable avait un effort militaire pesant jusqu’à 35% du PIB en 1991.

    Il faut bien comprendre que si depuis des années les russes et les américains s’accordaient l’un et l’autre pour réduire leurs volumes de tête nucléaire, de vecteurs, ce n’est pas simplement pour amorcer une détente, réduire l’ampleur de l’apocalypse nucléaire en cas de guerre, mais bien par ce que ces deux pays sont incapables de renouveler ce qu’ils avaient accumulés durant la guerre froide et que bon nombre de missiles, de têtes nucléaires sont dans un état d’obsolescences et qui bien que « présentes » sur un papier, ne sont pas une réalité opérationnelle.
    De la même façon aujourd’hui, bien qu’ils aient d’un côté comme de l’autre mis une pause dans ces réductions, que d’un côté comme de l’autre on fait mime de se « réarmer » tout en jouant psychologiquement sur des armes « nouvelles » qui sont sensées également compenser une diminution du potentiel nucléaire, ben ces deux pays sont encore totalement disposé à s’accorder pour qu’un accord donne aux deux partis, l’opportunité de supprimer bon nombre d’éléments de leur dissuasion qui coûteraient une fortune sans pour autant paraitre en position de faiblesses. On voit bien du côté russe que la dissuasion depuis plusieurs années glisse sur des éléments bien plus conventionnels, la communication et les médias feront leur travail de propagande pour en faire une force dissuasive. Hier on avait des missiles balistiques nucléaire pour la « menace russe » aujourd’hui on va parler de missiles sol-air, sol-mer, sol-sol, mer-mer, air-sol classique, non nucléaire. Cette dissuasion conventionnelle est « compensatoire », les démonstrations de forces des grands exercices sont compensatoires à une dissuasion nucléaire qui semble importante et dissuasive sur le papier mais qui l’est beaucoup moins dans la réalité. Un missile comme le Boulava a été admis en service alors même qu’il n’avait pas une grande fiabilité dans ses essais (plus d’échecs que de réussites) et que ce n’est que ces dernières années que ce missile a acquis son potentiel, les russes ne manquant pas de vouloir « démontrer » que ça marche et que leur dissuasion est opérationnelle, que le missile est opérationnel, là aussi par des tirs bien médiatisés de plusieurs missiles, notamment par salves. Mais s’ils font cela, c’est que la situation était très problématique pour la dissuasion sous-marine russe depuis des années, ils le savent mieux que nous et cette réassurance dans les démonstrations sert également en interne, car le pouvoir russe a « besoin » de se montrer fort contre l’étranger pour pouvoir être fort à l’intérieur. Si l’Afghanistan a participé à l’effondrement de l’URSS, c’est que ce conflit a montrer que l’armée rouge n’est pas si puissante que cela, donc que le pouvoir ne l’est pas non plus et il en faut pas plus pour retourner les esprits. Donc comprenons bien les gesticulations militaires de la Russie, comprenons qu’elle n’est pas l’URSS, comprenons que son pire ennemi c’est son peuple, que la guerre à l’étranger comporte énormément de risques intérieurs si ça va mal et que c’est aussi pour ces raisons qu’elle préfère les attaques indirectes (qu’on nomme guerre hybride), que ce soit sur internet, via ses mercenaires, ses services secrets, ses médias.

    Cet article montre que du côté américain, la problématique est la même. On a beau toujours faire les gros yeux avec leur budget militaire, pourtant il n’a rien d’exceptionnel, il est en rapport à leur économie (pour un pourcentage du PIB), de la même façon que ce n’est pas le Luxembourg qui va dire que la France dépense des sommes folles pour son armée en prenant ses dépenses en exemple.
    Mais malgré ce budget important, on voit que la dissuasion nucléaire est contraignante. Ils sont eux aussi en difficultés pour continuer « comme avant », donc pour renouveler au nombre ce qu’ils ont. Quand ils veulent ici mettre les bombardiers dans la boucle nucléaire, ce n’est pas pour augmenter leurs capacités nucléaire, mais pour compenser la perte d’un volume capacitaire terrestre qui diminue et qui sera assurément la première « cible » à réduire en cas de nouvel accord avec la Russie. Pour le remplacement de la classe Ohio (SNLE) qui sont actuellement 14 (+4 qui sont en version porteur de missile de croisière) on aura un successeur prévu à 12 exemplaires, donc une baisse quantitative.
    Pour les bombardiers, c’est un peu la même histoire, ça coûte une fortune, le nombre de remplaçants sera sans doute inférieur au nombre de remplacés et quand on voit comment ça tire sur le B-52 (comme les russes avec le Tu-95), on comprend que la création d’un nouveau programme est problématique car très coûteux.

    Donc oui la dissuasion nucléaire américaine s’est réduite et va encore se réduire, c’est aussi le cas des russes. Oui ces deux pays cherchent à garder une dissuasion sérieuse et à légitimer une réduction de leur potentiel nucléaire et surtout on voit aussi que face à la Chine, qui elle semble augmenter ses capacités (du moins en terme de vecteurs), les américains jouent avec les russes pour forcer à l’intégrer dans un programme qui limiterait cette croissance chinoise qui se ferait en opposition aux réductions des deux grands rivaux de la guerre froide.

  12. Jule dit :

    C’est la qu’on voie que la dissuasion nucléaire française et très limité de par le fait qu’on et très dépendant de la composante maritime… Il nous faudrait une composante terrestre ou des bombardier comme les US furtif et qui servirait à la dissuasion nucléaire permanente avec des missile de croisière nucléaire, mes le problème c’est qu’il nous faudrait le budget des US en réalité, le notre et beaucoup trop limité….

    • PK dit :

      Je vais vous dire un secret, mais chut : ne le répétez à personne. La France a aussi des bombardiers nucléaires…

    • Thierry dit :

      On pourrait toujours récupérer des B52 ou B2 d’occasion, autant dire qu’avec ça notre dissuasion serait nettement plus convaincante ! et nous placerait même devant la Russie qui n’a toujours pas ce genre d’équipement.

      • Harambe dit :

        Les américains ont préféré mettre au placard le F117 plutôt que vendre d’occasion ou neuf à ses propres alliés, alors les B52 et B2, faut pas trop rêver surtout que l’un comme l’autre ont trop peu d’exemplaires disponibles et ne sont plus produits..

  13. Thierry dit :

    A court terme cette réactivation de mise en alerte permanente me paraît utile, les armes hypersonique ne changent rien à l’équation des ICBM, et du bouclier anti-missile tout à fait efficace, mais nous faisons face à deux régime dictatoriaux dur (Russie et Chine) qui n’hésiteraient pas une seconde à militairement exploiter une faille ou une erreur, on l’a vu avec leurs hackers.

    Le mieux c’est donc de leur faire comprendre qu’ils n’ont aucune chance d’éviter une riposte s’ils vont trop loin, ce qui devrait les rendre moins ambitieux quand à leurs revendications territoriale envahissante ! Ils n’arriveront pas à se faire une popularité sur notre dos, qu’ils le sachent, donc il leur faudra affronter leur propre population sans se défausser sur nous.

    • Mat49 dit :

      @ Ma biquette tu n’es pas crédible quand tu veut te faire passer pour un français qui soutient son pays alrs que sur d’autres files tu prêches la haine de la france et la défaite de son armée au Sahel face… au groupe auquel tu appartiens!

      Bon ramadan sinon!

      • Thierry dit :

        La défaite de l’armée française au sahel ???? là je crois que c’est votre oeuvre, vous avez déposé le copyright.
        Quand à la soit disant haine de la France invoqué contre tous ceux qui ne sont pas islamophobe ou raciste, va falloir trouver autre chose car bientôt cette guerre là sera fini et vous ne pourrez pas accuser toute la France de la même sempiternel rengaine usé jusqu’à la semelle.

        D’ailleurs qu’est ce qui vous empêche d’exprimer votre amour immodéré pour la France en faisant votre paquetage au lieu d’y envoyer les autres…vos amis jihadistes n’attendent que vous, ils adorent l’ultradroite, comme Macron il n’y a que la gauche qu’ils combattent en France. (Charlie hebdo, les fonctionnaires, etc).

  14. Nexterience dit :

    2021, année du démonstrateur du planeur hypersonique français.

  15. Nexterience dit :

    Pour rappel, l’article le plus intéressant de ce site de ces deux dernières années. Et curieusement peu commenté.

    http://www.opex360.com/2019/09/15/outre-planeur-vmax-la-france-cherche-a-developper-un-aeronef-combat-hypersonique/

  16. Vroom dit :

    Ben voilà une idée quelle est bonne…. remettre en l’air du missile nucléaire dans des vieux vecteurs, le meilleur moyen de risquer des crashs ici et là….. C’est déjà arrivé alors que les avions étaient récents, alors maintenant….