Thales va renforcer les capacités françaises de lutte anti-sous-marine avec les bouées acoustisques SonoFlash

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32 contributions

  1. ji_louis dit :

    C’est très bien mais… Quand la portée de détection en passif sur un sub s’exprime en centaines de yards, la taille du plan d’eau s’exprime en milliers de kilomètres. Juste pour rappeler que les patmar ne partent pas à la pêche sans un minimum de renseignement (ou de plan tactique).
    Avec ces chiffres, le patmar est comparable au guépard (l’animal): il rentre bredouille 9 fois sur 10, mais il peut tuer sa proie dès qu’il y a contact.

    • Pour Info dit :

      On va dire qu’en actif/passif TBF, en plus multistatique, c’est un « peu plus » que quelques centaines de mètres. 😉

      • ji_louis dit :

        Je sais bien qu’en actif, la portée de détection est bien plus grande (et je ne donnerai pas les ordres de grandeur). Il n’empêche que:
        – Un barrage de bouées passives écouté 100% de la durée de vie des bouées mesure moins de 50 nautiques (je suis volontairement très large pour ne pas donner d’indication trop précise).
        – Les bouées actives peuvent localiser un sub à bien plus grande distance, mais le sub les entends au moins deux fois plus loin et peut adapter sa route et sa profondeur en conséquence (d’autant qu’il connait mieux la bathythermie locale que le patmar et les surfaciers).
        – Un sub nucléaire (coucou, c’est nous) pourra essayer de contourner à vitesse rapide un dispositif évident d’écoute pour protéger la route d’un convoi (les équipages de sub ne sont pas plus cons que ceux de la surface, et vice-versa) alors qu’un sub classique ne peut pas se le permettre (pas de pointe de vitesse suffisante).

        En conclusion, un attelage patmar-surface pourra à peu près sécuriser la route d’un convoi (ou d’une flotte) contre un ou plusieurs subs classiques (italien, grec, turc, israélien, égyptien, algérien, espagnol pour la Méditerranée *) , mais il faudra jouer avec les probabilités contre un ou plusieurs subs nucléaires (français, russe, américain).

        * Je ne sais pas si les sub classiques sous pavillon russe viennent jouer en Méditerranée.

        P.S: Un patmar en accompagnement d’une flotte la « protège » sur l’avant, et là où les surfaciers demandent à combler les « trous » de détection (qui dépendent de la bathytermie, c’est à dire de la température de l’eau selon la profondeur, parce que cela conditionne la propagation du son, et donc sa perception). Quand c’est pour protéger le porte-avions, cela complique le contrôle aérien (mais « on » sait faire).

        • précision dit :

          les subs classiques russes viennent très largement en méditerrannée. Sans doute plus que les nucléaires, car il n’y a pas de nuc dans la flotte de mer noire, or c’est celle-ci qui navigue en général du côté de la Syrie- en écornant au passage un peu la convention de Montreux, semblerait-il. Leurs autres flottes ont d’autres priorité en général.

        • mich dit :

          Bonjour , on a souvent tendance à se plaindre des comentaires ,mais là c ‘est nickel !

  2. ji_louis dit :

    Pour être un peu moins hors sujet: Comment se fait-il qu’il faille attendre encore 4 ans pour avoir ces bouées en dotation, d’où viennent ces délais si la bouée est déjà conçue?

    • PK dit :

      Il a fallu 10 ans à la DGA pour qualifier la mini-gun M-134, une arme adoptée depuis des dizaines d’années par des tonnes d’armées.

    • Franz dit :

      Merci pour votre commentaire précédent, pas du tout hors-sujet et intéressant pour les béotiens. Pour le délai de livraison, certes important si le marché a vraiment été notifié, il s’agit probablement d’un choix du MinArm : le délai nécessaire pour consommer l’existant.

      • ji_louis dit :

        Cela fait des années que je ne suis plus de la partie, mais la marine nationale n’a jamais eu l’habitude d’avoir des années de stock en matière de bouées acoustiques (consommables par nature). Je crois davantage le commentaire précédent mettant en cause les processus (ou les disponibilités) de la DGA.

      • Ysgawin dit :

        Outre les stocks, il y a peut-être aussi un marché d’achats qui courre encore sur quelques années et qu’il faut honorer sous peine de devoir payer des dédommagements en général assez importants.
        Et outre la conception, avant de passer à la livraison il ne faut pas oublier la phase d’industrialisation et la mise en place de la (ou des) chaine(s) de production. Ca aussi, ça prend du temps…

    • Loufi dit :

      Sans parler des 70 ans pour se rendre compte qu’il valait mieux produire en France qu’acheter aux US (années 50-2025). Ils comprennent vite mais il faut leur expliquer longtemps

  3. Patatra dit :

    Ce n’est plus le loup qui chante, mais la meute qui hurle.
    Allez… Vive nous, cocorico.

  4. AirTattoo dit :

    Pour moi l’avenir c’est le Drone sous-marin de détection, réutilisable.
    J’ose pas imaginer le nombre de bouée acoustique au fond des mers… Pollution !!!

    • précision dit :

      Je ne sais pas à quel point c’est polluant, mais j’ai aussi pensé au gâchis et aux ressources ainsi consommées en pure perte.
      D »un autre côté quand on voit que certains de nos alliés en commandent par multiples de 100.000, pour 1Md de dollars…
      J’espère au moins que la puissance est suffisamment faible pour ne pas causer de dégâts sur les mammifères marins et autres habitants des mers.

      • ji_louis dit :

        Une bouée acoustique, active comme passive, c’est quelques kilos répartis en:
        – quelques grammes de composants électronique, protégés contre l’humidité relative des zones de stockages, mais pas du tout prévus pour résister plus que quelques heures à l’eau salée marine,
        – un corps en aluminium de quelques millimètres d’épaisseur,
        – quelques kilos de fils électriques pouvant être déroulés de la surface à la profondeur d’écoute,
        – une pastille de sel pour saborder la bouée,
        – un à quelques kilos de batterie fonctionnant grâce à l’eau de mer !

        Dans les années 80, en Atlantique, la marine avait promis une compensation aux pêcheurs qui lui ramèneraient les bouées acoustiques qu’ils trouvaient. L’expérience a tourné court assez rapidement, les pêcheurs avaient tendance à les ramasser alors même que les patmars étaient en train de s’en servir.

        Enfin, dans la structure de coûts de fonctionnement d’un patmar, le plus cher (et de loin) est d’abord le carburant.

      • Gandalf dit :

        « J’espère au moins que la puissance est suffisamment faible pour ne pas causer de dégâts sur les mammifères marins et autres habitants des mers. » : On est loin de la puissance d’un SLASM

        • ji_louis dit :

          Une bouée active utilise un transducteur (à la fois un micro et un haut-parleur) de quelques centimètres, il n’est pas possible d’y faire passer la puissance d’une chaine hi-fi ou celle d’un sonar de coque.

    • Jepassaisparlà dit :

      Je ne suis pas sur que vous comprenait bien les usages entre des bouées aerolarguable au milieu de l’océan par un PatMar pour de la lutte ASM et un drone sous-marin qu’il faut déployer et retourner chercher (et ne pas perdre au milieu de l’océan). C’est comme dire « Pour moi l’avenir c’est la voiture électrique, les avions ça pollue » essayez de traverser l’Atlantique en voiture (électrique)…

    • ULYSSE dit :

      @Air tattoo. yes. l’avenir c’est entre autres, les planeurs sous marins équipés d’hydrophones,que l’on peut achminer sur zone par navire ou par voie aérienne (aérolargables) et capables d’ y demeurer plusieurs jours , voire plusieurs semaines.

      A ce sujet la capacité de largage de l’A 400 M par sa rampe arrière serait très intéressante pour des bouées sonoflash ou des drones sous marins. On peut tout à fait imaginer le travail en coopération d’un avion de patrouile type Falcon X6 ou X9 équipés d’un électronique ASM dédiée et d’un A 400 M porteur de bouées et de drones sous marins.

      • ji_louis dit :

        Un planeur sous-marin ne peut communiquer qu’en surface (quelques minutes toutes les 4 à 24 heures), càd moins de 1% de son temps actif. Donc il ne peut pas servir à chasser un sub, tout juste à dire « il est passé aux environs de là, à telle heure ».
        Les chinois s’en servent par dizaines pour étudier la bathythermie des océans Indien et Pacifique, c’est fait pour ça.

        Une bouée acoustique n’est utile que quand elle est écoutée, le patmar en transporte plusieurs dizaines par mission au dessus de l’eau. Elles sont sabordées si le sub est déjà passé, pour libérer la fréquence radio.

        Un drone sous-marin, c’est lent (sauf les torpilles), ça n’est pas consommable, donc il faut rester pas trop loin pour le commander et le récupérer. Pas d’emploi pour un patmar, mais plutot pour un dragueur/mouilleur de mines, ou de l’espionnage GE / ASM.

  5. Daniel BESSON dit :

    Cit : [ au total, entre 4.500 et 7.000 exemplaires par an ]

    Question 1 : Combien ont été récupérés pour rétro-ingénierie ? :0)

    C’est comme mes casiers à homards avec transpondeur US que j’ai mis au point à la fin des années 90 pour mes amis braconniers Québécois !
    Une fois le circuit découvert par la Garde Côtière le codage sur 8 bits ne résistait pas longtemps ….
    Tiens ! Je vais en relancer une version programmable pour mes amis Brésiliens en Guyane ! ;0)

    Question 2 . Dispose t’on d’un réseau SOSUS ou un équivalent comme  » Harmony  » ?

  6. Fred dit :

    Qu’est-ce qu’elles deviennent ces bouées (on en retrouve pas sur les plages). Programmées pour couler ? Peut-on les récupérer ?

    Je serais curieux de connaître le prix unitaire.

    7000/an, je ne m’attendais pas à un tel chiffre.

    • précision dit :

      je crois que dès 1942 le principe était que la flottabilité soit assurée par des substances solubles de sorte que la « bouée » coule une fois utilisée.
      Il me semble que le prix est de quelques centaines voire un millier d’euros… (contrat US=1Md pour près d’1M de bouées de différents types).

      Un avion en lance quelquees dizaines par mission ASM.
      https://seapowermagazine.org/navy-awards-billion-dollar-sonobuoy-contract/

    • tschok dit :

      J’ai trouvé ça;https://www.colsbleus.fr/articles/11235

      Si on peut récupérer une bouée acoustique dédiée à l’écoute des baleines dans l’océan antarctique, pourquoi pas des bouées destinées à la chasse aux sous-marins?

      Et si on les récupère pas, programmées pour faire gloup, je suppose.

    • themistocles dit :

      Elles coulent au bout d’une durée programmée à l’avance ,variable de 1 à 8 heures selon le type. Il faut compter environ 1500 à 2000€ pour une bouées passive et 5 à 7000 € pour une bouée active. CE sont des ordres de grandeur, le prix peut fluctuer. Il est clair que les sonoflash multifonction ne vont pas être données. Un avion de patrouille maritime peur dépenser jusqu’à une centaine de bouée par vol. Après les gestionnaires champions de tableau excel autoproclamés experts en lutte ASM vont vous démontrer qu’on largue moins de bouées parce qu’elles sont vachement plus meilleures que les autres, que comme on ne fait pas de stock on économise sur la peinture de la porte du dépot etc… Que les sonoflash c’est Armageddon, Thor, et St George réunis etc…. Au final, ca reste une bouée acoustique, on va en larguer plein, on en aura jamais assez ( comme toujours).

      • breguet dit :

        Merci Themistocles pour le prix…J’avais gardé en tête un prix de l’ordre de 3000 F à l’époque pour une passive et très chère pour une active…Mon record à la grande époque des pistages dans l’Atlantique Nord en Atl1: 117 bouées passives larguées pendant un pistage avec un client rusé et prudent. la relève US en panne, il nous a fallut prolonger à l’endurance max pour garder le contact et transmettre au suivant…Voyants bas niveaux pétrole allumés à l’atterrissage!!!…12 heures de vol….Que de souvenirs…

    • Fred dit :

      Merci.

  7. Thierry dit :

    les bouées acoustiques ont fait les belles heures de la guerre froide dans l’Arctique qui en était truffé à l’époque soviétique pour détecter tout lancement nucléaire de sous marin.

    Technologie utile, mais pas nouvelle, reste à voir le ratio quantité-qualité, est-ce qu’une seul de ces nouvelles bouées remplace plusieurs autres pour un prix égal ou inférieur, ou est ce ça coûte plus cher ?
    vu la taille des océans, la quantité compte forcément, les bouées sont du consommable, il ne faut pas non plus y mettre une fortune mais couvrir quand même une grande surface, . Donc à voir.

  8. Chris-Tof dit :

    Pour le délais, il y a en partie l outil de fabrication. Il faut le concevoir, le fabriquer et le qualifier. Pour avoir travaillé chez Sagem à l époque des viseurs du tigre (STRIX), le nombre d outillage, pour l assemblage et le contrôle du viseur s élevait à presque une centaine. C est du militaire, il ne faut pas l oublier. Pour la moindre vis, il y a un mode opératoire pour la pose, le serrage et le contrôle.

  9. werf dit :

    Leur détection dans les principales « routes », notamment dans la Baltique, les condamne encore plus vite que leur durée de vie. Pour moi, c’est un matériel dépassé, compte tenu des progrès réalisés dans la détection sous marine par d’autres moyens. Mais bon, on s’en apercevra dans 4 ans… Quant aux résultats positifs donnés par ces matériels, même les américains ne veulent pas les donner car ils sont « epsilon »…