Le groupe israélien Elbit Systems a mis au point un obus de mortier à guidage laser et GPS

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46 contributions

  1. R2D2 dit :

    « Il s’agit d’un programme très complexe et d’un système révolutionnaire »
    j’ attends de voir le prix par obus…

    • Maxx dit :

      J’allais faire la même remarque !!!

    • AirTatoo dit :

      heu … pas si révolutionnaire que ca, ca existe déjà sur les obus tank, artillerie, bateau, bombe avion.
      La partie GPS, je trouve son utilité discutable… le point GPS étant plutôt sur les cibles fixes non mobiles alors qu’on attend d’un mortier de traiter des cibles d’opportunités en appui feu et souvent mobiles.
      Pour la partie laser, ca va avec la politique du drone qui serait l’illuminateur ou avec les commandos, voir les soldats de demain.
      Par contre oui, le prix doit être beaucoup plus haut pour la munition, pour une utilité a mon sens discutable..

    • Henri MARTIN dit :

      Vous avez en partie raison, mais quand on voit la baisse des matériels informatiques en quelques années on peut être optimiste ! De plus la technologie ne s’arrête jamais, elle est même le nerf de la guerre et elle nourrit les progrès civils.

      • Clavier dit :

        N’exagérons rien quant à la baisse du prix du matériel militaire …les trois Zumwalt de l’aveu même de la NAVY n’utiliseront jamais leur artillerie principale à cause du coût de la munition tant vantée …….

      • 에르메스 dit :

        La baisse c’est fini depuis le confinement et ca mettra du temps avant de se revoir à la baisse, si ça arrive.
        .
        Néanmoins, les capacités de calcul nécessaire pour ces systèmes sont aujourd’hui bien moins coûteux qu’il y a 10 ans.

    • Fred dit :

      Oui, tout à fait, c’est là le « hic » de la dialectique. Plus brouillage possible du GPS ou masquage poussière ou fumée (…) pour le laser.
      Par ailleurs, je pense qu’il faut comprendre « Laser ou GPS », les deux étant redondants.

      Mais quelque obus en réserve, dans les cas ou un tir au but direct est intéressant (cible de valeur), ce n’et pas à rejeter ; mais noter toutefois qu’il faut un opérateur de plus pour le ciblage laser, ce qui augmente notablement le coût de possession, même sans utilisation.

  2. les pays naïfs qui sont contre Israël sont des pleutres même les ricains ne sont pas aussi inteligent

  3. Orion dit :

    L’intérêt d’un obus est entre guillemet son prix à l’utilisation.
    Plusieurs milliers d’euros contre le million pour un missile de rafale.
    Si on se met à faire des obus guides par GPS (on se rapproche d’ailleurs du missile dans ce cas) son intérêt devient moins évident.

    Sans remettre en cause son intérêt tactique.
    Les coups au but sont plus facile. Sans compter que son utilisation ne nécessite plus un pointeur et un chef de groupe de qualité.

    « un ptit rouge dans un grand vert ».

    • 에르메스 dit :

      Vous comparez un obus avec 5 à 20km de portée (Même en admettant un 155 de 60km) avec un missile de croisière de plus de 400km de portée, et sans prendre en compte la portée du vecteur (avion).
      .
      Ce n’est pas sérieux du tout…

  4. blavan dit :

    Espérons que ce système ne sera pas donné à des mains terroristes , on imagine le dégât potentiel en centre urbain si la précision est optimum. Ce qui rassure c’est la taille du véhicule nécessaire à la mise en oeuvre du système, a priori du lourd.

    • Rémi Mondine dit :

      Je ne vois pas pourquoi.
      Pour un terroriste tiré á l’aveuglette est sufisant pour l’effet de terreur.
      Une trop grande précision diminue l’effet en permettant aux gens de rationaliser le choix des cibles.

  5. jo666 dit :

    sachant que la munition exacto date de 2008, je ne vois rien de révolutionnaire … et dix ans pour ça lol . heureusement que la munition bonus date de 1997

  6. chill dit :

    une munition morale utilisée par l’armée la plus morale du monde qui respecte les normes juridiques et morales de l’état le plus moral de la galaxie, c’est beau, j’en ai la larme à l’œil

  7. jyb dit :

    – C’est une des leçons tirés par tsahal de la guerre de 2006. J’évoquai la semaine dernière cette mise à niveau de l’artillerie dans le constat que les brits là aussi roulent à gauche…en délaissant l’artillerie.
    – on notera que nethanyaou a sorti le joker de l’antisémitisme quant à la décision de la cpi. c’est le nouveau point godwin. un temps la shoah représentait le mal absolu et l’indicible. Primo levi et hannah arendt avaient craint et prédit chacun à leur manière cette « banalisation » du mal. Ils seraient probablement surpris de constater que les fossoyeurs sont nethanyaou et consorts.

    • Un Sapeur dit :

      Bien parlé JYB

      • fabrice dit :

        L’armée israélienne « se met à niveau »…pardon j’ai rigolé.
        Merci aussi de remettre « à niveau » les Juifs pour qu’ils comprennent le sens du mot antisémitisme. Pendant que vous y êtes quelques conseils pour « mettre à niveau » Israël concernant la gestion du covid….
        Jyb ose tout, ça fait plaisir…
        Concernant la CPI, c’est bien gentil, mais la Justice israélienne ne reconnait pas la CPI, concrètement les accusés israéliens, la CPI compte les arrêter comment surtout s’ils ont des passeports diplomatiques ?

    • Fred dit :

      Bien des éléments concourent aujourd’hui à augmenter l’efficacité de l’artillerie :
      – obus Bonus, chers mais dévastateurs sur une concentration de blindés ; obus très précis si besoin
      – augmentation de la portée (tubes, munitions spéciales culots améliorés, ailettes, ou propulsion additionnelle)
      – porteurs blindés et rapidement déplaçables (contre artillerie)
      – surtout, récemment, numérisation du champ de bataille, multiplication des senseurs : drones, radars à synthèse d’ouverture, localisation électronique, satellites

      Par contre, face aux drones, il faudra renforcer la défense AA des unités d’artillerie.
      Et les armes anti-obus (lasers, missiles, canons) vont diminuer leur efficience (d’ou l’intérêt de pouvoir saturer ces défenses avec des obus peu chers, et donc plus de tubes).

      • jyb dit :

        @Fred
        exact. c’est la quadrature du cercle qui annulerait le gain d’une munition de précision. avec dans le cas de tashal la contrainte d’une zone de combat urbanisée à plus de 80%.

      • Sempre en Davant dit :

        C’est là que le choix de placer le mortier dans une « baignoire » fut elle blindée est étrange: c’est ouvert a tout les coup et aussi peu adapter à la ZU que possible.

        De plus cela soumet le châssis au choc du départ du coup. Pour le VBMR mortier ce sera le même problème.

        Pourquoi ne pas avoir développé un mortier automatique « en sac à dos » posé au sol le temps du tir? Cela protègerait l’engin porteur. Avec un procédé d’éventement régulant la pression dans le tube pour éviter d’avoir a placer les réglages de charge et un chargement automatique? Cela protégerait les servants.

        Une tourelle ferait subir au châssis la même pression du départ en plus de sa masse (encore que plus c’est lourd plus c’est adapté en suspensions etc.) Alors quoi? Réduire la masse donc la puissance de l’obus? Donc le calibre mais il faut la place pour le guidage. Au moins un blindé fermé conserverai la capacité à combattre en mouvement.

        Pour préserver le mouvement en zone urbaine l’avantage du mortier serait de pouvoir atteindre par dessus sans détruire les immeubles et obstruer les voies. C’est effectivement concevable avec une ville numérisée du guidage et de la désignation.

        Le coût global en vaut’il la chandelle comparé a un drone portant une charge équivalente ou a un missile capable d’adopter une trajectoire « par le haut » ?

        A bien y réfléchir un bazooka, un RPG, un missile ne sont pas essentiellement des armes antichar qui, …, mais des armes qui échappent au contrainte du recul au point de pouvoir être employés par un homme ou un VL.
        Encore faut’il que ceux ci ne soient pas détruits ou tués pour pouvoir employer leurs armes.
        Les drones viennent priver le combattant a pied de zone protégés.

        En empêchant l’usage de ces moyens discriminants par une plus grande menace sur le fantassin on valorise le bon gros barrage d’artillerie obus, Katioucha , bombes etc. Et la destruction totale des villes ou le siège avec privation d’eau de vivres etc. redevient l’option simple.

        La portée d’un obus de 120 est elle suffisante pour utiliser ce système a une distance permettant de protéger les servants même dans un M113? A combien de départ de coup le M113 peu-t’il résister?

        • jyb dit :

          @sempre en davant
          – sans oublier les canons sans recul qu’on a vu dans la bataille de mossoul et qu’on voit actuellement à l’oeuvre au yémen.
          – tirs à distance de sécurité ? c’est aussi la question. c’est le retex des guerres contre le hezbe et le hamas qui a initié cette recherche mais il a fallu dix ans pour aboutir, et en dix ans il y a eu syrte, mossoul et marawi qui ont bien changé les paramètres de l’usage de l’artillerie en contre-guerilla.
          En tous cas si on reste sur le cas d’espèce israélien avec un champ de bataille qui représente un rectangle de 25km sur 45km, c’est totalement cohérent.
          Le constat des artilleurs israéliens était « on a balancé 180 000 obus pour tuer peut etre 5 ennemis avec un effet dramatiquement contre productif sur les opinions ». Donc on devrait substantiellement diminuer le nombre d’obus, reste à voir l’effet produit au vu de l’effet recherché.

  8. HMX dit :

    Le principe d’une telle munition ne semble pas révolutionnaire (les obus d’artillerie guidés existent depuis un moment…), même si l’hybridation GPS + laser doit donner à cette nouvelle munition une très haute probabilité de coup au but.
    Pour limiter les dommages collatéraux en zone urbaine, ce type de munition a de l’avenir. On devrait d’ailleurs songer à en équiper nos forces pour cette raison, NEXTER ayant quelques arguments à faire valoir dans ce domaine. Les forces spéciales pourraient aussi être des « clients » intéressés par un obus de mortier à haute précision.
    En revanche l’article est muet sur le prix d’une telle munition… ce prix étant vraisemblablement stratosphérique, ce qui fait que son utilisation sera réservée aux « grandes occasions »…

    • Thaurac dit :

      Cela reviendra toujours moins cher que de faire venir un avion de tataouine (heure de vol) , et larguer une munition guidée qui coûte un bras!
      De plus ,là , le mortier de 120 est monté dans un véhicule mais je pense qu’il peut fonctionner sur tous les mortiers tractés, par exemple

      • 에르메스 dit :

        Votre mortier peut aller dans la profondeur sans s’exposer au moindre troufion au sol ?
        .
        Comparez ce qui est comparable, 2 systèmes de 2 environnement répondant à 2 besoins TRES différent et complémentaire, pas en concurrence.

    • Plusdepognon dit :

      @ HMX
      Pour le petit gibier, appelé « barbu massacreur », on va en rester à l’économique :
      https://www.forcesoperations.com/le-mortier-m6-dhirtenberger-retenu-par-le-ministere-des-armees/

  9. John, prof de méca/génie climatique dit :

    Juste pour faire avancer le débat:
    1. Soit il y a le coût de fabrication, mais
    2. Il y a aussi le coût logistique: stockage et transport (par pour rien que le civil est à flux tendu, stocker, ca coûte cher).
    Avec une munition plus précise, moins de stock et donc moins de moyens de transport.
    Surtout que les précautions à prendre avec une munition ne sont pas les mêmes qu’avec un stylo à bille (par exemple).
    Il faudrait donc passer au chiffrage et nous n’avons pas toutes les données et compétences pour le faire.
    Au plaisir de lire des contributions intéressantes (pour M. Lagneau: ne vous fatiguer pas. Je filtrerai les trolls)
    Cordialement

  10. John, prof de méca/génie climatique dit :

    (Pour la qualité de futures contributions:
    Comment fait-on un retour chariot sur ce blog?
    J’ai essayé enter et alt + enter mais ca ne fonctionne pas
    et comme on ne peut pas prévisualiser un commentaire …
    Quelqu’un a une solution?
    Merci par avance)

  11. PK dit :

    On aurait aimé en savoir plus… notamment la précision 😉

    • Thaurac dit :

      Vu les images de la vidéo….

    • Fred dit :

      D’après les images, ça déchire ; mais avec une cible bien plate et réfléchissante, avec un pointeur laser, c’est normal (CF. l’encadrement de la cible avec de l’aluminium :o)

  12. Ghostrider dit :

    @ air tatoo … désolé mais il vas falloir sortir de votre manuel doctrinaire ?? ne pensez vous pas ? … vos postulats sont pas faux mais ils ne doivent pas limiter ou enfermer l’emploi d’une arme pour des raisons normatives, culturelles, ou doctrinaire. ..  » on attend d’un mortier qu’il traite etc …  » STOP pas besoin de vous ériger ainsi en référent. Si l’intentionalité, l’environnement et la cible changent qu’importe .. si on est plutôt sur du sur mesure, avec une limitation drastique des effets collatéraux , désolé mais la roquette de 120 mm GPS/laser serait toujours plus rentable que les autres munitions et balistiquement avantageux … c’est le rendement et le cout,

  13. Thierry dit :

    intérêt très mitigé
    le mortier est une arme à tir indirect comme l’artillerie et donc la cible n’est pas visible du sol en général, il faut un drone ou avion pour pointer le laser ou caler la localisation gps avec précision, hors il serait plus simple de tirer des missiles air sol depuis les airs que d’y pointer un laser pour après faire tirer au mortier.

    Pour l’artillerie lourde en revanche ça devient utile, un obus guidé c’est bien moins cher qu’un missile ou même une bombe à guidage laser, la cible peut recevoir une grande quantité d’obus si nécessaire.

  14. Michel dit :

    Ce n’est pas une nouveauté Thales ex Thales Brandt Armement bosse dessus depuis plusieurs années et sera prochainement opérationnel pour le Grifon doté d’un mortier de 120….les Israélien sont en avancent car ils ont un besoin opérationnel plus rapide compte tenu du contexte régional…..
    Voir le sujet du Griffon porte mortier de juillet 2019 sur opex 360…..

  15. Michel dit :

    Complément mortier 2R2M sur le griffon…

  16. Laurent dit :

    ce qu’en dit le site israelien menapress.org

    (j’ai enlevé les photos, elles sont visibles sur le site)

    Une nouvelle arme vient de terminer ses essais dans le Sud et va très rapidement passer au stade de la production en chaîne chez le géant israélien pluridisciplinaire Elbit Systems. Cela fait déjà quelques années que les chercheurs et développeurs israéliens ont habitué le monde à leurs découvertes à la limite de la science-fiction, que ce soit le Dôme de Fer, capable d’abattre des obus et des roquettes en plein ciel, ou la Flèche, le Khetz, qui peut intercepter des missiles balistiques en dehors de notre atmosphère, ou encore le Manteau coupe-vent, un procédé de défense active, qui fait exploser les missiles ennemis avant qu’ils n’atteignent nos chars ou nos Jeeps.
    La Piqûre de Fer, le dernier né de l’industrie israélienne de l’armement, jure avec les innovations précédentes, car il s’agit de la déclinaison de l’une des armes les plus communes du champ de bataille et depuis pas mal de décennies. Après le fusil-mitrailleur, le mortier ou lance-mines est en effet l’outil de guerre le plus répandu dans toutes les armées du monde, y compris les organisations terroristes ou les mouvements de guérilla. De plus, relativement aux autres systèmes de combat, il est extrêmement économique, à peine quelques centaines d’euros pour le mortier, le tube-le lanceur, et pour l’obus de mortier, le projectile qu’il lance.

    Il faut aussi préciser que, jusqu’à la semaine dernière, lorsque les images produites par le ministère de la Défense se sont mises à circuler, le mortier était considéré comme l’artillerie du pauvre. Il fallait généralement tirer un bon nombre de salves (des soldats aguerris peuvent en tirer plus d’une vingtaine pas minute) avant que l’une d’elle ne menace réellement l’objectif visé. Jusqu’à ce moment, les mortiers, une arme très imprécise, pouvaient occasionner des dégâts collatéraux effrayants.

    Mais c’était mieux que rien, surtout si l’on disposait de plusieurs tubes. Avec un peu de chance et d’expérience, on pouvait arrêter la progression d’une unité légère de l’adversaire, attaquer un groupe de soldats isolés, et cela nous donnait une chance de sauver notre peau face à un ennemi supérieur en nombre et en équipement.

    L’autre avantage étant qu’il est possible de poser l’un de ces tubes n’importe où, sur un 4×4, un transport de troupes blindé, et même au sol, sur le dos des soldats. Votre serviteur compte ainsi des dizaines de kilomètres de balades avec cette pièce d’équipement sur l’épaule. Ca n’était pas mon plus grand amour et cela ne reste pas mon meilleur souvenir.

    Il faut croire que nous sommes un peu masochistes dans ce pays, car nous sommes probablement la dernière armée à équiper nos chars, les Merkava, avec un mortier court, également appelé mortier de commandos, de 60mm, disposant d’une petite trentaine d’obus dans l’habitacle.

    Nous les utilisons principalement afin d’extraire le tank d’un risque d’encerclement, lorsque son lourd canon devient pratiquement inutile face à des fantassins trop proches de l’engin, et protégés par des obstacles contre les tirs tendus des mitrailleuses du Merkava.
    C’est la principale limite d’un char, il ne peut tirer qu’à tirs tendus. Il suffit dès lors qu’une colline de quelques mètres s’interpose entre l’ennemi et vous pour qu’il devienne inefficace.

    Dès lors, les moyens de frapper l’adversaire sont les bombardements aériens, les canons d’artillerie et certains missiles relativement sophistiqués. Mais jusqu’à ce que les avions ou les hélicoptères interviennent, vous avez largement le temps de vous faire tuer plusieurs fois, notamment par les obus de mortier de l’adversaire. Même problème avec votre artillerie lourde : elle n’est pas toujours à proximité, elle a parfois d’autres chats à fouetter, se meut péniblement et se met en place lentement.
    L’idéal serait de disposer d’obus de mortier « intelligents », mais cela appartenait au monde des rêves des soldats. Du moins jusqu’à la semaine dernière…
    Cela vient de ce que le mortier est à peine dirigeable au moment du tir. En fait, on vise sa cible uniquement grâce à l’inclinaison du tube qui détermine sa portée (distance de tir), et en choisissant une charge propulsive plus ou moins importante.
    De plus, une fois que le projectile est parti, on n’a plus le moindre contrôle sur lui ; sa trajectoire dépend entre autres des phénomènes météorologiques, particulièrement du vent, et vu qu’il est dépourvu de moyens de guidage, il n’est pas rare qu’il explose à des centaines de mètres de l’objectif que vous vouliez éliminer.
    Or si vous installez des ailerons et des ordinateurs sur l’obus et au sol, vous en faites un missile, et c’est comme inventer l’œuf ou la poule, l’ordre n’a pas d’importance, l’idée est que vous inventez quelque chose qui existe déjà.
    Il fallait être israélien pour se mettre en tête de transformer un obus de mortier, caractéristiquement plus bête qu’un fauteuil de cinéma, en une arme de haute précision. Ca leur a pris dix ans, comme l’a admis le chef de l’Administration pour le Développement des Armes et des Infrastructures Technologiques du ministère de la Défense, Yaniv Rotem. Ils ont douté mais n’ont jamais baissé (ou levé, cela revient au même) les bras.
    Et la semaine dernière, comme on le voit sur cette vidéo, lors des tests, entre un kilomètre et douze de distance, on a chaque fois oblitéré la cible. Ce que je vous raconte a l’air simple, mais c’est l’une des plus grandes évolutions de l’art de la guerre, en tout cas depuis que Sir Wilfred Stokes, en 1915, mit au point son trench mortar [ang. : mortier de tranchée], qui devint le premier mortier moderne, après les mortiers de sièges, qui étaient utilisés depuis le XVIIème siècle. Les poilus français le baptisèrent le crapouillot, à cause de sa forme disgracieuse qui rappelait à des hommes très fatigués la forme d’un crapaud.
    La vidéo des essais : https://youtu.be/wJ3qZcjyUFU
    Revenons au XXIème siècle, pour constater que l’évolution représentée par l’introduction de la Piqûre de Fer va modifier toute la conception des conflits, à partir déjà des prochains mois. C’est comme si chaque petite unité disposait désormais de sa propre artillerie mobile, et que celle-ci était aussi précise que les missiles Tamouz, mais pour une fraction du prix et avec une flexibilité incomparable.

    La Piqûre de Fer, Oketz Plada en hébreu, est guidée de deux façons : par GPS – exactement le même système que celui que vous utilisez dans votre véhicule ou sur votre téléphone portable – et/ou par faisceau laser.
    Le recours au laser est intéressant pour deux raisons. Premièrement, parce qu’il est possible pour un adversaire de brouiller le signal d’un GPS, et secondement, parce que le faisceau laser peut être dirigé sur la cible par une multitude de vecteurs, allant d’autres soldats possédant un lien visuel avec l’objectif, des avions ou des hélicoptères, des drones, des positions reculées, et d’autres encore, que je ne citerai pas. Bien évidemment, ces données, dans les armées modernes, sont partagées par tous ceux qui en ont besoin, aussi bien sur le terrain, dans les airs, ou même à partir de Tel-Aviv ou de New-York.

    Et même sans me trouver dans le secret des dieux, je puis vous assurer que, s’ils le décident ou si leurs chefs le font à leur place, les soldats sur le front n’auront qu’à introduire l’obus dans le tube et le réglage, largement automatisé, se fera en buvant son café à… Tel-Aviv, à New-York ou en vacances à Honolulu.
    Nous nous trouvons en plein dans la conception de la guerre prônée par une personne que nous apprécions beaucoup à Métula, s’agissant du chef d’état-major de Tsahal, le Général Aviv Kokhavi. L’introduction d’Oketz Plada va multiplier la létalité du mortier au moins par cent, avec un taux de coups au but, jusqu’à 12km de distance, qui approchera rapidement du cent pour cent. Dans le même temps, cette nouvelle arme va réduire très sensiblement le nombre de victimes collatérales durant les conflits.

    Comme le désirait Kokhavi, la première frappe, basée sur les repérages du Renseignement militaire, occasionnée par des centaines de Piqûres de Fer réparties dans une multitude de petites formations de commandos et d’infanterie, va infliger une gifle terrible à l’ennemi, que ce soit le Hamas à Gaza ou le Hezbollah au Liban. Cette nouvelle invention pourrait même déterminer le sort de la bataille lors des toutes premières heures du conflit. Avec, de plus, un inconvénient qui devient un avantage : le fait que le vol d’un fauteuil de cinéma soit totalement incontrôlable après son envol par celui qui l’envoie, le rend imbrouillable par celui qui les reçoit.
    Ce nouveau succès de la technologie israélienne a amené le ministre de la Défense Benny Gantz à la même conclusion que la nôtre : « L’intégration de la Piqûre de Fer dans l’Armée israélienne », a dit l’ancien chef d’état-major, « correspond à la vision présentée dans le plan pluriannuel de révolution de Tsahal qu’est Tnoufa. Il répond également aux besoins de Tsahal, en adaptant les capacités de combat pour lutter contre des ennemis cachés dans des environnements civils et urbains, tout en respectant les normes juridiques et morales fixées par l’Etat d’Israël ».
    « Tnoufa » signifie en hébreu l’évolution. C’est la traduction du plan « Momentum » mis au point par le Général Kokhavi et ses experts.
    Les tests des dernières semaines ont été réalisés avec des tubes de mortiers Cardom [héb. : hache] qui sont en service dans Tsahal depuis de nombreuses années. D’après les ingénieurs, une très petite modification a suffi pour leur permettre de tirer les Piqûres de Fer. Ce sont ces tubes que l’on voit sur les illustrations de cet article et la vidéo. On a aussi utilisé pour effectuer les tirs un transport de troupes M113 américain, rebaptisé d’un nom de femme, Zelda, qui a été introduit dans l’Armée américaine en 1961.
    C’est indubitablement pour montrer à tout le monde – et je vous assure que le monde est nombreux aux balcons – que l’emploi de la Piqûre ne nécessite pas d’investissement dans le matériel périphérique. Qu’il s’agit d’une arme d’emploi rustique, comme l’apprécient les militaires, et que le secret de l’invention, le cerveau, se trouve ailleurs. Et que, de plus, il ne prend pas beaucoup de place.
    L’annonce de cette arme révolutionnaire intervient – comme parfois le hasard fait bien les choses ! – au moment où l’Armée américaine est en train de choisir son nouveau mortier, qu’elle utilisera dans les années à venir. Un marché de milliards de dollars. Et comme c’est étrange aussi, Oketz Plada possède un calibre de 120 millimètres, exactement comme les tubes américains existants. Et les véhicules sur lesquels ils pourraient être principalement montés sont les Strykers et les AMPV, qui sont déjà adaptés afin de recevoir des systèmes israéliens, en l’occurrence les Manteaux coupe-vent, que j’ai brièvement mentionnés en début d’article.

    Mais l’argument principal n’est pas là. Il repose sur cela qu’aucun système n’est capable, non pas de réaliser, mais d’envisager de réaliser ce que fait cette Piqûre de Fer. Et je peux même vous confier que dans nombre d’autres armées, comme dans le cas du Dôme de Fer, on n’imaginait pas qu’il était possible de transformer un obus de mortier en arme de haute précision. Pour vous dire toute la vérité et rien que la vérité, moi non plus, je ne l’avais jamais imaginé.

    • Thierry dit :

      dans un conflit de haute intensité, l’obus de mortier « intelligent » est un inconvénient majeur car il fera repérer la batterie de mortier qui s’exposera à un tir de contre batterie.

      Que ce soit par GPS ou Laser le mortier doit être en liaison avec un autre vecteur, et donc de remonter la source pour le localiser.

      A noter qu’il existe déjà plusieurs type de radar acoustique pour repérer les tirs de mortier, canon et roquettes :

      https://artillerie.asso.fr/basart/article.php3?id_article=1046
      (le radar cobra détecte jusqu’à 40km)

      Le mortier israélien y ajoute un nouveau moyen de repérage pour plus de précision dans la localisation du tir de mortier, et donc sa destruction.

      Du coup les piqures de fer qu’ils les gardent contre le covid…

  17. Frédéric dit :

    Les obus de 155 guidés par GPS sont désormais la norme dans l’artillerie occidentale. Les obus guidés par laser date des années 80 – le Krasnopol russe date de 1988 par exemple -, la c’est surtout la miniaturisation et la combinaison des deux systèmes sur un calibre plus petit qui est remarquable.

  18. Gper1 dit :

    Le coup au but garanti économise considérablement les volumes nécessaires pour traiter un objectif. D’où l’intérêt malgré le coût plus élevé et la complexité rajoutée. Cela permet une sortie de batterie avant l’arrivée sur objectif et surtout une longévité opérationnelle avant recomplément largement supérieure. Que des avantages tactiques! En allant plus loin imaginons de compléter au niveau de la section un mortier de ce type en calibre 81 voire 60 avec des drones laser de petite dimension. Et voilà l’infanterie capable en toute autonomie de supprimer à distance de 2000 m dans tout environnement toute arme d’appui adverse sans coup férir ! Intéressant, non?

  19. James dit :

    L’étape suivante, c’est un obus de mortier qui peut entrer dans une grotte et prendre le « bon » couloir pour arriver sur la cible!
    Suis déjà très loin… 🙂

    • Fred dit :

      … Un amortisseur de choc, qui permettrait d’insérer dans l’obus une colombe avec un rameau d’olivier entre les dents ?

    • PK dit :

      ça s’appelle un missile, mais on a encore un peu de mal avec le GPS dans les milieux confinés 😉

  20. Max dit :

    L’électronique embarquée est sujette l’importation de l’industrie en terres rares !
    La guerre froide entre USA et Chine a fait bouger cette dernière sur sa capacité à faire pression sur les approvisionnements.

    • Fred dit :

      Les « terres rares » sont tout, sauf rares* ;o)
      On en trouve à peu près partout dans le monde, y compris en France.
      On les achète en Chine, parce-que leur exploitation/raffinage est soit très polluant, soit très onéreux.

      .
      * c’est comme la Mer « de Chine »

  21. basstemp dit :

    Certes ça ne concerne qu’Israel mais de toute façon on sait très bien que la même logique gangrène nos futures capacités a pouvoir assumer un conflit symétrique long avec une autre grande puissance comme la Russie ou la Chine du fait qu’on est devenu incapable dans notre bloc occidental a pouvoir maitriser des couts pour développer des armes efficaces futuristes …

    Car on se doute d’avance : Cet obus guidé va encore couter un bras et la réalité future sur le terrain, ça sera un obus qui ne pourra être tiré qu’avec parcimonie pour rester dans des budgets ne s’envolant pas jusque dans l’espace pour taper 3 bédouins et 2 tondus a mobylettes beuglant des « a la ouqbar »

    Pendant ce temps, des puissances régionales comme la Turquie, développe des mini-drones tueurs potentiellement très efficaces pour des budgets infiniment moins chers !

    Après, je ne dis pas que nous ne devons pas développer des systèmes d’obus guidés, non je dis simplement : A quoi bon, développer ces machins si on est trop pressés et qu’on ne prend pas le temps d’attendre une certaine maturité industrielle dans divers composants et sous composants nécessaire a ces technologies , de sorte a attendre que la faisabilité a des prix sensiblement + mesurés soit possible

    Car le voila, ce futur éceuil technologique qui pourrait (et peut être + rapidement que je l’imagine encore …) nous rendre vulnérable dans le futur contre des pays comme la Russie, la Chine, la Turquie et même l’Inde :

    Le fait que nos méthodologies occidentales impose des développements et des productions ultra couteux et notre propension a toujours vouloir tout innover au point qu’il ne devient plus possible de développer des armements qui ne coutent pas un bras pour chaque munitions tirées

  22. Patrickov dit :

    encore un truc qui ne servira à rien, sinon pourquoi se font ils dans le froc face à un pays comme l’Iran

  23. Félix GARCIA dit :

    Aurora Intel@AuroraIntel
    #Israel|i Ministry of Defense says it has successfully completed a test of the new « Advanced Iron Dome » System. Simulating the interception of multiple UAVs, rockets and missiles.
    Video released of the successful test.
    https://twitter.com/AuroraIntel/status/1371813194814124035