En remplaçant le BSTAT par le BM2, l’armée de Terre réforme le parcours de ses sous-officiers

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16 contributions

  1. Fred dit :

    Sans faire du syndicalisme mal placé, une réforme profonde et équitable de la politique salariale serait tout aussi nécessaire voir profitable.

  2. Nicolas dit :

    Le contenu des FG2 étant déjà une blague, faire passer cette farce encore plus vite à des sous-officiers déjà trop jeunes pour leurs responsabilités va encore décrédibiliser un peu + la valeur du BSTAT.

  3. Nasser dit :

    Une réforme de bon sens qui colle avec les besoins actuels de l’ADT. Le passage en grade lié à l’obtention des diplômes est également une bonne chose. C’est cohérent et ça devrait gommer cette « angoisse de passer le BSTAT ».

  4. Pidestu dit :

    Pas d’augmentation de salaire? On paye si mal les chiens…

  5. Sam dit :

    Je suis toujours admiratif de la novlangue ministérielle. Les gars arrivent à nous expliquer que plus le boulot est complexe, moins on va former les jeunes !

  6. Plusdepognon dit :

    Personnellement, je trouve que le commentaire de @ Jean la Gaillarde sur un sujet connexe resume bien la situation :

     » Je suis encore dans l’institution militaire, donc je le vis au quotidien. J’ai ma fille qui s’est engagé en 2015, après les attentats, pour 4 ans, dans la Marine Nationale (3 OPEX sur le CDG). Donc je pense savoir un peu de quoi je parle.

    De plus je suis gradé supérieur en gendarmerie et je vois arriver les jeunes.

    Les jeunes sont moins rustiques que nos anciens, mais ils sont tout autant méritant. La seule chose que l’armée n’a pas encore compris, mais jusque là, ça l’arrangeait, s’est que le jeune ne s’engage pas pour faire une carrière complète. Il est instruit, il a des diplômes, mais, pour l’instant, il n’y a pas beaucoup de boulot.

    Donc il s’engage, mais, il a en ligne de mire, le fait que s’il trouve autre chose, cela ne le gênera pas, de partir pour rebondir ailleurs. Ce concept, ma génération, nous ne l’avions pas.

    Je dirais même que le fait de quitter une zone que l’on considère comme « confortable » (une solde, un boulot, un carrière possible) nous a plus ou moins retenu de tout quitter pour faire autre chose. Aujourd’hui, la mentalité des jeunes a évolué. Cela ne les gêne pas, de quitter l’institution, et de faire autre chose.

    Alors jusque là, l’armée y trouvait son compte (Rationalisation de la masse salariale) avec un turn-over important, une armée jeune, avec une rémunération basse. On puise dans les meilleurs pour le noyau de sous-off et d’officiers.

    Le problème vient maintenant du fait que ces jeunes sous-officiers n’hésitent plus à partir (6 ans – 9 ans) pour rejoindre soit d’autres institutions (passerelle) soit rejoignent le civil qui est demandeur de gens ayant une certaine discipline, voir, une certaine expérience dans l’engagement.

    Ce qui cré une rupture capacitaire dans l’encadrement. Le bouche à oreille fonctionnant très bien, les jeunes voient des sous-off ne pas faire carrière et donc, ne sont pas attirés par cette armée, donc le recrutement devient de plus en plus erratique, avec une baisse de niveau, qui engendre un ras le bol de l’encadrement, qui jette l’éponge et s’en va …. bref le cercle vicieux se met en place.

    Si on change nos méthodes pédagogiques, nos objectifs sur le soldats, son aménagement de carrière et une solde améliorée, des missions claires et valorisantes, on aura un recrutement meilleur qualitativement et quantitativement, avec des sous-officiers de valeurs qui resteront car ils auront une vision de leur avancement possible et valorisé. Si on apporte une aide au niveau de la famille pour les crèches ou pour l’épouse au niveau de son emploi, on va pouvoir fidéliser mieux en rendant l’attrait du métier dans un curseur de confort familiale.

    Le goût de l’aventure, l’adrénaline des combats, la prise de risque, les copains …. ça c’est au début puis s’il n’y a que cela, et bien, cela ne fera pas une carrière.

    Voilà ce que j’en pense. »

    Avant de faire signer des contrat de soldat jetable ce qui est valable aussi pour les sous-officiers, car le temps où BSTA= SOC (sous-officier de carrière) est fini depuis longtemps, il faudrait qu’il y ait quelque chose au bout :
    https://lessor.org/a-la-une/les-propositions-de-lancien-mr-pensions-des-armees-pour-peaufiner-la-reforme-des-retraites-des-militaires/

    Donc, après il faut se reconvertir:
    https://theconversation.com/amp/reconversion-professionnelle-lautre-parcours-du-combattant-des-militaires-151157

    Au niveau du recrutement, vous me croirez si vous voulez, mais 30% des candidats pris viennent des JDC.

    Avec l’épidémie de Coronavirus, je pense que l’on a touché le fond :
    http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2020/11/20/la-journee-defense-et-citoyennete-jdc-reprend-mais-en-ligne-21641.html

  7. Vroom dit :

    Une réforme similaire est en cours pour la spécialité du contrôle aérien dans l’AA, je ne sais pas si elle va se propager aux autres spécialités. Le but est de faire passer les grades plus rapidement en fonction des étapes professionnelles du contrôleur, pour améliorer « l’ordinaire ».
    Plutôt qu’une réforme indiciaire, on passe les grades plus vite. En fonction des notations bien sûr, mais avec une trajectoire optimale, un jeune peut devenir adjudant-chef en presque 12 ans de service. Dans un domaine où l’expertise et l’expérience prennent des années à se bonifier, une activité aérienne en baisse qui ne facilite pas justement l’acquisition rapide de ce savoir, des garde-fous pour la sécurité aérienne qui ont été sapés en espérant rattraper l’importante déflation des cadres ( motivée par la pointe de la pyramide !) , nous allons vite avoir des chefs de travées avec peu d’expérience.
    Et il y a aussi quelques réjouissances pour les vieux, mais la discrétion est de mise parait-il, alors je ne m’étendrai pas sur le sujet.
    Enfin bref, l’amélioration de la solde par des passages de grades rapides pour espérer fidéliser les jeunes, plutôt qu’une réforme indiciaire.

  8. Tilsit dit :

    Bur, commentaire très complet. J imagine que d autres dans l institution l ont eu…mais comme partout il faut le temps de virer! Merci pour ce com.

  9. papy dit :

    Etrange de voir si peu de commentaires concernant les sous-officiers.

  10. DRAILLET dit :

    Toujours moins pour toujours plus ,je pense que la méthode n’est pas bonne, pour que cela se passe bien il faut blanchir sous le harnais à l’Ancienne quoi !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

  11. werf dit :

    J’espère que l’on se préoccupe en haut lieu de l’après OPEX, la fin du beurre dans les épinards, car il va falloir bien payer, pour les conserver, les meilleurs dans tous les domaines. Cela passe par une diminution drastique des officiers généraux et supérieurs,trop nombreux comme les personnels d’état major. Le graal ce n’est pas la quête du grade c’est d’abord la compétence. C’st bien beau de vouloir une armée prête, un jour, pour la haute intensité mais il faut du muscle et des neurones à tous les niveaux, y compris les soldats du rang, car l’AI ne sera pas là en opérationnel de grande ampleur avant 30 ans! Et même alors, il faudra des hommes et femmes capables de les maîtriser pour leur donner des ordres…

  12. olivier gonnet dit :

    je pense qu avant cela c etait le cte cme ct1 cm1 ct2 cm2 /cva 1 cva2 nous permettait d être de carriere puis en majorité terminer major !!! bon courage les petits gars !!

  13. Aldo dit :

    Faire et défaire.
    Que reprochez-t-on à la très ancienne méthode : CM 2 + CT 2 = BMP 2
    Les cerveaux musclés de la nouvelle mouture peuvent ils m’expliquer ?

    • Inagui dit :

      On lui reproche d’être trop lente, l’armée subit une véritable hémorragie de sous-officiers, désormais la moitié des sergents ne vont pas au delà de leur 5 ans initiaux et refusent le BSTAT pour revenir dans le civil ou passer en gendarmerie. Les raisons sont multiples, moyens, solde totalement ridicule, évolution très lente si vous ne faite pas l’EMIA.
      Du coup l’armée perd ses spécialistes et sous-off d’expérience, l’armée devient trop jeune, beaucoup trop.
      Il convient donc d’en venir à un système qui garantie une évolution rapide permettant de combler les trous?
      Les MDR ne sont pas épargnés, les taux d’attritions frôlent des records et bien peu parmi les EVAT dépassent les 5 ans de services.

  14. Sempre en Davant dit :

    Le sujet couvre tellement de réalités différentes qu’il est bien difficile d’être cohérent.

    Vu la rareté des Mdl Chefs, et le nombre de Mdl qui se faisait virer pour faute ou à bout d’insuffisance au bout de 7,8,9 ans.
    Vu le creux dans la pyramide des âges chez les sous offs était impressionnant à la fin de la conscription : plus de millieux plus de Chefs…

    Quoi que la promesse du « bâton de maréchal dans la musette » soit un fondamental de notre AdT, il y avait quand même un excès de disparition des MdL valables entre l’EMIA ou les stages et un excès dans la protection qu’il recevait vis a vis des affectations casses carrières au contact des zozos.
    Les SAF? Présent deux trois semaine an au Régiment. Des escadrons comptant au moins 1 MdLChef? Moins de la Moitié.

    A moins que St Maixent n’est trouvé une potion magique, comment expliquer qu’alors que dans les années 90 1/4 des MdL peut être devenait SOC et maintenant tout le monde serait « bon pour faire un Major »?
    Il est vrai que ce n’est plus l’époque du « content de vous revoir, combien de fois avez vous été dissous cette année? » m’enfin…

    M’enfin c’est plutôt la re création du grade de Sergent Major qui me serait venu à l’esprit.
    Pour ceux qui ne sont pas au niveau pour devenir SOA puis CdS. Par ce qu’il existait aussi des MdL un peu lents, un peu ternes, pas aptes pour passer d’un groupe 12 pax à plus que cela mais pourtant fiables, rigoureux et apte sur toute la gamme de leur grade et de leur statut de sous officier.
    Un pendant des CplChefs Adl et des Cdt maintenus au delà de la limite d’âge du grade.

    Par ce que c’est le dernier aspect « caillou dans la chaussure ». Les Sous Offs sont de plus en plus présentés comme des spécialistes. Cela ne vas pas! Au sortir de St Maix le sous off doit être sous off. Il doit le rester tant qu’on en fait pas un Off.
    S’il n’y avait pas eu la ressource de sortir ceux d’Issoire de leurs ateliers bien peu de régiments aurait tenu debout.
    Et finalement ceux ci étaient souvent plus « militaire » et « sous off » que les chefs de char ou autres.

    Tout fini par ressembler a la FPT qui compte des A++++ par pleine divisions et des Généraux d’Armée de pompier professionnel dans chaque département. Le café des officiers pinpon c’est Hollywood Boulevard rien que des étoiles?

    La fin de la catégorie D de la fonction publique qui donnait des gendarmes OPJ aura fait presque autant de mal que le dogme du 80% d’une classe d’âge au Bac. Le gendarme qui faisait ses 17 ans avec une passion pour son métier et sans ambition hiérarchique serait devenu un mauvais sujet. où et quand?

    La mauvaise ambiance ne seraient pas des causes plus importantes de l’attrition des troupes?
    En favorisant le maintien des mauvais on a jamais gardé les bons.
    Que recherche t’on? Des Majors chanceliers qui range au coffre chaque soir le TTA 150 Mdle 1952, sous papier de soie, hérité d’un illustre prédécesseur qu’il tient pour « le régalement »?

    Si un AdjChef quitte l’Armée quand il en a fini avec les sections opérationnelle il me semble qu’il doit avoir assouvi sa vocation complètement. A faut qu’il reste pour être Majordisé !?! Oh ! Faut’il le menotter au radiateur ou au tiroir du bureau? C’est le Major qui s’en charge ?

    Si jeunesse savait si vieillesse pouvait.