La Grèce voudrait disposer de ses premiers avions de combat Rafale dès 2021

« L’heure est venue de renforcer nos forces armées. […] Il s’agit d’un programme important qui formera un bouclier national », a déclaré Kyriakos Mitsotakis, le Premier ministre grec, lors d’un discours prononcé à Thessalonique, le 12 septembre. Ce qui passe donc, a-t-il annoncé, par l’acquisition de 18 avions de combat Rafale auprès de la France ainsi que par celle de quatre frégates et le recrutement de 15.000 soldats supplémentaires.

Ces annonces ont été faites alors que les tensions entre la Grèce et la Turquie sont montées d’un cran, ces dernières semaines, notamment après l’envoi, sous escorte militaire, d’un navire de recherche sismique turc dans la zone économiques exclusive revendiquée par Athènes.

Lors de son discours du 12 septembre, M. Mitsotakis n’a pas donné les détails sur les commandes militaires qu’il venait d’annoncer. Il s’y est employé le lendemain, lors d’une conférence de presse. Ainsi, s’agissant des Rafale, il est question de six appareils neufs et de douze autres d’occasion, prélevés sur la dotation des forces aériennes françaises. Cela étant, il n’a pas précisé la version des avions concernés.

Actuellement, l’armée de l’Air et la Marine nationale disposent de Rafale au standard F3, c’est à dire d’avions dotés du radar Thales RBE2 AESA [à antenne active], d’un nouveau détecteur infrarouge de départ missile [DDM-NG] intégré au système SPECTRA [Système de protection et d’évitement des conduites de tir du Rafale] ainsi que des capacités accrues en matière d’emport d’armements.

La possibilité que la France puisse céder 12 Rafale d’occasion circule depuis plusieurs moins maintenant. Elle avait en effet été évoquée pour la modernisation des forces aériennes colombiennes, en novembre 2019, de même que, plus récemment, pour celle de l’aviation militaire croate.

Quant aux six Rafale neufs évoqués par le Premier ministre, il appartiendront certainement au standard F3R, c’est à dire qu’ils auront notamment la capacité d’emporter des missiles air-air Meteor qui,ui, associés au radar RBE2 AESA, peuvent détruire des cibles à une centaine de kilomètres de distance.

Pour Dassault Aviation, ce mélange de Rafale neufs et d’occasion ne changera rien : l’industriel et ses sous-traitants auront 18 avions à produire pour la bonne raison qu’il faudra remplacer les appareils prelévés sur la flotte française.

Reste la question de savoir si cette commande permettrait à Dassault Aviation de combler le ‘trou’ de deux ans et demi sans crédits programmés pour des livraisons françaises, soit entre mi-2024 et 2027. « Nous sommes en train d’étudier le meilleur moment pour lancer ces commandes, pour assurer non seulement la continuité des activités de l’entreprise Dassault mais aussi de tous ses sous-traitants qui sont derrière », avait dit à ce sujet Florence Parly, la ministre des Armées, le 30 août dernier.

Car, en effet, la commande que va négocier la Grèce est pressée, M. Mitsotakis ayant affirmé que les premiers Rafale – très probablement d’occasion – seraient attendus dès 2021, ce qui ne laissera que très peu de temps à la formation des pilotes et des techniciens grecs. Quant aux appareils neufs, il devront être livrés d’ici 2022.

« Notre objectif et notre espoir, et je pense que cela est tout à fait possible, est de voir arriver les premiers avions [Rafale] en Grèce à la mi-2021 et que la commande sera achevée, au plus tard, début 2022 », a en effet déclaré M. Mitsotakis.

« Le choix du Rafale est fait – et je tiens à la souligner – car nous avons déjà des avions français [des Mirage F1 et des Mirage 2000, ndlr] […] La France était prête à céder des Rafale très peu usagés pour en acheter de nouveaux. Nous avons donc eu l’opportunité de renforcer considérablement notre aviation. Il est très facile pour un pilote de Mirage d’être formé au pilotage du Rafale. En d’autres termes, nous ne partons pas de zéro », a expliqué le chef du gouvernement grec. Le Rafale « nous donne donne des capacités de dissuasion importantes », a-t-il encore insisté.

Quant aux quatre frégates qu’il avait évoquées la veille, elles feront l’objet d’un appel d’offres. Ce qui suggère que le projet visant à acquérir deux frégates de défense et d’intervention [FTI], lancé en octobre 2019, n’est plus d’actualité. Et cela tord le cou à la rumeur selon laquelle la France avait l’intention de prêter deux de ses frégates multimissions à la marine grecque.

Enfin s’agissant de l’accord de parteneriat stratégique entre la France et la Grèce, M. Mitsotakis a confimé que les discussions sont « à un stade avancé. »

Un « tel accord réaffirmera les liens très étroits que la Grèce entretient avec la France », a-t-il souligné. Quant à l’éventuelle clause de défense mutuelle qu’il est supposé définir, le Premier ministre grec a rappelé qu’une « telle clause existe au niveau de européen », avec l’article 42, paragraphe 7, du traité sur l’Union européenne. « J’espère que le pays n’aura jamais besoin de l’activer », a-t-il conclu.

Conformément à l'article 38 de la Loi 78-17 du 6 janvier 1978 modifiée, vous disposez d'un droit d'accès, de modification, de rectification et de suppression des données vous concernant. [Voir les règles de confidentialité]