Pacifique : L’archipel des Palaos réclame l’installation d’une base américaine sur son territoire

Archipel d’environ 20.000 habitants, la République de Palaos est l’un des quatre derniers pays du Pacifique à n’avoir pas cédé aux pressions chinoise pour rompre leurs relations diplomatiques avec Taïwan. Pourtant, la Chine s’emploie à le faire plier, notamment en interdisant à ses ressortissants de s’y rendre en touristes, ce qui prive Melekeok [la capitale, ndlr] d’une source relativement importante de revenus [le tourisme représente plus de 40% de son PIB].

Cela étant, situé à environ 1.300 kilomètres au sud-ouest de Guam, et l’est de l’île de Mindanao, foyer jihadiste dans le sud des Philippines, l’archipel a connu une histoire mouvementée. Découvert par les Britanniques au XVIIIe siècle, il fut occupé par l’Espagne, puis intégré à la Nouvelle-Guinée allemande en 1899, avant d’être conquis par le Japon en 1914, puis d’être administré par les États-Unis, dans le cadre d’un mandat des Nations unies, après la Seconde Guerre Mondiale.

N’ayant pas d’armée, la défense de la République de Palau est assurée par les forces américaines, en vertu d’un « Traité de libre-association », signé en 1994, soit l’année de son indépendance. Bénéficiant d’un accès privilégié à cet archipel, ces dernières n’y maintiennent aucune troupe en permanence. Ce que déplore le président paluan, Tommy Remengesau.

La semaine passée, le chef du Pentagone, Mark Esper, y a fait une courte visite de trois heures, au cours de laquelle il s’en est de nouveau pris à la Chine.

Les États-Unis et la République de Palau « partagent des valeurs de liberté en vertu desquelles tous les pays respectent des règles et des normes assurant la paix et la prospérité de toutes les nations », a dit M. Espert. « C’est particulièrement important aujourd’hui, alors que nous travaillons avec nos alliés et partenaires pour protéger ce système international menacé par la Chine et ses activités de déstabilisation dans la région », a-t-il ajouté.

Cette visite a été l’occasion pour M. Remengesau de remettre en mains propres une lettre au secrétaire américain à la Défense pour l’exhorter à installer une base militaire permanente dans l’archipel. Le contenu de cette lettre vient d’être rendu public par le cabinet du président paluan.

« La requête des Palaos adressée aux États-Unis est simple : il s’agit de construire des installations pour un usage conjoint et de venir régulièrement les utiliser », a ainsi demandé M. Remengesau, lequel a aussi suggéré à Washington d’envoyer des navires de l’US Coast Guard pour l’aider à surveiller la zone économique exclusive [ZEE] de son pays qui, d’une superficie équivalente à celle de l’Espagne, abrite le premier sanctuaire mondial des requins.

« Nous devrions utiliser les mécanismes du Traité pour établir une présence militaire américaine régulière aux Palaos », a encore fait valoir le président Remengesau, estimant que le « droit des forces américaine à établir des bases » sur l’archipel a été « sous-utilisé ».

Pourtant, en 2017, le Pentagone avait annoncé son intention d’y installer un radar de surveillance. Mais ce projet a pris du retard et sa réalisation est pour le moment suspendue à cause de la pandémie de covid-19.

Quoi qu’il en soit, pour Melekeok, une présence militaire accrue sur l’archipel permettrait de relancer l’économie locale, mise à mal par les restrictions imposées aux voyageurs et aux tourismes en raison de la covid-19. Cependant, le principal argument développé par M. Remengesau est qu’une présence américaine plus importante permettrait de contrer l’influence grandissante de la Chine dans la région.

Reste donc à voir ce que deviendra cette demande. Déjà, il n’est pas certain que celui qui succédera à l’actuel président, à l’issue des élections de novembre prochain, soit sur la même ligne. En outre, le Traité de libre association arrivera à échéance en 2024.

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