CNM, Retraite Mutualiste du Combattant

 

L’armée malienne abandonne ses positions trop isolées et lance une vaste opération dans le centre du pays

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41 contributions

  1. Marsouin dit :

    Avant de lire les habituels désobligeants de certains grands tacticiens devant leur écran plasma, je conseillerais à beaucoup de lire ou relire nos récits sur la guerre d’Indochine.
    Réarticulations (abandons de postes) pour éviter que des postes isolés ne soient submergés, bétonnisation, groupes mobiles etc.
    Nous l’avons connu il y a quelques temps déjà…
    A l’échelle de l’Histoire, le Mali, jeune nation (60 ans d’existence) connait une guerre vitale pour son existence (partition ou pas). Ils sont en guerre, pas nous. La guerre se sont des pertes terribles (relire nos pertes en Indo ou Algérie).

    • Plusdepognon dit :

      @ Marsouin
      En ex-Yougoslavie, c’était pas mal non plus:
      https://www.cairn.info/revue-les-champs-de-mars-ldm-2002-2-page-85.htm

    • MAS 36 dit :

      Vous avez raison. Toutefois pour l’attaque d’Indelimane pour 50 morts cela suppose un nombre d’attaquants à au moins 150. Ces derniers seraient passés inaperçus ? Il manque beaucoup d’information sur cette dernière attaque pour comprendre ce qu’i s’est passé.

      Ou alors les GAT sont dispersés dans la populations à proximité et se concentrent au dernier moment pour l’attaque. Cela suppose une collaboration volontaire ou non de la population.

      Même à 50 on peut faire front efficacement.

      • Papy-boom dit :

        Concernant le nombre d’attaquants, je crois que nos schémas de pensée cartésiens sont un peu inadaptés : en réalité, on ne peut pas savoir si les attaquants venaient de l’extérieur.
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        L’on peut (et l’on doit, àmha) imaginer que les postes isolés sont intenables parce que les garnisons s’y entretuent sans avoir besoin d’aide extérieure. Ce qui explique, à chaque fois, l’absence de cadavres ennemis.
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        Une dispute, sanglante et nommée ensuite « attaque rebelle », est déclenchée par n’importe quoi.
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        Ce sont des règlements de comptes personnels sur un coup de colère, inévitables dans cette armée qui n’est qu’un ramassis de porte-flingues sans encadrement.
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        Dans ces conditions, tenir des postes isolés n’est pas possible.
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        Mais heureusement j’apprends à l’instant, grâce à opex360, que notre président-chef va nous expliquer pourquoi nos gars sont là-bas et comment ils doivent faire le boulot.
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        Nous sommes revenus sous la Quatrième République, un régime politique incapable de prendre une décision.

        • Fred dit :

          @ Papy-boom
          Ça sort de ta tête tout ça ? Méfie-toi, elle est en train de pourrir.
          Et pourquoi pas cinquante suicides individuels parce-ce que le temps était maussade ?

        • Cartésien dit :

          L’on nous parle d’attaques où l’attaquant ne laisse rien sur le terrain ni à l’entour, pas un cadavre, pas une mobylette en panne ou détruite, comme s’il avait fait le ménage avant de partir.
          .
          Ce sont donc, logiquement, des attaques imaginaires.
          Hypothèse d’autant plus probable que les « mouvements terroristes » qui revendiquent ces prétendues « attaques » après la tuerie auraient tout intérêt à laisser des traces sur place pour signer leur passage.
          .
          Mais non, rien.
          La plupart de ces prétendues « attaques sur des postes isolés » sont imaginaires.
          Les pertes FAMa ne sont pas imaginaires mais l’action des GAT est le plus souvent imaginaire.

          • Fred dit :

            @ Cartésien
            Une « attaque imaginaire » qui fait cinquante morts … René Descartes doit se retourner dans sa tombe.
            Au fait, tu la tiens d’où cette info que les GAT n’ont pas laissé de traces ?

      • dolgan dit :

        3 vs 1 c’est la théorie, mais ça ne se vérifie pas à tous les coups.
        .
        Ici, on a pas les détails, mais l’attaquant a eu l’avantage de l’initiative +++ . Les maliens étaient en déroute avant de pouvoir mettre en place une défense. Un soldat qui tente de fuir en panique, c’est plus qu’une cible facile, peu importe leur nombre.
        .
        Les causes sont sans doutes les mêmes que précédemment: incompétence des chefs , démotivation de la troupe, manque de confiance de la troupe en ses chefs et manque de confiance de la troupe en la troupe.
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        NB: on peut aussi soupçonner que certains soldats n’existent que dans les registres. Technique de détournement de fond traditionnelle pour les officiers de cette partie du monde.

    • Auguste dit :

      A la différence qu’en Indo et Algérie c’était une guerre coloniale avec occupation par une puissance étrangère.Ici c’est l’armée nationale qui se replie.Cela n’a pas du tout les mêmes conséquences.

    • Ancien du Sahel dit :

      @ marsouin, j’en suis un autre et je suis beaucoup moins indulgent que vous.
      .
      L’état-major malien, avec des militaires dont la solde est volée avant d’arriver aux soldats, ne peut pas faire grand’ chose.
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      Après cinquante ans d’indépendance, ce que la France peut faire de mieux pour ses ex-colonies, c’est de se décider à les mettre en face de leurs responsabilités.
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      Une armée qui se transforme en GAT après les heures de service (parce qu’il faut quand-même se nourrir, hein ?) ça ne peut pas tenir des postes isolés.
      Toute comparaison avec l’Indo est totalement décalée.
      .
      Le problème du Sahel, c’est l’absence d’État, excepté au Sénégal. Excepté aussi au Tchad qui s’est repris après de longues années d’anarchie.
      .
      Peu de Sénégalais, peu de Tchadiens, se sont installés en France : la plupart qui sont venus sont retournés vivre au Pays et faire vivre leur Pays.
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      Les Maliens viennent en France, s’y installent et laissent crever leur Pays où ils envoient des mandats qui sont des aumônes.
      .
      Je pense que nous ne devrions pas encourager le bololo africain mais au contraire les obliger à se prendre en main.

  2. Bob dit :

    C’est une bonne opération militaire mais catastrophique pour les populations locales qui se retrouvent sans forces de sécurité. Déjà que l’Etat n’est guère présent, il ne restera rien aux civils des zones non affectées pour se déclarer malien.

  3. Tristan dit :

    Petraeus avait dit que pour gagner la confiance de la population il faut que le gouvernement soit considéré comme légitime et présent. Plus particulièrement, la population doit voir que si celle-ci choisi le camp du gouvernement que le gouvernement pourra combattre avec succès l’autre camp. La population ne va pas faire confiance à un camp si celui-ci l’abandonnera par la suite et la laisse à la pitié de l’autre camp. Tout au mieux, la population restera neutre dans ce cas. Et une population neutre donne l’avantage aux insurgés car ceux-ci ne seront pas poursuivis.
    Pour résumer une présence omni-présente sur le terrain est nécessaire. Oui, le prix en sang sera payé. Mais malheureusement l’alternative c’est de complétement laisser le terrain à l’autre camps et donc de perdre l’initiative.
    .
    La décision prise semble plus pour préserver les forces sur le cours terme que pour gagner le combat.

  4. Noël BERGON dit :

    le fait de repositionner les postes exposaient est une nécessitée…du moment. regrouper pour créer des postes plus denses obligera les GATS à mettre en oeuvre un regroupement de leursforces pour mener des attaques d’envergures…cela évitera leur dispersion et les attaques d’opportunité avec de petits groupes… »on regroupe les bêtes sauvages …fatalement ils se regrouperons dans leurs sanctuaires…on fait « le pied »…une bonne battue…ET BINGO !

  5. Max dit :

    1 Pistolet traditionnel ! Alors qu’est-ce que ça doit bien être ?

  6. jyb dit :

    non, difficile de comparer avec l’afgha. La stratégie en afghanistan est d’abandonner le terrain au profit d’une stratégie aérienne qui se traduit par l’augmentation exponentielle des frappes avec le résultat que l’on sait.
    Ajoutons que le retrait des postes sous pression talibane a eu un effet mécanique immédiat, les talibans ont pu concentrer plus de combattants sur des postes plus importants…résultat : des districts clés sont passés sous contrôle taliban.

    • jyb dit :

      Le retrait des positions annoncées n’est pas tactiquement insensé. A condition que. anderaboukane et labbezanga sont quasi des postes frontières doublonnés avec les nigériens donc si droit de poursuite et effectifs dimensionnés coté nigerien pourquoi pas. In delimane, si la position est moyennement stratégique le repositionnement sur ansongho et ménakha est un peu lointain.
      Ces mouvements mettent quand même en tension les nigériens.

  7. HMX dit :

    Très mauvais signal envoyé à l’ennemi… et surtout aux populations locales abandonnées à leur triste sort. Les djihadistes auront carte blanche dans ces zones, même si nos forces leur rappelleront de temps à autre que nous sommes là et que nous pouvons toujours leur fait mal. La reconquête n’en sera que plus longue et plus difficile pour l’armée malienne, dont on imagine qu’elle a le moral dans les chaussettes au vu du « bilan » de ces dernières semaines.
    Il aurait été préférable de s’accrocher au terrain, de fortifier les bases, et d’apprendre de ses erreurs plutôt que de battre en retraite.

    • Tortorino dit :

      -Je suis parfaitement d’accord avec vous HMX. Mais, est-ce que les FAMa ont du matériel et un personnel de guerre adaptés à cette technique de combat sur 700.000 km2 ? En effet, il faut aussi qu’à partir de leurs garnisons concernées, les hommes occupent le terrain avec des patrouilles et des actions de frappes au besoin. Terrible comme situation pour les Sahéliens.

  8. breer dit :

    Peut être qu’ une population qui resterait neutre dans ces zones de conflits menés par des extrémistes leur laisse une chance de survie, c’est en tout cas ce qu’ils peuvent se dire, même si évidemment face à des fanatiques souvent frustres et sanguinaires, rien ne peut l’assurer…..
    Les pays d’occident devraient s’unifier et accroitre leur lutte contre les réseaux de trafiquants d’armes et les mafias qui fournissent du matériels qui servent aux terroristes…..

  9. fgni dit :

    veuillez m’excuser , mal relu certains mots,
    pouir =pour; touiver = trouver; sommez = sommes

  10. bruno saliou dit :

    faut écouter ou lire bernard lugan spécialiste de l’afrique . c’est très intéressant

  11. Polymères dit :

    Je reste moi aussi très réservé sur le parallèle afghan, chaque conflit est différent, chaque ennemi est différent, chaque pays est différent.
    Il est vrai que l’ennemi connait mieux que nous ses faiblesses et il cherche bien évidemment un rapport de force ou il est à son avantage. Attaquer de petits postes, ou des check point, c’est à sa portée, il observe la routine de la chose, les points sensibles, se prépare et arrive en force avec la surprise qui met directement dans l’ambiance.
    Tout cela est logique, c’est universel comme réactions, comme méthodes d’actions, comme nos résistants face aux nazis, ils n’attaquaient pas les divisions, mais la petite patrouille, les types en permissions, les petits postes.

    La question essentielle n’est pas d’abandonner ou non ces petits postes, mais d’arriver à construire une tactique militaire cohérente.
    Le problème numéro un des maliens, au niveau mental, c’est qu’ils ne considèrent pas qu’ils sont en terrain hostile. Ce manque de jugement conduit les maliens à faire preuve de légèreté et de laxisme dans leurs installations. Ils ne pensent pas à fortifier leurs positions, ils ne cherchent pas à mettre en place un dispositif de protection permanent, c’est pourtant essentiel. Restreindre les possibilités d’actions de l’ennemi, pouvoir observer à 360° en ayant les angles de tirs qui vont avec, avoir une QRF, avoir le minimum de point à défendre (une à deux entrée/sortie) c’est une chose qu’ils ne font pas. Il y a des bases techniques et d’organisations qu’ils ne mettent pas en oeuvre et plutôt que vouloir se retirer sur le modèle afghan dans de grosses bases, ils doivent déjà s’inspirer des FOB/COP qu’on mettait en oeuvre, avec des bastion wall on peut modeler à l’envie et même s’il n’y a pas le génie pour aider (Barkhane peut aider sur ce point) à remplir les bacs, ben on y va à la pelle plutôt que rester assis à attendre l’heure du repas (je n’invente pas).

    Désolé de le dire, mais ces postes jugés « petits » ne le sont pas. Quand vous avez près de 100 hommes dedans, ce n’est pas un check point de 5 types et quoi qu’on en pense, l’ennemi n’est pas non plus des milliers, ils n’étaient pas plus nombreux que les maliens à l’intérieur, ils avaient juste la volonté de vaincre (ça aussi on peut en parler des heures), la surprise de l’attaque tout en exploitant la faiblesse adverse.
    Mettez 100 français dans le même coin, le même rôle vous auriez un tout autre résultat, que ce soit dans l’infrastructure du poste, comme dans la réaction.

    Ce genre de postes, au contraire, c’est le genre de maillage territoriale qu’il doit y avoir, mais la tactique c’est d’avoir une toile d’araignée, que chaque poste ait une liaison avec d’autres postes qui tous ensemble sont reliés à un plus gros poste. L’isolement ne doit pas exister, les renforts doivent pouvoir venir.
    Chaque poste doit avoir sa zone d’action ou il réalisera son contrôle, bien délimitée, il y fera ses patrouilles, ses checkpoint quotidiennes en gardant toujours une équipe « renfort » dans le poste ce qui impose d’être assez proche.
    Les plus gros postes se chargeront de plus grosses opérations dans les zones qui en ont besoin.

    La guerre zéro mort n’existe pas, les attaques peuvent toujours se produire, ce que je décris là est une tactique et non un plan de la moindre perte comme ce que font les maliens actuellement. L’important est d’amener un contexte à l’ennemi, c’est celui ou il sait que même s’il est en mesure d’attaquer telle patrouille ou tel poste, ben derrière il y a du monde qui va venir (d’où l’intérêt d’avoir des positions défensives qui permettent de tenir) pour le dérouiller. C’est un peu comme nous, si l’ennemi évite les attaques directes (il réplique si on va le coincer, ça ne veut pas dire qu’il a pris l’initiative d’attaquer) contre nos forces, ce n’est pas que ce soit impossible pour lui, on a des points de vulnérabilités, mais avec nous l’ennemi sait que les hélicos, les avions vont venir, que des renforts vont venir, donc en dehors des rares volontaires suicidaires, ils n’attaqueront pas et on gardera l’initiative.
    Les maliens, ça doit être pareil, ils peuvent avoir 5 morts dans une attaque mais ce qu’il faut c’est que derrière l’attaque est mise en échec et que les assaillants subissent un maximum de pertes. Pas comme dans les récentes attaques ou il a clairement gagné sur tous les points et ce qui va l’encourager à recommencer.
    Cet aspect psychologique de domination doit être mis en place, même s’il n’élimine pas le problème terroriste (ils agiront toujours d’une autre façon) cela fait perdre l’initiative tactique à l’ennemi et donne confiance aux maliens (pour sortir du camp, pour combattre, pour ne pas déserter…).

    • jyb dit :

      Armée malienne moins de 20 000 hommes. Superficie du Mali 1 240 000 km/carré soit 0,02 militaire au km/carré…
      « l’isolement ne doit pas exister… »

      • Polymères dit :

        On ne contrôle pas des km² on contrôle les hommes et les zones ou ils sont.
        Le temps passe peut-être, le Toyota ou la mobylette a remplacer le dromadaire, mais le désert reste le désert, qu’il soit de sable, de roc ou autre, il reste inhospitalier. Comme pour la surface maritime qui ne dicte pas le nombre de navires pour la surveiller, au sol c’est pareil, la superficie n’est pas une référence pour définir un besoin humain. On a bien plus besoin d’hommes pour surveiller un ville d’un million d’habitants sur quelques km² que 100 types sur des milliers de km², vous en conviendriez.

        Au nord Mali, vu qu’on en parle, les zones « humaines » ne sont pas nombreuses, non sans raisons. Ces villes et villages sont des points importants, ils sont les points d’eaux des temps modernes, qui sont encore la base de « vie », de ravitaillements, de logistiques de nos ennemis. Ils ne vivent pas au milieu du désert de manière autonome, ils peuvent s’y cacher mais ils sont en « liens » avec des villes.
        Il n’y a pas besoin de contrôler le désert, il faut savoir contrôler ces zones humaines, savoir identifier les « navettes », pour suivre ces navettes et remonter les repères.
        Au Mali, il y a quelques points de ce genre à surveiller, mais le problème c’est comme ce que j’avais indiqué il y a plusieurs jours, ce sont les liens et les relations assez laxistes des touaregs avec les « ennemis » de Bamako et de l’armée malienne (c’est un peu comme ça qu’ils peuvent voir certains groupes).

        Qu’en dehors de ce contrôle de zone, il y ait des opérations de ratissages, oui, mais le contrôle de zone n’implique pas de contrôler 1 240 000km², tout comme lorsqu’on compare toujours la superficie de l’Europe aux volumes des forces de Barkhane, non ça ne marche pas ainsi.
        La menace et la présence humaine qui est liée dicte l’ensemble des moyens qui doivent être mise en place. On peut très bien avoir besoin de 100 000 hommes pour surveiller un petit bout de territoire sous tension comme 100 peuvent suffire pour un grand territoire calme. Idem pour le domaine maritime ou très souvent certains expliquent la taille que devrait avoir notre marine en fonction de la taille de notre ZEE, non c’est faux, on ne va pas mettre d’énormes moyens contre des pêcheurs chinois (je ne dis pas qu’il faut laisser faire) dans le pacifique (qui est l’essentiel de notre surface maritime). Par contre vous pouvez avoir besoin d’énormément de moyens sur un tout petit bras de mer si en face vous avez une menace réelle et importante.

        Donc il convient d’arrêter avec ce genre de comparaison entre la taille du territoire et les moyens à y mettre comme si tout se valait. La grandeur du Sahel complique la logistique, complique les opérations de ratissage, mais cette grandeur n’impose pas un contrôle permanent en fonction d’un rapport homme/km²

        • jyb dit :

          @polymères
          – Il convient surtout de connaitre les fondamentaux militaires.
          Donc dans l’armée française vous avez un ratio type d’unité/missions/ surface, distance ou durée.
          exemple une compagnie d’infanterie nominale controlera une zone d’environ 100 km² (europe)
          – donc non les militaires ne controlent pas des hommes et si c’était le cas, on taperait à chaque fois, super.
          Les militaires font du controle de zone. 2 buts dans le controle de zone : 1 debusquer l’ennemi. 2 occuper des zones, des points décisifs ou l’ennemi n’est pas présent pour lui signifier qu’il n’a pas une totale liberté de mouvement et qu’il n’a pas de zone refuge ou de sanctuaire.
          En zone désertique çà veut dire nomadiser en fonction de ce qu’on appelle des centres de gravité et des zones de transit.
          – autre « fondamental » du militaire, les officiers maliens étant souvent formés en France, je ne pense pas qu’il y ait un quelconque exotisme. Au regard de la mission les cadres déterminent ce qu’ils sont en mesure de… et ce qu’ils ne sont pas en mesure de…
          Visiblement les militaires ont considéré qu’ils n’étaient pas en mesure de maintenir certains postes. En conséquence de quoi ils revoient leur dispositif et adaptent leur tactique en cherchant la meilleur adéquation mission/terrain/contrainte.

    • Plusdepognon dit :

      @ Polymères
      Le problème, outre le financement, la formation et le matériel… C’est la volonté politique des autochtones.
      Nous gagnons toutes les batailles, mais nous perdons les guerres.
      https://www.cairn.info/revue-strategique-2009-1-page-357.htm

      C’est bien le paradoxe du « nouvel art de la guerre occidental ».
      https://comptoir.org/2017/05/24/gerard-chaliand-pour-les-pays-occidentaux-les-attentats-cest-du-spectacle/

  12. vrai_chasseur dit :

    Ce regroupement des camps maliens n’est pas forcément une mauvaise chose, il obéit à des aspects tactiques assez basiques : mettre les forces dans des camps mieux structurés. Plusieurs enseignements assez basiques sont tirés par l’état-major malien.
    Dans leurs attaques sur les FAMA, les assaillants sont assez brutaux et rudimentaires : assommoir préalable à coup de roquettes et mortiers, puis attaques en plusieurs colonnes à moto pour déplacer rapidement le feu depuis plusieurs angles.
    – dans les camps mal organisés, ce mode d’attaque marche : à Dioura et Youwarou par exemple, ces camps FAMA n’ont pas tenu parce qu’ils étaient mal structurés : ancienne école ouverte aux quatre vents dans le 1er cas, camps de tentes en toile sans protection dans le second.
    – dans les camps bien organisés, comme Aguelhok (il est vrai, solidement tenu par une compagnie tchadienne de combat opérant sous mandat MINUSMA), malgré la perte de 10 tchadiens et des assaillants très supérieurs en nombre, les tchadiens étaient dans un camp structuré pour résister, avec des angles de tir fermés, et ont repoussé l’attaque.
    Au passage les assaillants ne se frottent plus directement aux camps français de Barkhane. Même avec des techniques plus élaborées (véhicules piégés repeints aux couleurs de l’ONU, assaillants en tenues des FAMA, etc) ça ne passe pas.

    Au-delà de ces considérations, reste d’autres aspects : les FAMA, gangrenés par la corruption, paient très mal leurs soldats. Situation propice à laisser fleurir au niveau local des petits trafics et rackets sur le dos de la population, pour se rémunérer. Se mettre la population à dos, pour les FAMA, c’est se couper du rens terrain, qui est essentiel. A Boulkessy, la plupart des morts maliens décomptés sur le terrain l’ont été par des tirs dans le dos. Laissant à penser qu’ils ont tenté de fuir les tirs après avoir été totalement pris par surprise. A Indelimane, 3 colonnes de plus d’une centaine d’assaillants avec des armes lourdes, ne passe pas inaperçue. A chaque fois, la surprise a été totale pour les FAMA. La population savait probablement, mais n’a rien dit.