CNM, Retraite Mutualiste du Combattant

 

Un rapport propose de limiter les changements d’affectation des militaires aux « strictes nécessités opérationnelles »

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36 contributions

  1. themistocles dit :

    Dommage de sortir ça en juillet. Au printemps c`eût été plus judicieux. Vers le 1er avril s`entend…

  2. Plusdepognon dit :

    Un article de chez attali:
    http://www.slate.fr/story/179715/14-juillet-interrogations-usage-armee-francaise?utm_medium=Social&utm_source=Facebook&fbclid=IwAR2M-IsLiK6FO0pUAlnek_pXasFTZe3Gn9h5OCP5X2P8kmP5z5hepbxx4AY#Echobox=1563185539

    La politique des mutations des cadres date de la fin de la guerre d’Algérie et marque très clairement la méfiance du pouvoir politique à l’encontre de l’armée.
    « Mais on a toujours fait comme ça … » par les stakhanovistes du changement perpétuel et de la réforme jamais menée à son terme (pour mémoire 37 réformes sont en cours au ministère des armées en même temps).

  3. Blaireau dit :

    La mise en œuvre de logique de bassin d’activité peut être poussée plus avant en regroupant peu à peu les unités au sein de grandes emprises implantées « dans la verte », à moins de 30 minutes d’une agglomération: mutation sans changement de résidence, installations sportives, de loisirs ou culturelles accessibles aux familles, m2 pas cher etc. Suggérée il y a 30 ans, cette idée avait été retoquée par un général du Génie qui affirma que nous n’étions pas des Américains et que l’armée devait alimenter le tissu économique local tout en veillant à repartir la manne sans froisser les élus de droite et de gauche.

  4. Jm dit :

    On n’a pas déjà eu un rapport allant dans ce sens, il y a quelques temps?
    Si on crée des « bassins d’emploi », l’AA va retrouver ses triangles d’or Istres /Salon / Orange, Mont de Marsan / Cazaux / Bdx, Nancy / Luxeuil / Avord, Evreux / Orléans / Tours, Paris / Creil/Villacoublay
    Et si cela fonctionne, cela annonce la fin d’une dictature, celle de la SNI, organisme escroc vivant au dépend du MINARM , qui a pourri et continue à pourrir l’existence de milliers de militaires par la mise en oeuvre de logements rafistolés, dégradés, à la limite de l’insalubrité (Cf. SNI Marseille), avec en prime une direction souvent issue du monde militaire, et qui croit toujours qu’elle est un commandement militaire alors que ce n’est ni plus ni moins qu’une agence immobilière qui aurait coulé depuis belle lurette si elle n’avait que des civils comme clients, et qui continue à « donner » des ordres à ses clients militaires, en « rendant » compte au commandement en parallèle, ne l’oublions pas, ce qui est totalement illégal. Mais bon, pour ce qui est du droit, il y a longtemps que la SNI s’est assis dessus. Sauf peut-être à Luxeuil et à Dijon, si certains se souviennent, en 1996……
    Enfin, les militaires pourront avoir leur chez-eux, et une vie civile stable et équilibrée permet une vie professionnelle épanouie, libérée de contraintes logistiques et d’un avenir fait de si et de peut-être.

  5. Clavier dit :

    Cela parait être le bon sens mais jusqu’à présent les directions du personnel n’accordaient pratiquement aucun regard aux souhaits des mutés, quitte à provoquer des départs en cascade …..

  6. Vroom dit :

    « …entre Suippes, Mailly, Mourmelon et Châlons-en-Champagne par exemple ou bien entre Pau, Bayonne, Montauban, Castres et Toulouse. »
    Donc, certains vont vivre une douce vie au sud et d’autres resteront au « frais » au nord…..
    Comme partout, il y aura ceux qui acceptent malgré tout de se farcir les mutations sur toute la France, surtout le nord, et les sudistes qui menaceront de poser casquette si on les envoie au nord du 45ème parallèle…..
    Et on ne parle pas de la région parisienne où un sous-officier (ou MTA) va bien galérer pour se loger, et se taper des heures de trajet.

    • ji_louis dit :

      Cela fait déjà longtemps qu’il y a dans la marine les bretons, les sudistes et les parisiens, qui vivent en célibat géographique quand ils ne sont pas affectés ans leur bassin.

  7. Buburoi dit :

    Malheureusement, ce n’est qu’un rapport, ce n’est pas la loi, donc les mutations arbitraires et absurdes continueront toujours. On continuera toujours à muter des gens qui n’ont rien demandé dans des postes pourris à 1000 Kms, pour faire de la place aux pistonnés.
    Il n’y a aucune règle: certains restent plus de 20 ans dans le mème poste, tandis que des camarades sont mutés tous les trois mois.

  8. Raymond75 dit :

    A propos du travail du conjoint, il me semble que de plus en plus de services de logistiques et de soutien sont sous traitées à des sociétés civiles ; ne pourrait on pas leur imposer de recruter en priorité les conjoints des militaires en affectation, y compris lors des mutations (celles qui partent suivent leur époux) ? C’est un peu naïf peut être, mais il faut une vision globale de la gestion des mutations et non une vision parcellaire, un peu à l’exemple de l’économie dite circulaire.

    La vie de famille est indispensable pour conserver son équilibre, surtout de retour d’une OPEX.

    • fgni dit :

      Malheureusement vous parlez de « bon sens » il vous faudra chambouler toute cette bureaucratie amorphe
      Votre suggestion n’est pas mauvaise..du tout.. mais…mais…

  9. Fusco dit :

    Avec un peu de réseau (un temps on disait piston), certains de mes camarades officiers et sous officiers ont battu de records de durée dans certaines garnisons. Tout le monde le sait; reste le gros de la troupe qui attend à chaque PAM que la roue de la fortune tourne.
    Ne me dites pas que ce n’est pas vrai, j’ai les noms comme disait Coluche…..

  10. felipe dit :

    @themistocles, vroom, clavier et les autres
    remarques forts judicieuses, sauf que le processus n’est pas resté figé comme on pourrait le croire. il existe certes toujours un décalage entre les aspirations personnelles et les besoins de l’institution mais les pistes de modernisation sont aussi commandées par le cost killing (réduire le cout du PAM et des déménagements) . la preuve : un jeune officier a toutes les chances de faire son temps de troupe (3 ans lieutenant et 5 ans capitaine) dans la même formation.je mets de côté les séjour OM (trois ans) et les affectations en école (il faut bien des cadres). trente ans plus tôt, la logique de mobilité des cadres était le norme (perso : 3 affectations en 8 ans.
    la régionalisation existe depuis belle lurette et elle fonctionne pour ceux qui veulent se sédentariser surtout dans le quart nor-est.Enfin tout le monde y trouve peu à peu son compte : régions besançon, auxonne, belfort, région mailly, suippes, mourmelon, région grenoble, Annecy. etc. en réalité, cette régionalisation fonctionne à peu près bien sauf au centre de la France , sur la « ligne de partage des eaux » quand le bassin n’offre pas toutes les possibilités de conduire un parcours professionnel complet (région centre- Auvergne, région Nord)
    le problème est autre dans le quart sud ouest ou tout le monde veut se sédentariser. sauf qu’il n’y pas la place pour tous les adjudants-chefs, majors , capitaines anciens ou lieutenant colonels. il faut aussi être lucide : dans un régiment , je rappelle qu’il y a 3 sergents pour une place de sous-officier adjoint. et tous les lieutenants ne commanderont pas leur compagnie dans le même régiment.
    Je note enfin que les parcours professionnels exigent des passages en formation ou en école et que le choix de carrière peut impliquer des mutations en fonction des besoins de l’institution : il faut bien recaser les lieutenants-colonels ou les adjudants-chefs dans les états- majors ou les DMD. il me semble logique que les états majors soient armés par du personnel en deuxième partie de carrière. cela suppose donc de quitter un jour sa région de prédilection.
    d’ailleurs le rapport admet parfaitement cette contrainte et souligne seulement que , quand c’est inevitable, il faut déjà essayer d’annoncer la mutation le plus tôt possible. les DRH ont des objectifs chiffrés mais ce n’est jamais gagné d’avance parce que certaines mutations sont liées à des résultats aux examens ou concours qui ne sortent pas tous en janvier. par ailleurs, les chefs d’organisme , essayent aussi de répondre aux attentes de leurs subordonnés et bataillent ferme pour leur obtenir l’affectation rêvée. et quand il y a plusieurs candidats pour le même poste… a cela vous ajoutez les fiches couples.
    les postes pourris à 1000 km sont là et on ne fermera pas un site pour faire plaisir à ceux qui ne veulent pas y aller. sur ce point, pour avoir commandé un site jugé « pourri », je ne compte pas les affectés qui affichaient leur volonté de repartir le plus vite possible et qui , in fine demandaient le maintien un ou deux ans. tout est donc relatif. il serait bon de rappeler que la carte des implantations est le fruit de l’histoire et que la logique d’aménagement du territoire est encore pérenne. mais aurait-on les moyens et la place de construire de nouvelles casernes.
    quand aux souhaits des interessés (comme dit clavier), comment on fait pour honorer le tableau d’effectif d’une unité dans l’Est de la France quand tout le monde veut aller à Toulouse
    pour conclure , un rapport qui enfonce des portes ouvertes : tout est vrai, il y a déjà des progrès réalisés, on peut faire mieux mais le système a aussi des contraintes

  11. felipe dit :

    @themistocles, vroom, clavier et les autres
    remarques forts judicieuses, sauf que le processus n’est pas resté figé comme on pourrait le croire. il existe certes toujours un décalage entre les aspirations personnelles et les besoins de l’institution mais les pistes de modernisation sont aussi commandées par le cost killing (réduire le cout du PAM et des déménagements) . la preuve : un jeune officier a maintenant toutes les chances de faire son temps de troupe (3 ans lieutenant et 5 ans capitaine) dans la même formation. je mets de côté les séjours OM (trois ans) et les affectations en école (il faut bien des cadres). trente ans plus tôt, la logique de mobilité des cadres était la norme (perso : 3 affectations en 8 ans.
    la régionalisation existe depuis belle lurette et elle fonctionne pour ceux qui veulent se sédentariser surtout dans le quart nord-est. Tout le monde y trouve peu à peu son compte : régions besançon, auxonne, belfort, région mailly, suippes, mourmelon, région grenoble, Annecy. etc. en réalité, cette régionalisation fonctionne à peu près bien sauf au centre de la France , sur la « ligne de partage des eaux » quand le bassin n’offre pas toutes les possibilités de conduire un parcours professionnel complet (région centre- Auvergne, région Nord)
    le problème est autre dans le quart sud ouest ou tout le monde veut se sédentariser. sauf qu’il n’y pas la place pour tous les adjudants-chefs, majors , capitaines anciens ou lieutenant colonels. il faut aussi être lucide : dans un régiment , je rappelle qu’il n’y a q’un seul chef de service général et un seul commandant en second (et encore , on n’a de plus en plus de mal à en trouver), qu’il y a 3 sergents pour une place de sous-officier adjoint. et tous les lieutenants ne commanderont pas leur compagnie dans le même régiment.
    les parcours professionnels exigent des passages en formation ou en école et que le choix de carrière peut impliquer des mutations en fonction des besoins de l’institution : il faut bien recaser les lieutenants-colonels ou les adjudants-chefs dans les états- majors ou les DMD. il me semble logique que les états majors soient armés par du personnel en deuxième partie de carrière. cela suppose donc de quitter un jour sa région de prédilection. c’est donc logique q’un capitaine qui a commandé cède sa place à son adjoint, lequel adjoint devenu capitaine, libère une place pour un lieutenant.
    Le rapport admet parfaitement cette contrainte et souligne seulement que , quand c’est inevitable, il faut déjà essayer d’annoncer la mutation le plus tôt possible. les DRH ont des objectifs chiffrés mais ce n’est jamais gagné d’avance parce que certaines mutations sont liées à des résultats aux examens ou concours qui ne sortent pas tous en janvier.Par ailleurs, les chefs d’organisme , essayent aussi de répondre aux attentes de leurs subordonnés et bataillent ferme pour leur obtenir l’affectation rêvée. et quand il y a plusieurs candidats pour le même poste… a cela vous ajoutez les fiches couples.
    les postes pourris à 1000 km sont là et on ne fermera pas un site pour faire plaisir à ceux qui ne veulent pas y aller. sur ce point, pour avoir commandé un site jugé « pourri », je ne compte pas les affectés qui affichaient leur volonté de repartir le plus vite possible et qui , in fine demandaient le maintien un ou deux ans. tout est donc relatif. il serait bon de rappeler que la carte des implantations est le fruit de l’histoire et que la logique d’aménagement du territoire est encore pérenne. mais aurait-on les moyens et la place de construire de nouvelles casernes.
    quand aux souhaits des interessés (comme dit clavier), comment on fait pour honorer le tableau d’effectif d’une unité dans l’Est de la France quand tout le monde veut aller à Toulouse
    pour conclure , un rapport qui enfonce des portes ouvertes : tout est vrai, il y a déjà des progrès réalisés, on peut faire mieux mais le système a aussi des contraintes

  12. Piauhau dit :

    Félicitations aux chanceux affectés dans le triangle des Bermudes (Suippes, Mailly, Mourmelon) et à qui l’on promettrait à terme une douce et longue affectation ! Soyons fou, rajoutons Sissonne…Ce qui frappe surtout c’est que les gens dans l’est veulent en partir et les autres ne veulent pas y aller. Après plus de 20 ans de service, je suis muté pour la première fois dans l’est et dans ma région d’origine, parce que je l’ai demandé…mais 4 ans max, restons sérieux!

  13. Fonctionnaire territorial ancien mili dit :

    Encore un rapport Théodule.
    Le problème du célibat géographique imposé par des mutations arbitraires est connu depuis longtemps. Il est la cause du départ de nombreux militaires expérimentés dont le talent saura s’exercer dans d’autres professions sans nuire au travail de l’épouse ni à l’enracinement des enfants.
    .
    Le rapport de ce député ne sert à rien. J’aimerais savoir combien nous le payons – en plus de ses revenus normaux d’élu : son indemnité de Parlementaire, le remboursement de ses frais divers et sa participation à une commission – pour présenter un rapport sur un problème qui est notoire depuis longtemps. Rapport sans utilité à la fois parce qu’il n’apporte aucune information sur un problème archi-connu et surtout parce qu’il ne propose aucune solution.
    .
    Pourtant une solution il y en aurait une, facile. Elle correspondrait d’ailleurs à la volonté du Général Lecointre de rendre aux Chef de Corps la plénitude de leurs attributions. Voici cette solution, je dirai ensuite pourquoi, selon moi, le petit monde politique ( = malhonnête) refuse de la connaître.
    .
    La solution consiste à faire comme les SDIS (services départementaux d’incendie et de secours, les Pompiers).
    Chaque SDIS est un Corps départemental : lorsqu’il a besoin de personnel pour remplacer des départs, sa direction des ressources humaines (DRH) fait connaître, par diffusion de l’info à l’intérieur de la profession, quels sont ou quels seront prochainement ses postes à pourvoir. Les sapeurs-pompiers intéressés par une mutation vers ce SDIS et dont les qualifications, diplômes, expérience, correspondent au profil voulu envoient leur candidature. La DRH fait un tri et le Chef de Corps (commandant le SDIS chez les Pompiers) décide.
    .
    Il faut instaurer ce même système dans les armées. Le rôle de chaque CEM (Terre, Marine, Air) avec sa DRH sera d’établir les tableaux d’effectifs ( = droits budgétaires ouverts) et de vérifier ensuite périodiquement que les effectifs de chaque Corps (régiment, bâtiment, base) correspondent à ses droits ouverts.
    .
    Pourquoi cette solution n’est pas adoptée ? Théodule dans son rapport en mentionne la raison : « la volonté  »historique » d’éviter la personnalisation du commandement ». En clair, la classe politique a peur des militaires. Depuis longtemps et encore maintenant.

    Sous la Troisième République les militaires n’avaient même pas le droit de vote. Cependant l’affaire Boulanger a beaucoup inquiété le pouvoir.
    Il y a soixante ans les militaires renversaient la Quatrième République. Les militaires le firent avec l’approbation massive, exprimée par référendum, du Peuple français. Ce qui est évidemment inquiétant pour les représentants de la démocratie représentative, pas très sûrs de leur représentativité.
    .
    Or de nos jours tout le monde (y compris la classe politique) a compris qu’en France l’armée, en plus d’être populaire, est recrutée parmi le Peuple jusque dans ses écoles d’officiers. Alors la classe politique, bien consciente de sa faible légitimité populaire, continue de se méfier des militaires. Elle s’en méfie de plus en plus depuis qu’@internet a libéré leur expression.
    .
    C’est pourquoi la classe politique impose aux militaires un système de mutations arbitraires et fréquentes qui les empêche, ainsi que leur famille, de s’intégrer à la société civile parce qu’ils y sont éternellement de passage.
    C’est pourquoi aussi elle leur interdit, statutairement, de fréquenter les partis politiques.
    Jusqu’à une date récente elle leur interdisait de siéger dans les assemblées politiques. Mais l’interdiction fut annulée en 2014 par le Conseil Constitutionnel à la demande du Conseil d’État.
    Interdiction annulée par ces juridictions et non pas par décision de la classe politique.
    .
    Lorsque le système des SDIS sera instauré dans les Armées (et dans la Gendarmerie) ça signifiera que la classe politique est enfin sûre de sa propre légitimité. Actuellement, c’est loin d’être le cas. Il y aura encore beaucoup de rapports Théodule constatant l’inconvénient des mutations arbitraires et se gardant bien de proposer une solution pourtant évidente.

  14. Coco dit :

    42% des mutations pour l’AdT représente bien moins moins que 31% pour la marine. En effet, l’Adt est composée de plus de 100 000 h contre environ 34 000 h pour la marine.

  15. Curiosité dit :

    42%, 31%… Hmmm

    Plusieurs questions me viennent :
    – Quel est le temps moyen en unité à partir duquel un militaire est mutable ?
    – Quel est le nombre de choix possibles actuellement autorisé dans chaque armée en prévision d’une mutation ?
    – Quel est le taux de satisfaction de la première ligne de choix proposé par le militaire, de la deuxième ?
    – Quel est le taux de mutation ACR hors voeux ?

    Les intelligents ont fini par associer le coût induit par le changement de résidence à l’axiome du moment consistant à gueuler que l’état est endetté à hue et à dia »… Comment chercher à maintenir les effectifs à moindre coût ??? Nous y voilà…
    Certes, tout n’est pas rose, loin s’en faut, mais à l’évocation rêveuse de cette possible « resédentarisation », j’ai une pensée émue pour celles et ceux qui sont allocataires de la majoration de l’indemnité pour charges militaires…

    • felipe dit :

      – Quel est le temps moyen en unité à partir duquel un militaire est mutable ? officier (hors brevetés et séjour OM) : 4-5 ans, sous-officiers (6-7 ans)
      – Quel est le nombre de choix possibles actuellement autorisé dans chaque armée en prévision d’une mutation ? 4 desiderata
      – Quel est le taux de satisfaction de la première ligne de choix proposé par le militaire, de la deuxième ? c’est déjà la mauvais question aprce qu’elle suppose que seul le premier choix fait plisir. donne satisfaction . et comme tout le monde ne peut avoir son premier choix. de mémoire, 60% des mutés ont leur 1er ou 3e choix.

    • Vroom dit :

      Dans l’AdA, pour votre première question :
      La DRHAA amis en place il y a quelques années un principe des paliers où le militaire peut être muté, et donc à ces paliers, doit fournir des choix d’affectations (ou maintien).
      Les paliers de base sont 6-9-12 ans, c’est à dire qu’une personne ne se trouvant entre ces paliers est normalement perchée. Mais bon, on parle de DRH là….
      Pour les personnes affectées en région parisienne, le premier palier est à 4 ans. Les gens affectées à la 36ème, 7 ans, pour compenser la première année essentiellement consacrée à la formation sur ce nouvel environnement.
      Dans certaines unités, passer le premier palier à 6 ans, les personnels sont mutables tous les ans.
      Donc rien de figé dans le marbre.
      .
      Pour la 2ème question, nous avons 5 choix, et la possibilité d’indiquer une zone de mutation non souhaitée (mais sur la région parisienne, il y en a 5, alors difficile de l’éviter !).
      .
      Pour les deux autres questions, je n’ai pas de chiffres.
      .
      Quant à la MICM, je pense que pour beaucoup, les gens préfèrent ne plus l’avoir et ne pas bouger ! Et si les gens ne bougent pas, c’est souvent parce qu’ils ont acheté ! donc plus de MICM.

  16. Électeur dit :

    À quoi servent les mutations si elles ne sont pas déjà « limitées aux strictes nécessités opérationnelles »?

    • felipe dit :

      a rien d’autre. il ne faut pas perdre de vue la progression dans le grade , ce qui oblige à changer de fonction, même dans sa spécialité. un adjudant chef ne reste pas dans une fonction tenue par un sergent toute sa vie

    • Vroom dit :

      A remplacer les gens qui veulent partir d’une unité, à compenser des départs à la retraite, par exemple.

    • Électeur dit :

      @ felipe @vroom, on est donc bien d’accord : les mutations sont déjà limitées aux strictes nécessités opérationnelles.
      Pour moi, ce rapport est de la daube.

  17. Mecano dit :

    Sujet récurent, qui mérite une analyse plus approfondie. Par mutation, on entend « distance suffisamment lointaine pour devoir déménager  » ou pas ? Cette sortie me semble d’abord vouloir aller dans le sens de faire des économies (comme pour les Anciens Combattants ) ou pour le bien des personnels ? Pour le bien de l’Institution ? Du Pays ? Se souvient on seulement quel était l’intérêt pour l’Institution ? Même si cela fait mal à tous ceux, avec leur conjoint/conjointe et enfants qui l’ont subi (surtout plusieurs fois), la mutation obligeait le muté à quitter son petit confort, à se remettre en cause, à refaire ses preuves et à faire circuler le savoir (d’ailleurs, c’est à se demander pourquoi cela n’a jamais été imposé aux autres institutions….) . Il suffit d’analyser comment on est ennuyé avec ceux issus de statut à recrutement locaux. Est il possible d’avoir des cadres jamais mutés qui passent toute leur carrière au même endroit ? Déjà qu’on a de plus en plus la sensation d’avoir à faire à des fonctionnaires en uniforme ….
    Que les Armées évoluent soit ! Mais doit on tout détruire les fonctionnements de base pour arriver à un mammouth inopérationnel ? Peut être qu’avant de parler mutation , pourrait-on parler revalorisation, en salaire et en considération, afin de donner des raisons de s’engager et de fidéliser, à la colonne vertébrale que sont les sous-officiers ….

    • Fonctionnaire territorial ancien mili dit :

      @ Mecano
      Ne manquez pas mon analyse un peu plus haut (16 juillet 2019 à 9:42).
      Comme vous le dites, c’est un sujet récurent. J’y ai réfléchi longtemps parce que c’est à cause des mutations arbitraires que j’ai quitté l’armée et parce que j’ai découvert ensuite le système de la fonction publique territoriale : celui-ci serait utilement transposé dans les Armées et la Gendarmerie.

      • Mecano dit :

        Je vous rejoins sur certaines parties. Vous le concédez , en émettant l’idée de rendre la main à chaque armée sur sa RH : les trois Armées n’ont rien en commun, hormis le fait de porter un uniforme. Seuls ceux qui nous gère avec des indicateurs dans les ministères sont persuadés du contraire. C’est de leurs visions bureaucratiques, en pleine phase de déflation, qu’est né l’échec des Bases de Défense. Pour les mutations, la comparaison des mutations est donc inutile, puisque chaque Armée à ses besoins propres, sa philosophie propre, son organisation propre, sa gestion de personnels propre, le tout hérité de leur histoire et de leur mission opérationnelle. Bien sûr, quand les civils commencent à nous imposer leur vision d’entreprise, ça commence franchement à se rapprocher du mur. La Marine possède deux pôles principaux : la Bretagne et la Provence. Leur gestion des carrières leur est propre (exemple : passage en amphi de mutation suite à étape de passage en école ). L’ Armée de Terre préserve encore un nombre considérable d’implantation sur tout le territoire, et il semble, d’après les posts précédents, qu’il soit possible d’être mutés sans déménager. Son fonctionnement lui est propre. Dans l’AA, le nombre de base a franchement diminué : plus dans le Nord, le triangle Nancy Luxeuil St Dizier dans l’Est (exit Strasbourg, Colmar, Toul, Metz,Reims,Dijon, Drachenbronn, Contrexeville ), le triangle Istres, Salon, Orange (exit Nîmes, Aix, Apt, Narbonne, Nice), le triangle Mont de Marsan, Cazaux , Bordeaux (exit Toulouse), le triangle Rochefort, Saintes, Cognac, le triangle en train de disparaitre Tours, Ambérieu, Orléans (les deux premiers vont fermer). Le trou noir maudit : Paris, Creil, Villacoublay, Evreux . Je n’aborderai pas ici, les pauvres personnels isolés en inter-armées . Certains arrivent à naviguer également dans ces triangles, sans déménager, mais ils ne semblent pas si nombreux. Les gens semblent plutôt voués aux diagonales du fou et connaitre les 4 coins du pays (rengagez vous, qu’ils disaient, vous verrez du pays…)
        Mais de nos jours, les DRH sont dans l’impasse. Les gens ne rentrent pas , ne font qu’un contrat ou posent la casquette. Mais des choses évolues : revalorisation sur Paris, pour les célibataires géographique ( vécu comme l’expérience la plus destructrice de la famille ) , donc tout n’est pas figé . D’ailleurs d’autres choses vont arriver , ils sont bien obliger sinon, le système va s’effondrer sur lui même et le point de rupture est proche . C’est pourquoi, le rapport parlementaire, moi, je le trouve très intéressant, même si ce ne sont que des recommandations. C’est peut être la première fois, que je trouve une description honnête de la spécificité du métier de militaire. Avant c’était des bribes, floues, incomplètes. Le document est clair et compréhensible (bien mieux que certains compte rendus imbuvables de certaines de nos instances de représentation). J’y retrouve de très nombreuses préoccupations du terrain, ce qui est remarquable dans l’œil extérieur d’un civil ! L’emploi du conjoint, que la RJI n’est pas une retraite anticipée, la comparaison des salaires avec la fonction publique etc…. Puis un chapitre très intéressant car sortant du déni : la responsabilité du commandement dans les difficultés de fidélisation : ça, c’est énorme car c’est sans doute là, la seule solution pour les Armées de sortir de la spirale infernale : sortir du déni, mettre tout sur la table et repartir sur de bonnes bases, en équipe. Là, on embauchera, on fidélisera et on acceptera une mutation « pour le bien du service et le succès des Armes de la France » ….

        • Vroom dit :

          « Puis un chapitre très intéressant car sortant du déni : la responsabilité du commandement dans les difficultés de fidélisation … »
          Je ne sais même pas si cela peut suffire….
          Je connais une unité AdA, petite unité d’une trentaine de personnes, travaillant dans des locaux de la DGAC, région sud-ouest, cadre de travail nickel, la restauration civile au top, des techniciens civils aux petits soins, et même avec ça, les jeunes se cassent. Et le commandement n’y est pour rien. C’est comme ça, les jeunes ne veulent plus aucunes contraintes, la vie militaire ne leur convient pas. Et pour les plus anciens, être mutés de cette unité, c’est la perspective de se retrouver à Athis-Mons, Reims, Brest ou Aix, où se trouvent les unités équivalentes. Et là aussi, ça coince.

        • Fonctionnaire territorial ancien mili dit :

          @ Mecano, je ne peux pas être complètement d’accord avec votre appréciation positive de ce rapport parlementaire. Je vous explique d’abord mon point de vue là-dessus et pour finir je réfuterai les conséquences que vous tirez de l’argument (pourtant exact en lui-même) que les trois armées n’ont pas les mêmes besoins et contraintes.
          .
          Juger positivement ce rapport parlementaire au motif que les mutations arbitraires sont « la spécificité du métier militaire », c’est un mauvais départ parce que la spécificité du métier militaire, ce n’est pas ça. La spécificité du métier militaire, c’est de détenir les armes de guerre et de les mettre en œuvre pour « la défense de la Patrie et des intérêts supérieurs de la Nation ».
          .
          C’est précisément cette spécificité qui pose problème depuis longtemps à la classe politique : celle-ci craint d’autant plus les militaires qu’elle n’est pas sûre de sa propre légitimité.
          La classe politique utilise donc tous les moyens pour mettre les militaires à l’écart dela société civile. Les exemples sont nombreux dans l’histoire de la République (et au passage, un peu hors-sujet, notons que la Ligne Maginot avait pour effet d’enfermer les militaires dans le béton au lieu de leur donner la mobilité qui aurait pu leur permettre de foncer sur Paris).
          .
          L’un des moyens dont dispose la classe politique de neutraliser les militaires, c’est le système des mutations arbitraires et fréquentes. Au début de la Troisième République, les régiments changeaient de garnison tous les dix-huit mois, ce qui était un bon moyen d’isoler les militaires du Pays réel… jusqu’à ce que l’on s’aperçoive que ça coûtait quand-même un peu trop cher.
          .
          Ce rapport reconnaît – à mots couverts toutefois – que la classe politique craint les militaires : Monsieur Lagneau écrit « la mobilité géographique s’explique en partie par la volonté  »historique » [selon M. de Legge] d’éviter la personnalisation du commandement. »
          Ils ont tort de les craindre car la loyauté des militaires envers la France est sans faille. Mais la loyauté, le personnel politique (je l’ai fréquenté de près pendant ma deuxième carrière) ne sait pas ce que c’est.
          .
          Il reste que cette crainte est la cause réelle des mutations arbitraires et fréquentes. Celles-ci ne seraient pas une spécificité du métier militaire si la classe politique était sûre de sa propre légitimité et n’était pas sidérée – surtout en cette époque où les militaires ne sont plus muets – par l’énorme popularité de nos armées.
          Mais évidemment aucun rapport officiel ne reconnaîtra tout ça honnêtement et clairement.
          .
          .
          Enfin vous réfutez ma proposition d’une gestion comparable à celle des SDIS. Il est bien exact que les trois armées n’ont rien en commun : pas les mêmes besoins, contraintes, implantations géographiques. Mais ces différences n’empêchent en rien de mettre en œuvre, pour chacune d’elle (ainsi que pour la Gendarmerie) un système décentralisé inspiré de celui des SDIS comme je le décrivais plus haut.

  18. Mecano dit :

    je vous conseille de lire ce document très récent , expliquant bien notre situation, et qui rebondi sur mon post précédent :
    http://www.senat.fr/fileadmin/Fichiers/Images/redaction_multimedia/2019/2019-Documents_pdf/20190710_Rapport_provisoire_Defense_GRH.pdf

  19. la quille dit :

    Cas connu: 7 ans à Saumur, 8 ans à Fontevraud ( à 16 km) puis de nouveau 7 ans à Saumur… L’équité on vous dit…

  20. Fonctionnaire territorial ancien mili dit :

    @ Felipe : il y a des progrès, c’est vrai. On n’en est plus au séjour outre-mer deux ans avec une semaine de préavis comme j’ai connu.
    Mais ce système de gestion centralisée (qui a ses contraintes justement parce qu’il est centralisé, quasi-soviétique), on peut en changer.
    La tendance actuelle est à l’ innovation.
    Dans le domaine de la gestion des personnels, l’innovation consisterait seulement à s’inspirer d’un autre service public qui donne toute satisfaction : les Pompiers, dont la gestion des personnels est particulièrement satisfaisante tant pour les personnels que pour le fonctionnement du service.

    • felipe dit :

      attention a ne pas céder aux sirènes de l’innovation.
      les pompiers font tous le même travail et son gérés par département. c’est comme si tous les régiments de l’armée française étaient identiques avec chacun une trentaine de spécialités. or l’investissement en formation et la pyramide des grades (donc des qualifications) ne sont pas les mêmes entre un régiment d’hélicoptères de combat, de chars de bataille ou d’infanterie).
      de même , les cursus de sélection des élites ou des compétences ne sont pas soumis au principe du concours (ESP, EMIA, OAEA, EMS, etc.) qui impactent le parcours professionnel
      plus que toute autre institution, une armée doit veiller à l’équité et à l’égalité, à compétences et parcours professionnels identiques. parler de décentralisation, de souplesse, etc. c’est se payer de mots. il y a forcément des contraintes qui ne peuvent avoir des solutions différenciées dès lors que l’attractivité des affectation est un facteur qui n’est absolument pas objectif.
      une fois encore, les possibilités de faire carrière dans la même formation sont extrêmement rares et il n’y aurait aucune raison qu’un individu en profite sans contreparties (par exemple, lier la mobilité à la progression /promotion). ces équations ne peuvent qu’être pilotées qu’au niveau central.
      qu’on le veuille ou non, une organisation qui se tient gère en fonction de plusieurs critères qui se comprennent tous individuellement mais sont extrêmement complexes à combiner : domaine d’emploi (un sapeur ne fait pas le travail d’un cavalier ou d’un mécano avia), formation dans son emploi (bercy en rêve mais la formation d’un sergent chef de groupe ne suffit pas à commander une section voire une compagnie), progression dans le grade (se rappeler que la progression salariale est étroitement liée au grade et le grade à un niveau de responsabilité), situation familiale (fiche couple), postes dispo dans l’unité d’appartenance); acceptation ou non de quitter son domaine d’emploi si on veut privilégier la localisation (mais là aussi bercy veille : « c’est bien joli de former telle ou telle catégorie de technicien mais vous le faites pour qu’ils soient employés dans leur domaine, quitte à traverser la france pour le faire). là on est seulement dans la RH; quand vous y ajoutez les implantations des unités qui ont une origine historique et sont soumise à l’aménagement du territoire (regardez les hurlements quand on parle de fermer les bases d’etain ou de luxeuil)

  21. Électeur dit :

    Ce rapport parlementaire oublie, comme tous les rapports officiels sur ce sujet, une conséquence des mutations : chez les JAF (juges aux affaires familiales), la jurisprudence veut, lorsque le militaire divorce (ce qui est fréquent à cause des mutations imposées) il est taxé d’une pension qu’il doit verser ad vitam æternam à son ex- parce qu’elle n’a pas pu faire carrière à cause des mutations avec changement de résidence (ACR) imposées à son mari. Bien évidemment cette pension est versée par le militaire et non par les armées.
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    On peut faire tous les rapports que l’on veut, mais il faudrait les faire honnêtement.

    • felipe dit :

      c’est effectivement un drame mais c’est avant tout une affaire personnelle. dieu merci tous les militaires ne divorcent ou ne se séparent pas. c’est le cas de beaucoup de français

  22. Plusdepognon dit :

    Puisque l’été permet la lecture, voici un petit livre dont certains devraient apprendre l’existence et en retirer la substantifique moelle:
    http://mars-attaque.blogspot.com/2018/09/lecture-soldat-meconnu-benedicte-cheron-armand-colin-societe-francais.html