CNM, Retraite Mutualiste du Combattant

Les armées peinent toujours à compenser les départs de leurs officiers et sous-officiers par de nouveaux recrutements

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64 contributions

  1. Breer dit :

    Les chiffres indiqués ne semblent pourtant pas énormes… 100 officiers, 300 sous officiers (Air et Marine) ??
    Mais peut être faudrait il aussi comprendre la raison de cette baisse de recrutement dans le changement de mentalités de nos jeunes, l’Education nationale institution par laquelle passe toutes la population française et largement et pleinement imprégnée d’idéologie de gauche, voire gauchisante, avec un travail de sape larvé vis à vis des notions d’ordre, de militarisme, de rigueur, de contraintes, d’obéissance……
    Par ailleurs l’époque actuelle valorise beaucoup plus une idéologie libertaire, de jouissance immédiate, de sensations intenses sans contraintes, tout le contraire de ce que l’armée propose. Il y a « heureusement » encore beaucoup de jeunes gens attirés par le métier militaire, pourtant beaucoup décrochent après peu d’années, peut être pour les mêmes raisons que je viens de citer plus haut….

    • Daniel Chollet dit :

      Cherchez, peut être, au sein même de l’Armée et de ses DRH qui se croisent dans une start up !

    • Thaurac dit :

      Breer, D’accord avec vous, il y a des pans entiers, en France, malheureusement souvent dans des postes clés de l’éducation ( nationale, justice, institut de formation des maitres) ravagés, enkystés par cette idéologie.
      Et de plus , ces gens là, à la sortie, on le diplôme et la carte du syndat ad-hoc dans la poche, c’est le forcing là-bas….
      Faut pas chercher ailleurs si un jeune voit dans une candidature à « the voice » , une carrière meilleure qu’à l’armée, tout va vers le futile, superflu..heureusement reste l’école privée…

      • Nauatg dit :

        Armée de l’air, c est 450 off sup qui manquent. Car ce ne sont là que les chiffres de l année. Or le phénomène n est pas nouveau….

    • Stylgar dit :

      Vous dites n’importe quoi l’attractivité d’un poste est d’abord liée au salaire et c’est un problème global dans l’ensemble de la fonction publique…

    • WaterBoy dit :

      Si les chiffres peuvent en pas sembler énorme, il faut voir ce qui se cache derrière pour savoir comment combler ce déficit. En l’occurrence, il semble s’agir d’un manque de personnels expérimentés? Donc s’il faut 10 ans, ou 20, d’expérience pour arriver à avoir une personne avec un bagage suffisamment fourni pour occuper ces postes, et bien le trou va mettre 10 (ou 20) ans avant de disparaitre.

    • Jm dit :

      Si je reprends les nombres, augmentés ou diminués de 2/3 et 1/3 pour AA et MN, cela fait donc grosso modo 300 postes non pourvus pour l’AA, sans compter les départs et autres.
      Ce qui fait dont presque 10% du recrutement non satisfait. Le nombre de recrutement 2019 à réaliser est de 3500.
      Mais ces chiffres et nombres sont en trompe l’œil.
      Car ils ne prennent en compte que le recrutement « sec », mais pas le taux d’attrition durant la période probatoire.
      Sans compter ceux qui dénoncent après ladite période, et qu’on ne peut retenir.
      Et autre détail concernant l’attractivité, j’ai lu dans les posts ci-dessous que la revalorisation des soldes n’avait pas eu lieu depuis 2008 / 2009 ; c’est faux. La date exacte est 1998. Car en 2008 / 2009, nous n’avons eu droit qu’au rattrapage de la période 1998 / 2008.
      Et comme l’a indiqué Infra, quand la fonction publique bénéficie d’une revalorisation, elle s’applique immédiatement.
      Sauf aux militaires. Qui sont des fonctionnaires, n’en déplaise à certains tatillons.
      Deux poids, deux mesures, et on voudrait recruter.
      Même si l’herbe n’est pas toujours plus verte dans le pré du voisin, il serait temps que nos décideurs, le grand chef en tête, arrêtent de prendre les jeunes en particulier, les militaires en général, pour des cons. Nous savons tous lire des grilles, des tableaux, nous avons Internet, et surtout, nous avons tous des amis, des copains qui travaillent dans d’autres administrations ou secteurs civils, et à travaux et missions égales, il y a désormais non plus un gouffre, mais un vide sidéral qui justifie ce manque d’attractivité. Et d’intérêt.

    • Wolf dit :

      Je ne suis pas sûr que le manque d’idéal soit réellement le problème.
      Quand vous voyez que dans les trois raisons de départ évoquées il y a démission et détachement, il faut aussi comprendre que cela signifie qu’il y a pas mal de départs en interne.
      Ce n’est pas par manque de vocation, car la vocation et la volonté de servir, il y en a.
      Mais ce ne peut être un moteur unique, sinon pourquoi s’ennuyer à payer des gens qui ont l’idéal de servir ? Pourquoi s’embêter à essayer de leur proposer des choses intéressantes s’ils ont la foi chevillée au corps ?
      Non, le problème est au moins double.
      *
      D’une part, extérieur à l’armée, il y a le regain économique qui touche les cadres du secteur privé, qui bénéficient depuis deux ans d’une augmentation significative de leurs salaires. En parallèle, cette reprise légère permet de proposer des parcours de carrière attractifs. Ce qui génère les démissions et les demandes de détachement ci et là. Rien que dans le bureau où je suis, j’ai vu un officier et deux sous-officiers démissionner . Et je ne parle pas des pécules, où là ce sont cinq officiers qui sont partis au cours des 4 dernières années. Tout cela sur un effectif de 25 personnes.
      *
      En interne cette fois-ci, les statuts des officiers et des sous-officiers ont largement été dégradé ces dix dernières années.
      *
      Pour les premiers, dans l’armée de terre, il y a eu deux phénomènes dont on commence à ressentir les effets.
      Le premier est le changement de grade teminal, passé de lieutenant-colonel à commandant. Celui-ci a deux (voire trois) conséquences : d’une part, les perspectives de salaire terminal sont moins importantes, malgré la création d »échelons exceptionnels (qui correspondent aux premiers échelons de LCL). Ensuite, il y a une gestion qui continue de s’appuyer sur un raisonnement ancien, qui veut que certains postes confiés jusqu’alors à des LCL, restent toujours confiés à des LCL. Donc un second effet du manque de perspective offertes, où l’officier « lambda » restera cantonné à un emploi de traitant, tout en lui servant le discours de l’officier, homme de commandement et de responsabilités. Ce qui, dans une phase où nous avons rejoint notamment le commandement intégré de l’OTAN, pose la problématique de la compétitivité internationale, le grade de LCL étant celui considéré comme « sérieux » pour avoir un minimum de crédibilité.
      Le second phénomène est celui du « vieillissement » voulu par l’armée de terre.
      Il génère un effet de « déclassement » ressenti, dans cette période où il reste assez d’anciens ayant bénéficié du statut permettant de rejoindre le grade de LCL rapidement (au plus tard en 6 ans, alors que le grade de commandant est atteint en limite à 10 ans, et qu’un breveté aune perspective de passage à 5 ans soit un an de mieux que les plus en retard du statu précédent). Donc on a une cohabitation de LCL qui à 55 ans ont 15 ans de grade derrière eux, et de commandants qui atteignent gentiment 45 à 50 ans en patientant, ce qui outre la frustration de ne pouvoir passer au stade suivant, laisse à penser à certains anciens que leurs « jeunes » officiers sont plus mauvais qu’eux, avec pour les plus acerbes une condescendance. Cela, combiné au fait que ce vieillissement est ciblé (grades de capitaines et commandant), fait qu’une population importante se « traîne », alors que les premiers grades continuent de passer à la vitesse de l’éclair.
      *
      Chez les sous-officiers, là aussi, il y a eu pas mal de changement de gestion.
      Comme chez les officiers, il y a ce double phénomène d’une part de passage rapide des premiers grades, jusqu’à adjudant, puis de stagnation dans le grade d’adjudant-chef.
      De plus, la mise en place des ESP ne s’est pas franchement faite de façon correcte. Ce concours qui permettait jusqu’alors (concours dit des majors) de passer au grade de major ne s’accompagne pas immédiatement de cette progression. Et, tandis que ce grade de major bénéficiait d’un statut et d’une considération particulière, ce n’est plus le cas
      Enfin, les changements récents ne vont pas dans le sens d’une amélioration : quel est l’intérêt d’envoyer un major accédant au cors des officiers en division d’application destinée à former de jeunes lieutenants, si ce n’est de perdre encore une année d’emploi et de générer des frais et des contraintes de mutation juste pour un an ??? Alors que justement il a passé un BSTAT qui lui permet de tenir un poste de chef de section ???
      *
      Malgré tout, de façon générale, on peut reconnaître que la gestion s’est largement améliorée, que ce soit dans les mutations ou les parcours proposés. Mais celle-ci s’effectue aujourd’hui avec des marges tellement faibles que les carrières manquent d’attractivité. Contrairement à beaucoup, je ne pense pas que le seul problème soit celui de la solde. Il est sans doute une donnée importante pour motiver les flux entrants qui pour la plupart ne s’incrivent pas au départ dans une vision de long terme. Mais je crois que la problématique principale pour résorber les flux sortants réside principalement dans les perspectives offertes. Il y a évidemment une quantité d’autres facteurs, mais si l’on arrivait à offrir des salaires compétitifs et des perspectives intéressantes, un grand pas serait fait.
      Et si l’on arrêtait, petite touche après petite touche, de rogner sur les statuts, ce serait bien. Le « tu savais quand t’as signé », ça ne marche plus pour nos cadres militaires, dont les règles ont considérablement changé. Si l’on veut une armée jeune, combattante et motivée, prête à relever les défis, il va falloir proposer une autre perspective que Sentinelle et une succession de contrats menant jusqu’à près de 50 ans…

    • Félix GARCIA dit :

      D’accord il y a le gauchisme (donc l’antimilitarisme sur beaucoup d’aspects et le manque de rigueur dans l’effort) mais pour en avoir discuté souvent avec d’anciens commandos, d’anciens de la cavalerie blindé etc … certains après de longues périodes d’engagement, d’autres moins, il y aussi le fait que l’armée est bourrée de choses stupides (mais pas que), de gens stupides (mais pas que), de missions stupides (mais pas que), d’une discipline stupide (mais pas que), d’ordres stupides et que TOUS ceux que j’ai rencontré et qui se sont arrêtés, c’est parce-qu’il voulaient être des guerriers de la patrie, de la France, et pas seulement des soldats aux ordres ou de futurs mercenaires.

      A bon entendeur …

      Adieu,

      Félix GARCIA

  2. infra dit :

    vu la façon dont l’armée de l’air traite ses spécialistes infra faut pas s’étonner: avancement néant, dernière roue de l’AA bien après la musique de l’air. Il n’y a qu’a voir l’avancement, qu’en ils en passent une douzaine de musiciens, on en compte que 4 coté infra. idem pour l’ancienne S2.
    Même les chiens du chenil passent avant nous.

    Transféré à la gsbdd où on à servis de larbins où nos chefs nous ont évalués en nous disant ne pas nous connaitre, puis transféré au SID où nous faisons enfin notre boulot mais où il a fallu refaire ses preuves une fois de plus.
    Sans compter que les régie sont un cailloux dans la chaussure du SID qui souhaite externaliser tandis que l’AA désire conserver ses régies, car ils se rendent compte de l’utilité du personnels qui délaissent depuis tant d’années..

    Ils souhaitent conserver les posts ? dynamisez l’avancement infra, recrutez des MTA.
    D’ici 3, 4 ans ils n’y a aura plus possibilité de transmettre le restant de savoir faire…

    • Tomato dit :

      Avec 4 infra, vous n’êtes pas la dernière roue du carrosse. Et après, l’on s’étonne comme le général Lanata que l’AA perd de l’influence dans les structures décisionnaires.

      • infra dit :

        ha bon ?? et quelle autre spé passe 4 pax à la S2 ou au TA ?
        y a que nous
        TA 2019: 3 ADC, 3 ADJ et je suis sympa je compte les conducteurs de travaux car sinon ça fait que 1 ADC et 1 ADJ.
        Donc oui, derniere roue

      • Jm dit :

        Totalement raccord avec Infra, et encore il est gentil dans ses propos.
        Tomato, renseignez-vous !!!
        Et relisez les posts précédents.
        J’avais déjà écrit le manque d’attractivité et de considération dans de nombreuses spécialités au sein de l’AA, et une gestion RH plus que désastreuse.
        Mon post concernait les spécialités du renseignement, qui passaient après les chiens et la musique de l’air, ce qui me rassure, ou m’inquiète, que que les infra sont dans le même mouvement.
        Et ce sont des spécialités à qui on demande beaucoup, tout temps, tout lieu, et qui ne sont jamais reconnus, mais toujours critiqués.
        De toute façon, dans l’AA, si vous n’êtes pas pilote, vous avez droit à de belles phrases du type  » sans vous, sans les mécanos, etc, etc, etc …. » mais tout n’est qu’illusion.
        Et vous vous étonnez qu’il y ait des difficultés à recruter?

  3. gg dit :

    Si vous payez des cacahuètes vous aurez des singes.

  4. felipe dit :

    il faudra seulement comprendre des choses simples :
    1/ la grille des soldes des armées est calée sur la grille de la fonction publique. il est donc impensable de solder un sergent (catégorie B, même de haute technicité) comme un mécanicien aéro dans le privé, ou ne serait-ce qu’à 2000 euros par mois (les instituteurs, les infirmiers, etc. veillent)
    2/ le modèle sociétal actuel est en décalage croissant avec le fonctionnement interne du système d’hommes « armée ». la motivation et l’esprit de corps qui animent les armées , chacune dans son contexte spécifique, ne se retrouvent nulle part hors de la communauté militaire. il n’y a pas de supériorité intellectuelle ou morale là dedans. c’est simplement que ces valeurs sont indispensables à la perspective du combat. et c’est simplement introuvable dans la société en général, qui plus est chez les jeunes générations
    3/ le statut militaire découle de ce constat : disponibilité, don de soi, solidarité, confiance absolue, apolitisme, sens de la république, etc. cela s’apprend dans le quotidien. le paradoxe est que les jeunes en quête d’engagement y souscrivent mais se rendent compte après un premier contrat que c’est difficilement compatible avec les aspirations sociétales (trouver un conjoint qui accepte 200 jours d’absence – parce que c’est la loi du genre)
    4/les DRH d’armée n’y sont pour rien. elles passent leur temps à jongler entre les aspirations des militaires, le principe absolu de respecter une pyramide cohérente, une masse salariale toujours contrainte et le souci de ne pas créer de distorsions trop fortes avec la fonction publique en général.
    5/ pour terminer : « quand je me regarde , je me désole (les soldes en 2019 sont revenues au niveau de celles de 2008 en termes de pouvoir d’achat), quand je me compare, je me console (statut, positionnement vis-à-vis des gendarmes/policiers en notre défaveur mais si on regarde les infirmiers, aide-soignants et autre instituteurs et professeurs des collèges,…)

    • infra dit :

      « la grille des soldes des armées est calée sur la grille de la fonction publique »
      sauf qu’il y a un décalage dans l’application de la réévaluation des grilles. nous ça s’étale sur des années. donc c’est pire chez nous.

      • Marco dit :

        @infra : il y a eu un décalage d’1 an (rien en 2018), mais cela a été la même chose dans toute la fonction publique!

    • dgrreg dit :

      Bonjour, petite réponse sur quelques points.
      1) certes, mais il y a quelques incongruités. Un jeune sergent sorti de St-Maix est payé à peine 50 euros de plus que les subordonnés qu’il commande et qui sorte des classes. Un vieil adjudant-chef 20/25 ans de carrière peut être moins bien payé qu’un jeune lieutenant célibataire sans enfant. La grille de solde est surtout perçue comme étant injuste, ne prenant pas en compte le niveau de responsabilité et n’incite pas à monter en responsabilité.
      2)Le problème est justement que l’esprit de corps et la fraternité d’armes dans les faits ça n’existe pas en régiment. Je m’était engagé en partie pour ça, et quel que soit le grade je n’ai jamais vu autant d’individualisme et d’isolement. Il n’y a pas de cohésion lorsque le but n’est tout simplement pas de se tirer dans les pattes.
      3)Ces contraintes sont tout à fait acceptable par les jeunes d’aujourd’hui pourvu qu’on leur donne ce qu’ils sont venu chercher : la fraternité d’arme, un niveau d’entrainement correct, du respect, la reconnaissance de leur travail, etc. Hors tout ceci est absent sous les drapeaux.
      4)les DRH en régiment font ce qu’ils peuvent mais ils n’aident pas beaucoup. Le principale problème étant qu’il n’y a pas de vision sur le long terme possible ce qui rend impossible une politique RH cohérente. Mais ça n’empêche pas certains de dire « on ne doit rien attendre de l’armée lorsqu’on s’y engage ». Ne rien attendre de son métier ne permet pas de s’y épanouir et donc d’y rester.
      5)le service public souffre de manière générale, vous avez tout à fait raison.

      Je suis un de ces officiers qui quitte les drapeaux, comme d’autres de ma promotion, dégouté par la réalité de cette armée. Comme beaucoup d’autres d’ailleurs, dans mon service il y 8 départs cet été pour 13 places vacantes en tout. Si la grande muette ne se réforme pas vite et change sa mentalité féodale, elle ne deviendra qu’une grande miette d’ici 10 ans.

      • jeje dit :

        Bonjour vous avez exactement ce qu’il se passe. J’étais sgt dans l’aa, 1ere affectation dans l’est, je touchais 50€ de plus que les mta qui eux vivaient dans leur région, tandis que moi, c’est la région qui me voulait. Sur les 3 dernières promos de s/off qui étaient arrivées, 1 seul a ressigné, soit 1/6… et je vous parle de 2003 à 2008, je vois que 10 ans après, rien a changé.

      • eaabc dit :

        Commentaire très pertinent et réaliste que je partage totalement.
        Certains passages évoqués sont intéressant… La dernière phrase exceptionnelle !
        Les avantages de ce métier cités autrefois se perdent et/ou sont dépassés par le secteur privé.
        Merci pour ce post !

      • WaterBoy dit :

        Si l’adjudant-chef était mieux payé que le lieutenant, il n’y aurait plus aucun volontaire pour devenir officier tardif.
        Attention aux effets secondaires de toute décision.

        • Albe dit :

          Il est possible de voir les choses sous un autre l’angle loin de toutes réflexions induites par des schémas de pensées emboliques, protecteurs et conformes.
          Un ADC expérimenté est un ADC parce qu’il est d’abord (ou devrait être) expérimenté. Cela fait une différence notable entre lui et un jeune Lieutenant. Lors de son passage à l’épaulette, préserver son expérience technique et humaine en prolongeant sa solde actuelle par une (nouvelle) grille indiciaire d’un lieutenant qui aura trente ans de service à son changement de corps donnera de la consistance et de la cohérence à son nouveau rôle. Un jeune lieutenant de deux ou trois ans de service à le temps de voir sa grille indiciaire supplantée celle du « vieux et expérimenté » lieutenant (jeune lieutenant qui malgré tout aura une solde supérieure a celle d’un jeune sergent), quand aguerri et lui même expérimenté, verra son parcours l’emmener vers des grades et responsabilités supérieures a celle du glorieux, vieux et expérimenté Lieutenant (voir par la suite capitaine…).
          Step by step. Respectons d’abord l’homme, respectons son expérience.

        • infra dit :

          est ce normal qu’un sergent touche moins qu’un CCH peut importe le temps de service ?
          il y a des diplômes, fonctions, responsabilité, formation a prendre en compte. C’est pas le cas.

      • Wolf dit :

        Je suis globalement d’accord avec vous, cependant attention de ne pas véhiculer de fausses données.
        Un ADC est mieux payé qu’un jeune lieutenant sorti d’école.

        • dgrreg dit :

          Bonjour,
          je cite cette exemple car c’en est un que je connais personnellement. C’est un cas dans mon bureau où un vieil ADC, n’ayant plus d’enfant à charge, se retrouve moins bien payé qu’un lieutenant 3 ans de grade avec sa prime de 16%.

      • felipe dit :

        bonjour dgrreg
        beaucop de choses interessantes dans votre post,
        d’abord la grille de solde est une fois encore calée sur celle de la fonction publique. ce sont les primes qui font la différence). cette grille de solde est connue. je vous inviee
        en préambule , je conçois que le monde parfait n’existe pas mais je ne vous suis pas sur toute la ligne
        1/ la solde d’un sergent (à priori de moins à 5 ans de service) à peine supérieure à celle d’un CCH (à priori de 5 à 10 ans de services) a toujours été un facteur de friction. mais il faut le voir de manière globale : le sous-officier est à la base de son parcours. il bénéficie comme célibataire d’un logement (je ne le critique pas mais il faut reconnaître que louer un studio en ville coute entre 300 et 400 euros), sans charges. c’est à ajouter à ses revenus.
        2/ votre exemple de l’ADC et du lieutenant n’est pas exact. il ne s’agit aps de compter le temps de carrière mais le tempos dans le grade. je crois savoir que le passage au corps des officiers de carrière se fait en gardant l’indice et les charges militaires afférantes au grade. un ADC marié qui passe lieutenant part donc de son indice d’ADC et prend l’indice supérieur s’il ne l’a pas déjà atteint. je viens de vérifier les indices de solde des deux grades : ADC ech 4-5e échelon = indice net 574, lieutenant 2e échelon( 1ère année en rgt) = indice net 558, 3e échelon indice net 603)
        3/ s’agissant de l’esprit de corps, je ne sais pas où vous avesz servi mais moi, je le revendique, ce qui ne veut pas dire que tout était rose. j’appelle que ces notions ne sont pas seulement l’affaire des chefs mais l’affaire des « petits chefs », lesquels , au mtoif qu’il sont « commandés par des c…  » s’exonèrent souvent de leur rôle d’éducateur vis à vis des jeunes . mais heureusement , ce n’est pas un généralité.
        4/pour la politique RH, c’est un vrai problème, les qualifications, les tableaux d’effectifs, les choix des interessés, etc. compliquent leur tâche. je note d’ailleurs que tout chef de section rêve d’avoir le double de pilotes, deux auxsan, trois radio, etc. dans sa section. cela a un cout très surveillé. cela contraint aussi les parcours professionnels.
        la fraternité et l’esprit de corps , c’est comme une auberge espagnole . elle existe dans les corps où elle ne se discute pas dans les détails (repas de cohésion, calots, esprit sportif et rustique, culte des anciens). pour le coup, j’ai servi dans des régiments où les chefs de corps se démenaient pour faire entrer cet esprit. et dans les faits, on se disait : « attendons , il va se calmer »… dieu merci, j’ai servi dans des unités , où cela fait partie de l’ADN de l’encadrement qui est en partie sélectionné sur l’adhesion à ces valeurs (et pas seulement sur l’accès à l’échelle 4 en fuyant les responsabilités qui vont avec)
        5/ quant à la mentalité féodale de notre armée, merci de développer . je n’ai jamais ressenti le moindre diktat féodal dans les unités dans lesquelles j’ai servi, ce qui en fait quand même une bonne quinzaine
        amicalement

  5. Bangkapi dit :

    Quand on presse trop le citron y n’y a plus de jus.
    Tous les militaires ne servent pas de la même façon mais la plus grande part fait son travail sérieusement.
    En fonction des caractères et aptitudes certains se défoncent sur le terrain, d’autres font des heures pas possibles mais de façon plus
    cool, mais en final tous accumulent fatigue et stress.
    Et quand trop c’est trop et que les possibilités de reconversion sont là, alors bye bye.
    De plus je ne suis pas sur que les nouvelles règles qui pointent au sujet de la RJI encouragent à rester.

  6. D’accord avec gg.
    J’ajouterai: Réforme des retraites (à venir), manque de considération et de respect, individualisme, hiérarchie égocentrique, oublis des devoirs et des responsabilités individuelles, logiciel de paiement louvois,… en effet, je doute que cela donne envie de rester,… et même de venir. A suivre…

    • Albe dit :

      « A mal nommer les choses, on ajoute au malheur du monde ! » Ce que vous dites la est vrai, entièrement vrai. Cependant ces propos n’appartiennent pas à la hiérarchie militaire qui renforcent le malaise en continuant dans le déni. « Reconnaître ses erreurs est le premier pas vers la réussite » hors dans l’institution militaire, c’est quelque chose d’impossible. Car reconnaitre ses erreurs, c’est ce mettre à défaut et ce mettre à défaut c’est ce hisser dans l’échec. Les vraies valeurs individuelles ne sont pas reconnues. L’institution militaire bride les vrais valeurs par des codes de gestions archaïques (notation, médailles, avancement, …). Mettez toutes votre énergie à entretenir un avion pour le faire voler, le pilote en aura le mérite. Le sous-officier aura plus facilement accès à des base taches d’intérêt collectif parfois ingrates et dévalorisantes qu’à une véritable reconnaissance de son travail. Il lèvera vite le voile sur le discours de communication de recrutement non réaliste. Il se trouvera confronté par la suite à des discours incohérents voir autoritaires, se sentira méprisé. Il sera blasé par les contrôles de gestion déshumanisés. Il assistera trop souvent à la valorisation théatrale de corporation à la pseudo valeur ajouté ou à fidéliser. L’armée est trop dans le calcul et manque de générosité humaine, d’humilité, de respect de l’homme et paradoxalement de courage. Le pré carré est trop bien gardé.
      Le militaire, si on lui en laisse la possibilité, a une qualité extraordinaire, celle de transformer un âne en cheval de course. Mais pour cela il faut en avoir les capacités, la volonté, l’exemplarité, l’expérience. Une mission réussi est une mission acceptée. Si vous laissez la possibilité a chacun d’exprimer le meilleur de lui même et de le lui reconnaitre, il vous le rendra au centuple. Il sera alors plus disposé à travailler sur lui même pour devenir meilleur. Il se sentira alors compris, accompagné. La génération actuelle est douée, réfléchie, il lui appartient d’apprendre la détermination celle qui va lui permettre de s’inscrire dans la longueur, pour cela il faut la respecter et l’inspirer, être celui qui au quotidien va lui donner, sans jugement, l’énergie et le temps suffisant d’être elle même, de grandir …
      L’armée doit se redécouvrir, travailler sur elle même, mieux voir dans ses propres zones d’ombres, accepter d’être perfectible pour se rendre actuelle et attrayante.

      • Vous avez (très bien) retransmis ce que je pense. En accord sur la totalité.
        Le potentiel est là. Le personnel n’attend qu ‘a le démontrer.
        Faites leur envie de rester, de venir. Faites leur confiance. La « maison » est belle.
        Mes devoirs.

  7. Seb dit :

    Bizarrement la question du niveau de rémunération de ces professions qui trouvent mieux ailleurs n’existe pas…
    Quand la carotte change de côté, l’âne se défend

  8. petitjean dit :

    mais cette crise du recrutement concerne tous les secteurs d’autorité
    armée, police, pompier, personnel des prisons, enseignants
    ce sont toujours les mêmes causes
    « discipline, autorité, effort, mérite » ne sont pas au programme de l’Education Nationale dont la mission première et de transformer nos gosses en zombies désarmés intellectuellement. Surtout, surtout ne pas développer un esprit d’analyse, un esprit critique
    Ensuite l’état employeur ne fait pas son boulot par lâcheté, par idéologie et parce que les moyens financiers sont consacrés à la mise en œuvre du projet européiste-mondialiste. Je ne reviens pas sur les dizaines de milliards annuels consacrés à notre politique migratoire
    L’insécurité est partout mais ça aussi fait parti du conditionnement du peuple
    Si la justice est laxiste, c’est tout simplement que les politiques en ont décidé ainsi. Les juges ne sont pas indépendants que je sache
    Bref, cette chienlit généralisée est bien le résultat d’une volonté politique
    Tout est politique, il faudrait quand même commencer à le comprendre…..

  9. Chimère dit :

    Les décideurs ont depuis longtemps identifié les problèmes RH , et ont sûrement proposés des solutions. Ils ne sont pas suivis par les politiques, voilà tout. La question qui se pose est simplement « qu’est ce qu’on fait avec notre armée ?? » . En effet, si on décidé d’avoir une armée de protection nationale, pas de soucis….par contre si l’on veut intervenir à l’étranger et garder une certaine crédibilité dans le concert international, il va falloir agir très vite, sous peine de perte définitive de compétences. Un axe d’effort ?? Si vous voulez la nationalité française, vous servez 10ans dans une des 3 armées. Sinon, mouk !!

  10. Alat-Man dit :

    A quoi bon venir se farcir les contraintes militaires et être moins payé que dans le civil?
    Je parle surtout des mécanos aéro…

  11. petaf dit :

    pas compliquer a comprendre pourtant : pour fidéliser faut payer !!!
    pour exemple, le smic au Luxembourg va passer a 1900€ , combien de temps va mettre un jeune dans l’armée pour toucher autant ???
    Pourquoi les primes des actifs n’est pas pris en compte pour la pension comme dans la gendarmerie ???
    les jeunes ne sont pas tous cons et beaucoup savent et connaissent leur perspective de carrière ( qui ne fait pas forcement rêver )

    • WaterBoy dit :

      Le SMIC luxembourgeois est aussi aligné sur le coût de la vie au Luxembourg. L’indice de l’OCDE indique que la vie coûte 12% plus cher au Luxembourg qu’en France. Tout doit donc y être rapporté.

      Bon, en plus vous ne connaissez pas les chiffres puisque depuis le 1er janvier, « le salaire social minimum pour les travailleurs non-qualifiés s’élève ainsi à 2 071,10 euros par mois ».

      • petaf dit :

        toute la vie au lux n’est pas forcement plus chere ! le litre de gazole est en ce moment à 1,14€ chez nous 1,48€ !!
        donc votre indice …

      • Jm dit :

        Monsieur Waterboy, pourriez-vous, comme d’autres d’ailleurs, éviter d’être acerbe avec ceux ou celles qui commettent des erreurs; il y a une façon de parler poliment aux gens et de rectifier.
        N’oubliez pas qu’il n’y a que ceux qui ne font rien qui ne se trompent jamais.
        Et encore, même en ne faisant rien, ils arrivent encore à faire des conne…bêtises.
        Et pour ce qui est du Luxembourg, pouvez-vous m’expliquer pourquoi le coût de la vie est supérieur de 12% à celui de la France, et que le litre de gas-oil est lui inférieur de grosso modo de 35 cts d’euro (Moyenne en France 1.50 €, prix fixé au Luxembourg au 17 mai 2019, 1,143 € . Pour moi, ça fait 30% de moins et non 12 % de plus.
        Comme je sais qu’il vaut mieux donner ses sources (pour une fois je le fais …) et ainsi éviter des polémiques : https://carbu.com/luxembourg/index.php/prixmaximum.
        J’ai donc fait ce que vous avez suggéré, j’ai rapporté (votre phrase ; Tout doit donc y être rapporté).

        • felipe dit :

          parce que le cout de la vie n’est pas que le prix du GO ou des cigarettes achetés par le frontalier gaulois. pensez aux frais de santé, au prix des loyers, des assurances, à la couverture salariale en cas de chômage, à l’absence de iches fiscales (on paie ses salariés à domicile plein pot). tout ce que le bon français oublie de prendre en compte.
          ce qui fait toute la différence entre une social démocratie (la france et les pays latins + la belgique) et les pays chrétiens démocrates (l’allemagne, le RU)
          tout cela pour dire que comparaison n’est pas raison.
          soucieux de rester courtois, je vous le dis bien amicalement.

  12. Batou dit :

    200 M Euros pour 400 Pax/an ? 500 000 Euros d’excédent budgétaire par pax manquant ? Je trouve ces chiffres vraiment étranges. 100 officiers et 300 Sous-Officiers, c’est le déficit du seul SSA. A mon avis pour l’ensemble des armées c’est beaucoup beaucoup plus.

    • eaabc dit :

      Il manque un 0 pour les deux…
      1000 officiers (lieutenant/jeune capitaine) car le quota d’officier supérieur est explosé.
      D’où le recrutement d’officier sous contrat jeté souvent à 5, parfois à 10 ans…
      3000 sous-officiers et notamment des supérieurs (Adjudant, Adjudant-chef).

  13. Céphée dit :

    Le problème de fidélisation est très simple : Les militaires sont sous-payés.
    Et cela se voit particulièrement sur les métiers aéronautiques.

    Pour prendre mon propre exemple, je gagnerais le double si je travaillais chez Dassault ou Thalès avec la même ancienneté qu’actuellement dans la marine.
    Et si j’arrive à me spécialiser dans la formation, je peux gagner le triple (voire plus si je monte ma propre micro-entreprise).

  14. Plusdepognon dit :

    Concernant les difficultés de la vie, chacun voit midi à sa porte.
    Les plus de 7 milliards d’humains ne vivent pas la même chose…
    https://youtu.be/KPMZdUg2GjM
    Ce qui est certain, c’est que imbécilité de la bourgeoisie aux affaires ne donne pas envie de mourir pour elle.
    https://youtu.be/GPfXLUThC6M
    Leurs ancêtres avaient la décence de se cacher derrière le bien commun et le gros mot « patrie ».
    D’où le mot célèbre d’Anatole France :
    https://fr.m.wikisource.org/wiki/On_croit_mourir_pour_la_patrie

    Les bourgeois actuels consanguins et crétins ne cachent même plus leurs dépravations et leur haine de tout ce qui n’est pas eux-mêmes.
    Ça va bien se passer…

  15. Plusdepognon dit :

    Le recrutement a toujours été difficile. Avec une société hédoniste et individualiste, qui n’a pour seul leitmotiv que de faire de l’argent au mépris de tout et de tous foulant aux pieds les valeurs et les vies, pour un métier assez difficile. Le décalage avec le reste de la société française est rude.
    Même si ce n’est pas nouveau.
    https://youtu.be/jxadfRbYx50

  16. DUJOUX dit :

    c’est vrai que dans des spécialités de pointe comme mécaniciens aéro, télécom, mécaniciens radars les soldes ne sont pas à la hauteur mais je peux vous dire que certaines spécialités des RH, on trouve des gens qui eux ne sont pas à la hauteur. Un exemple Dans le service de santé des armées, je connais une infirmière militaire qui après 7 ans de service n’a toujours pas sa carte d’identité militaire, les heures de nuit, les dimanches travaillés toujours pas payés. Marié depuis près d’un an les charges militaires sont toujours payées au taux célibataire. Quand elle appelle le BRH, on lui répond ce n’est moi qui est en charge de votre dossier et la personne qui l’est aujourd’hui n’est pas là. Rappelez !

  17. Sunny dit :

    C’est quoi ces chiffres ???
    Prenons un peu de recul (niveau CM 1).
    Donc nous avons:
    583 emplois manquants depuis le 1 janvier 2019.
    Dégageant sur la même période « une sous-consommation des crédits de rémunération, de 214 millions d’euros ».
    Ce qui nous fait 214 000 00 € (je sais il manque un zéro à cause de l’afficheur de ma calculatrice)
    divisé par 58 (je rattrape le zéro manquant et j’arrondis un peu) ce qui nous donne environ:
    368 965 € par bipède (à multiplier par plus de 2 pour total annuel).
    Lesquels d’entre vous se reconnaissent dans ce montant (même en intégrant logement
    nourriture, équipements et primes OPEX).
    Deux solutions: ou la cour des comptes est composée de grands Charlots.
    Ou les gus qui présentent ces chiffres sont en pleine opération d’enfumage.
    Je ne comprends pas cet acharnement à vouloir appliqué les tactiques
    militaires du camouflage et de la désinformation aux domaines de la
    comptabilité et de la gestion budgétaire.

  18. Mecano dit :

    Je retrouve de bonnes choses dans la messages précédents mais aussi certaines que je ne retrouve pas au quotidien (à mes yeux, un Adc à 20/25 ans de carrière, est bien jeune pour exercer …) . A mon avis pour comprendre pourquoi nous en sommes là, il faut remonter un peu dans le temps. Parmi tous les paramètres à prendre en compte, deux sont majeurs : le politique et la hiérarchie militaire. Le politique, d’abord, qui n’a jamais eu un intérêt pour l’Armée Française (avoir imposé les BDD a été une erreur colossale ayant atteint le cœur du fonctionnement des trois Armées, qui n’ont rien en commun, à part le fait de porter un uniforme), voire de la méfiance (tel président qui s’assure que lors sa cérémonie, les militaires n’auront pas de munitions…), voire du dégout (ce coté gauchisant décrit plus haut par certains, ou bien « une armée d’incapables »). D’où forcément, une tendance permanente de se servir du budget de la Défense comme réservoir de fond ( rappelez vous des arguments : les fruits de la fin de la guerre froide etc, un nouveau monde en paix etc….) . Entrainant une gestion à court terme, juste de la durée de leur mandat, incompatible avec le besoin de notre Institution. Le deuxième est forcément la hiérarchie militaire , dont le mode de raisonnement colle de plus en plus à celui du monde politique, c’est à dire à une vision limitée à la durée d’occupation des postes et entièrement tournée vers les intérêts de leur carrière (ceux de l’Institution ou de la Nation, sont très loin derrière) . D’où, une nécessité pour cette hiérarchie de cacher les réalités du terrain, par le biais de rapports incomplets , d’indicateurs faussés , de camemberts repeints en vert etc…… Ce qui n’a pas empêchè cette même hiérarchie de détruire à son profit, la notion « d’équipe » que formait le trio officiers/sous-officiers/militaires du rang, en s’accaparant la quasi totalité des revalorisations financières , en argumentant les parallèles avec le monde civil par rapport à leurs responsabilités grandissantes (responsabilités qu’ils assument peu, en fait , préférant charger les rangs subalternes). Un équilibre entre les catégories officiers, sous-officiers et militaire du rang , a ainsi été détruit, portant gravement atteinte aux notions de frères d’arme et de cohésion. Il a même été pris un temps comme direction, de ne conserver quasiment que des officiers, plus que quelques cadres sous-officiers et moult militaire du rang (donc destruction du duo jeune officiers/cadres sous-officiers expérimentés ; dévalorisation du corps des sous-officiers ). Une logique « moderne » de plus en plus rabâchée avec des notions et du vocabulaire civil : management , lean management , DRH, etc ….
    Au final aujourd’hui, une hiérarchie toujours dans son monde de l’entre-soi , à 10 000 m des réalités , qui ne va surtout pas reconnaitre que l’état de notre Institution est principalement de son fait. Une hiérarchie qui s’est piégée et enfermée dans une logique dont elle ne pourra sortir sans faire un état des lieux honnête, envers elle-même, l’Institution et la nation . Il n’est pas surprenant alors de voir des officiers directs quitter l’Institution car ne voulant plus hériter de « l’immense tas de merde » laissé sous le tapis par leur prédécesseurs , de voir les jeunes sous-officiers spécialistes ne pas rester après leur premiers contrats (voire dès l’école de formation, car certains y entre déjà dans des buts très précis , ça fait assez bien sur un CV ) et les anciens partir écœurés (même sans aucune compensation au départ ), idem pour les militaires du rang. A cela s’ajoute effectivement un phénomène générationnel , ou nos jeunes habitués à obtenir tout et tout de suite, ne se retrouvent pas dans notre fonctionnement, ou il faut exécuter des ordres sans discuter ( ce qui peut se traduire chez eux par du harcèlement) , ou les moyens les plus fondamentaux manquent et ou , on les envoi au carton avec les mêmes paies que les fonctionnaires équivalents (le restant de l’année). D’où les conséquences , induites par la vision court-termiste de nos états-majors, de supprimer tous les filtres au recrutement, augmentant la charge des unités ( pour remonter le niveau et former, souvent à perte ) et aggravant la baisse continuelle du niveau de celles-ci.
    On n’attrape pas les mouches avec du vinaigre, on ne pourra encourager nos jeunes sous-officiers à rester, que s’ils retrouvent leur place , que s’ils touchent des soldes intéressantes et qu’ils retrouvent des perspectives de carrières cohérentes, en sortant de la logique du « jetable ». Ce qui pourrait nous amener déjà à retrouver un équilibre entre les catégories. Je pense même que si ces actions ne sont pas mises en œuvre rapidement, c’est le fonctionnement tout entier de l’Armée Française, qui peut se gripper rapidement, à un point que nos actions dans le monde devront stopper. Et inutile d’espérer compenser par l’externalisation, qui au final, coutera beaucoup plus cher à l’Etat …. ( là, faudrait, si quelqu’un a osé le faire, avoir le véritable cout/gain d’un militaire qui se forme, entretien son matériel lui même, dès fois, l’achète lui même, garde son emprise, prend son véhicule personnel , coupe dans les virage pour exécuter la mission , reste volontairement au delà des heures , attends des mois avant de se faire rembourser ce qu’il a avancé pendant la mission (quand il est payé : Louvois ) etc….etc ….)

    • Chimère dit :

      Très bonne analyse @Mecano !! Tout est dit !!!
      Et effectivement, cela va nuire ( et nuit déjà) gravement à la capacité de projection de notre Armée…. On a mis le doigt dans quelques chose d’ineluctable : la fin programmée (certe pas tout de suite) des interventions à l’étranger hors OTAN…..tout s’accélère : on est moins nombreux, donc on part plus souvent, et donc on se fatigue plus rapidement… Ajouter à ça la rémunération, les mutations et la famille et nous obtenons une fragilité énorme des effectifs militaires.

    • Vroom dit :

      Très bien dit.

    • Jm dit :

      Mécano : excellent!!!!

    • MiSyl dit :

      Superbe analyse Mecano. L’armée est simplement le reflet de nos politiciens, de nos chefs d’hier et d’aujourd’hui. De plus en plus »d’experts,de chercheurs, d’analystes, de conseillers/ères diplômés/es, sortie/es des grandes écoles » j’appelle cela la consanguinité intellectuelle qui aboutit à une pensée unique désastreuse.
      Un commandement « scolaire » ou l’on passe plus de temps sur les bancs d’écoles pour se faire un CV après un passage rapide en OPEX, qui demain influencera le décisionnaire qui lui même n’ a connu que les bonnes écoles.
      En opposition, nous avons de braves gars/filles qui s’engagent, qui font, à titre d’exemple: 7 séjours en OPEX Afghanistan, Liban, Mali etc. loin du Club Med, en 12 ans d’armée, bien souvent sans avoir composé.e famille ou divorcé.e, voire avec un SPT, déboussolé.s.es qui n’obtiendront ni retraite, et ni même pas la MM (trop jeune dernière directive du Chef de l’Etat).Mélange de frustrations ,de hontes, d’incompréhensions lorsqu’il faudra suivre un stage « bilan de compétence » et remplir son CV dans la rubrique « expérience » …..

    • Jean la Gaillarde dit :

      Alors là, rien à ajouter. Bravo. Tout est dit. On sent le vécu. Rien à dire !

  19. Vroom dit :

    Maintenant , les candidats sous-officiers aux psr ne perdent plus en solde lorsqu’ils deviennent lieutenants. La solde est ajustée sur ce qu’ils touchaient sous-officiers.

    • Jm dit :

      Quand j’ai fait le concours PSR, j’étais adjudant, solde ;1984,68€
      1 an après.
      Je suis passé Lieutenant, solde ; 1897,12 €
      Je parle en net, en bas à droite du bulletin de solde.
      J’ai essayé d’expliquer à mon épouse qu’en prenant 4 grades d’un seul coup, je perdais 100,00€.
      Elle ne comprend toujours pas.

  20. Gael dit :

    Il suffirait de se calquer sur un modèle moins rétrograde, comme celui des usa par exemple en laissant les gens qui ont quitter le système y revenir sur dossier.

  21. Richard dit :

    Je pense qu’il faut corriger quelques énormités citées plus haut.

    Les avancements dans l’armée sont identiques à la fonction publique, c’est a dire des grades, des échelons et des indices.

    le principe est que lorsque vous obtenez un grade supérieur, vous êtes positionné à l’échelon comportant l’indice égal ou immédiatement supérieur à votre ancien échelon.

    j’ai été dans l’armée de l’air, puis sur concours j’ai intégré la fonction publique.
    J’ai bénéficié de 4 ou 5 ans d’ancienneté dès le départ, puis ensuite en cours de carrière j’ai passé le concours d’ingénieur. A ma nomination, j’ai été positionné au 6 ème échelon du grade d’ingénieur subdivitionnaire, soit l’indice égal ou immédiatement supérieur à mon ancien grade de tecnicien supérieur.
    Donc, on ne perd pas en indice.
    Par contre, toutes les spécialités de sous-officier ne sont pas présentes au niveau officier. On doit quelques fois changer de spécialité.
    De ce fait, certaines primes peuvent varier d’un grade à l’autre, ou d’une fonction à l’autre, ou d’une qualification à l’autre, et c’est pour cela, qu’il peut y avoir un salaire plus faible.

    Si votre femme ne comprend pas, il serait préférable de le lui expliquer correctement

    • Jm dit :

      Quand je suis passé Officier Rang, je n’ai pas changé de spécialité, j’ai juste pris le commandement de l’unité où je servais.
      Et mon épouse a vite compris qu’il faudrait 4 ans pour retrouver une solde supérieure.
      ——-
      Pour votre commentaire sur l’évolution, vous avez raison sur la hiérarchie, les grades et échelons.
      Par contre, l’écueil ne se situe pas dans cette hiérarchie, mais dans la façon d’accéder aux échelons supérieurs, selon que vous êtes civil ou militaire.
      Dans l’administration civile, il convient de prendre en compte qu’on ne peut pas noter négativement un personnel, et que si vous le notez à 0 ou vous le baissez par rapport aux années précédentes, vous pouvez / devez le noter à nouveau dans l’année. C’est d’ailleurs un des cas ou on note quelqu’un deux fois dans l’année.
      De toute façon, vous ne mettez jamais 0 et vous ne le baissez pas, parce que vous allez vous « taper » les syndicats, ce dont vous vous passez aisément compte tenu de la charge de boulot. Pas la peine d’en rajouter !!!
      En fait, en administration civile, on ne peut que progresser, même si le personnel est d’une nullité absolue.
      De plus, la progression est soumise à l’appréciation (je prends un mot faible pour ne pas heurter certaines sensibilités) des syndicats, et selon que d’une part vous adhérez ou pas, votre avancement et votre notation vont s’en ressentir, et selon que vous adhérez ou pas au « bon syndicat » représenté majoritairement, votre notation et votre avancement vont s’en ressentir également.
      Et il en est de même pour les mutations.
      Ayant eu à noter des agents civils de l’Etat (A, B, C), je peux affirmer que c’est un joli bazar, mais bien organisé pour que chacun grimpe même s’il ne le mérite pas.
      Dans l’Armée de l’Air (je vais parler de ce que je connais), la notation est déjà « imposée ». Par exemple, la moyenne des notations d’un même grade ne peut excéder 4,5.
      Il convient de savoir que la notation d’une année normalement réalisée est de 4 points
      Quand vous avez deux adjudants, que l’un a été exceptionnel et que le second a réalisé correctement son année, l’un a 6 points, ce qui de facto implique que l’autre a 3 points, ce qui lui fait une appréciation passable, ce dont il mettra 4 années à se relever.
      La seule solution est de mettre soit 4 à tout le monde, ce qui fait que le premier adjudant se sent lésé et son investissement non reconnu, soit de mettre 5 à tout le monde en espérant que l’autorité notatrice en second degré ne changera rien, car s’il modifie, l’un des deux se sentira lésé, et l’autre « injustement » récompensé par rapport au premier.
      En fait, le système est biaisé, parce que les personnels ne peuvent être notés à leur juste valeur et à la qualité du service rendu, mais doivent être noté en fonction des autres.
      Cela explique également en partie pour les cadres n’avancent pas, pourquoi ils sont vite lassés car malgré un investissement reconnu (écoutez les beaux discours) rien n’avance, et surtout pas eux.

  22. Breer dit :

    Bon sang en lisant tous les commentaires, je reste assez pantois, ayant quitté l’armée en 1988. Au vu de ce qui se dit, je me rends compte que les mentalités ont sacrément changés à tous les niveaux, et au final cela reflète la société actuelle…. et je le redis la seule institution par laquelle passent toutes les générations se trouve être l’Education nationale, qui n’est pas pour rien dans ce changement de mentalité…..

  23. Un fantassin dit :

    Je vais apporter ma modeste contribution à ce débat si riche d’idées. J’ai quitté l’institution en 2005 a 27 ans de services d’une carrière d’Officier semi direct. Au bout de 8 mois de chômage (et oui, personne ne m’attendait « dehors) j’ai accepté un travail au sein d’un grand groupe avec le statut d’agent de maîtrise. Baisse de 1000 € de mon salaire. Un an après je suis passé cadre et ai quitté ce groupe au bout de 6 ans. Fort de cette expérience civile j’ai intégré une entreprise filiale d’un grand groupe présent à l’international. Statut cadre directement. Aujourd’hui j’ai retrouvé le niveau de salaire que j’avais juste avant de prendre le chapeau mou. J’ai aussi un joli SUV de fonction et de nombreux avantages. Cela m’a pris 13 ans dans le civil pour en arriver là. Et ormis lors des phases de recrutement personne ne s’interresse à mon passé. C’est la réalité de la vie au dehors. Je lis souvent des énormités sur ce genre de sujet. Je tenais à témoigner de mon vécu.