Pour l’État-major des armées, l’innovation ne tend pas forcément vers « plus de technologie »

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22 contributions

  1. Hermes dit :

    D = débrouilladise.
    .
    C’est la version politiquement correct, parce qu’on m’a toujours dit « démerdes-toi » huhu

  2. Plusdepognon dit :

    Malheureusement le but de certains n’est que de vendre du matériel et des services.
    http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2019/02/04/l-externalisation-20008.html
    A l’image de l’Allemagne :
    https://youtu.be/EpY-piJuUUM

    Avec la fonte des effectifs, les capacités des armées sont de plus en plus dépendantes de sociétés militaires privées, ce qui permet aux gouvernements de rendre encore moins de comptes sur leurs actions.
    https://www.areion24.news/2019/03/16/mercenaires-et-entreprises-de-securite-vers-une-privatisation-de-la-guerre/

    La technologie est très importante, mais moins il y d’opérateurs, plus le savoir-faire est precieux. Il n’est de richesses que d’Hommes et avec la réforme des retraites, je me demande bien comment ça va tourner…
    Ce qui est sûr, c’est qu’au prix où sont vendus les matériels aux armées (avec la recherche et développement plus ou moins justifiée), tout ce qui peut être développé en interne sera le bienvenu !

  3. Plusdepognon dit :

    Après avoir entendu parler au travail de « recentrage sur le client » et autres anglicismes du marketing dont je vous fais grâce, par des gens qui ne sont même pas intéressés au fonctionnement des armées, alors qu’ils y ont fait carrière et comptent se recycler dans les entreprises travaillant avec les armées (avec cumul de la pension militaire, la réforme ne passera pas par eux), je trouve cet article très décalé. L’OTAN est une machine à vendre du matériel américain et les allemands démontrent que les français se font des rêves en s’imaginant « partenaires ».
    Le souci d’un outil pointu, c’est qu’il demande une main d’oeuvre formée et fidelisée, donc la balle est dans le camp du commandement car on attire pas des mouches avec du vinaigre. Et c’est là que le bât blesse !
    Je remets ce lien sur ce qui est, pour moi, un travers bien pratique de notre politique de défense et de nos industriels (emplois, R&D, profits ):
    http://dutungstenedanslatete.blogspot.com/2017/10/les-limites-du-technologisme.html
    L’armée française est issue de la société française. Les gens arrivent toutes catégories confondues sans permis de conduire (trop cher), la grande majorité n’a aucune notion de camping ou de bivouac (milieu urbain) et beaucoup ne pratiquaient pas le sport de manière régulière. Aujourd’hui, priver quelqu’un de son portable est le plus sûr moyen de se battre avec… (à mon époque, c’était de piquer sa femme, comme quoi les choses évoluent).
    Donc il s’agit d’aller à rebours des habitudes de notre société. Ce sera aussi indispensable, que compliqué. Bon courage !

    • Anonymous dit :

      L armée en France est surtout perçue comme une roue de secours quand on on est vraiment dans la merde sans aucun emploi a l horizon, on s engage. Tres peu de personnes la rejoint par vocation, etant moi meme jeune, seul un fragment des gens qui avec qui j ai discuté qui songeraient a rejoindre l armée le fait par vocation, le reste etant des jeunes un peu perdus dans leur orientation ou alors vraiment peu qualifiés qui se satisferont d un smic logé nourri blanchi. On peut l expliquer par la mission Sentinelle qui détruit des vocations ou encore par le fait de la faiblesse des salaires vis a vis du privé ou d autres militaires de pays voisins ( les salaires des militaires allemands ou britanniques par exemple ) mais aussi la faiblesse des investissements dans les petits equipements qui pousse les militaires a s equiper eux memes et deteriore l image de l armee grandement.

      • mich dit :

        Bonjour ,vous prenez comme exemple le salaire des armée voisine ,mais êtes vous sur que sur un poste équivalent et avec les même déplacements opex , en prenant en compte les pensions et bien sur les couts de la vie et aide diverses de chaque pays ,chacun de vos trois militaires aura une situation très différente ? j ‘ai eu l ‘occasion d ‘en parler avec des homologues , la réponse était non, bien sur je parle de mon cas (je suis sous officier AA) ,et l’armée ne manque pas de situations bien différentes en fonction des spécialités et des grades,un peu comme vous simplifier un peu vite les motivations des jeunes actuellement.Pas facile de faire des généralités ,dans le militaire ,comme dans le civil ,vous êtes dans quel cas ?

        • Anonymous dit :

          https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/aeronautique-defense/20131011trib000790181/defense-les-militaires-francais-sont-moins-bien-payes-que-les-britanniques-et-les-allemands.html
          Lisez cette article et vous verrez par vous meme et c etait il y a 5 ans entre temps les salaires ont augmenté en Allemagne avec la hausse du budget militaire et stagné ici. 20 000 euros de plus pour un soldat britannique, le cout de la vie etant bien superieur mais faut pas abuser non et en Allemagne la vie est bien moins chere qu ici pour y avoir vu de mes propres yeux.

          • mich dit :

            Bonsoir ,je me souviens de cet article ,perso je le trouve plutôt imprécis et pas très clair (comme souvent sur des chiffres résumés que livre la cour des comptes). Encore une fois ,on ne vit pas vraiment comme nos voisins (surtout les anglais) ,rien d ‘ étonnant ,celui qui voyage un peu dans notre pays sait aussi que le niveau de vie ou de dépense n ‘est pas uniforme dans notre pays même.Mais bon ,encore une fois je ne vous ai relaté juste des conversations entre homologue qui ne prétendent pas couvrir la majorité des cas ,tout ce que je peux vous dire c’est que beaucoup ne regrette pas non plus leur niveau de vie dans l ‘armée française ,officier comme sous officier .En France pas facile de vraiment savoir qui gagne quoi ou profite de quoi ,mais beaucoup râle ,en ce moment on le voit bien ! !

      • ClémentF dit :

        A 20 ans, je me suis posé la question, l’armée, ou pas ?
        La réponse a été, pas;
        On était en 1999, pas de menace extérieure à ce moment (à part les prémices d’al quaida dans quelques articles du monde)
        Et puis surtout pas envie de me retrouver dans une structure parent pauvre de la dépense publique.
        J’ai pensé que je serai plus utile à mon pays dans le civil, je suis artisan, je paie mes impôts, j’ai fait deux gosses.
        Aujourd’hui, j’ai 38 ans, je ne pense pas avoir manqué à personne. Je continue de prêter attention aux questions de défense parce que la chance qu’à eu ma génération (les dividendes de la paix de quivoussavez), ça pourrait ne pas durer.
        Qui vis pacem parabellum, on est sur du temps long, j’ai expliqué à mes gamins que parfois, une génération n’a pas de chance, et qu’il fait être prêt à mourir pour son pays. (j’espère que d’autres le font)

    • mich dit :

      bonjour ,vous dites « Les gens arrivent toutes catégories confondues sans permis de conduire (trop cher) » ,vous grossissez pas un peu le trait ,car je ne l’ai pas forcement constaté ou alors vous parlez d’une catégorie en particulier ? Par contre ,entièrement d’accord sur le portable ,mais là c ‘est maintenant valable dans presque toutes les sociétés de la planète et peu importe les ages .Il sera de plus en plus difficile de trouver des différences entres les jeunes occidentaux et ceux des autres  » bloc « ,un peu comme dans le sketch de coluche  » GERARD  » ,qui va vraiment vouloir faire la guerre ?J ‘ai bien peur que ce soit bien les technologies qui soient entrain de gagner la bataille ,et comme pour le travail ,il faudra de moins en moins de monde pour la mener.Reste à bien définir ce que veut dire gagner une bataille ,à l’image des conflits récents.

      • Plusdepognon dit :

        @ Mich
        Pour le permis, beaucoup de soldats et de jeunes sous-officiers. Entre 1 500 et 1 800 euros le sésame, c’est prohibitif !
        Mais cela arrive même au niveau des officiers (dans une grande ville bien desservie en transports en commun, pas besoin du permis, c’est plus une contrainte qu’un atout).
        Et je ne parle pas de la rigolade du VBL dans l’armée de terre, car pour 300 kilos de trop, il faut une formation supplémentaire ajoutée au permis B…
        Cela pose quand même pas mal de souci, surtout pour les armées (air et mer) qui n’ont pas d’autre choix que se tourner vers les formations offertes par le civil (budget encore et toujours).

  4. charly10 dit :

    « L’innovation ne tend pas nécessairement vers toujours plus de technologie. » . Les récentes OPEX auront au moins servi à s’apercevoir que le top techno n’est pas toujours la panacée. L’EMA deviendrait il enfin plus réaliste. Retour sage aux valeurs de base.

    • John dit :

      Il faut arrêter de confondre technologie et électronique !
      Une innovation peut être technologique sans que cela implique de conséquences négatives…
      Les matériaux, voici un exemple qui peut être technologique. Les améliorations des tissus peuvent apporter aux militaires un confort accru, être plus légers, et mieux protéger.
      Les matériaux en termes de blindage ou d’isolation thermique peuvent permettre d’être mieux protégés, et plus furtifs.

  5. vrai_chasseur dit :

    Je serais curieux de savoir comment l’armée de terre envisage de fonctionner en mode Scorpion dégradé ?

    • Plusdepognon dit :

      @ vrai_chasseur
      La numérisation de l’espace de bataille ( NEB) est une manière de travailler qui a rencontré un nombre colossal de résistances. Et en rencontre encore.
      Il y a un lieutenant-colonel travaillant au 35eme RI puis au 152eme RI, a fait un travail incroyable sur le sujet pendant plus de 10 ans (je dis pas son nom, tout le monde dans ce milieu le connait ). Il était tellement calé qu’il était le cauchemar des commandants d’unités pendant les exercices. Je ne sais pas ce qu’il est devenu.
      Mais croyez moi, Scorpion a été pensé par des ingénieurs, du sur-mesure comme si le soldat ne changeait pas de poste (pour le fantassin) et très lourd, demandant beaucoup d’énergie dans tous les sens du terme … Dans l’armée britannique un soldat a peut être le même poste tout au long de sa carrière, mais pas dans l’armée française.
      Bref, de ce que j’en sais les opérateurs aiment les optiques. Le reste…
      Pour les véhicules, certains vont en diront plus.
      Cet article de 2002 est assez complet si le sujet vous intéresse :
      https://www.cairn.info/revue-les-cahiers-du-numerique-2002-1-page-77.htm
      L’infovalorisation pose la question de la place de l’Homme dans le combat de demain. Il n’y a pas de mode dégradé dans un système « parfait ». Quand une machine ne marche pas et qu’il n’y a plus d’humains en quantité pour y pallier, ça plante. Comme pour certaines entreprises avec le ransomware « Wannacry ».

      • John dit :

        Ne sous-estimez pas les ingénieurs…
        Il semblerait que les opérateurs apprécient la radio si je ne me trompe pas.

        Mais si on prend le concept même de Scorpion, tirer avantage des technologies existantes est intelligent.
        Pour autant, cela ne devrait pas signifier qu’il ne faille pas savoir faire tout ça « à l’ancienne » pour parer à toute les situations. Mais c’est une question de formation.
        Concernant les ingénieurs précisément, on ne peut pas dire qu’ils sont seuls responsables sur cette question… En face, il y a ce qui s’appelle la DGA, et probablement un panel de généraux et autres officiers donnant leur avis sur un tel matériel.
        Le volume et la masse à transporter était probablement dans l’appel d’offre, et si c’est pas le cas, il aurait dû l’être. Ensuite, rendre des technologies numériques plus rustiques requiert une augmentation de la masse et du volume.
        Donc on peut se poser la question suivante. Quelle est la part de responsabilité de l’armée dans tout ça? Je pense personnellement qu’elle est sur les épaules de l’armée. C’est l’armée qui décide des caractéristiques de leurs besoins, pas les ingénieurs. Les ingénieurs proposent des variantes en général qui sont ensuite approuvées par la DGA…
        Dans le cas du « fantassin Scorpion »… tout n’est pas nécessaire. La batterie de l’optique n’est pas assez performante. Le nombre de batteries à emporter est bien trop lourd…
        L’ingénieur ne décide pas du paquetage du fantassin. C’est l’armée qui n’a pas su faire le tri parmi les besoins, et qui ont tout pris malgré le fait que ce ne soit pas léger, et pas si utile.

  6. PK dit :

    Rappeler qu’il faille être rustique et totalement autonome, i.e. comme savoir lire une carte, quand on est un soldat en 2019 est quand même un sacré indicateur de dérive…

    Je serais le CEMAT, je ferais faire un test à grand échelle de tous les personnels – au moins ceux des régiments de mêlée – pour connaître l’état individuel de nos soldats sur le sujet…

    C’est typiquement le sujet où cela ne coûte que du temps pour amener le soldat au bon niveau (sans injecter ni des sous, ni du matériel).

    (donc pour simplifier marches commando de nuit à la boussole 🙂 )

    • John dit :

      Ce que je trouve parfois énervant, c’est les anciennes générations critiquant la jeunesse.
      Il se trouve que la jeunesse est le résultat de ce qui a été transmis par les diverses générations. Si l’éducation n’a pas suivi au niveau de « connaissances de base » du « passé », qui sont les vrais responsables?
      Il faudra en effet à un moment former les recrues, et maintenir des compétences permettant une autonomie ! Maintenant, j’ai une question pour ceux qui ont vu les « plus anciens » d’armées de différentes nations. Comment s’en sortent-ils lorsqu’il s’agit d’utiliser tous les avantages de « nouvelles technologies », notamment du numérique? On parle facilement des compétences non transmises aux plus jeunes, mais rarement des compétences des plus anciens, car certains partent du principe que tout s’apprend sur le tas facilement. Je pense qu’ils sont trop facilement oubliés dans certains domaines.

  7. mich dit :

    Quand même pas mal de grand mots ,pour un budget consacré à la recherche peut être un peu juste par rapport aux enjeux ,sans parler de savoir si nous aurons assez de personnes qualifiés pour les mener .De même ce discours sur le fonctionnement en mode dégradé est un peu flou ( l ‘opposition entre carte et gps est un peu facile),au moins on en parle ,c ‘est mieux que de se voiler complètement la face ,ce que l’on a fait des années en limitant entrainements et lots de déploiement.

  8. Bricoleur dit :

    La fameuse « simplification des procédures » … Un voeu pieux ! Le problème est que la DGA suit avec grand soin les injonctions de l’instruction 125 /EMA // 1516 / DGA de 2010 sur le déroulement des programmes d’armement. Cette instruction est remarquable de précision. Elle a été écrite (57 pages …) pour les matériels importants (navires, avions, hélicoptères, véhicules blindés,canons), mais la DGA s’ingénie à la suivre à la lettre même pour des opérations d’armement simples. On a vu récemment, pour un matériel de technologie courante , la DGA mettre 2 ans pour passer de la fiche de caractéristiques militaires (FCM) délivrée par l’état-major à la spécification technique de besoin (STB) destinée à la consultation des industriels. Dans le même cas, une phrase de l’EM s’est transformée en 109 items concernant la seule ergonomie.