Les forces américaines commencent à retirer des équipements de Syrie [MàJ]

Entre des déclarations péremptoires amendées quelques jours après et les explications alambiquées qui contredisent celles données précédemment, il est difficile de savoir exactement à quoi s’en tenir au sujet du retrait des forces américaines de Syrie.

Pour justifier sa décision de retirer ses troupes du théâtre syrien, le président Trump avait assuré que Daesh [État islamique ou EI] était vaincu. Et il ne s’était pas privé de s’en attribuer les mérites, rejetant sur son ex-secrétaire à la Défense, James Mattis, le manque de résultats en Afghanistan… Puis ce retrait annoncé comme imminent [« Nos garçons, nos jeunes femmes, nos hommes, ils rentrent tous, et ils rentrent tous maintenant », avait-il dit via Twitter] devra se faire à un « rythme adapté » et de « manière prudente ».

De leur côté, le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, et le conseiller à la sécurité nationale de M. Trump, John Bolton, ont chacun mis des conditions (sécurité des kurdes, défaite totale de Daesh) qui rendent improbables un retrait rapide. D’ailleurs, le premier s’est refusé à donner un quelconque calendrier. En clair, ce désengagement devrait prendre autant de temps que met le fût du canon à refroidir. C’est à dire un « certain temps »…

Quoi qu’il en soit, l’activité de la coalition anti-jihadiste dirigée par les États-Unis aura été très intense après l’annonce de M. Trump, avec pas moins de 469 frappes [aviation et artillerie] contre Daesh en Syrie entre les 16 et 29 décembre.

Cela étant, la coalition a confirmé, ce 11 janvier, que les forces américaines avaient amorcé leur retrait de Syrie. « Par souci de sécurité opérationnelle, nous ne discuterons pas des échéances, des lieux ou des mouvements de troupes », a fait valoir le colonel Sean Ryan, son porte-parole.

Mais l’Observatoire syrien des droits de l’Homme [OSDH], qui dispose d’un réseau d’informateurs sur le terrain, a fait part du départ de 150 soldats américains [sur les 2.000 déployés] de la base de Rmeilan, située dans la province de Hassaké [nord-est de la Syrie], prés des frontières avec la Turquie et l’Irak.

En 2016, les forces américaines avaient en effet pris le contrôle de l’aérodrome de Rmeilan, suite à un accord conclu avec les milices kurdes syriennes [YPG], lesquelles sont affiliées aux Forces démocratiques syriennes.

« Dans le cadre d’un accord avec les YPG, les États-Unis ont obtenu le contrôle de l’aéroport. Cet accord a pour objectif de soutenir le FDS en leur fournissant des armes », avait expliqué, à l’époque, un responsable des FDS.

Toutefois, trois responsables du Pentagone, s’exprimant sous le couvert de l’anonymat, n’ont pas confirmé cette information. « Le retrait ne concerne pour l’heure aucun soldat et la
bataille contre l’EI continue », ont-ils dit à l’agence Reuters. En revanche, ont-ils précisé, des « équipements ont actuellement en cours de transfert hors de Syrie. »

En attendant, à Paris, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a exclu tout changement du dispositif militaire français en Syrie [force Chammal, ndlr], tant qu’une « solution politique » ne sera pas trouvée.

« Nous sommes présents en Irak, nous sommes très modestement présents en Syrie en accompagnement des Américains. Evidemment quand il y aura une solution politique nous nous retirerons », a en effet déclaré M. Le Drian, à l’antenne de CNEWS. En outre, il a aussi insisté sur la nécessité d’assurer « au niveau international la préservation de la sécurité des Kurdes » syriens, qui restent « nos meilleurs alliés » face à Daesh.

Une autre question soulevée par le patron du Quai d’Orsay est le sort des jihadistes européens, capturés lors des combats menés par les FDS. Or, si l’offensive que promet le président turc, Recep Tayyip Erdogan est effectivement lancée, les milices kurdes ont fait savoir qu’elles ne pourraient sans doute pas les garder sous leur contrôle et les juger.

« Dans le nord-est syrien, nous sommes toujours en guerre, même si le président Trump annonce que les forces américaines vont se retirer progressivement, et là il faudra aussi envisager les solutions de sérénité pour faire en sorte que ces personnes soient jugées », a expliqué M. Le Drian.

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