Une tentative de coup d’État militaire a été déjouée au Gabon

Pays producteur de pétrole et par ailleurs bien pourvu en ressources naturelles [manganèse, bois], le Gabon connaît actuellement de grandes difficultés économiques, notamment en raison de la chute du prix de l’or noir, la part des recettes pétrolières dans son PIB étant tombée de 45% à seulement 27% en 2017. Résultat : des mesures d’austérité ont été prises, notamment pour la fonction publique, des entreprises sont en difficulté et le chômage augmente. Et cela alors que, déjà, un tiers de la population vit sous le seuil de pauvreté.

À ce marasme économique vient s’ajouter une crise politique, causée par la réélection contestée, en 2016, du président Ali Bongo, lequel avait succédé à son père – Omar Bongo – au décès de ce dernier, en 2009.

Inquiété par la justice française dans le cadre de l’affaire des « biens mal acquis » [c’est à dire l’établissement de fortunes en France grâce au détournement de fonds publics, ndlr], Ali Bongo a été victime d’un accident vasculaire cérébral [AVC] alors qu’il se trouvait en Arabie Saoudite, en octobre 2018. En convalescence à Rabat, il a fait une apparition le 31 décembre dernier, à l’occasion de son traditionnel message du Nouvel An.

« Aujourd’hui, comme vous pouvez le constater, je vais mieux et me prépare à vous retrouver très vite », a assuré M. Bongo à ses compatriotes. Seulement, l’opposition gabonaise n’est pas de cet avis. « Cette apparition, sous réserve d’un montage laborieux, suscite encore plus d’interrogations et d’incertitudes sur les capacités physiques et intellectuelles d’Ali Bongo à exercer les lourdes charges qui lui incombent », a ainsi estimé Alexandre Barro Chambrier, président du parti Rassemblement Héritage et Modernité, pour qui il faudrait « décréter la vacance du pouvoir et la mise en place d’une transition démocratique. »

En attendant le retour de M. Bongo, la Cour constitutionnelle a transféré une partie des pouvoirs du président au Premier ministre et au vice-président du Gabon.

C’est donc dans ce contexte que, ce 7 janvier, sur les ondes de la radio nationale gabonaise, au moins trois militaires mutins, dont le lieutenant Ondo Obiang Kelly, présenté comme commandant-adjoint compagnie de la garde d’honneur, ont annoncé la création d’un « Conseil national de restauration » afin de « garantir au peuple gabonais une transition démocratique », estimant « illégitimes et illégales » les institutions mises en place durant l’absence de M. Bongo.

« Si vous êtes en train de manger, arrêtez. Si vous êtes en train de prendre un verre, arrêtez. Si vous dormez, réveillez-vous. Réveillez vos voisins […], levez vous comme un seul homme et prenez le contrôle de la rue […] jusqu’à ce que nous mettons hors d’état de nuire tous les ennemis de la patrie », a encore lancé le lieutenant Ondo Obiang Kelly, qui s’est dit président du « Mouvement patriotique des jeunes des forces de défense et de sécurité du Gabon » [MPJFDS]. Et il a également appelé « tous les hommes du rang et les sous-officiers » à se procurer « armes et munitions » et à « prendre le contrôle » des points stratégiques du pays, en ce « jour où l’armée a décidé de se mettre aux côtés de son peuple pour sauver le Gabon du chaos ».

Par la suite, des blindés des forces armées ont été déployés pour bloquer l’accès au boulevard Triomphal, autour de la Radio Télévision gabonaise. Alors que des tirs ont été entendus en bord de mer et dans le centre de Libreville, les unités du GIGN gabonais sont entrées dans le bâtiment où s’étaient retranchés les mutins. Et, finalement, quatre d’entre eux ont été arrêtés, tandis qu’un cinquième – le lieutenant Ondo Obiang Kelly – aurait réussi à s’enfuir.

« Le calme est revenu, la situation est sous contrôle », a ensuite assuré Guy-Bertrand Mapangou, le porte-parole du gouvernement, lequel a qualifié, sur les ondes de RFI, les cinq mutins de « plaisantins » car « jusqu’à présent, la hiérarchie militaire dit ne pas être au courant de ce groupe et ne pas connaître comment ils se sont préparés ». Enfin, a-t-il précisé, les « els forces de sécurité ont été déployées dans la capitale et elles le resteront pour les prochains jours afin de maintenir l’ordre. »

Cette tentative de coup d’État est survenue alors que 80 militaires américains ont débarqué à Libreville afin d’anticiper d’éventuels troubles post-électoraux en République démocratique du Congo. En outre, la France y est aussi présente militairement, via les Éléments français au Gabon [EFG].

Pour rappel, la France et le Gabon sont liés par un traité de coopération en matière de défense depuis 1960. Ce dernier a été renégocié en 2010 pour entrer en vigueur en 2014.

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