Syrie : Washington ne veut pas préciser le calendrier du retrait de ses troupes

Alors que le Parti démocrate fourbissait ses armes au Congrès [il est désormais majoritaire à la Chambre des représentants, ndlr] et que l’enquête sur les ingérences russes dans la campagne présidentielle de 2016 continuait d’avancer, le président Trump a-t-il cherché à faire un « coup politique » en annonçant le retrait unilatéral des forces américaines de Syrie et la « victoire » contre l’État islamique [EI ou Daesh]?

« Nous avons gagné contre ISIS [Daesh] il est temps de rentrer. Nos garçons, nos jeunes femmes, nos hommes, ils rentrent tous, et ils rentrent tous maintenant », avait en effet lancé M. Trump, le 19 décembre.

Cette décision a été vue comme un blanc-seing donné à la Turquie, qui planifie une nouvelle offensive dans le nord de la Syrie contre les milices kurdes syriennes, jusqu’alors soutenues par la coalition anti-jihadiste dirigée par les États-Unis.

Depuis l’annonce de M. Trump, le chef du Pentagone, James Mattis, a été remplacé par Patrick Shanahan, l’émissaire des États-Unis auprès de la coalition, Brett McGurk a démissionné et les milices kurdes ont demandé et obtenu de l’aide auprès du régime syrien. L’offensive turque, pourtant donnée comme imminente, n’a pas été lancée, les combats contre Daesh continuent, Israël a de nouveau frappé en Syrie pour empêcher des transferts d’armes iraniennes vers le Hezbollah et la Russie et la Turquie ont convenu de coordonner leurs actions « dans le contexte du retrait américain », dont l’ordre a officiellement été signé le 23 décembre.

Et il a alors été avancé, selon le New York Times, que le désengagement militaire américain de Syrie allait se faire « sous trente jours ». Seulement, on n’en est pas encore là…

Le 31 décembre, il a été rapporté que M. Trump aurait donné son accord pour porter ce délai à quatre mois. Ce que l’intéressé n’a pas confirmé. En revanche, il s’est seulement dit prêt « à ralentir le mouvement ». Auparavant, après avoir eu une discussion avec son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan, il avait évoqué un « retrait lent et extrêmement coordonné des troupes américaines de la région. »

Mais lors d’un entretien donné au site d’informations NewsMax, le 3 janvier, le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, a souligné « l’importance de faire en sorte que les Turcs ne massacrent pas les Kurdes » et d’assurer « la protection des minorités religieuses en Syrie. » Et d’ajouter : « Tout ça fait toujours partie de la mission américaine. »

« Le président a également expliqué très clairement que nous devions poursuivre la campagne anti-EI », a aussi affirmé M. Pompeo. Et « que nous devions continuer à veiller à faire le nécessaire pour créer la stabilité dans tout le Moyen-Orient », a-t-il poursuivi, avant d’évoquer les efforts américains pour contrer l’Iran.

Quant au calendrier de retrait des forces américaines de Syrie, M. Pompeo a botté en touche. « Je ne veux pas que les adversaires sachent exactement quand nous partirons », a-t-il dit. « Mais les orientations sont sans ambiguïté et nous allons y arriver , a-t-il ajouté.

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