Otan/traité FNI : L’Allemagne s’opposerait au déploiement de missiles nucléaires en Europe

Début décembre, les ministres des Affaires étrangères de l’Otan ont appelé la Russie à se mettre en conformité avec le traité sur les Forces nucléaires intermédiaires [FNI], signé en 1987 par les États-Unis et l’Union soviétique afin de mettre un terme à la crise dite des Euromissiles. En effet, il est reproché à Moscou d’avoir développé et déployé le missile 9M729 « Novator », dont la portée est interdite par ce texte.

« Par sa violation du traité FNI et son absence de réponse à nos demandes répétées de clarification, la Russie menace directement la sécurité transatlantique et la stabilité stratégique », avait alors commenté Jean-Yves Le Drian, ministre français des Affaires étrangères.

Pour rappel, le traité FNI interdit le déploiement les missiles balistiques et de croisière sol-sol dont la portée est comprise entre 500 et 5.500 km. Seulement, il ne concerne pas d’autres pays, qui, comme la Chine, disposent de tels engins dans leurs arsenaux. Et pour Washington, pour qui la région Indo-Pacifique reste une priorité, cela pose un problème.

Quoi qu’il en soit, et avec le soutien de l’Otan, les États-Unis ont donné 60 jours à la Russie pour qu’elle « respecte ses obligations de manière vérifiable ». Faute de quoi, ils se retireront de ce traité. Seulement, Moscou nie avoir manqué à ses obligations.

« Nos partenaires américains estiment à présent que la situation a tellement évolué depuis la signature en 1987 du Traité FNI, qu’ils doivent se doter de ces armes. Notre réponse à Washington? Simple : nous ferons la même chose », a répondu Vladimir Poutine, le président russe.

Le chef d’état-major russe, Valery Gerasimov, s’est quant à lui montré plus direct, en menaçant les pays de l’Otan prêts à accueillir des missiles balistiques américains de moyenne portée sur leur territoire de « contre-mesures ». « Ce n’est pas le territoire des États-Unis qui est menacé de destruction, mais bien (ces) pays », a-t-il dit, début décembre.

En tout cas, pour l’Allemagne, il n’est pas question de voir se répéter la crise des Euromissiles, au cours de laquelle des missiles Pershing II américains [photo] avaient été déployés en Europe de l’Ouest afin de répondre à celui des SS-20 soviétiques.

« La politique des années 1980 n’aide pas à répondre aux questions d’aujourd’hui. Un déploiement de nouveaux missiles à moyenne portée rencontrerait une grande résistance en Allemagne » et « l’Europe ne devrait en aucun cas être le théâtre sur le réarmement », a en effet déclaré Heiko Maas, le ministre allemand des Affaires étrangères, à l’agence de presse DPA, ce 27 décembre.

« La communauté internationale – et pas seulement les États-Unis et la Russie – doit pouvoir développer une nouvelle architecture de contrôle des armements. Cela devrait inclure non seulement les armes nucléaires, mais aussi les systèmes modernes d’armes autonomes qui tuent complètement en dehors de tout contrôle humain », a encore estimé M. Maas.

La crainte exprimée par Berlin rejoint celle de Federica Mogherini, la haute représentante de l’Union pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité. « Si nous allons vers la fin de cet accord, la sécurité de l’Europe sera en danger et nous ne voulons pas que le territoire européen redevienne un champ de bataille pour d’autres puissances comme il l’a été dans le passé », avait-elle expliqué, en novembre.

Dans ces conditions, l’on voit mal comment il serait possible de répondre au déploiement du missile russe 9M729 « Novator », au sujet duquel, d’ailleurs, Moscou refuse toujours de donner des précisions.

En attendant, le 26 décembre, M. Poutine s’est félicité du dernier essai de l’Avangard, une nouvelle arme « hypersonique » et « stratégique », qui a atteint une cible située à 4.000 km de son point de départ. « Lors de son vol à une vitesse hypersonique [Mach 20?], l’ogive ailée a fait des manœuvres horizontales et verticales guidées et frappé en temps voulu une cible conventionnelle qui se trouvait sur un terrain d’exercice », a indiqué le ministère russe de la Défense.

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