Washington accuse Damas et Moscou d’avoir « mis en scène » l’attaque chimique présumée d’Alep

Le 24 novembre, les médias d’État syrien affirmèrent que plusieurs dizaines de personnes avaient été hospitalisées pour des troubles respiratoires après une attaque présumée chimique menée par des rebelles contre trois quartiers résidentiels de la ville d’Alep. Puis, l’Observatoire syrien des droits de l’Homme [OSDH] évoqua à son tour « 94 cas de suffocation » ainsi qu’une « odeur de chlore » dans les secteurs visés. Les habitants touchés « ont été soignés et la majorité sont sortis. Il y a toujours 31 cas dans les hôpitaux mais leur état n’est pas critique », avait-il précisé.

Plus tard, le ministère russe de la Défense affirma que l’origine de cette attaque, commise avec des munitions contenant « apparemment du chlore », était située dans la zone tampon de la province voisine d’Idleb, contrôlée par le groupe jihadiste « Hayat Tahrir al-Sham [ex-Front al-Nosra, ndlr].

Ayant fait état de « 46 personnes, dont 8 enfants » hospitalisées pour avoir été exposées aux produits chimiques », le ministère russe de la Défense justifia des frappes aériennes effectuées dans le nord de la zone démilitarisée d’Idleb, mise en place dans le cadre d’un accord avec la Turquie, en septembre dernier.

Plus tard, l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques [OIAC] fut saisie par Damas pour mener une enquête sur cette attaque. Ce que son directeur, Fernando Arias, accepta, à la condition d’avoir des garanties sur la sécurité des enquêteurs. Et le Mécanisme international chargé de la collecte des preuves des crimes de guerre en Syrie, mis en place par l’ONU, annonça s’être lui aussi saisi de cette question.

Alors que, pour ce genre d’affaire, il est essentiel de collecter des échantillons au plus tôt pour confirmer ou infirmer une attaque chimique, les investigations de l’OIAC n’ont pas encore commencé. Pour autant, les États-Unis, qui avaient demandé une enquête « juste et transparente » sur les faits d’Alep, ont accusé Damas et Moscou d’avoir cherché à « saper » le cessez-le-feu dans la province d’Idleb avec une « mise en scène ».

En effet, via un communiqué publié le 7 décembre, le porte-parole de la diplomatie américaine, Robert Palladino, a affimé que les États-Unis ont des « informations crédibles » indiquant que des « personnels russes et syriens ont été impliqués » dans l’utilisation de « gaz lacrymogènes » pour faire croire à une attaque chimique afin de « saper la confiance dans le cessez-le-feu » concernant Idleb, dont le contrôle échappe encore à Damas.

« Les États-Unis sont très préoccupés du fait que des responsables pro-régime ont gardé le contrôle du site de l’attaque dans sa suite immédiate, leur permettant potentiellement de fabriquer des échantillons et de contaminer le site avant une enquête en bonne et due forme par l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques », a continué M. Palladino.

« Nous mettons en garde la Russie et le régime contre toute manipulation du site de l’attaque présumée et les appelons à assurer la sécurité d’inspecteurs impartiaux, indépendants, afin que les responsables puissent rendre des comptes », ajouté le porte-parole du département d’État.

Le Royaume-Uni est aussi sur la même longueur d’onde. « Il est probable qu’il s’agissait soit d’une mise en scène destinée à piéger l’opposition, ou d’une opération qui a mal tourné et que la Russie et le régime ont voulu tourner à leur avantage », a affirmé un porte-parole du Foreign Office.

Un responsable américain sollicité par l’AFP a explique qu’après l’attaque d’Alep, « la Russie et la Syrie avaient immédiatement communiqué de façon similaire, soulevant les soupçons. » Et d’ajouter : « Des analyses techniques des vidéos et des images de munitions restantes indiquent que les mortiers décrits par les médias russes ne conviennent pas pour le tir de chlore. »

À Moscou, le ministère russe de la Défense a répondu à ces accusations en parlant d’une « déclaration hystérique du département d’État américain » qui serait une « tentative de faire pression sur l’OIAC afin d’empêcher un enquête impartiale. » Et d’ajouter : « Les allégations américaines pourraient viser à détourner l’attention de la communauté internationale des crimes commis par les avions de guerre américains dans l’est de la Syrie où ils bombardent autour de Hajine depuis plus d’un mois, tuant des dizaines de civils chaque jour. »

Pour rappel, le secteur d’Hajine est le dernier bastion de l’État islamique [EI ou Daesh] dans la province syrienne de Deir ez-Zor. Il fait actuellement l’objet d’une offensive menée par les Forces démocratiques syriennes [FDS], soutenues par la coalition anti-jihadiste dirigée par les États-Unis.

Enfin, Moscou assure avoir des « preuves concluantes » que des « munitions contenant des agents toxiques » ont été utilisées « contre des civils Alep, le 24 novembre 2018 ». Reste à les montrer…

Photo : archive

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