Contre l’avis de l’Otan, les États-Unis soutiennent la création d’une « armée nationale » au Kosovo

Les relations entre la Serbie et le Kosovo sont actuellement très tendues, notamment à cause de la décision de Pristina d’imposer une taxe de 100% sur les produits d’importation serbe et de transformer la Force de sécurité du Kosovo [KSF] en une armée nationale.

À Belgrade, l’on craint qu’un processus soit enclenché par les autorités kosovares pour expulser la minorité serbe établie dans le nord du Kosovo. D’où l’avertissement lancé cette semaine par Ana Brnabic, Mme le Premier ministre de la Serbie.

« J’espère que nous n’aurons jamais à l’utiliser [l’armée], mais c’est actuellement l’une des options envisageable, car nous ne voulons pas assister à ce […] nettoyage ethnique », a-t-elle déclaré. Pour les observateurs, il est improbable que Belgrade puisse prendre une telle décision étant donné les conséquences qu’elle pourrait avoir sur le processus d’adhésion de la Serbie à l’Union européenne.

Reste que la situation demeure préoccupante. Le 6 décembre, le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, a appelé le président du Kosovo, Ramush Haradinaj, pour évoquer ce projet de création d’armée nationale, qui doit faire l’objet d’un ultime débat au Parlement kosovar, le 15 décembre.

« J’ai souligné qu’une telle initiative était malvenue, contraire à l’avis de nombreux pays de l’Otan et susceptible de compromettre les perspectives d’intégration euro-atlantique du Kosovo. J’ai réaffirmé que si le mandat de la Force de sécurité du Kosovo devait évoluer, l’Otan aurait à reconsidérer le niveau de son engagement », a indiqué M. Stoltenberg, qui a également le président serbe, Aleksandar Vučić pour évoquer « la nécessité d’apaiser les tensions actuelles. »

Plut tôt, cette semaine, à l’issue de la dernière réunion des ministres des Affaires étrangères des pays membres de l’Otan, M. Stoltenberg s’était dit « préoccupé par les propositions visant à transformer la Force de sécurité du Kosovo en une force armée », estimant que « cette initiative était malvenue » car elle « risquait de compromettre le dialogue entre Belgrade et Pristina mené avec la médiation de l’Union européenne. »

Seulement, tous les pays de l’Otan ne sont visiblement pas sur la même ligne. À commencer par les États-Unis. Alors que M. Stoltenberg appelait M. Haradinaj, l’ambassadeur américain en poste à Pristina, Philip Kosnett, a dit soutenir la création d’une force armée nationale au Kosovo.

« Les États-Unis estiment que la transformation de la KSF en forces armées du Kosovo est un pas positif et qu’il est naturel que le Kosovo en tant que pays souverain et indépendant dispose de ses propres capacités de défense », a en effet déclaré M. Kosnett, à la -télévision publique du Kosovo RTK. Mais « c’est un processus qui prendra de nombreuses années », a-t-il ajouté.

Pour rappel, depuis son intervention en 1999, l’Otan assure la sécurité du Kosovo via la KFOR. La Force de sécurité du Kosovo [KSF], forte de 5.000 hommes, est entrainée pour répondre seulement aux situations d’urgence (catastrophes, par exemple).

Ce 7 décembre, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a évoqué la situation dans les Balkans qui, selon lui, « suscite de l’inquiétude », à cause du rôle « déstabilisateur » de l’Union européenne et de l’Otan.

« Nous voyons que l’UE et l’Otan intensifient leurs efforts pour ‘digérer’ la région », en mettant les pays « devant le faux dilemme : être soit avec Moscou, soit avec Washington et Bruxelles », a affirmé M. Lavrov. Et, pour lui, le « principal foyer de déstabilisation reste le Kosovo », justement à cause de se projet de création d’armée nationale.

Cette semaine, les ministres des Affaires étrangères de l’Otan ont évoqué les « progrès » réalisés par la République de Macédoine sur la voie de l’adhésion et « décidé de poursuivre le soutien à la Bosnie-Herzégovine ». Et d’ajouter : « Dans le cas où Sarajevo déciderait de franchir le pas, l’Otan est maintenant disposée à accepter le premier programme national annuel de la Bosnie-Herzégovine, qui est un outil de coopération englobant des réformes en matière de politique, d’économie et de défense. »

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