Maintien de l’ordre : M. Philippe promet des « moyens exceptionnels » pour la prochaine manifestation des « gilets jaunes »

Après les scènes de guérilla urbaine vues à Paris et en province [voir ici], le 1er décembre, lors de la dernière journée de mobilisation des « gilets jaunes », d’autres débordements incontrôlés et dévastateurs sont à craindre pour la prochaine manifestation de ce mouvement. D’autant plus que l’une de ses figures a appelé, le 5 décembre, sur le plateau de BFMTV, à s’en prendre à l’Élysée.

« Tous les gens veulent aller là-haut, c’est le symbole de ce gouvernement », a lancé cet individu. Et une fois devant, « on rentre dedans […] pour être écoutés », a-t-il insisté. Plus tard, sur Facebook, il n’a pas démenti ce que certains ont interprété comme étant un appel à un coup d’État. « Ne jamais mettre en cause ma détermination ça serais [sic] mal me connaître!! Je croit [sic] plus en cette république dsl (désolé) », a-t-il écrit.

Malgré le recul du gouvernement sur la hausse des taxes qui étaient prévues par le projet de loi de finances 2019 et les appels au calme et à la raison, nombreux sont les « gilets jaunes » qui ne veulent pas en démordre. D’où l’annonce faite ce 6 décembre par le Premier ministre, Édouard Philippe, au Sénat.

« Les événements de samedi dernier doivent nous conduire à faire preuve de la plus grande prudence et de la plus grande détermination », a d’abord estimé M. Philippe. « C’est pourquoi le ministre de l’Intérieur [Christophe Castaner] a invité celles et ceux qui envisageaient de se rendre à Paris samedi prochain à ne pas le faire, il ne s’agit pas d’interdire de s’exprimer mais d’éviter qu’ils soient pris aux pièges que leur tendent les casseurs », a-t-il ajouté.

Et, a-t-il donc annoncé, « pour y faire face, le gouvernement va mobiliser des moyens exceptionnels qui s’ajouteront aux 65.000 forces de sécurité qui seront déployées dans toute la France. » Et d’assurer : « Nous continuerons à interpeller et traduire en justice toute personne prise en flagrant délit de violences ou de dégradations, nous continuerons à faire preuve de la plus grande fermeté. »

Le chef de gouvernement n’a pas précisé ce qu’il entendait par ces « moyens exceptionnels ». L’on sait qu’au moins deux syndicats de policiers ont demandé le renforts de l’armée pour protéger les bâtiments « institutionnels ».

Cependant, le ministère des Armées n’est pas favorable à une telle idée. « Les soldats ne sont ni entraînés, ni équipés pour faire du maintien de l’ordre », a encore fait valoir Geneviève Darrieussecq, la secrétaire d’État auprès de la ministre des Armées. En réalité, les militaires parlent de « contrôle de foule »… mais uniquement dans le cadre des opérations extérieures. En outre, le code de la Défense prévoit une telle éventualité, mais seulement dans le cas de « mesures de sûreté exceptionnelles. »

Si les militaires ne sont pas sollicités, il reste le recours aux [antiques] véhicules blindés à roues de la gendarmerie [VBRG], ce qui serait une mesure d’exception pour ce qui concerne Paris. Ces engins avaient d’ailleurs été prépositionnés, prêts à intervenir, le 1er décembre. Le directeur de la Gendarmerie [DGGN], le général Richard Lizurey, a expliqué la raison pour laquelle ils n’avaient finalement pas été sollicités, lors de son audition par la commission des Lois, à l’Assemblée nationale, deux jours plus tard.

« Il n’apparaissait pas utile d’engager à ce stade les véhicules blindés » car ils « doivent être engagés dans des situations particulières, face à des tirs directs sur les troupes – cela permet de progresser sous le blindage – ou pour pousser un certain nombre de barricades qui auraient pu être installées », a expliqué le général Lizurey.

Les VBRG sont généralement engagés quand l’ordre public est très dégradé, c’est à dire quand les institutions sont menacées. « En clair, il s’agit du dernier recours de l’Etat avant de faire appel à l’armée », résume l’Essor de la Gendarmerie.

La circulaire du 22 juillet 2011 relative à l’emploi de la gendarmerie mobile précise les conditions à réunir pour engager ces blindés :

« Conformément à l’article R. 431-5 du code pénal, les moyens militaires spécifiques de la gendarmerie nationale susceptibles d’être utilisés au maintien de l’ordre public sont les véhicules blindés de la gendarmerie (VBG) équipés pour le rétablissement de l’ordre. Leur autorisation d’emploi est délivrée par :
– le Premier ministre
– le préfet de zone de défense et de sécurité en métropole pour les VBG implantés sur son ressort territorial ;
– le représentant de l’État dans les départements ou dans les collectivités d’outre-mer pour les VBG implantés sur
son ressort territorial. »

L’autorisation d’engagement des moyens militaires spécifiques répond à un formalisme particulier et prend la
forme d’un document écrit et préalable à leur emploi qui doit indiquer :
– l’objet de la mission ;
– la date de la mission ;
– la durée prévisible de la mission ;
– les points, les lieux ou les zones géographiques d’emploi. »

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