L’Iran assure que les bases américaines au Moyen-Orient et en Afghanistan sont à la portée de ses missiles

Pour le moment, le rétablissement, le 5 novembre, des sanctions américains contre le secteur pétrolier iranien n’a pas eu les effets que beaucoup redoutaient. Ainsi, Téhéran n’a pas bloqué le détroit d’Ormuz, stratégique pour les exportations de brut des monarchies sunnites du golfe arabo-persique et le prix du baril de pétrole n’a pas flambé : il a même atteint son seuil le plus bas depuis huit mois, à 63,21 dollars (grâce, cela dit, à l’Arabie Saoudite, qui a augmenté sa production).

Pour contrer les sanctions américaines, l’Iran a décidé de vendre une partie de sa production pétrolière à des acheteurs privés. Le 28 octobre, l’un d’eux, dont l’identité est restée secrète, a ainsi acquis 280.000 barils de pétrole au prix de unitaire de 79,16 dollars (près de 70 euros). En outre, Washington a temporairement autorisé huit pays, dont la Chine, l’Inde, le Japon, la Corée du Sud et l’Italie, à continuer d’acheter du pétrole iranien, ce qui amoindrit la portée des sanctions.

« Ils [les États-Unis] n’ont pas réussi à arrêter nos exportations pétrolières. Nous allons continuer à en exporter. […] [Leur] politique proche-orientale a échoué », s’est réjoui le président iranien, Hassan Rohani, devant une foule scandant « mort à l’Amérique! », le 19 novembre.

Le lendemain, le département américain du Trésor a mis à l’index un « réseau international par l’intermédiaire duquel le régime iranien, travaillant avec des entreprises russes, fournit des millions de barils de pétrole au gouvernement syrien. » Ce dernier faciliterait, en retour, le transfert de centaines de millions de dollars à l’unité al-Qods des Gardiens de la révolution iraniens, lequel ensuite financerait avec cette manne le Hezbollah libanais et le Hamas palestinien.

Dans un communiqué publié le même jour, le président Trump a réitéré le soutien Washington à Riyad Saoudite tout en s’en prenant à Téhéran, qu’il a accusé d’être « responsable d’une guerre par procuration sanglante contre l’Arabie saoudite au Yémen », de « tenter de déstabiliser la fragile tentative irakienne de démocratie » et de « soutenir le groupe terroriste Hezbollah au Liban » ainsi que le « dictateur Bachar [el-] Assad en Syrie ». Et d’insister : « L’Iran déclare ouvertement et avec une grande force ‘Mort à l’Amérique!’ et « Mort à Israël!’. L’Iran est considéré comme le premier sponsor mondial du terrorisme. »

C’est donc dans ce contexte qu’un responsable du corps des Gardiens de la révolution iranien a ouvertement menacé les forces américaines déployées au Moyen-Orient et en Afghanistan.

Ainsi, cité par l’agence Tasnim, le chef de la division aérienne du Gardiens de la révolution, le général Amir Ali Hajizadeh a affirmé que le renforcement de l’arsenal iranien de missiles permet désormais d’avoir « dans le viseur les bases américaines situées au Qatar, aux Émirats arabes unis et en Afghanistan, ainsi que les porte-avions américains stationnés dans le golfe Persique. » Seraient ainsi concernés les bases américains d’al-Udeid [Qatar], d’al-Dhafra [Émirats arabes unis] et de Kandahar [Afghanistan].

« Ils sont à notre portée et nous pouvons les frapper si les [Américains] bougent », aurait insisté le général Hajizadeh, selon la traduction de ses propos faite par l’agence Reuters. En outre, il aurait également assuré que « l’amélioration de la précision des missiles iraniens permettait dorénavant de frapper des cibles situées à une distance de plus de 500 km, avec une marge d’erreur de 30 mètres. »

Cette menace adressée aux États-Unis concerne également les forces françaises étant donné que ces dernières sont présentes aux Émirats arabes unis. C’est en effet de la base d’al-Dhafra que décollent des Rafale engagés dans l’opération Chammal, menée contre l’État islamique [EI ou Daesh].

Par ailleurs, il est peu concevable de voir des missiles iraniens s’abattre sur le Qatar, les bonnes relations entre Doha et Téhéran étant, avec son soutien aux Frères musulmans, l’une des clés pour comprendre la brouille qui oppose cet émirats aux autres monarchies sunnites du golfe arabo-persique. Quant à l’Afghanistan, la donne est différente étant donné que plusieurs éléments suggèrent que l’Iran apporte un soutien aux taliban, afin de saper les efforts américains dans ce pays.

Enfin, l’on sait aussi depuis cet été que l’Iran a transféré des missiles Zalzal, Fateh-110 et Zolfaghar, d’une portée allant de 200 à 700 km, à la milice chiite irakienne Kataëb hezbollah. « Si l’Amérique nous attaque, nos amis attaqueront les intérêts américains et leurs alliés dans la région », avait alors  expliqué un responsable des Gardiens de la révolution.

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