La Marine nationale traque d’éventuels « intruments d’enregistrement » aux approches de la base de l’Île-Longue

Quand il était encore ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, avait évoqué à plusieurs reprises la présence de sous-marins russes au large de la Bretagne. Et l’on pouvait alors supposer que les mouvements des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins [SNLE] de la Force océanique stratégique [FOST], affectés à la base navale de l’Île-Longue, motivait ces incursions jusqu’à la pointe de Penmarc’h.

D’ailleurs, à l’époque, la Marine nationale aborda ce sujet dans un reportage publié par le quotidien Le Figaro. Et, à cette occasion, son état-major expliqua que la présence de sous-marins étrangers aux abord de l’Île-Longue était un « message » disant : « Je veux limiter votre liberté d’action dans les eaux qui abritent votre force la plus précieuse qui garantit votre indépendance. » Cela étant, ce dernier insista sur le fait que la « liberté d’action » des SNLE était « toujours assurée par le déploiement des moyens nécessaires. »

Ainsi, chaque SNLE partant pour une patrouille est systèmatiquement accompagné par une frégate de lutte anti-sous-marine tandis qu’un avion de patrouille maritime Atlantique 2 [ATL 2] surveille les approches brestoises, qui doivent rester un « sanctuaire national » . L’on parle de « blanchir une zone ».

Mais cela n’est pas encore suffisant. D’où les opérations de type « Damier », menées régulièrement dans le goulet de Brest, parfois de manière inopinée, comme ce fut le cas en novembre 2017. La Marine avait alors expliqué qu’il s’était agi d’assurer une mission de « surveillance renforcée de la rade de Brest » en conduisant un exercice de guerre anti-mines.

« Les fonds ont ainsi été explorés et les fausses mines mouillées pour l’occasion retrouvées. Le recours à ces fausses mines permet de s’assurer de l’efficacité du dispositif et du niveau de savoir-faire des équipages », avait-il été expliqué dans le communiqué relative à cette opération.

Un an plus tard, la Marine nationale a indiqué qu’une autre opération de type « Damier », a priori planifiée, a été conduite dans la rade de Brest. Mais cette fois, elle a donné plus de précisions. Ainsi, il ne s’agit pas seulement de repérer d’éventuelles munitions non explosées datant de la Seconde Guerre Mondiale mais aussi de « réactualiser continuellement la base de donnée des fonds marins brestois » afin de détecter les « irrégularités révélatrices de potentielles menaces. » Les mines en font bien sûr partie… mais aussi les « instruments d’enregistrement ».

Le communiqué diffusé après l’opération Damier 18-2 ne précise cependant pas si de tels « instruments d’enregistements » sous-marins ont été retrouvés.

Cela étant, de tels systèmes permettraient d’acquérir la signature acoustique des SNLE sortant (ou entrant) de la base de l’Île-Longue et d’avoir une idée de leurs mouvements. Ce qui constitue une base de renseignements précieux.

Photo : Marine nationale

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