L’US Navy veut une escadrille de sous-marins « agresseurs » pour muscler la préparation au combat de ses équipages

Ces dernières années, la Russie a mis davantage l’accent sur le renforcement de sa flotte sous-marine que sur celui de ses navires de surface. Désormais, ses forces forces navales disposent de sous-marins performants [13 leur ont été livrés depuis 2014, ndlr], mis en oeuvre par des équipages bien entraînés. La conséquence est l’activité des submersibles russes atteint désormais un niveau comparable à celui observé à la fin de la Guerre Froide. De son côté, la Chine n’est pas en reste, même si les capacités de ses sous-marins donnent matière à débat.

Dans ce contexte, l’US Navy entend muscler la préparation opérationnelle des équipages de ses sous-marins nucléaires d’attaque [SNA]. Cela s’inscrit dans la nouvelle stratégie de défense américaine, dont la priorité est de répondre aux défis posés par la Russie et la Chine.

« Nous avons restructuré et réorganisé la période d’entrainement des sous-marins pour nous préparer pour des combats de haute intensité. Ce que nous appelions auparavant l »évaluation de l’état de préparation tactique’ [Tactical Readiness Evaluation] est devenue une ‘évaluation de la préparation au combat’, afin de bien nous assurer que nous sommes concentrés sur la capacité à mener des missions de guerre », a en effet expliqué l’amiral Charles Richard, le commandant des forces sous-marines américaines, rapporte USNI News.

Et pour cela, estime l’amiral Richard, il faut des entraînements encore plus réalistes qu’ils ne le sont actuellement. D’où l’idée de créer une escadrille de sous-marins « agresseurs », à l’image de ce qu’il se fait dans le domaine de l’aviation de combat.

« Je vais instaurer de la compétition dans tout ce que nous faisons dans la force sous-marine. Je veux qu’il y ait des gagnants et des perdants, comme il y en a au combat. Il ne sert à rien d’être de savoir que vous êtes au niveau attendu, si votre adversaire est plus au niveau que vous. Vous perdez toujours et, dans cette compétition, vous pouvez ne pas rentrer à la maison », a expliqué l’amiral Richard.

Évidemment, cette escadrille « rouge », composée d’experts et sous-mariniers chevronnés, devra s’inspirer des tactiques utilisés par les adversaires potentiels des SNA « Los Angeles » et « Virginia » de l’US Navy.

Reste à voir comment l’amiral Richard va pouvoir créer cette escadrille d' »agresseurs », qui, selon les précisions données par l’US Navy, ne devrait pas disposer de ses propres SNA, d’autant plus que la disponibité de ces derniers n’est pas optimmale pour un tel emploi. Ses effectifs, composés de civils, de réservistes et du personnel militaire d’active, travailleront « avec les équipages autant que le calendrier opérationnel et d’entrainement le permet », a indiqué une porte-parole. Probablement qu’il s’agira de s’appuyer aussi sur des moyens de simulation.

Cela étant, l’idée de confronter régulièrement les équipages américains avec un sous-marin jouant le rôle « d’agresseur » n’est évidemment pas nouvelle. Entre 2005 et 2007, l’US Navy avait loué le sous-marin HSwMS Gotland (avec son équipage) auprès de la marine suédoise pour tenir ce rôle. En outre, il y a toujours la possibilité de confrontations (amicales) lors d’exercices conjoints avec d’autres forces navales. Comme, par exemple, en 2015, quand le SNA français Saphir coula fictivement le porte-avions USS Theodore Roosevelt et la majeure partie de son escorte, lors des manoeuvres COMPTUEX [ce qui fit l’objet d’une brève sur le site de la Marine nationale, laquelle fut rapidement retirée par la suite…].

Par ailleurs, l’amiral Richard a également évoqué, sans trop entrer dans les détails, le programme « Undersea Rapid Capability Initiatives » [URCI], qui vise à développer des capacités, des tactiques et des doctrines nouvelles. « Nous recherchons des armes de nouvelle génération, des capteurs multi-domaines, des systèmes de communication, des aides à la navigation et des systèmes non habitées et autonomes. Dans certains cas, ces fonctionnalités sont révolutionnaires », a-t-il assuré.

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