Avec le SCAF, le général Lecointre estime que « l’armée de l’Air va de plus en plus devenir une armée de pilotes de drones »

« Dans l’avion de sixième génération, qu’il soit habité ou non, un pilote sera toujours présent, car l’avion peut être piloté à distance », a déclaré, au sujet du Système de combat aérien futur [SCAF], le général Philippe Lavigne, le chef d’état-major de l’armée de l’Air [CEMAA], lors d’un audition à l’Assemblée nationale.

« Ce système de combat futur sera construit autour d’une plateforme d’avion de combat, habité ou non, polyvalent, autour duquel nous placerons un certain nombre d’effecteurs, des drones, de combat ou non, et un armement », a poursuivi le CEMAA, pour qui « la connectivité » sera le « game changer ».

Et d’ajouter : « Il est essentiel, dans les combats de demain, de pouvoir saisir toutes les opportunités. Il faudra être plus rapide que l’adversaire. La capacité à gérer l’ensemble des données, à se voir présenter des solutions par l’intelligence artificielle et ainsi à pouvoir agir sera déterminante. La connectivité, la collaboration entre tous les acteurs, qu’il s’agisse de drones, de satellites ou de chasseurs, permettront de conserver notre supériorité opérationnelle. »

Donc, il apparaît que l’avion de combat de 6e génération sur lequel repose le programme SCAF, qui doit être développé dans le cadre d’une coopération franco-allemande, ne sera pas nécessairement mis en oeuvre par un équipage « embarqué ». Cela veut dire que l’époque des « chevaliers du ciel » sera pratiquement révolue puisqu’il sera de plus en plus question d’aéronef pilotés à distance. En terme d’attractivité, l’on ne peut pas dire que ce soit forcément une bonne nouvelle…

Quoi qu’il en soit, le chef d’état-major des armées [CEMA], le général François Lecointre, estime que ce mouvement est quasiment inéluctable. « Les évolutions attendues dans les prochaines décennies vont faire que l’armée de l’Air, qui est aujourd’hui une armée d’aéronefs pilotés, va de plus en plus devenir une armée de pilotes de drones, même si elle gardera certainement des aéronefs pilotés, à un niveau qui reste à définir dans le cadre du SCAF », a-t-il en effet expliqué aux députés. [À noter que cela concerne également l’aéronautique navale…, ndlr]

D’où d’ailleurs les réflexions en cours sur l’avenir de l’armée de l’Air. Et ce dernier passera par le domaine spatial, qui fait actuellement l’objet d’une réflexion, conformément à l’annonce faite par le président Macron le 13 juillet dernier.

Alors que les États-Unis ont l’intention de créer une « armée de l’espace », le général Lecointre ne voit pas l’intérêt pour la France de s’en inspirer. « Il me semble assez naturel que l’armée de l’air soit le principal acteur dans ce domaine », a-t-il dit.

« Il me semble logique que l’armée de l’Air prenne une place de plus en plus importante dans la gestion de l’espace, l’action dans ce milieu et une future ‘guerre de l’espace’, même si nous refusons l’arsenalisation de ce dernier », a continué le CEMA. « Nous sommes en train de réfléchir à la place qu’occupera l’armée de l’Air en la matière, étant entendu que le niveau opérationnel et la conduite des opérations doivent évidemment demeurer à l’état-major des armées – c’est sa responsabilité première », a-t-il ajouté.

Cela étant, a rappelé le général Lecointre, « il n’est pas question d’armer nos satellites, même si la question qui se pose, s’agissant de l’arsenalisation de l’espace, est bien celle de la part prise par les objets situés dans l’espace extra-atmosphérique dans la conduite des opérations. »

Par conséquent, l’installation même de dispositifs d’autodéfense des satellites utilisés tous les jours pour la conduite des opérations des forces françaises (communication, renseignement, etc) n’est pas à l’ordre du jour. « Nous prévoyons d’accentuer les moyens d’identifier des agressions potentielles ou des attaques conduites contre nos satellites, notamment en dotant les satellites Syracuse de caméras permettant d’identifier des objets à proximité », a confié le CEMA. « Je n’imagine pas que l’on équipe des satellites de manière à pouvoir en détruire d’autres », a-t-il insisté, même si d’autres puissance songent à se doter (si elles ne les ont pas déjà) de telles capacités.

Photo : Dassault Aviation

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