PLFR : Le Sénat dénonce le « coup de rabot » dans le budget des Armées pour financer les OPEX

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18 contributions

  1. Pascal (l'autre) dit :

    Gesticulation politiques comme d’habitude car il est quand même poilant de voir tous ses braves parlementaires, qui dénoncer ce nouveau coup de « Jarnac » de Bercy, qui déposer des amendements rectificatifs alors que ceux sont les mêmes qui ont sans arrêt sabré dans les budgets de la défense quand ils étaient aux affaires!! Au pays des tartuffes nos politiques sont des rois!

    • Fonctionnaire territorial ancien mili dit :

      Pascal (…) Vos interventions sont, d’habitude, plus consistantes.
      Que le personnel politique évolue sur ces questions au lieu de persister dans ses erreurs, c’est très positif et vous avez tort de lui reprocher.
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      Cette prise de position du Sénat est d’autant plus significative que les Sénateurs sont élus par des élus d’élus, au suffrage universel très indirect, au quatrième degré.
      C’est donc une évolution de l’ensemble de la classe politique.
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      L’on ne va pas s’en plaindre mais attendre, sans relâcher notre attention ni atténuer notre expression publique, que ce revirement politique soit rapidement suivi d’effets réels.

      • Pascal (l'autre) dit :

        @ Fonctionnaire territorial ancien mili
         » L’on ne va pas s’en plaindre mais attendre, sans relâcher notre attention ni atténuer notre expression publique, que ce revirement politique soit rapidement suivi d’effets réels. » Revirement politique ?? Je pense que vous vous faites de sacrées illusions! A ce jour le sénat est dans ce qu’on peut considérer l’opposition par rapport au gouvernement. S’ils s’alarment pour le budget des armées OK . Mais je reste persuadé qu’il ne s’agisse que d’une « posture » vis à vis de la majorité aux affaires. Le jeu politique de l’obstruction! Désolé mais rien de nouveau sous le soleil!

        • Rascasse dit :

          Evidemment que ce n’est qu’une posture, simplement parce que sur ce coup-là, le MINARM n’a rien perdu, ni les armées. Au lieu que Bercy récupère les réserves puis reverse le montant du surcoût Opex, ils ont décidé de laisser le MINARM payer le surcoût lui-même avec ses réserves… Opération totalement neutre, donc, et sans effet sur les dépenses du MINARM, puisque la programmation est toujours faite à l’exclusion de la réserve. Donc, aucune dépense engagée ou prévue sur cet argent. Aucun effet, aucun problème, nada.
          Cambon ou Cornut-Gentille saisissent juste une occasion de se faire mousser.

        • Fonctionnaire territorial ancien mili dit :

          Ce qui est nouveau, c’est qu’encore récemment l’opposition du moment ne prenait même pas cette attitude et considérait que la baisse des budgets militaires n’était pas un problème qui pouvait être électoralement exploitable.
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          C’est à ce niveau politicien, électoraliste, que se situe la nouveauté.
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          Je crois comme vous qu’il ne faut se faire aucune illusion : le Sénat, et plus largement le personnel politique, n’a pas été soudain miraculeusement touché par la grâce et n’a pas soudain pris conscience de son devoir.

  2. Clavier dit :

    Annoncer sans arrêt de nouvelles dépenses et vouloir réduire la dette, s’apercevoir que l’impôt ne rentre pas aussi bien que prévu : c’est la quadrature du cercle.
    Un banquier ne peut s’en sortir qu’en mentant à ses clients …..

    • 341CGH dit :

      Clavier, c’est vrai mais un État souverain et de droit public n’est pas un banquier de droit privé et soumis à des lois qu’il ne fait pas.
      Un État souverain a le pouvoir de fabriquer de la monnaie, ce qui n’est pas le cas d’un banquier.
      Par conséquent votre comparaison va très loin.

      • tschok dit :

        @341CGH,
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        Historiquement, c’est pas tout à fait ça. Il faut distinguer les deux types de monnaie, fiduciaire et scripturale.
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        La primeur de la création de la monnaie fiduciaire revient à l’autorité politique. Pour l’essentiel, cette « création » monétaire consistait à apposer un sceau sur une pièce ou un lingot afin d’en garantir la teneur en métal précieux. Cette garantie n’était pas toujours sérieuse.
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        On cite par exemple l’électrum, alliage d’or et d’argent tiré du fleuve Pactole, qui était fondu en lingots. Ces lingots constituaient la monnaie du royaume de Lydie. Mais on a remarqué une petite bizarrerie: la teneur en or de ces lingots, qui nous sont parvenus à travers l’histoire, est inférieure à celle des pépites charriées par le Pactole, ce qui laisse croire que le roi de Lydie se mettait une partie de l’or dans la fouille.
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        La monnaie scripturale, elle, est indiscutablement la création des banquiers, dès l’origine. Elle vient du développement du commerce. Aujourd’hui la monnaie scripturale représente la quasi-totalité de la masse monétaire.
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        En 2007/2008, les Français se sont beaucoup intéressés au phénomène de l’abstraction monétaire et nombre d’entre eux ont alors découvert que la monnaie était créée par les banquiers. Ils en ont déduit un peu vite que la finance conquérante de ce début de XXIième siècle avait privatisé la création monétaire, comme si c’était un événement marquant de l’histoire contemporaine.
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        C’est un biais cognitif, un peu comme la découverte de l’Amérique en 1492: on a tendance à croire qu’avant 1492 l’Amérique n’existait pas. Même chose pour l’Afrique: pour nous, elle n’est pas entrée dans l’histoire, parce qu’on fait démarrer son histoire à partir de la période coloniale. Tout ce qu’il y a avant, c’est le mur blanc (si j’ose dire).
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        Il faut corriger le biais cognitif:
        – distinguer les deux types de monnaies
        – se souvenir que la monnaie scripturale a été créée dès l’origine (Moyen Age) par les banquiers
        – prendre conscience que la monnaie évolue: ce n’est pas un phénomène qui reste identique à lui-même tout au long des siècles, il passe du concret de la monnaie métallique à l’abstraction monétaire de la monnaie scripturale et, aujourd’hui, de la monnaie virtuelle.
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        Reprenons votre proposition: « Un État souverain a le pouvoir de fabriquer de la monnaie, ce qui n’est pas le cas d’un banquier ».
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        Non, les deux ont ce pouvoir et, du reste, la création monétaire est aujourd’hui le fait d’un condominium entre les Etats, leur banque centrale et le secteur financier et commerçant (les marchands proposent des moyens de paiements non-bancaires qui deviennent en eux-mêmes de la monnaie, donc les banquiers ne sont plus les seuls sur le créneau: la monétique devient monnaie).
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        Et, surtout, oubliez l’idée – si jamais vous l’avez eue – que la monnaie est gagée sur un stock d’or détenu à la Souterraine, c’est fini tout ça.
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        https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Souterraine_(salle)
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        Sinon, pour une illustration de l’opposition entre les deux types de monnaie, dans le cinéma français, on peut citer La Folie des Grandeurs: Yves Montand brasse des pièces d’or pour réveiller Louis de Funès, alors que les conspirateurs qui veulent assassiner le roi paye l’artificier avec un billet à ordre.
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        Dans l’inconscient collectif, la vraie monnaie c’est la monnaie métallique (« mon or, c’est mon argent » dit Louis de Funès dans ce film) alors que la monnaie scripturale est celle du monde interlope et obscur de la conspiration mondialisée. Clavier reprend d’ailleurs l’idée que le banquier est nécessairement un menteur, oubliant que le roi de Lydie était peut-être un plus gros menteur encore qui trafiquait les lingots d’électrum sur lesquels il apposait son sceau.

  3. Céphée dit :

    Dans l’armée, on ne parle pas de « déception », mais de sodomie.

  4. Charpentier de marine dit :

    Le terme « coup de varlope »aurait été beaucoup plus approprié dans le titre. Du point de vue phonétique et technique…

  5. Un électeur parmi 45 millions dit :

    Il y a quand-même un changement du comportement politicien dans le domaine mili.
    La classe politique a compris que l’opinion des électeurs se trouve dans les milliers de voix des commentaires sur les blogs et que cette opinion n’est pas, n’a jamais été, dans les journaux.
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    C’est un changement d’époque et c’est favorable à une prise en compte sérieuse de la Défense nationale parce que la classe politique comprend que l’on peut y gagner ou y perdre beaucoup de voix.

  6. Léonard V dit :

    Une idée comme ça: pour sauver ces annulations de crédits d’équipement, ne serait-il pas possible d’en appeler directement aux français, via un « kickstarter » national? Je m’explique: un prêt à taux zéro sur 5 ans, mais des français volontaires qui y souscriraient en faveur de l’armée. Et avec des paliers clairs et positifs: une fois atteint X millions, on finance tant de véhicules pour le rééquipement de tel régiment, puis au palier suivant le rééquipement en armes individuels de tel autre régiment dans le cadre du programme scorpion, etc. Si 100% de l’objectif est atteint, aucune annulation d’équipement! Si on dépasse même l’objectif, on finance en avance le renouvellement (une frégate commandée plus tôt, par exemple). Une émission de « bons de guerre » modernisés (et sans être en guerre, sauf contre les restrictions budgétaires) en somme. Après il ne faudrait pas que ce soit une excuse pour justifier ces annulations de crédit d’équipement évidemment, mais ça permettrait aux français d’avoir les preuves concrètes de ce à quoi leur sert l’argent qu’ils donnent à la France (dans le cas présent ce serait volontairement pour une fois!). « Ce VAB modernisé, fourni en avance au régiment de ma région, c’est un peu grâce à moi! »

    • patrick tiso dit :

      Comme je l’ai dit le gouvernement Macron, ne veut pas d’armée française, il est avec ceux qui veulent un nouvel ordre mondial, il a acheté 51,5 milliards de dette américaine, au détriment de l’armée française qui veut réduire à rien, mais je commence à comprendre que zone militaire est aux mains des francs-maçons.

      • Léonard V dit :

        … Je n’ai rien à répondre à ça. Je pourrais citer Einstein et sa certitude sur l’infini etc, mais à quoi bon.
        Signé: un reptilien.

  7. patrick tiso dit :

    L e gouvernement Macron a acheté pour 51,5 milliards de la dette américaine, depuis son accession au pouvoir.

    • tschok dit :

      @patrick tiso
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      Ne s’agirait-il pas plutôt des banques françaises privées?
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      Dans le périmètre public, qui peut détenir des bons du trésor US? Des institutions comme la Banque de France ou la Caisse des dépôts, par exemple, pour les besoins de leur bilan.
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      A ma connaissance, l’Etat ne détient pas directement des titres de dette, il en émet. En revanche, il gère un portefeuille d’actions d’entreprise privées jugées stratégiques, à travers l’Agence des Participations de l’Etat, mais c’est très différent.
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      Affirmer que  » le gouvernement français achète de la dette US au détriment de l’armée française » me semble relever de la fake news conspirationniste. Vous n’auriez pas plus de détails?
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      Dans cet article de presse par exemple: https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-188637-la-france-doit-elle-acheter-de-la-dette-publique-americaine-2220948.php
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      Le journaliste parle de « la France », mais dans le corps de l’article, on comprend qu’il s’agit de la nationalité des investisseurs privés et banques centrales, détenteurs de bons du trésor américains. Là, vous faites comme si c’était l’Etat qui était directement impliqué dans des opérations d’achat de titres de dette US, sur son budget. Je serais curieux d’en savoir plus…

  8. tschok dit :

    En fait, il y a une volonté de « resoclage » des dépenses liées aux Opex, afin d’éviter que ne se renouvelle chaque année un drame en deux actes dont la France a le secret. Là, on est dans la phase de transition. On quitte progressivement une situation psychiquement complexe pour se diriger vers quelque chose de plus clair.
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    Acre I: le déni
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    Officiellement, la France n’a pas d’ennemi. C’est un pays de paix, d’amour et d’eau fraîche où les oiseaux gazouillent gaiement dans les arbres. En conséquence de quoi nos soldats n’ont pas à intervenir à l’extérieur des frontières nationales, d’où il s’ensuit que la comptabilité publique n’isolait pas, jusqu’à une date récente, la dépense budgétaire liée aux Opex. Elle était incluse dans le fonctionnement courant de l’armée, épivala. C’était d’ailleurs la source d’une certaine opacité budgétaire qui était très critiquable du point de vue de la sincérité des comptes publics.
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    C’est pourquoi, le législateur a prévu, dans sa grande sagesse, qu’au cas très extraordinaire où nos armées devaient être engagées à l’extérieur – ce qui est convenons-en d’une rareté quasi-absolue – il était possible de voter une provision qui ferait la synthèse de la dépense correspondante.
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    Et donc, chaque année notre parlement vote une provision qui a été au début d’un montant de 450 millions d’euros et qui est aujourd’hui d’un montant de 650 millions d’euros, sauf erreur.
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    Rappelons qu’une provision est une précaution destinée à se prémunir contre la survenance d’un événement incertain. J’insiste donc: les Opex, c’est un truc hyper-rare. Si vous aviez compris comme moi que l’armée française intervient régulièrement, par exemple, en Afrique depuis plus de deux siècles, puisque notre mémoire militaire remonte au moins jusqu’à la campagne d’Égypte et la bataille des Pyramides, où on s’en est foutu sur la gueule avec les mamelouks, eh ben vous avez tout faux. Nan, nan, les Opex, c’est le truc qui nous arrive jamais depuis toujours.
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    En fin d’exercice, chaque année, on s’aperçoit donc avec la plus grande stupéfaction et une constance admirable que non seulement cette provision a été totalement dépensée, ce qui signifie que l’événement incertain se reproduit régulièrement chaque année avec la précision d’un coucou suisse, mais qu’en outre la dépense réelle résultant des Opex, qui sont censées ne pas se exister, excède et de loin le montant provisionné.
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    C’est là que commence le psychodrame.
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    Acte II: le psychodrame
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    Le ministère de la guerre, qui n’a en fin d’exercice plus un sou vaillant en poche, tend alors sa sébile aux autres ministères, en leur disant « à votre bon cœur m’sieurs-dames », les appelant ainsi à contribuer aux surcoûts non-budgétés. C’est d’ailleurs la procédure prévue en pareil cas, puisqu’une loi de programmation militaire dispose effectivement que le surcoût des Opex est ventilé entre les ministères, celui de la guerre conservant à sa charge quelque chose comme 20% du surcoût total. On appelle ça la solidarité interministérielle. Mon Dieu! que nos lois sont bien conçues.
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    Mais, en fin d’exercice les autres ministères sont dans le même état que celui de la guerre: ils n’ont, eux non plus, pas un sou vaillant en poche et pour cause: chaque année, ils anticipent que le ministère de la guerre viendra leur piquer le peu de sous qu’ils ont. Ils se dépêchent donc de tout dépenser. Tout le monde se met donc à gratter frénétiquement ses fonds de tiroir en espérant y retrouver quelques pièces jaunes ayant échappé à David Douillet. Mais bon, si le pognon se trouvait sous les pneus d’un cheval, ça se saurait.
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    L’armée se retrouve donc chaque année avec un surcoût non financé et son budget d’équipement devient alors sa propre variable d’ajustement. Et tout cela se reproduit depuis une dizaine d’années, chaque année. Le CEMA fait la gueule, les parlementaires piquent leur crise, le ministre de la guerre n’en peut mais et tout ce petit monde fait mine d’accuser Bercy de porter tous les maux de la terre.
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    Ce navrant spectacle ayant fini par lasser même les plus fervents amateurs de singeries politiques, le gouvernement a finalement décidé de « resocler » le surcoût Opex, ce qui signifie deux choses:
    – ce qui ressortit à de la dépense militaire reste dans le périmètre de la mission défense et arrête de se tirer de la casserole comme le lait qui bout pour déborder sur le reste du budget de l’Etat;
    – quand on fait une provision, on va jusqu’au bout de la logique et on la crédite du montant réel de la dépense raisonnablement prévisible: on pense à 1,1 milliard d’euros à l’horizon 2020, puisqu’il ne s’agit pas de pousser mémé dans les orties, mais d’amorcer un processus de « resoclage » progressif étalés sur plusieurs exercices.
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    On appelle ça l’orthodoxie budgétaire. Le but de la manœuvre est de rompre progressivement avec la gestion approximative des coûts et de mettre fin à un certain amateurisme budgétaire qui était certes assez pittoresque, mais qui n’était pas dépourvu d’un caractère anxiogène qui pourrissait quand même le débat, à la longue.
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    Le Français est-il comme son ancêtre le Gaulois, pusillanime et versatile, selon César? Eh bien nous le saurons au prochaine épisode, puisque visiblement nous ne sommes pas encore totalement sorti de notre addiction au psychodrame.