La Russie recycle son accusation sur une implication américaine dans une attaque d’un essaim de drones en Syrie

Dans la nuit du 6 au 7 janvier, les bases russes de Hmeimim et de Tartous, en Syrie, furent la cible de deux attaques ayant impliqué un total de 13 mini-drones de conception rudimentaire, mis en oeuvre, selon Moscou, depuis une zone contrôlée par des rebelles syriens soutenus par la Turquie. Tous ces appareils, chargés d’explosifs, furent neutralisés.

Au moment des faits, le ministère russe de la Défense avait souligné que c’était « la première fois que les ‘terroristes’ utilisaient massivement des drones lancés à plus de 50 km en utilisant les coordonnées GPS de navigation par satellite ». Et d’évoquer l’implication, sans le nommer, un « pays doté de hautes technologies ». Cependant, la distance parcourue par les appareils ayant visé les bases russes avait de quoi intriguer étant donné, encore une fois, leur aspect rudimentaire.

Le 10 janvier, le ministère russe de la Défense, via son journal Krasnaïa Zvezda, précisa que les drones en question avait décollé des environs de Mouazzara, située dans le sud-ouest de la zone de désescalade d’Idleb, surveillée par la Turquie dans le cadre d’un accord conclu avec la Russie et l’Iran.

Puis vint une autre assertion avancée par Moscou : durant l’attaque, un avion de patrouille maritime américain P-8 Poseidon aurait volé au-dessus de la Méditerranée orientale « pendant plus de quatre heures, à une altitude de 7.000 mètres, entre Hmeimim et Tartous » (voir vidéo ci-dessous). De là à avancer que ce dernier y joua un rôle et que la coalition anti-jihadiste dirigée par les États-Unis y était par conséquent impliquée, il n’y avait qu’un pas.

Cependant, le Pentagone rejetta catégoriquement ces accusations à peine voilées, qualifiées de « totalement irresponsable » par son porte-parole, Eric Pahon. « Les forces de la coalition et nos partenaires ont rencontré des systèmes aériens sans pilote disponibles dans le commerce et utilisés par [l’État islamique] », avait-il par ailleurs rappelé. Et d’ajouter : « Ces systèmes sont largement disponibles, faciles à contrôler, et ne nécessitent certainement pas d’expertise technique significative – vous pouvez les acheter à peu près n’importe où sur Internet. »

Puis l’état-major russe fit savoir que les auteurs de cette attaque avaient été éliminés, de même que leur atelier de fabrication de drones. Une vidéo des frappes aériennes fut même diffusées.

Depuis, d’autres attaques de drones ont eu lieu contre la base de Hmeimim, notamment au cours de l’été dernier. Et l’accusation portée contre la coalition anti-jihadiste, et plus précisément contre les forces américaines, fit apparemment long feu… Jusqu’aux déclarations faites le 25 octobre par Alexander Fomin, un vice-ministre russe de la Défense.

Lors d’une séance plénière du Forum de Xiangshan sur la sécurité, à Pékin, ce responsable russe a affirmé, sans apporter la moindre preuve, que les drones utilisés pour attaquer la base de Hmeimim avaient été contrôlés depuis le P-8 Poseidon américain.

« Lorsque les drones ont rencontré des contre-mesures électroniques provenant de systèmes russes, ils sont passés en mode de guidage manuel depuis l’avion Poseidon-8 », a affirmé M. Fomin.

Les propos de ce dernier ont ensuite été relayés par Igor Korotchenko, le rédacteur en chef du journal de la Défense nationale russe. « C’était une opération élaborée par le Pentagone », a-t-il confié aux médias russe, dont l’agence Tass. « Trois objectifs avaient été définis : découvrir le système de défense aérienne russe en Syrie, procéder à une reconnaissance radioélectronique et infliger des dommages à nos soldats », a-t-il dit.

Ces accusations sont d’une extrême gravité car elles supposent que les forces américaines auraient délibérément et directement attaqué leurs homologues russes. Seulement, si elles étaient vraiment fondées, elles auraient dû susciter des protestations diplomatiques de la part des autorités russes auprès de Washington. Or, rien ne de tout cela ne s’est produit.

Suite aux propos de MM. Fomin et Korotchenko, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov a réagi en parlant d’allégations « très alarmantes ». Pourquoi seulement maintenant alors que cette accusation d’une possible implication américaine circule depuis plus de dix mois maintenant?

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